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EAN : 9782749161570
Le Cherche midi (03/10/2019)
3.71/5   87 notes
Résumé :
« Le devoir d’une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions. » Telle était la philosophie de Margaret Sanger et telle a été sa vie.
Portrait d’une des figures les plus influentes et les plus controversées du XXe siècle, ce roman met en scène cette femme indomptable.

Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
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Margaret Sanger, célèbre en son temps agitatrice, rebelle, dérangeante dans une société américaine du début du XXème siècle. Son caractère rebelle, sans lequel elle n'aurait pu aller au bout de ses idées et poursuivre son action, elle le doit sans nul doute à son départ dans la vie, ses souffrances, la honte qu'elle éprouva lorsque petite, toute possession pouvait lui être reprochée, on assistera à une scène importante de son enfance dès le début du récit qui montre combien elle ressentit l'humiliation.


Devenue adulte, infirmière de son état, elle constatera la misère des femmes dont le métier, une fois mariée, se limiterait à mettre au monde des enfants, sans pouvoir contester, diminuée, usées par les grossesses répétées, usées par le labeur qu'implique la charge de familles nombreuses, victimes de privations liées à des situations précaires aggravées par la présence de bouche à nourrir. Certaines mourront suite à des avortements clandestins.


D'abord membre d'un groupe socialiste, elle défendra la cause des plus démunis, puis orientera son combat vers le droit à la contraception alors balbutiante. Bien sûr elle laissa de côté ses enfants afin de mener son combat, bien sûr son entourage fut en droit de contester, de critiquer son comportement, contestation très bien exprimée dans ce livre, par des lettres adressées à la mère, à l'épouse, à la soeur, à la maîtresse que fut cette femme.


Pour ma part, je me suis contentée de lire sans juger en me concentrant sur son parcours de militante. Quelques femmes sont connues pour avoir laissé de côté leur famille au nom de leur combat : Dolores Ibarruri envoya ses enfants en Russie pour les protéger et se sépara de son mari afin de défendre la cause féminine et lutter contre le fascisme.


Sa foi l'aidant à soulever des montagnes, Margaret Sanger quant à elle, sauva bien des vies et allégea le destin de bien des femmes. Elle mérite le qualificatif de pasionaria du contrôle des naissances.


Cette biographie est passionnante, son auteure a su faire comprendre au lecteur, les états d'âme de cette grande dame, son acharnement, voire son entêtement, ses relations sans volonté de lendemain avec les hommes, s'autorisant le plaisir sexuel si tabou et alors reproché aux femmes de cette époque qui osaient le montrer. Mais ce récit est encore plus que cela tant il exprime à merveille le ressenti de la grande dame.


Bien sûr, ses idées seront sujettes à controverse, particulièrement après la deuxième guerre mondiale, alors qu'elle sera accusée d'avoir prône l'eugénisme, attaques qu'elle conteste clairement dans ce livre.


La fin est merveilleusement écrite, elle résume l'oeuvre d'une vie remplie qui se termine par la sortie triomphale d'une femme qui s'est donnée corps et âme à sa cause, et qui s'en va paisiblement entourée de ses proches, mais également sa solitude face à un remord que je tairais afin de ne rien dévoiler. remord qu'elle emportera dans sa tombe.


J'ai beaucoup appris de cette personne à laquelle nous devons notre confort en tant que femmes aujourd'hui.

Je remercie Babélio et les éditions du cherche midi pour ce partenariat.

Challenge MULTI-DEFIS

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Portrait d'une féministe influente et rebelle
*
Une lecture qui a failli ne pas arriver à la fin. Comme quoi, il faut parfois persévérer !
Je n'ai jamais entendu parler de Margaret Sanger qui est pourtant une figure importante du 20e aux US . Saviez-vous qu'elle a créé le planning familial en 1952 ? Cette grande dame a milité pour la cause féminine. Une anarchiste qui a consacré toute sa vie (oui toute! on y reviendra plus tard) à la légalisation de la contraception.
Une femme engagée, passionnée et sexuellement libérée. Elle dira toujours que le corps d'une femme n'appartient qu'à elle seule.
*
Ainsi se déroule cette biographie romancée de cette femme courageuse mais aussi décriée. Car pour mener son combat, chacun sait que les embûches et envieux sont nombreux.
On l'a accusé de promouvoir l'eugénisme, on l'a dénoncé quand elle propageait ses idées progressistes à travers son journal, mis en prison, expatriée . Cela ne l'a pas empêchée de suivre ses idéaux.
Mais qui essuie les "pots cassés"? Justement, Margaret est aussi mère de 3 enfants dont la jeune Peggy qui paiera "cher" la négligence (ou même abandon) de sa mère.
*
Un récit de la vie tumultueuse de cette passionara, écrit sous forme d'autofiction, et tantôt par les personnes de son entourage qui prennent la parole pour montrer aussi les faiblesses et la fragilité de Margaret.
*
J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire tellement le sujet m'a pris aux tripes. Après une pause, je l'ai repris pour ne plus le lâcher.
*
Un témoignage puissant et nécessaire pour comprendre l'avancée des droits féminins qui nous semblent aujourd'hui acquis mais encore bien fragiles.
Remercions Margaret Sanger.
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Ayant grandi dans une famille pauvre entourée de douze frères et soeurs, Margaret Sanger comprend très rapidement qu'une vie telle que sa mère totalement exténuée de ses nombreuses grossesses a pu vivre est loin d'être faite pour elle. Devenue infirmière, elle décide de consacrer sa vie aux femmes et à leurs droits en commençant par se battre pour la légalisation de la contraception. Margaret est une femme acharnée et combattante. Totalement obnubilée par son combat, elle sera amenée à aller en prison et à fuir plusieurs fois son pays et elle en sacrifiera même sa propre vie familiale.

