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EAN : 9782710308805
176 pages
La Table ronde (18/10/2001)
4.12/5   44 notes
Résumé :
On assimile généralement le christianisme au conservatisme social et politique, et le fait est que les Églises ont toutes collaboré avec les pouvoirs en place, depuis l'empereur Constantin jusqu'au clergé orthodoxe sous Staline.
Pourtant, Jacques Ellul montre, textes bibliques à l'appui, que le christianisme, envisagé dans son rapport à la politique, dispose à l'insoumission, à la dissidence, à la récusation même de tout pouvoir, de toute hiérarchie.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

Dans ce cours essai d'environ 150 pages, Jacques ELLUL – professeur en Histoire du Droit, chrétien protestant et théologien, ou encore auteur connu pour sa critique de la « Technique » – entreprend de créer du lien entre deux choses que tout semble opposer : l'Anarchisme et le Christianisme.

Toutefois, il le précise d'emblée : il n'est pas question de convertir les anarchistes aux Christianisme, ni les chrétiens à l'Anarchisme. le propos est bien pour Ellul de montrer ce qui selon lui rapproche la philosophie anarchiste et la foi chrétienne. Pour ce faire, il choisit d'observer l'une sous le prisme de l'autre ; ainsi le premier chapitre abordera « L'Anarchie du point de vue d'un chrétien » et le second quant à lui traitera de « La Bible, source d'Anarchie ».

Dans un premier temps, Ellul s'attache à décrire sa propre vision de l'Anarchisme, en insistant notamment sur la non-violence et ce faisant – malheureusement – ravive inutilement les clichés éculés émaillant ce courant de pensée sans oublier de saupoudrer son argumentaire des légendaires M.L.K. ou Ghandi, par prétérition. Ceci permet d'amener la discussion sur la question de la coercition et du Pouvoir, qu'Ellul, inspiré par Marx bien que critique du Marxisme, connait bien.

Il est clair que, pour lui, toute domination doit être combattue. Cependant il ne manque pas de préciser qu'il estime que l'idéal anarchiste est un objectif inatteignable : « le combat anarchiste, la lutte en direction d'une société anarchiste sont essentiels, mais […] la réalisation de cette société est impossible ». Pour appuyer sa position, Ellul a malheureusement recours à un homme-de-paille dont il critique la double-conviction que « l'Homme naturellement bon, et que c'est la société qui le corrompt ». La superficialité de l'argumentation nuit au débat de fond pourtant intéressant – à savoir : le caractère asymptotique de l'idéal Anarchiste – et se clos sur l'exemple du centre d'Amsterdam « horrible concentré de drogués » après que le gouvernement Hollandais ait décidé de tolérer la consommation de certaines drogues. Dommage…car dans le fond, on cerne bien l'idée de l'auteur. Mais l'exemple laisse vraiment à désirer : c'est un peu grossier et les clichés n'aident pas à donner à Ellul l'objectivité que ses thèses et son ambition pour cet ouvrage mériteraient.

Malgré son discours ouvertement critique, il conclut à juste titre – en regard de la « montée » des logiques de consommations (le livre est de 1988, elles sont désormais bien établies) et des dérives de l'État – que « [l]es églises ont une fois de plus trahi leur mission. Les partis se livrent à des jeux de théâtre qui datent d'un siècle. Et c'est dans ces conditions que je considère l'anarchie, comme, à la fois, la seule mise en question sérieuse et le moyen d'une prise de conscience, premier pas de l'action. » et nous invite à combattre ces tendances mortifères sans pour autant déserter la société, faire sécession, en appelant évidemment à s'extraire des logiques de la domination : « […] on peut lutter, on peut mettre en question, on peut s'organiser en marge, on peut dénoncer (non pas les abus de pouvoir, mais le pouvoir lui-même !). Et cela, seule, l'anarchie le déclare et le veut. ».

