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EAN : 9782749161570
Éditeur : Le Cherche midi (03/10/2019)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 54 notes)
Résumé :
« Le devoir d’une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions. » Telle était la philosophie de Margaret Sanger et telle a été sa vie.
Portrait d’une des figures les plus influentes et les plus controversées du XXe siècle, ce roman met en scène cette femme indomptable.

Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
  22 octobre 2019
Margaret Sanger, célèbre en son temps agitatrice, rebelle, dérangeante dans une société américaine du début du XXème siècle. Son caractère rebelle, sans lequel elle n'aurait pu aller au bout de ses idées et poursuivre son action, elle le doit sans nul doute à son départ dans la vie, ses souffrances, la honte qu'elle éprouva lorsque petite, toute possession pouvait lui être reprochée, on assistera à une scène importante de son enfance dès le début du récit qui montre combien elle ressentit l'humiliation.

Devenue adulte, infirmière de son état, elle constatera la misère des femmes dont le métier, une fois mariée, se limiterait à mettre au monde des enfants, sans pouvoir contester, diminuée, usées par les grossesses répétées, usées par le labeur qu'implique la charge de familles nombreuses, victimes de privations liées à des situations précaires aggravées par la présence de bouche à nourrir. Certaines mourront suite à des avortements clandestins.

D'abord membre d'un groupe socialiste, elle défendra la cause des plus démunis, puis orientera son combat vers le droit à la contraception alors balbutiante. Bien sûr elle laissa de côté ses enfants afin de mener son combat, bien sûr son entourage fut en droit de contester, de critiquer son comportement, contestation très bien exprimée dans ce livre, par des lettres adressées à la mère, à l'épouse, à la soeur, à la maîtresse que fut cette femme.

Pour ma part, je me suis contentée de lire sans juger en me concentrant sur son parcours de militante. Quelques femmes sont connues pour avoir laissé de côté leur famille au nom de leur combat : Dolores Ibarruri envoya ses enfants en Russie pour les protéger et se sépara de son mari afin de défendre la cause féminine et lutter contre le fascisme.

Sa foi l'aidant à soulever des montagnes, Margaret Sanger quant à elle, sauva bien des vies et allégea le destin de bien des femmes. Elle mérite le qualificatif de pasionaria du contrôle des naissances.

Cette biographie est passionnante, son auteure a su faire comprendre au lecteur, les états d'âme de cette grande dame, son acharnement, voire son entêtement, ses relations sans volonté de lendemain avec les hommes, s'autorisant le plaisir sexuel si tabou et alors reproché aux femmes de cette époque qui osaient le montrer. Mais ce récit est encore plus que cela tant il exprime à merveille le ressenti de la grande dame.

Bien sûr, ses idées seront sujettes à controverse, particulièrement après la deuxième guerre mondiale, alors qu'elle sera accusée d'avoir prône l'eugénisme, attaques qu'elle conteste clairement dans ce livre.

La fin est merveilleusement écrite, elle résume l'oeuvre d'une vie remplie qui se termine par la sortie triomphale d'une femme qui s'est donnée corps et âme à sa cause, et qui s'en va paisiblement entourée de ses proches, mais également sa solitude face à un remord que je tairais afin de ne rien dévoiler. remord qu'elle emportera dans sa tombe.

J'ai beaucoup appris de cette personne à laquelle nous devons notre confort en tant que femmes aujourd'hui.
Je remercie Babélio et les éditions du cherche midi pour ce partenariat.
Challenge MULTI-DEFIS
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nameless
  14 octobre 2019
C'est à une icône du féminisme complexe et controversée que s'attaque avec courage et talent, Ellen Feldman dans Terrible Vertu, biographie fort bien documentée de Margaret Sanger, anarchiste américaine qui a consacré toute sa vie à militer pour l'accès de toutes les femmes à la contraception, et à la liberté de donner naissance si elles le veulent et quand elles le veulent, au nom d'un droit inaliénable, qui subit pourtant encore de nos jours des attaques obscurantistes : le corps d'une femme n'appartient qu'à elle seule.

Dès son plus jeune âge, Margaret refuse la fatalité reproductrice et domestique, vécue par sa mère et la majorité des femmes au début du XXème siècle, usées par des grossesses subies qui ne leur laissent aucun répit. D'abord infirmière, Margaret s'est juré de libérer ses semblables de leurs entraves biologiques, de délier l'amour de ses conséquences, et de veiller à ce que tout enfant arrivé dans le monde soit désiré et choyé. Il s'agit d'une ambition qui attise violemment les archaïsmes religieux et déclenche une guerre politique engagée par des hommes qui vivent comme une atteinte personnelle l'émancipation des femmes ou la propagation d'idées progressistes. Le combat de Margaret n'est pas une promenade de santé. Attaquée, salie, arrêtée, jugée, condamnée, expatriée, elle lutte pourtant sans faiblesse contre la Loi Comstock, du nom de son initiateur, Anthony Comstock, brute épaisse à l'esprit mal tourné, tyran doublé d'un philistin à la cervelle tordue d'obsédé sexuel, et de sa Société pour la suppression du vice. Cette Loi grotesque donne le pouvoir à ce censeur de la nation, d'ouvrir n'importe quel pli passant par les services de la Poste américaine et de désigner son contenu comme scabreux, lascif, indécent ou obscène. C'est ainsi qu'il organise des « descentes armées » au sein des trains postaux et tente de limiter la diffusion de The Woman Rebel, créé par Margaret Sanger...

