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ISBN : 2749161576
Éditeur : Le Cherche midi (03/10/2019)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 13 notes)
Résumé :
« Le devoir d’une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions. » Telle était la philosophie de Margaret Sanger et telle a été sa vie.
Portrait d’une des figures les plus influentes et les plus controversées du XXe siècle, ce roman met en scène cette femme indomptable.

Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  14 octobre 2019
C'est à une icône du féminisme complexe et controversée que s'attaque avec courage et talent, Ellen Feldman dans Terrible Vertu, biographie fort bien documentée de Margaret Sanger, anarchiste américaine qui a consacré toute sa vie à militer pour l'accès de toutes les femmes à la contraception, et à la liberté de donner naissance si elles le veulent et quand elles le veulent, au nom d'un droit inaliénable, qui subit pourtant encore de nos jours des attaques obscurantistes : le corps d'une femme n'appartient qu'à elle seule.

Dès son plus jeune âge, Margaret refuse la fatalité reproductrice et domestique, vécue par sa mère et la majorité des femmes au début du XXème siècle, usées par des grossesses subies qui ne leur laissent aucun répit. D'abord infirmière, Margaret s'est juré de libérer ses semblables de leurs entraves biologiques, de délier l'amour de ses conséquences, et de veiller à ce que tout enfant arrivé dans le monde soit désiré et choyé. Il s'agit d'une ambition qui attise violemment les archaïsmes religieux et déclenche une guerre politique engagée par des hommes qui vivent comme une atteinte personnelle l'émancipation des femmes ou la propagation d'idées progressistes. Le combat de Margaret n'est pas une promenade de santé. Attaquée, salie, arrêtée, jugée, condamnée, expatriée, elle lutte pourtant sans faiblesse contre la Loi Comstock, du nom de son initiateur, Anthony Comstock, brute épaisse à l'esprit mal tourné, tyran doublé d'un philistin à la cervelle tordue d'obsédé sexuel, et de sa Société pour la suppression du vice. Cette Loi grotesque donne le pouvoir à ce censeur de la nation, d'ouvrir n'importe quel pli passant par les services de la Poste américaine et de désigner son contenu comme scabreux, lascif, indécent ou obscène. C'est ainsi qu'il organise des « descentes armées » au sein des trains postaux et tente de limiter la diffusion de The Woman Rebel, créé par Margaret Sanger...

Ellen Feldman rappelle aussi combien la notion de contrôle des naissances peut rapidement être dévoyée pour franchir la frontière de l'eugénisme. Margaret a été accusée de vouloir éradiquer les juifs et les noirs, et d'avoir des contacts avec des eugénistes nazis avant et durant la guerre.

En 1952, elle est à l'origine de la création du Planning familial qui a modifié la vie de toutes les femmes. Pour atteindre ce but, Margaret a fait des choix de vie radicaux. Il lui a été, bien sûr, beaucoup reproché d'avoir négligé sa famille et ses enfants, ou d'avoir mené une vie sexuelle dissolue. Dissolue ou libre ? Celle qui ne croit pas plus aux regrets qu'aux remords, qui ne sont pour elle que les deux facettes de la même complaisance, de l'apitoiement sur soi-même, ne peut cependant répondre à cette question posée par sa fille mourante : « Et si c'était à refaire, le referais-tu ? », trouvant que la question du sacrifice ne manque peut-être pas de pertinence. A chaque lecteur d'en juger. Merci à Babelio ainsi qu'à l'éditeur, Le Cherche Midi, pour cette lecture instructive et salutaire.