En seconde partie de ce premier chapitre, Ellul se penche sur « Les griefs de l'anarchie contre le christianisme ». D'entrée de jeu il déclare : « La première constatation fondamentale, c'est que toutes les religions quelles qu'elles soient sont à l'origine de guerre, de conflits […]. [D]ans ces guerres provoquées par la « Religion » c'est la question de la vérité qui est devenue centrale […] » et ceci vaut « aussi pour les religions nouvelles qui les ont remplacé : la Religion de la Patrie, la Religion du Communisme, la Religion de l'Argent, par exemple. » et montre qu'il ne sera pas plus transigeant envers la Religion qu'il ne l'a été vis-à-vis de l'Anarchisme. Il critique abondamment les institutions religieuses soumises au pouvoir, qu'il écorchait déjà en introduction en les condamnant sévèrement (et fort légitimement) : « Toutes les églises ont scrupuleusement respecté et souvent soutenu les autorités de l'État, elles ont fait du conformisme une vertu majeure, elles ont toléré l'injustice sociale et l'exploitation de l'homme par l'homme (en expliquant pour les uns que la volonté de Dieu était qu'il y ait des maîtres et des serviteurs, et pour les autres que la réussite socio-économique était le signe extérieur de la bénédiction de Dieu !) » et soulignant l'incohérence d'une hiérarchie religieuse « alors que Jésus n'a évidemment jamais crée de hiérarchie […] ».

Spécialiste du Droit romain en complément de ses connaissances théologiques, Ellul retrace brièvement l'Histoire du développement du Christianisme à l'aube du premier millénaire, au moment où la Religion chrétienne est loin d'avoir l'ampleur qu'on lui connait aujourd'hui, en évoquant abondamment les textes. Cela lui permet d'esquisser comment le Christianisme a peu à peu été corrompu et phagocyté par le pouvoir, allant jusqu'à renier ses plus fondamentaux principes. A ce sujet il précise que « L'alliance du Trône et de l'Autel ne date pas de la Restauration mais du Vème siècle ».

S'ensuit, historiquement, une longue complicité entre l'Eglise et le Pouvoir : la première étant garante de la propagande envers les masses, en légitimant notamment l'autorité du second (prétendument acquise de droit divin…), tandis que le second se gardait en retour de trop s'immiscer dans les affaires politique de la première. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien, nous cite Ellul, que « Napoléon a dit : "Les curés tiennent le peuple, les évêques tiennent les curés, et moi je tiens les évêques". On ne pouvait pas mieux déclarer, ce qui fut toujours, que l'Église est en définitive l'agent de propagande de l'État ». N'importe qui ayant un minimum de recul critique vis-à-vis de l'Histoire et du Christianisme arriverait aux mêmes conclusions qu'Ellul : une collusion flagrante et lucrative pendant des siècles ont permis aux deux partis l'expansion de leur emprise respective (au prix de nombreuses tragédies). La critique d'Ellul – bien qu'entendue – est toutefois la bienvenue car indispensable dans cet ouvrage : elle montre à quel point l'auteur se distancie de la Religion chrétienne institutionalisée, au profit de sa propre foi et de son interprétation personnelle des textes bibliques à l'aune de son accointance avec les idéaux libertaires.

Dans le second chapitre de l'ouvrage, l'auteur renverse la grille de lecture en s'attelant cette fois à analyser certains textes sacrés afin d'en montrer la portée anarchiste. Pour commencer, comme c'est souvent le cas dans les livres traitant d'Anarchisme, Ellul s'attarde à en formuler une définition succincte en évoquant l'étymologique « an-arkhê », sans omettre bien sûr de récuser la solide réputation de désordre que traine ce courant de pensée et qui, selon lui (comme beaucoup d'autres), « vient de ce que l'homme occidental est tellement persuadé que l'ordre dans la société ne peut être établi que par un pouvoir central fort (police, armée, propagande) que, sitôt que l'on met ces pouvoirs en discussion, on ne peut envisager que du désordre ! ». Et je ne vais certainement pas le contredire… Même si le résumer sous ses traits est un peu trop réducteur à mon goût.

Ellul articule son développement en cinq parties, respectivement autour de : « La Bible Hébraïque », « Jésus », « L'Apocalypse » (qui évoque dans les écrits la « Révélation » et non une horrible catastrophe), « Une incidence - l'Epitre de Paul » et « Pierre ». Seulement, mes séances de catéchisme ayant plus de 25 ans et n'ayant jamais ouvert une Bible (ni alors, ni depuis) je m'attarderai moins dessus, ne maitrisant pas suffisamment les textes évoqués.

C'est justement ce qui a été un souci en ce qui me concerne : même si Ellul cite explicitement des passages, des anecdotes ou des paroles attribuées à Jésus ou à d'autres (et sans même discuter de leur véracité) on est fondamentalement contraint de faire confiance à l'auteur quant aux contextualisations et interprétations qu'il avance. Non pas que ce qu'il dise soit insensé – au contraire, cela fait souvent sens, pour peu qu'on appréhende correctement le prisme anarchiste – mais à l'instar du premier chapitre, je reste un peu sur ma faim.