Ellen Feldman rappelle aussi combien la notion de contrôle des naissances peut rapidement être dévoyée pour franchir la frontière de l'eugénisme. Margaret a été accusée de vouloir éradiquer les juifs et les noirs, et d'avoir des contacts avec des eugénistes nazis avant et durant la guerre.

En 1952, elle est à l'origine de la création du Planning familial qui a modifié la vie de toutes les femmes. Pour atteindre ce but, Margaret a fait des choix de vie radicaux. Il lui a été, bien sûr, beaucoup reproché d'avoir négligé sa famille et ses enfants, ou d'avoir mené une vie sexuelle dissolue. Dissolue ou libre ?
Subsiste également cette entêtante question : "Et si c'était à refaire, le referais-tu" ? La question du sacrifice manque-t-elle de pertinence ? A chaque lecteur d'en juger. Merci à Babelio ainsi qu'à l'éditeur, Le Cherche Midi, pour cette lecture instructive et salutaire.

PS : En 2019, les subventions accordées au Planning familial, dont certaines dotations permettent de secourir les femmes victimes de violences ou de faire de la prévention dans les établissements scolaires, ont été drastiquement baissées par Thatchron...
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rabanne
  18 octobre 2019
Avant de lire ce livre, j'avoue que ne connaissais pas Margaret Sanger.
Issue d'un milieu populaire, Margaret n'aura de cesse de lutter contre les conventions sociales de son époque, et de militer pour la cause (intime) des femmes.
On lui doit beaucoup : la légalisation de la contraception, puis celle de la pilule, la création du "planning familial" (1952)... Tout cela s'est gagné en grande partie grâce à elle, à son courage et son incroyable détermination !
Une femme engagée, passionnée, sexuellement libérée, insaisissable et absolutiste (deux séjours en prison), qui aura donné bien du fil à retordre aux autorités, à ses époux et ses nombreux amants.
Mais aussi une mère de trois enfants, qu'elle n'a pratiquement pas élevés, sa liberté et la "cause" passant avant tout le reste !
Cette biographie romancée retrace, sur 299 pages, la vie tumultueuse que fut celle de Margaret Sanger.
Via la voix de Margaret, entrecoupée par celle de ses proches (soeur, amants, enfants), le récit met bien en exergue une personnalité en quête de reconnaissance sociale et affective, aussi forte que contrastée, narcissique que fragile.
À l'instar de mon amie Zilis (tout en étant moins sévère), je me suis sentie quelque peu "vertueuse" face à l'étalage de la vie sexuelle dissolue de l'héroïne, et agacée par la nature parfois trop romancée de la plume. Le premier et dernier tiers du roman m'ont réellement séduite.
Un sentiment donc assez mitigé au sortir de ma lecture.
Je remercie Babelio (masse critique privilégiée) et les éditions du Cherche-midi pour l'envoi du livre.
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kateginger63
  03 novembre 2019
Portrait d'une féministe influente et rebelle
*
Une lecture qui a failli ne pas arriver à la fin. Comme quoi, il faut parfois persévérer !
Je n'ai jamais entendu parler de Margaret Sanger qui est pourtant une figure importante du 20e aux US . Saviez-vous qu'elle a créé le planning familial en 1952 ? Cette grande dame a milité pour la cause féminine. Une anarchiste qui a consacré toute sa vie (oui toute! on y reviendra plus tard) à la légalisation de la contraception.
Une femme engagée, passionnée et sexuellement libérée. Elle dira toujours que le corps d'une femme n'appartient qu'à elle seule.
*
Ainsi se déroule cette biographie romancée de cette femme courageuse mais aussi décriée. Car pour mener son combat, chacun sait que les embûches et envieux sont nombreux.
On l'a accusé de promouvoir l'eugénisme, on l'a dénoncé quand elle propageait ses idées progressistes à travers son journal, mis en prison, expatriée . Cela ne l'a pas empêchée de suivre ses idéaux.
Mais qui essuie les "pots cassés"? Justement, Margaret est aussi mère de 3 enfants dont la jeune Peggy qui paiera "cher" la négligence (ou même abandon) de sa mère.
*
Un récit de la vie tumultueuse de cette passionara, écrit sous forme d'autofiction, et tantôt par les personnes de son entourage qui prennent la parole pour montrer aussi les faiblesses et la fragilité de Margaret.
*
J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire tellement le sujet m'a pris aux tripes. Après une pause, je l'ai repris pour ne plus le lâcher.
*
Un témoignage puissant et nécessaire pour comprendre l'avancée des droits féminins qui nous semblent aujourd'hui acquis mais encore bien fragiles.
Remercions Margaret Sanger.
