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EAN : 9782266174404
448 pages
Éditeur : Pocket (23/04/2007)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 680 notes)
Résumé :
Garion monta sur le trône de basalte et plaça l'Orbe sur le pommeau de l'énorme épée. Il y eut un déclic ; la force vive de la pierre fusa dans la garde. La lame se mit à luire et se détacha du mur. Il la rattrapa des deux mains. La foule dans la salle réprima un halètement. Garion sidéré vit l'Orbe jeter une formidable langue de feu bleu. Sans trop savoir pourquoi, il souleva le glaive. "O joie, le roi est revenu, la prophétie s'accomplit ! clama Belgarath. Inclino... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Coeurdechene
  11 octobre 2011
Dans le milieu des mondes imaginaires, on ne présente plus le couple Eddings, auteurs de nombreux romans qui ont façonné tout un pan de l'Héroïc-Fantasy et dont l'influence sur les générations futures n'est sans doute pas moindre que celle de leurs aînés. Longtemps annoncé comme le seul auteur de ses histoires, David Eddings reconnaît en 1995 la participation essentielle de sa femme dans son écriture. Il s'agissait de toute façon de "l'un des secrets les moins bien gardés de la fiction contemporaine". Et si lui est à l'origine des histoires, le lecteur doit à Leigh la cohérence des décors et du cadre des histoires, la majorité des personnages féminins et les chutes incisives. Ce qui n'est pas anodin et contribue énormément au plaisir de lecture de leurs ouvrage.
Mais qu'est-ce que La Belgariade ?
Il s'agit d'un cycle de romans en cinq "Chants" narrant les aventures de Garion, simple valet de ferme appelé à une grande destinée. le pitch est extrêmement simple, et pour être honnête, le cycle n'est pas tant apprécié pour la profondeur de l'histoire que pour le talent de conteur des auteurs et leur humour. A cause du jeu du destin et de Prophéties nébuleuses quant à l'avenir du monde, Garion et son petit groupe va parcourir tout le continent dans une sorte de gigantesque voyage initiatique. Les rencontres seront nombreuses et les occasions d'apprendre innombrables.
L'un des talents des auteurs est d'arriver à gérer une énorme distribution de personnages sans jamais réussir à ennuyer le lecteur, ni même à le perdre (ce qui en soit est une gageure). Les cartes parsemant les ouvrages sont pour beaucoup dans le suivi des aventures et le réalisme des peuples inventés relève presque du travail d'ethnologue.
Le monde de la Belgariade est coupé en deux continents aux proportions titanesques et aux reliefs accidentés.
Le cycle de la Belgariade est un prétexte à l'exploration du premier continent, constitué des Royaumes du Ponant et des Territoires Angaraks.
Chaque territoire est marqué par une géographie spécifique, des noms identifiables immédiatement et un trait de caractère fortement poussé. Ce qui permet d'une part de ne pas perdre tout de suite le lecteur, et dans un deuxième temps de grossir les traits et de faire une légère critique de certains contemporains l'air de pas y toucher... Ainsi les Cherek sont de grandes brutes dans le plus pur style viking alors que les Arendais sont de simples fermiers au pragmatisme exacerbé. Les Drasniens sont de redoutables marchands et les meilleurs espions du monde alors que les Asturiens sont de dangereux écervelés, aussi prompts à se fourrer dans les ennuis jusqu'au cou qu'à jurer une amitié indéfectible.
Le groupe accompagnant Garion dans sa quête est constitué d'un assemblage hétéroclites d'individus provenant des ces différents pays, aux traits si possible encore plus poussé que leurs congénères, histoire d'amener quelques situations cocasses et de compliquer les choses dans les relations du groupe.
L'humour est l'un des facteurs dominants de l'écriture du couple Eddings. Leurs textes sont truffés d'expressions très imagées et évocatrices, de jeux de sonorités, de situations emberlificotées et de répliques satiriques. Les dialogues sont des petits bijoux de réparties cinglantes et de mauvaise foi éhontée. Combien de fois ai-je dû fermer le livre quelques instants, incapable de réprimer un fou rire en imaginant certaines scènes ou lorsque l'image de l'une de ces expressions s'imposait à moi durant la lecture. C'est tout simplement jouissif...
