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ISBN : 2824706961
Éditeur : Bibebook (14/03/2013)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Fin 1872, Émile Erckmann, contre qui un mandat d'arrêt a été émis par les Prussiens qui occupent l'Alsace et la Moselle, s'installe à St-Dié. L'été précédent, il a fait la connaissance à Paris d'un Lorrain, entrepreneur de travaux publics, qui avait longtemps travaillé en Égypte à la construction du canal de Suez, Alban Montézuma Goguel, qui possède une propriété dans sa ville natale de St-Dié, l'Ermitage. Erckmann y est très bien accueilli et s'y sent bien, au mili... >Voir plus
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SZRAMOWOSZRAMOWO   10 mai 2017
Tu penses bien que j’invitai les camarades à boire l’absinthe, et que nous sortîmes tous bras dessus, bras dessous, pour aller à la cantine. Jusqu’à cinq heures on ne fit que rire, trinquer et se représenter la vie en beau. Mais à cinq heures, Grosse sonne encore une fois aux fourriers. Nous sortons, et là, devant le quartier, on annonce que le maréchal des logis Goguel est désigné pour aller rejoindre le détachement àTizi-Ouzou, avec quatre chasseurs non montés.
Tu sauras que Tizi-Ouzou se trouve en Kabylie,à trente-cinq lieues environ de Blidah, et que nous avons en cet endroit un fort qui protège les villages européens. Des hommes étaient morts là-bas, soit par maladie, soit autrement ; on envoyait quatre de nos chasseurs les remplacer et monter leurs chevaux.
C’était très bien ; mais de faire porter le porte-manteau et les bagages à mes hommes pendant trente-cinq lieues, sous le soleil d’Afrique, cela me paraissait un peu dur.J’ai toujours pensé qu’il faut ménager le soldat autant que possible, et je passai le reste de la journée à tourmenter l’intendance pour faire voiturer mes chasseurs par la charrette et la vieille bique du père Lubin, qui remplissait ce service depuis quinze ans.
On finit par me l’accorder.
Le lendemain donc, avant le petit jour, ayant harnaché mon cheval et fait compléter les effets d’habillement de mes hommes, je leur donnai l’ordre de prendre l’avance.
Moi, je courus serrer la main de mon ami Jaquel, avoué à Blidah. Mon cheval piaffait à la porte. Nous prîmes sur le pouce un petit verre de kirschen-wasser qu’il avait reçu du pays ; puis, nous étant embrassés, je sautai en selle et je rejoignis mon petit détachement d’un temps de galop.
La vieille rue des Juifs était encore déserte ; quelques bonnes femmes donnaient leur coup de balai le long des murs et tournaient la tête pour voir filer le maréchal des logis à franc étrier, le sabre sonnant contre la botte.
Une fois hors de la porte d’Alger, j’eus bientôt rattrapé la charrette, qui s’en allait au pas, avec mes quatre chasseurs fumant leur pipe à la fraîcheur du matin et causant entre eux de choses indifférentes.
Un peu plus loin, nous prîmes la route deDalmatie, chemin stratégique qui longe le pied de l’Atlas et qui devait nous conduire directement à l’Arba, notre première étape.
Jamais je n’oublierai le calme joyeux de notre départ, à cette heure matinale où la fraîcheur règne encore à l’ombre de hautes montagnes. Les cailles s’appelaient et se répondaient au milieu des blés ; elles sont innombrables enAlgérie. À notre droite montait l’Atlas, avec ses broussailles de lentisques et d’ajoncs dorés ; à notre gauche s’étendait la plaine de la Métidja, couverte de récoltes, et ses mille ruisseaux qui sortent en bouillonnant des gorges voisines.
À mesure que s’élevait le soleil, les tourterelles, les rossignols et d’autres oiseaux du pays s’égosillaient dans les sycomores, et nous distinguions mieux, à travers le crépuscule, la grande masse de pierres en pyramide qu’on appelle le Tombeau de la Reine, et, tout au bout de l’horizon, le grand mont du Zackar.
C’était quelque chose d’immense, personne ne peut se faire une idée de cette abondance des biens de la terre.
Si l’on avait construit des chemins de fer enAlgérie depuis trente ans, les villages seraient venus se poser par milliers sur leur parcours, comme on le raconte de l’Amérique ; nous aurions là une France plus belle et plus riche que la première. Mais nous autres, nous voulons que les villages existent avant d’établir des routes et des chemins de fer ; nous donnons des pays entiers à des gens qui ne cultivent rien, et puis nous avons les bureaux arabes. Tu ne sais peut-être pas ce que c’est qu’un bureau arabe, je vais te le dire, ce ne sera pas long.
D’abord, toute l’Algérie est divisée en trois grandes provinces : celle d’Alger au centre, celle d’Oran à l’ouest, et celle de Constantine à l’est.
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