Ellen Feldman signe avec Terrible vertu un roman fort et percutant qui nous dresse le portrait d'une femme singulière. Tout en découvrant son parcours hors du commun, l'autrice nous propose, de façon succincte de découvrir également le point de vue des personnages ayant gravité autour de Margaret : son mari, ses enfants ou encore ses amants. On ne peut qu'être admiratif devant cette femme au grand caractère qui ne perd à aucun moment de vue son objectif principal d'apporter aux femmes une meilleure vie et un meilleur contrôle sur celle-ci. Totalement à l'aise avec son corps et sa sexualité, Margaret Sanger est clairement en avance avec son temps et possède un charme hypnotique qui fera perdre la tête plus d'un et qui, nous lecteur, nous captive totalement.

Véritable témoignage de la vie de cette femme jusqu'à lors inconnue pour moi, je remercie chaleureusement Babelio et les éditions le Cherche midi pour l'envoi de cet ouvrage dans le cadre d'une Masse Critique.
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Lorsque Babelio m'a proposé de lire Terrible vertu, la biographie romancée de Margaret Sanders, j'avoue à ma grande honte que je n'avais jamais entendu parler de cette grande dame. Et pourtant, elle a joué un rôle crucial pour la condition féminine. En 2019 on a tendance à oublier qu'il n'y a pas si longtemps que ça, le planning familial, la contraception féminine n'existaient pas.
C'est avec entêtement, passion et révolte que Margaret va engager un véritable combat pour que les femmes soient enfin libres, libres de donner la vie quand elles le souhaitent et non de subir grossesse sur grossesse. C'est en souvenir de sa mère, épuisée par 13 grossesses que Margaret va dédier sa vie à ce combat. Margaret est en avance sur son temps. Elle aime le sexe, est infidèle, libre. Elle essaie de transmettre son savoir aux autres femmes révoltée par ce qu'elle voit dans son métier d'infirmière: des enfants mal nourris, des femmes qui se déchirent le corps à coups d'aiguilles à tricoter...
Cette biographie, bien écrite, s'est révélée passionnante dès les premières pages.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Cherche midi qui m'ont permis une belle découverte.
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Bien que je ne sois pas une adepte des biographies, même romancées comme c’est le cas ici, j’ai accepté sans hésiter de recevoir cet ouvrage dans le cadre d’une masse critique spécialisée. Les sujets de la contraception ainsi que de l’égalité de la Femme et de ses droits à cette époque m’intéressaient beaucoup. De plus, je ne connaissais absolument pas Margaret Sanger, cette révolutionnaire à la personnalité indomptable qui a tant fait pour faire avancer les mentalités et défendre les Femmes ! Je remercie donc Babelio et les éditions Cherche Midi pour cet envoi.

« Terrible vertu » retrace la vie de Margaret Sanger qui, issue d’une famille nombreuse, refusa dès son adolescence de devenir mère au foyer. Rapidement, la belle américaine fit tout pour étudier et travailler sans dépendre d’un mari… Elle se rendit surtout rapidement compte que les conditions de la Femme étaient différentes de celles de l’Homme, quel que soit le domaine. Aussi, essaya-t-elle de renverser les codes de son époque. Et même si j’avais lu quelques œuvres féministes, j’ignorais que certaines choses se passaient de la sorte… Ainsi, j’ai beaucoup appris, comme le fait aberrant que le plaisir d’une femme était tabou. Il n’était pas convenable de faire du bruit ou de bouger pendant l’acte sexuel. On ne pouvait que contenter son mari en silence et en faisant son devoir conjugal pour enfanter. Il n’y avait aucune égalité sexuelle, certes, mais je n’imaginais pas que ce fut à ce point ! En ce qui concerne les premiers moyens de contraception, j’ai réalisé que je n’y connaissais rien : j’ignorais, par exemple, que seuls les hommes pouvaient acheter des préservatifs (qui étaient d’ailleurs très chers) et j’ai découvert ce qu’était un pessaire… Quelle époque ! En lisant cet ouvrage, on réalise que l’on revient vraiment de loin grâce à des personnes comme Margaret !