Il est à souligner que les auteurs adorent les intrigues politiques et les états de siège. Ils sont d'ailleurs maîtres dans ce genre de description et n'ont pas leur pareil pour échafauder des théories fumeuses dont leurs personnages font bien évidemment les frais pour notre plus grand plaisir. de ce point de vue, ils se rapprochent de l'écriture de David Gemmell, même s'ils sont loin d'égaler son souffle épique dans la description des combats.
Certains lecteurs chagrins relèveront en point faible le personnage même de Garion, un peu long à la comprenette et qu'ils trouvent relativement agaçant dans son obstination à remettre en cause l'état qui est le sien : être le jouet d'une prophétie qui a scellé sa vie bien avant sa naissance... Honnêtement, si l'on se mettait à la place du garçon, élevé en Arendie, donc né pour être fermier, avec une conception très pragmatique de la vie et une ouverture d'esprit relativement étroite (assez large pour écouter des contes à la veillée, mais pas assez pour y croire), il paraît normal de passer un petit moment à se plaindre, non ? Et peut-être de se poser quelques question existentielles...
Et soit dit en passant, le tout est traité avec suffisamment d'humour pour ça passe tout seul, et ça se transforme même en running gag. Bon, je sais, je suis un public définitivement acquis à ce cycle, et aux autres grands cycles du couple que j'espère présenter plus tard.
Malgré tout, il s'agit d'un monument incontournable de la fantasy "classique" et il serait dommage de passer à côté. Pour un lecteur averti, c'est une lecture de distraction entre deux ouvrages plus conséquents.
Pour un néophyte, il s'agit d'un très bon cycle pour entrer dans les mondes imaginaires dont la lecture marque profondément. Je l'ai lu plusieurs fois et c'est toujours aussi jouissif, malgré quelques longueurs lorsque l'on connaît la fin de l'histoire. Mais ça reste une lecture très distrayante.
À découvrir ou à redécouvrir, juste pour le plaisir de s'esclaffer et de récupérer des expressions bizarre à placer ensuite dans une conversation...
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mauriceandre
  17 janvier 2021
Salut les Babelionautes
Ce Quatrième tome de "la Belgariade" révèle enfin le destin de Garion ou plutôt Belgarion qui est son nom de Magicien.
Ayant ramené l'Orbe et l'avoir remise à sa place, sur le pommeau de l'épée, Belgarion croit en avoir fini.
Mais il ne s'attendait pas à ce qui lui tombe tout d'un coup sur le paletot, comment allait il s'en sortir devant les responsabilités dont son nouveau statut le charge?
La Guerre se profile, tous les peuples mobilisent leur armées, mais c'est Ce'Nedra qui va réussir a les rallier sous sa bannière, car Belgarion aidé de Belgarath et du rusé Silk, a prit la seule décision qui pourrait empêcher des milliers de morts inutiles, affronté le Dieu Torak.
le couple Eddings, avec cette Saga, a réussi la difficile alchimie qui permet a nous autres lecteurs de s'immerger dans L Univers qu'ils ont créés, sans pour autant s'y perdre, quand on voit la multitudes de Personnages qu'ils font intervenir.
C'est toujours Dominique Haas qui a eu le plaisir de traduire ce tome, sans son travail, je n'aurai pas pus suivre Garion dans sa Quête, encore Merci pour ça.
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Bislys
  30 novembre 2016
Dans ce quatrième tome de la Belgariade, la quête de Garion et de ses compagnons prend un nouveau tournant. Maintenant que le jeune homme a récupéré l'Orbe, direction Riva, son royaume pour prendre la tête des armées du Ponant contre Torak. Garion prend alors conscience de l'énorme responsabilité qui pèse sur ses épaules ainsi que sur celles de Ce'Nedra.
Encore une fois, j'ai été conquise par ce tome! Garion n'est définitivement plus le petit garçon rencontré dans le premier tome. C'est désormais un roi et un sorcier en puissance. Fini les pleurnicheries et place à l'action pour lui et pour Ce'Nedra. J'ai retrouvé avec plaisir Barak, Silk et les autres. le seul personnage qui ne m'a pas manqué c'est Polgara. Si je l'a trouvais sympathique dans les premiers tomes, dans celui-ci, elle m'a franchement agacée. Elle a du mal à laisser Garion et Ce'Nedra prendre de l'assurance et ses "mon chou" et ses paroles moralisatrices à chaque fois qu'elle leur parle m'ont vraiment énervée. En dehors de ça, j'ai hâte de savoir comment va se terminer la Belgariade!