Faisant suite à ce second chapitre se trouvent des annexes présentant deux interprétations d'un texte (Romains, XIII 1-2) respectivement par K. Barth et A. Maillot ainsi qu'un court texte : « Les objecteurs de conscience », sur lesquels j'ai fait l'impasse (en fin de lecture je saturais des références bibliques, pour être honnête). En revanche, j'ai énormément apprécié la petite dizaine de pages du témoignage d'Adrien DUCHOSAL : « Être prêtre catholique et anarchiste ». C'est de loin ce que j'ai préféré dans ce livre pour le naturel, la simplicité et la profonde sincérité qui se dégage des anecdotes et des valeurs dépeintes dans ces quelques lignes.

En résumé, Ellul nous présente sa vision de l'Anarchisme et son exégèse libertaire des textes sacrés du Christianisme tout en nous entrainant malgré lui dans de profondes questions d'herméneutique. Il m'a été difficile de faire confiance à l'auteur en dépit de sa qualité reconnue de théologien. D'abord le premier chapitre traitant du courant anarchiste m'a paru un peu superficiel, accumulant quelques clichés au passage, au détriment de questions pourtant pertinentes ; puis au second il explore avec détails différents récits bibliques et paroles attribuées à Jésus dont il nous expose son interprétation avec méticulosité… La cohésion entre ces deux chapitres tient globalement aux seuls enthousiasme qui émane de l'auteur et à sa foi inébranlable qui – à mon sens – parasitent un peu trop la rigueur argumentaire de l'essai.

A la fin du premier chapitre, l'auteur écrit : « Tout ceci dit, je ne prétends nullement avoir convaincu le lecteur ». Bien que sur le moment je me sois dit « heureusement ! », je me suis rappelé que dès l'introduction Ellul avait exposé ses ambitions pour cet essai et que le prosélytisme y était absent, ce qui est effectivement le cas.

Au final, j'ai quand même apprécié cette lecture. Elle offre à voir le regard intéressant d'un penseur peu ordinaire ainsi qu'une relecture particulièrement subversive des écrits bibliques en proposant une vision du Christianisme sous le prisme de l'Anarchisme sur un ton assez léger et accessible.

Tout au long de cette lecture j'ai eu en tête l'image « Jesus was an Anarchist », et l'idée m'a bien fait sourire !

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Je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler un bon croyant. Métallo, gauchiste et grand amateur de littérature de genre (ainsi que de chansons grivoises), ma foi est davantage la condition de différents facteurs sociologiques que d'une réflexion profonde ou basée sur la raison : famille, église, relative ignorance des principes scientifiques...

Pourtant, il serait faux d'affirmer que le christianisme n'a jamais influencé mes choix de vie. C'est avec son désir de justice et d'entraide que je me suis tourné vers la gauche (et même l'extrême-gauche, raison pour laquelle cette critique un peu trop personnelle ne paraîtra pas sur mon blog) ; comme pas mal de chrétiens jusque dans les années 80, je me suis tourné vers le communisme assez tôt, avec tout de même nombre de critiques (aussi bien théoriques qu'historiques) qui m'ont poussé à me rapprocher des libertaires. Être anarchiste, pourquoi pas ? Seulement, la Bible ne s'y prête pas vraiment : entre se prosterner devant le Roi des Rois et l'idée qu'il faille être un minimum soumis aux autorités malgré une critique féroce et une détestation profonde, il faut encore compter les innombrables injonctions à la soumission et à la discipline (les lettres de Paul sont sans doute ce qui me donne le plus envie de devenir athée).

Arrive Jacques Ellul, auréolé d'une multitude de critiques élogieuses venant aussi bien du christianisme que de la gauche radicale. Anticommuniste (ou tout du moins critique de Marx), il possède pourtant nombre d'idées en commun avec les Rouges et considère que la Bible est en fait majoritairement favorable à l'anarchisme. Dans ce court livre, dense et passionnant, il revient donc sur différents versets prônant les idées libertaires, et dont j'avais moi-même parfois pu constater la portée. La plume est vive, très ponctuée et pleine de digressions, mais se rapprochant de l'oralité d'un cours magistral et donc loin d'être gênante ; les raisonnements sont courts, simples, souvent érudits mais jamais pédants. Dieu n'a-t-il pas désiré laisser le choix aux êtres humains ? Jésus ne s'est-il pas dressé contre toutes les autorités, y compris religieuses ?