Margaret Sanger va énormément se battre pour la justice sociale, aborder le droit de vote, l’égalité salariale, la santé des femmes ainsi que l’avortement. Des sujets faisant polémique et étant interdits ! D’ailleurs, la révolutionnaire va avoir énormément de problèmes avec la police et la justice… Heureusement, elle ne baissera jamais les bras, canalisant alors son énergie sur la légalisation de la contraception grâce à sa clinique illégale où elle va conseiller celles et ceux qui oseront braver l’interdit et les bonnes mœurs pour se préserver d’une vie difficile avec une dizaine d’enfants à charge… Ce combat est aussi intéressant qu’important ! Néanmoins, j’avoue ne pas avoir spécialement accroché au tempérament de la militante. Certes, elle est impressionnante, déterminée, charismatique et intelligente, toutefois elle a complètement négligé les siens, ce qui n’est pas dans ma nature… Je n’aurais pas pu faire de tels sacrifices, surtout vis-à-vis de mes enfants. L’américaine préférait avoir une vie sexuelle hyper active en couchant avec plusieurs hommes, bien qu’étant mariée, et a surtout délaissé ses trois bambins qu’elle ne voyait à peine… Même en les sachant dans une pension où les repas sont mauvais, où il n’y a pas d’eau chaude ou de chauffage et très peu d’école, elle n’a rien fait pour eux. Les pauvres ont grandi sans parents pour prendre soin d’eux. C’est à peine si elle les voit quand elle a le temps, entre deux réunions, ou lorsqu’elle n’est pas dans un autre pays… Sa dévotion et ses engagements féministes passent avant tout le reste ! Or, même si j’admire ce à quoi elle a dédié sa vie, je ne peux m’empêcher de songer que ce n’est pas ma vision des choses.

L’ouvrage fut intéressant. J’ai particulièrement aimé lorsque l’auteure a donné la parole à l’entourage de Margaret, comme son mari Bill, ses fils, son avocat ou d’autres personnes l’ayant côtoyée. On sent qu’Ellen Feldman a fait beaucoup de recherches et a longuement échangé avec les descendants de cette femme incroyable. Voilà une biographie romancée à découvrir si vous cherchez une lecture féministe, désirez en apprendre plus sur les début du planning familial ou souhaitez découvrir une personnalité ayant révolutionné son époque.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
J’en avais assez de traiter les symptômes de la maladie. J’étais résolue à agir pour la prévention. J’arrêterais mon activité d’infirmière afin de me consacrer à la contraception. Je libérerais les femmes de leur entrave biologique. Je délierais l’amour de ses conséquences. Et je veillerais à ce que tout enfant arrivant dans ce monde fût désiré et choyé.
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[ début XXe siècle, Etats-Unis ]
[…] des lettres arrivaient en abondance. La plupart m'étaient envoyées à New York, mais il m'arrivait d'en trouver cinq ou dix dans les hôtels où je passais.
• Chère Madame Sanger,
J'ai neuf enfants, deux mort-nés, et mon mari n'a pas de travail. Je me tuerai si j'en attends un autre.
• Chère Madame Sanger,
Je vais régulièrement à l'église, je m'efforce de bien tenir ma maison et mon mari est respecté dans notre ville, mais il me battra si je retombe enceinte. C'est ce qu'il a fait la dernière fois.
• Chère Madame Sanger,
Le docteur dit qu'une nouvelle grossesse tuerait ma femme. Je sais que je ne devrais plus la toucher, mais la chair est faible.
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[ début XXe siècle ]
Ici et là, un rectangle de lumière isolé perçait la nuit. Je songeai à toutes ces femmes dans tous ces appartements ; certaines, comme Sadie, étendues dans le noir les yeux grands ouverts, à se creuser la cervelle pour imaginer des moyens d'éviter ou d'interrompre une nouvelle grossesse que ni leur corps, ni leur budget, ni leur santé mentale ne pouvaient endurer ; d'autres, écartelées en silence, terrifiées, sous un homme en colère, ivre ou vengeur ; et d'autres encore, enivrées par le miracle de deux corps enlacés, encore inconscientes des conséquences. Nous étions piégées par les hommes, et par nous-mêmes.
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Mon père était le libre-penseur de la ville. « Les enfants du diable ! Les enfants du diable ! » braillaient d'autres gamins en nous poursuivant dans les rues non pavées, poussiéreuses en automne, boueuses au printemps. Tantôt je prenais mes jambes à mon cou, tantôt je tentais de rendre les coups. Lorsque je me battais, je rentrais chez moi la robe déchirée, tachée, ensanglantée, au grand dam de ma mère. « Une fille ne se bat pas », disait-elle toujours.
J'étais accoutumée aux moqueries dans la rue, mais pas en classe. Du moins, pas de la part d'un professeur.
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Gandhi m'invita dans son ashram. Quelle déception ! Je n'insinue pas que ce n'était pas un grand homme. Il est l'un des saints véritables de l'histoire, canonisé non par un rituel ecclésiastique aussi absurde que politique mais par sa bonté naturelle. Toutefois, comme tant de saints, il était têtu comme une mule. Lui qui vivait dans un pays outrageusement surpeuplé, infesté de maladies, de souffrance et de mort, il voyait la solution non dans la science de la contraception mais dans la prétendue vertu de la chasteté. En cela, il n'était pas très différent du curé de Corning.
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