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stefmet
  29 mai 2015
Plus l'aventure avance, et plus j'apprécie cette histoire. Les personnages mûrissent, les événements se succèdent - même si ce n'est pas à un rythme fou avouons le.
Dans les points positifs, il y a quelques passages qui m'ont particulièrement plu comme la présentation du roi de Riva ou bien même le face à face Ce'Nedra et le forgeron pour son armure entre autre. (Bel)Garion est toujours en proie à ses doutes et à une certaine peur, mais il a vraiment au fil des épisodes et il a perdu son côté immature.
Dans les points négatifs, le caractère excessif à la limite hystérique des personnages féminins. Pourquoi faut-il que leurs colères durent des jours et qu'elles se sentent obligées de détruire tout ce qui passe à portée de main ?
Je suis vraiment pressé de terminer ce premier cycle, même si la fin semble toutefois évidente.
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Skarn-sha
  25 avril 2012
Commentaire sur le cycle complet :
Le chant de la Belgariade (ou simplement La Belgariade) fait partie de la grande fresque La Grande Guerre des Dieux, composée de dix tomes (elle même composée de cinq tomes) et quatre préquelles.
Ce n'est pas un secret, même si son nom ne figure pas sur les livres, que la femme de l'auteur à grandement participé à l'élaboration de ses livres. Derrière chaque personnage féminin, chaque réplique, chaque décor, se cache sa patte (Cela me fait penser au personnage de Poledra, du chant de la Mallorée, invisible aux yeux de tous mais pourtant bien présente).
Les auteurs ont réussi à créer tout un monde cohérent avec sa géographie, ses différents peuples, leurs religions, politiques et origines propres.
Les cartes, nombreuses et détaillées, permettent de se représenter le périple des protagonistes.
Tout ce vaste univers est présenté par le biais de Garion, héros de l'histoire, qui, ayant passé son enfance dans une ferme, le découvre en même temps que nous.
Bien que je connaisse évidemment l'histoire sur le bout des doigts, je me surprend toujours à découvrir de petits détails à chaque lecture.
Évidement, ce n'est pas la raison qui me fait régulièrement replonger dans cette décalogie malgré la hauteur everestique de ma PAL.
La véritable raison se situe dans la panoplie de personnages aussi variés que fouillés.
A chaque réouverture de cette série, je prend un grand plaisir, presque réconfortant à retrouver chaque personnage, comme si je retrouvais des amis de longue date.
J'ai évidemment des préférences pour Silk et Polgara avec leurs répliques cinglantes, Belgarath le grand sorcier bourré de défauts et Durnik, au sens pratique désarmant.
En effet, l'humour est fortement présent dans cette série.
Les interactions entre les personnages, les diverses scènes cocasses et surprenantes et les dialogues et répliques cinglantes sont de petites merveille d'humours.
On s'imagine aussi facilement les scènes que si l'on était au coté des personnages et souvent on rit de bon coeur.
Bon, je remarque que je ne parle pas trop de l'histoire de ce cycle.
La trame est en soit assez classique et se met doucement en place dans le premier tome.
Garion et sa tante Pol vivent paisiblement à la ferme de Faldor où la dame est la cuisinière en chef. Ils reçoivent parfois la visite du Sire Loup, le vieux conteur.
Rien ne présageait pour Garion autre chose qu'une vie de fermier, quand un événement mystérieux mit me feu au poudres, obligeant Sire Loup et Tante Pol, à partir en catimini avec le garçon sous le bras et le Durnik, le brave forgeron à la traine.
Car en réalité, tous sont beaucoup plus que ce qu'il ne laissent paraitre.
Le vieux conteur qui pillait les cuisines se révèle être Belgarath l'éternel, sorcier de sept-mille ans et véritable légende. Et Pol, malgré son talent dans les cuisines est en fait sa fille, Polgara la sorcière, aussi célèbre et presque aussi chargée d'ans que lui.
D'autre personnages les rejoignent rapidement dans leur quête dont le héros ignore tout : Silk, l'acrobate-marchand-voleur-espion, Barak le guerrier, Ce'Nedra la princesse mi dryade au caractère épicé, Lelldorin, l'archer dont le coeur est proportionnel à son absence de bon sens, Mandorallen, le chevalier persuadé (et presque à juste titre) d'être invincible, Relg, l'Ulgo, fanatique religieux capable de traverser la roche, Hettar, l'Algarois, capable de communiquer avec les chevaux, Mission, un garçon innocent et mystérieux et Taïba, la dernière des Maragues.