Pourtant, force est de constater que beaucoup de doutes subsistent à la fin de la lecture. Je sais qu'il y en a quelques-uns qui m'attendent au tournant sur les vaccins, mais n'ayant pas de documentation sur celui dont il est question dans une des anecdotes, je m'abstiendrai de tout jugement. Pour ce qui est du reste, je me contenterai de soulever quelques points :

- L'islam serait la religion la plus intégriste... Mais l'immense majorité des musulmans me semble bien moins à craindre que les prêtres mayas ou aztèques ;

- Quid de l'histoire du recensement, où Dieu punit explicitement David en lui envoyant la peste ? ;

- Il n'est pas si étonnant que les textes bibliques historiques aient été si critiques envers les rois d'Israël, la plupart ayant été rédigés durant la déportation de Babylone, quand d'autres rois étaient au pouvoir ;

- Il me paraît important de préciser que le droit romain était sur différents points très contestable, comme l'idée de légitimer une guerre d'invasion ;

- Il n'y aurait pas de hiérarchie entre l'humain et Dieu... pourtant, l'Homme n'est-il pas "de peu inférieur à l'ange" ? ;

- Les guerres de l'Ancien Testament, franchement incompatibles avec l'idée de non-violence, sont qualifiées d'"embarrassantes" puis balayées d'un revers de main. Il y aurait pourtant des manières de les justifier : 1/ par pragmatisme, ce sur quoi Ellul n'est pas spécialement porté, 2/ parce que Dieu serait le seul à posséder le monopole de la violence légitime, mais ce serait contredire l'idée qu'il n'y a pas de hiérarchie entre les êtres, même avec le divin.

Il faut enfin y ajouter que la vision anarchiste présentée ici reste anthropocentrée, et même masculocentrée. L'Homme (et pas la Femme, même si c'est vrai que pour une fois, on ne l'accuse pas) ayant causé le péché, c'est toute la création qui a sombré dans le chaos : ainsi si les autres animaux se dévorent entre eux, si nous subissons les séismes ou les éruptions volcaniques, et si un jour nos descendants subiront les rayons gamma ou les trous noirs, c'est entièrement de notre faute. Pas un mot sur la possibilité que nous ne soyons pas les seuls dans L Univers, ni sur une possible âme toute aussi tangible que la nôtre chez les animaux ; pas un mot non plus sur les nombreux versets controversés de Paul à l'égard des femmes et des LGBTQ+.

C'est un crève-coeur que de ne donner que quatre étoiles à "Anarchie et christianisme". La richesse et la vivacité d'esprit de cet opuscule lui en auraient bien donné cinq. Mais les raccourcis, oublis et simplifications me forcent un minimum à réfréner mon enthousiasme. Pour autant, on est sur de la bien plus haute théologie que le tout-venant évangélique baignant dans une culture de l'excuse très à droite ; et n'importe comment, pour un coco à la foi tourmentée mâtinée d'influences kantiennes, se dire qu'il n'y a pas qu'une manière unique de faire le Bien mais que Dieu nous veut avant tout libres (y compris d'être imparfaits ou de nous planter), ça fait franchement du bien.

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Anarchie et christianisme est un essai de Jacques Ellul, écrit dans le but de montrer les similitudes entre ces deux 'idéologies'. l'anarchie, qui prône "Ni Dieu ni maitre", est en fait totalement conciliable au "vrai" christianisme, qui n'admet pas, comme on le pense souvent, un Dieu omniprésent, une entité dirigeante. En effet, Dieu n'existe pas en tant que tel, puisqu'il est présent en chacun de nous. En réalité, chacun contient son propre Dieu en lui, et le démontre de par ses actes. Ainsi Ellul montre qu'un chrétien anarchiste n'est pas une fabulation mais peut réellement exister, et que ces deux termes peuvent se compléter, et ne sont donc pas, comme le pense souvent l'inconscient collectif, antinomiques.

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Jaques Ellul présente dans ce livre un condensé de sa pensée chrétienne avec comme idée centrale que la foi au Christ apporte une liberté face aux autorités et au matérialisme qui rejoint certains idéaux anarchistes. A l'heure où notre société devient de plus en plus sécuritaire, Ellul nous monter que la liberté et l'autonomie sont des constituant essentiels de la dignité humaine telle qu'elle est voulue par Dieu.