PS : En 2019, les subventions accordées au Planning familial, dont certaines dotations permettent de secourir les femmes victimes de violences ou de faire de la prévention dans les établissements scolaires, ont été drastiquement baissées par Thatchron...
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Ziliz
  08 octobre 2019
« Nous étions au XXe siècle. Si des trains pouvaient courir sous la ville en dévorant le temps sur leur passage, si l'homme pouvait s'élever comme un oiseau dans des machines plus lourdes que l'air, si les savants pouvaient dompter l'électricité pour faire fonctionner des fers à repasser, des gramophones et des balais mécaniques, alors sûrement les hommes, ou les femmes, pouvaient trouver un moyen de prévenir les grossesses et rendre l'avortement obsolète. »
Issue d'une famille pauvre, ayant vu sa mère trimer et s'affaiblir au fil d'une quinzaine de grossesses, Margaret Sanger (1879-1966) - alias Peg ou Peggy - a lutté toute sa vie pour le contrôle des naissances aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Je me suis sentie « terriblement vertueuse » en lisant cette biographie, et je n'ai pas aimé ça.
Mais la dame a de quoi agacer, qui délaisse sans vergogne ses trois jeunes enfants pour mener son combat et vivre sa vie de femme libre - s'en repent parfois, mais se console artificiellement, aussi (cf. le spiritisme).
J'ignore si l'auteur a pris le parti de nous rendre Margaret Sanger aussi antipathique, étayant cette image de quelques voix 'off' qui ne dédouanent pas la militante, au contraire.
Quoi qu'il en soit, c'est bien l'auteur qui s'étend sur les conquêtes et prouesses sexuelles de cette Peg qui affole les hommes. Et ces longueurs rendent le récit encore plus ennuyeux et agaçant, nous éloignant du sujet central : la légalisation et la démocratisation de la contraception.
Je m'attendais à plus de socio-politique et moins d'intime narcissique.
▪️ Merci au Cherche Midi et à Babelio.
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Saiwhisper
  02 octobre 2019
Bien que je ne sois pas une adepte des biographies, même romancées comme c’est le cas ici, j’ai accepté sans hésiter de recevoir cet ouvrage dans le cadre d’une masse critique spécialisée. Les sujets de la contraception ainsi que de l’égalité de la Femme et de ses droits à cette époque m’intéressaient beaucoup. De plus, je ne connaissais absolument pas Margaret Sanger, cette révolutionnaire à la personnalité indomptable qui a tant fait pour faire avancer les mentalités et défendre les Femmes ! Je remercie donc Babelio et les éditions Cherche Midi pour cet envoi.
« Terrible vertu » retrace la vie de Margaret Sanger qui, issue d’une famille nombreuse, refusa dès son adolescence de devenir mère au foyer. Rapidement, la belle américaine fit tout pour étudier et travailler sans dépendre d’un mari… Elle se rendit surtout rapidement compte que les conditions de la Femme étaient différentes de celles de l’Homme, quel que soit le domaine. Aussi, essaya-t-elle de renverser les codes de son époque. Et même si j’avais lu quelques œuvres féministes, j’ignorais que certaines choses se passaient de la sorte… Ainsi, j’ai beaucoup appris, comme le fait aberrant que le plaisir d’une femme était tabou. Il n’était pas convenable de faire du bruit ou de bouger pendant l’acte sexuel. On ne pouvait que contenter son mari en silence et en faisant son devoir conjugal pour enfanter. Il n’y avait aucune égalité sexuelle, certes, mais je n’imaginais pas que ce fut à ce point ! En ce qui concerne les premiers moyens de contraception, j’ai réalisé que je n’y connaissais rien : j’ignorais, par exemple, que seuls les hommes pouvaient acheter des préservatifs (qui étaient d’ailleurs très chers) et j’ai découvert ce qu’était un pessaire… Quelle époque ! En lisant cet ouvrage, on réalise que l’on revient vraiment de loin grâce à des personnes comme Margaret !
Margaret Sanger va énormément se battre pour la justice sociale, aborder le droit de vote, l’égalité salariale, la santé des femmes ainsi que l’avortement. Des sujets faisant polémique et étant interdits ! D’ailleurs, la révolutionnaire va avoir énormément de problèmes avec la police et la justice… Heureusement, elle ne baissera jamais les bras, canalisant alors son énergie sur la légalisation de la contraception grâce à sa clinique illégale où elle va conseiller celles et ceux qui oseront braver l’interdit et les bonnes mœurs pour se préserver d’une vie difficile avec une dizaine d’enfants à charge… Ce combat est aussi intéressant qu’important ! Néanmoins, j’avoue ne pas avoir spécialement accroché au tempérament de la militante. Certes, elle est impressionnante, déterminée, charismatique et intelligente, toutefois elle a complètement négligé les siens, ce qui n’est pas dans ma nature… Je n’aurais pas pu faire de tels sacrifices, surtout vis-à-vis de mes enfants. L’américaine préférait avoir une vie sexuelle hyper active en couchant avec plusieurs hommes, bien qu’étant mariée, et a surtout délaissé ses trois bambins qu’elle ne voyait à peine… Même en les sachant dans une pension où les repas sont mauvais, où il n’y a pas d’eau chaude ou de chauffage et très peu d’école, elle n’a rien fait pour eux. Les pauvres ont grandi sans parents pour prendre soin d’eux. C’est à peine si elle les voit quand elle a le temps, entre deux réunions, ou lorsqu’elle n’est pas dans un autre pays… Sa dévotion et ses engagements féministes passent avant tout le reste ! Or, même si j’admire ce à quoi elle a dédié sa vie, je ne peux m’empêcher de songer que ce n’est pas ma vision des choses.
L’ouvrage fut intéressant. J’ai particulièrement aimé lorsque l’auteure a donné la parole à l’entourage de Margaret, comme son mari Bill, ses fils, son avocat ou d’autres personnes l’ayant côtoyée. On sent qu’Ellen Feldman a fait beaucoup de recherches et a longuement échangé avec les descendants de cette femme incroyable. Voilà une biographie romancée à découvrir si vous cherchez une lecture féministe, désirez en apprendre plus sur les début du planning familial ou souhaitez découvrir une personnalité ayant révolutionné son époque.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Prudence