Au final, bien que cette série soit un peu lente à démarrer sur le début du premier tome (comme tout les premiers tomes, j'ai l'impression), elle fait partit de celle que j'ai relue (et que je relirais) un grand nombre de fois et que je conseillerai volontiers au même titre qu'un Gemmell ou un Bottero.
Mes seules réelles déceptions sont que le couple nous ai quittés et de ne pas avoir pu me procurer le seul de leurs livres que je n'ai pas lu : le codex de Riva.
Lien : http://lombredeskarnsha.blog..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
FlorelliaFlorellia   11 janvier 2018
– Le péché, le péché, le péché ! explosa-t-elle. Vous n'avez que ce mot-là à la bouche !
– Telle est ma seule et unique préoccupation : m'en préserver à tout instant.
– Eh bien, vous ne devez pas rigoler tous les matins ! lança-t-elle dans un grand éclat de rire. […] Si vous aviez l'âme si pure, mon corps ne vous troublerait pas tant, ajouta-t-elle en continuant à se déboutonner.
Relg avait les yeux qui lui sortaient de la tête.
– Mon corps ne me gêne pas, mais vous, on dirait qu'il vous fait beaucoup d'effet ! Et c'est moi qui aurais l'esprit mal tourné ! Je peux vous plonger dans le péché à tout instant. Je n'ai qu'à faire ça…
Elle écarta les pans de sa robe.
Relg fit volte-face en émettant des bruits étranglés.
– Allons, Relg, vous ne voulez pas regarder ? railla-t-elle tandis qu'il battait en retraite.
– Eh bien, Taïba, vous disposez là d'un formidable arsenal, la congratula Silk. [...]
– Qu'est-ce que c'était que tout ce raffut ? marmonna Belgarath en sortant de sa torpeur. […]
– Relg et Taïba avaient une discussion philosophique sur le fond et la forme, répondit Silk d'un petit ton badin. Certains arguments étaient particulièrement séduisants, je dois dire.
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LefsoLefso   29 janvier 2012
Elle avait aussi eu tout le temps de méditer le problème de Garion. Ses longues semaines d’absence lui avaient paru d’une rigueur particulière, inexplicable. C’était comme si elle avait perdu quelque chose de très précieux, et cette perte lui laissait un douloureux sentiment de vide. D’ordinaire, ses sentiments étaient si confus et changeaient à une telle rapidité qu’elle n’avait pas le temps de se pencher dessus pour les étudier. Mais cette impression de manque persistait depuis si longtemps qu’elle était bien obligée de voir les choses en face.
Ça ne pouvait pas être de l’amour. Il était hors de question qu’elle tombe amoureuse d’un marmiton de campagne, aussi mignon soit-il. Elle était princesse impériale et son devoir était d’une clarté limpide : si elle avait la moindre raison de soupçonner que ses sentiments avaient franchi la barrière de la simple amitié, elle avait l’obligation absolue d’y mettre aussitôt fin. Or Ce’Nedra n’avait vraiment pas envie d’envoyer promener Garion et de ne plus jamais le revoir. Cette seule idée faisait trembler son petit menton. Ainsi, de toute évidence, ce qu’elle éprouvait n’était pas – ne pouvait pas être – de l’amour. Elle se sentit bien mieux après avoir tiré cela au clair. Cette éventualité l’avait troublée, mais la logique prouvait sans doute possible qu’elle n’avait rien à craindre de ce côté-là. C’était tout de même bien réconfortant d’avoir la logique pour soi.
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CoeurdecheneCoeurdechene   11 octobre 2011
Tout le reste de la journée, la Forteresse d'Algarie sembla grandir sur l'horizon occidental. C'était une immense citadelle fortifiée, dressée sur les collines dorées
— Un monument à la démesure de l'idée qui l'a érigé, murmura Silk d'un ton rêveur.
— Comment cela ? fit Durnik.
— Les Algarois sont des nomades, expliqua le petit homme, vautré sur le toit de la voiture. Ils passent leur vie à suivre leurs troupeaux dans des voitures pareilles à celle-ci. La Forteresse n'a qu'une seule utilité : fournir aux vandales murgos un abcès de fixation. Comme ça, ils viennent toujours l'attaquer, et le coin se prête assez bien à leur élimination. C'est nettement plus pratique que de leur courir après dans toute la prairie.