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Ellul a travers une lecture personnelle mais pertinente de la bible hébraïque et des évangiles, montre que leur message essentiel s'est toujours trouvé en marge du pouvoir et des institutions qui l'incarnent. C'est en cela qu'une proximité, voire une authentique intimité, se crée entre le christianisme et l'anarchie.

Très critique à l'égard de l'institutionnalisation du christianisme, Ellul entend mener son lecteur vers la source, et dénoncer la subversion que les églises ont fait subir aux messages des prophètes et ceux du Christ.

Ellul argumente son propos avec une intelligence désarmante et une liberté de ton digne de la plus authentique inspiration…

Ce texte entre en résonance avec les propos tenus par des représentants d'autres traditions spirituelles, notamment les dépositaires de l'enseignement du Bouddha. Certaines paroles de Khrishnamurti sont également très proches de celles d'Ellul.

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation

Je ne puis condamner les opprimés qui pour se révolter prennent les armes et se lancent dans la violence, mais je pense leur révolte inefficace pour une réelle révolution : ou bien les opprimés seront écrasés par les forces des gens du pouvoir, ou bien, quand le pouvoir en place sera renversé, ils auront acquis le goût du pouvoir par les armes, ils deviendront alors les nouveaux oppresseurs et tout sera à refaire.

Pour une véritable révolution, il faut trouver le moral de s'engager à faire disparaitre ce qui est à l'origine de toutes les violences : l'esprit de hiérarchie et la peur ; la peur qu'éprouvent les dominants de ne plus pouvoir vivre s'ils renversent leurs maitres, les pousse à accepter la violence qu'ils subissent. Ils trouvent eux-mêmes une compensation en cherchant à dominer sur d'autres, toujours au prix de la violence dans le cycle infernale de révolte-répression...

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La plupart des gens, qui se laissent aller qui vont se bronzer, qui font du terrorisme et s'abêtissent à la TV, se moquent complètement des discours politiques et de la vie politique. Ils ont compris qu'ils n'ont rien à espérer. Et réciproquement, ils sont exaspérés par l'encadrement bureaucratique et les tracasseries administratives. Dénoncez tout cela, et vous aurez l'oreille d'un vaste public.

Autrement dit : plus le pouvoir de l’État et de la bureaucratie augmente, plus l'affirmation de l'anarchie est nécessaire, seule et dernière défense de l'individu, c'est à dire de l'homme. Encore faut-il que l'anarchie retrouve son mordant et son courage, elle a un bel avenir devant elle. Voilà donc ce qui m'attache à l'anarchie.

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Dans l'esprit de Jésus, nous combattons la violence en nous attaquant à la peur. Jésus dit aux opprimées : " Si on te frappe sur la joue droite, tend la joue gauche", il cherche ainsi à les libérer de la peur devant la violence de leurs oppresseurs. p.149

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Quand je dis que l'homme n'est pas bon, je ne me place pas d'un point de vue chrétien ni du point de vue de la morale : je veux dire que les deux grandes caractéristiques de l'homme, quelle que soit sa société ou son éducation, sont la convoitise et l'esprit de puissance.

Alors si vous laissez l'homme entièrement libre de choisir son action, inévitablement, il cherchera à dominer quelqu'un ou quelque chose, inévitablement il convoitera, ce qui est à autrui, ou à personne, et la convoitise a ceci de remarquable qu'elle ne peut jamais être assouvie, qu'elle n'est jamais satisfaite, sitôt qu'un point est acquis, elle se reporte sur autre chose.

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Par contre, ce qui me parait juste et possible, c'est la création d'institutions nouvelles à partir de la base, celle-ci engendrant ses propres institutions destinées en réalité à remplacer les pouvoirs et autorités qu'il faudrait arriver à détruire. Ne jamais fonctionner sur un mode autoritaire et hiérarchique, mais strictement démocratique, et provoquant des fédérations, le lien fédéral étant le seul lien "national".

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Vidéo de Jacques Ellul
Daniel Cérézuelle vous présente son ouvrage "La technique et la chair" et "La nature du combat : pour une révolution écologique" écrit par Bernard Charbonneau et Jacques Ellul aux éditions l'Echappée. Entretien avec Lucas Chaintrier.
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