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Ichirin-No-Hana
  01 novembre 2019
Ayant grandi dans une famille pauvre entourée de douze frères et soeurs, Margaret Sanger comprend très rapidement qu'une vie telle que sa mère totalement exténuée de ses nombreuses grossesses a pu vivre est loin d'être faite pour elle. Devenue infirmière, elle décide de consacrer sa vie aux femmes et à leurs droits en commençant par se battre pour la légalisation de la contraception. Margaret est une femme acharnée et combattante. Totalement obnubilée par son combat, elle sera amenée à aller en prison et à fuir plusieurs fois son pays et elle en sacrifiera même sa propre vie familiale.
Ellen Feldman signe avec Terrible vertu un roman fort et percutant qui nous dresse le portrait d'une femme singulière. Tout en découvrant son parcours hors du commun, l'autrice nous propose, de façon succincte de découvrir également le point de vue des personnages ayant gravité autour de Margaret : son mari, ses enfants ou encore ses amants. On ne peut qu'être admiratif devant cette femme au grand caractère qui ne perd à aucun moment de vue son objectif principal d'apporter aux femmes une meilleure vie et un meilleur contrôle sur celle-ci. Totalement à l'aise avec son corps et sa sexualité, Margaret Sanger est clairement en avance avec son temps et possède un charme hypnotique qui fera perdre la tête plus d'un et qui, nous lecteur, nous captive totalement.
Véritable témoignage de la vie de cette femme jusqu'à lors inconnue pour moi, je remercie chaleureusement Babelio et les éditions le Cherche midi pour l'envoi de cet ouvrage dans le cadre d'une Masse Critique.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   14 octobre 2019
Je ramassai la couverture que Stuart avait fait tomber à force de donner des coups de pied dedans, rajustai l'oreiller dans lequel Grant avait la tête tellement enfoncée que je craignais qu'il n'étouffe. Je posai la main sur le front de Peggy, à l'affût de la fièvre dont je redoutais toujours le retour. Comme je me recouchais, Bill se retourna vers moi et me demanda ce qui n'allait pas.
"Je suis juste allée voir les enfants."
Il eut un sourire ensommeillé et m'attira contre lui.
"Et dire que tu étais la femme qui ne voulait pas être mère "
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PtitgateauPtitgateau   13 octobre 2019
J’en avais assez de traiter les symptômes de la maladie. J’étais résolue à agir pour la prévention. J’arrêterais mon activité d’infirmière afin de me consacrer à la contraception. Je libérerais les femmes de leur entrave biologique. Je délierais l’amour de ses conséquences. Et je veillerais à ce que tout enfant arrivant dans ce monde fût désiré et choyé.
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ZilizZiliz   07 octobre 2019
[ début XXe siècle, Etats-Unis ]
[…] des lettres arrivaient en abondance. La plupart m'étaient envoyées à New York, mais il m'arrivait d'en trouver cinq ou dix dans les hôtels où je passais.
• Chère Madame Sanger,
J'ai neuf enfants, deux mort-nés, et mon mari n'a pas de travail. Je me tuerai si j'en attends un autre.
• Chère Madame Sanger,
Je vais régulièrement à l'église, je m'efforce de bien tenir ma maison et mon mari est respecté dans notre ville, mais il me battra si je retombe enceinte. C'est ce qu'il a fait la dernière fois.
• Chère Madame Sanger,
Le docteur dit qu'une nouvelle grossesse tuerait ma femme. Je sais que je ne devrais plus la toucher, mais la chair est faible.
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ZilizZiliz   06 octobre 2019
[ début XXe siècle ]
Ici et là, un rectangle de lumière isolé perçait la nuit. Je songeai à toutes ces femmes dans tous ces appartements ; certaines, comme Sadie, étendues dans le noir les yeux grands ouverts, à se creuser la cervelle pour imaginer des moyens d'éviter ou d'interrompre une nouvelle grossesse que ni leur corps, ni leur budget, ni leur santé mentale ne pouvaient endurer ; d'autres, écartelées en silence, terrifiées, sous un homme en colère, ivre ou vengeur ; et d'autres encore, enivrées par le miracle de deux corps enlacés, encore inconscientes des conséquences. Nous étions piégées par les hommes, et par nous-mêmes.
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rabannerabanne   13 octobre 2019
"Tout ce qu'il lui faut, c'est une dose de bon whisky irlandais", insistait-il.
Le bon whisky irlandais était son remède miracle. Il ne se trompait pas entièrement sur les pouvoirs de la potion. Elle soignait tous ses maux, à lui.

(NB : la mère tousse et crache du sang...)
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