  11 octobre 2019
J'ai adoré ce livre qui m'a parfois décontenancée. Je n'ai pas l'habitude de lire des biographies romancées mais l'exercice a été instructif, intéressant et profitable.
J'ai trouvé orignal que dans le texte, écrit à la première personne, viennent parfois s'intercaler des messages des proches, leur point de vue. Cela a permis d'avoir accès à d'autres subjectivités et de faire apparaître des faces d'ombre.
En parlant d'ombres, les critiques sur le livre sont intéressantes à lire : on ne pardonne pas à la militante de s'être moins occupée de ses enfants, d'avoir quitté le pays pendant un an, etc. Mais je n'ai jamais lu ce genre de critiques pour un homme qui part au front pour un an de guerre, qui travaille dur et ne peut pas être présent à la maison… ces critiques sont belles et bien réservées aux femmes : « mauvaise mère ». Cette femme n'a pas été une mère présente, oui, elle a fait le choix de se battre pour permettre à d'autres femmes de vivre, de se libérer des grossesses à répétition, des maternités forcées, des morts précoces, elle a été en prison pour ces femmes, mais on lui reproche d'avoir couché avec plusieurs hommes (et pendant qu'elle était mariée) et d'avoir été une « mauvaise mère ». Comme quoi, il y a encore beaucoup de travail à faire puisque le dévouement à une cause semble encore ne devoir être réservé qu'aux hommes (ou aux femmes sans enfants?), que l'amour libre n'ait pas lieu d'être pour une femme. J'aimerai aussi rappeler que si elle a eu des enfants c'est parce que son mari l'a harcelée à ce sujet, il l'a manipulée et lui a fait du chantage, elle n'en voulait pas, elle voulait être libre. Avec sa tuberculose, les grossesses ont failli la tuer (et le savait que c'était risqué pour elle). Et pourtant elle a aimé ses enfants, mais pourquoi aurait-elle dû tout gérer ensuite ?
Oui, Margaret Sanger n'était pas parfaite, et c'est normal, il s'agit d'un être humain, personne n'est parfait. J'ai aimé que l'autrice nous montre aussi ses failles, douleurs, fuites. Peut être parce que c'est une réflexion que j'ai déjà depuis quelques années : qu'il n'est pas bon de penser à certaines personnes comme des modèles parfaits qui sont ensuite démontés par des scandales, mais plutôt de s'inspirer des choses positives qu'elles ont mis en place et de se servir de leurs idées pour nourrir nos réflexions.
Ce livre permet de s'immerger dans les conditions terribles de l'époque au niveau social, sanitaire, économique, des violences, etc. et donc de comprendre la gravité de la situation, l'importance du combat mené par Margaret Sanger.
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IreneAdler
  14 octobre 2019
Margareth Sanger est celle qui s'est battue pour l'accès à la contraception pour toutes les femmes. Pas seule, évidemment. Pas sans sacrifice, naturellement.
Cette biographie romancée met en scène Margareth, évidemment, mais aussi ses proches, pour avoir un point de vue extérieur. Parce que si pour elle, tout semblait naturel, les autres avaient un avis différent et souvent souffrait qui de l'absence d'une mère, qui de l'infidélité d'une épouse.
Elle était libre, et c'est bien ce portrait que dresse le roman. Libre, toujours sur les routes, proche et loin des siens. Elle a vécu selon ses idées, avec les conséquences que cela entraine.
Le portrait manque parfois de nuances, et ne met pas toujours l'accent sur les réussites de son mouvement, ce qui semblait être le thème du roman.
Néanmoins, c'est le portrait d'une femme qui va au bout de ses convictions, en essayant de tout concilier, avec plus ou moins de bonheur.
Merci à Babelio et aux éditions du Cherche-Midi pour cet envoi !
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   14 octobre 2019
Je ramassai la couverture que Stuart avait fait tomber à force de donner des coups de pied dedans, rajustai l'oreiller dans lequel Grant avait la tête tellement enfoncée que je craignais qu'il n'étouffe. Je posai la main sur le front de Peggy, à l'affût de la fièvre dont je redoutais toujours le retour. Comme je me recouchais, Bill se retourna vers moi et me demanda ce qui n'allait pas.
"Je suis juste allée voir les enfants."
Il eut un sourire ensommeillé et m'attira contre lui.
"Et dire que tu étais la femme qui ne voulait pas être mère "
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rabannerabanne   15 octobre 2019
Je ne veux pas limiter les femmes à un enfant ou deux, comme le plan des Français. Je veux un monde de liberté où chaque femme pourra choisir par elle-même combien d'enfants elle veut mettre au monde, à supposer qu'elle veuille en avoir.
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PtitgateauPtitgateau   13 octobre 2019
J’en avais assez de traiter les symptômes de la maladie. J’étais résolue à agir pour la prévention. J’arrêterais mon activité d’infirmière afin de me consacrer à la contraception. Je libérerais les femmes de leur entrave biologique. Je délierais l’amour de ses conséquences. Et je veillerais à ce que tout enfant arrivant dans ce monde fût désiré et choyé.
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rabannerabanne   15 octobre 2019
Le ministère l'accuse de se frotter au mal. Il aurait pu écrire : "au mâle" !
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rabannerabanne   14 octobre 2019
Ce fut peut-être l'effet de la bière. Sans, je n'aurais peut-être pas eu le courage de parler. Ce n'est pas que j'ai beaucoup bu ce soir-là, ni les autres soirs, du moins en cette période de ma vie. Les enfants d'ivrognes sont rarement buveurs, à moins d'être eux-mêmes devenus poivrots.
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