— Les Murgos ne s'en sont jamais rendu compte ? s'étonna Durnik.
— C'est possible, mais ils ne peuvent pas s'empêcher de revenir. Ils n'arrivent pas à admettre que personne n'habite vraiment là. Vous savez à quel point les Murgos peuvent être cabochards, fit Silk avec un de ses petits sourires carnassiers. Enfin, avec les années, les clans algarois en ont fait une sorte de compétition. D'année en année, ils essaient de se surpasser par la masse de roches transportées, et la Forteresse ne cesse de grimper, encore aujourd'hui.
— Kal-Torak l'a vraiment assiégée pendant huit ans ?
— On dit que son armée faisait comme une mer sans cesse recommencée, dont les vagues se seraient brisées sur les murailles de la Forteresse, répondit Silk. Les Angaraks seraient encore là s'ils n'avaient par fini par manquer de nourriture. C'est toujours le même problème avec ces gigantesques armées. N'importe quel imbécile peut lever une armée — jusqu'à l'heure du dîner, et puis les ennuis commencent.
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SolarineSolarine   22 juin 2011
"- Quelqu'un aurait-il eu l'idée d'emporter à boire ? s'informa-t-il (Silk)

- Vous n'en avez pas eu assez hier ? rétorqua Belgarath.

- C'était pour oublier. Là, c'est pour des raisons thérapeutiques.

- De l'eau ? suggéra Garion

- Garion, j'ai la gorge sèche, pas les pieds sales."
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okkaokka   03 juillet 2019
p.71-2.
- Alors vous êtes restée toute votre vie dans le noir ? Interrogea Relg avec curiosité.
- Presque. Je n'ai vu qu'une fois le visage de ma mère. Le jour où les Murgos sont venus la chercher pour l'emmener au Temple. Après, je suis restée toute seule. C'est ça, le plus terrible, la solitude. Le noir n'est rien quand on a de la compagnie.
- Quel âge aviez-vous quand ils ont emmené votre mère ?
- Je n'en sais rien, à vrai dire. Mais je devais être presque femme, puisque peu après les Murgos m'ont donnée à un esclave dont ils étaient contents. Les esclaves qui faisaient les quatre volontés des Murgos, et il y en avait beaucoup, étaient remerciés par des rations supplémentaires de nourriture – ou des femmes. J'ai pleuré à chaudes larmes, au début. Et puis avec le temps, je me suis fait une raison. Au moins, je n'étais plus isolée.
Le visage de Relg se durcit et Taïba surprit son changement d'expression.
- Et qu'aurais-je pu faire ? Un esclave n'est pas propriétaire de son corps. On peut le vendre, le donner à n'importe qui, il n'a pas son mot à dire.
- On peut toujours faire quelque chose.
- Et quoi donc, sans arme pour se battre – ou mettre fin à ses jours ? On ne peut pas s'étrangler soi-même. Vous ne le saviez pas ? fit-elle en regardant Garion. Certains esclaves ont essayé ; eh bien, après avoir sombré dans l'inconscience, on se remet à respirer. C'est bizarre, non ?
- Vous avez essayé de résister ?
Relg avait l'air d'y attacher une terrible importance, allez comprendre pourquoi.
- A quoi bon ? L'esclave à qui ils m'avaient donnée était plus fort que moi. Il m'aurait frappée jusqu'à ce que je me laisse faire, et voilà tout.
- Vous auriez dû résister, objecta Relg, intransigeant. Un peu de souffrance est préférable au péché, or c'est pécher que de s'abandonner de la sorte.
- Vraiment ? C'est un péché que de succomber à l'inéluctable, sans aucun moyen de défense ?
Relg amorça une réponse, mais ce fut comme si les yeux de la femme, plongeant droit dans les siens, lui nouaient la langue. Il balbutia, incapable d'affronter ce regard. Puis il battit en retraite et retourna vers les animaux de bât.
- Pourquoi s'impose-t-il ce combat contre lui-même ? s'étonna Taïba.
- Il est complètement dévoué à UL, son Dieu, expliqua Garion. Il redoute tout ce qui pourrait détourner une partie de ce qu'il croit lui devoir.
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