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EAN : 9782234057203
112 pages
Stock (03/11/2004)
4.34/5   59 notes
Résumé :
Le discours du 26 novembre 1974 suivi d' un entretien avec Annik Cojean, journaliste au Monde.

Le 26 novembre 1974 Simone Veil, ministre de la Santé au gouvernement de Valéry Gicard d'Estaing, présente son projet de loi sur l' interruption volontaire de grossesse devant l' Assemblée Nationale.
Modifier profondément la loi est urgent : chaque année environ 300 000 femmes dans la détresse ont recours à l' avortement clandestin ou se rendent à l' ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Eric76
  28 septembre 2021
« Il fallait une personnalité exceptionnelle pour porter, défendre et faire voter une loi autorisant l'avortement en 1974. Il fallait une femme. de rigueur et de conviction. de courage et d'abnégation. Une femme portant très haut une exigence de morale et d'éthique. »
Un ouvrage passionnant qui nous rappelle la dureté de ce combat qui n'était pas gagné d'avance, et la violence des propos, parfois indignes, tenus à l'Assemblée nationale lors de la présentation du texte.
Il commence par le discours d'introduction de Simone Veil, cette Grande Dame au " regard opale et au tempérament de feu… "
Face à une assemblée à priori hostile composée de 98% d'hommes, elle tient un discours combatif, plein de coeur et de raison.
Un discours plein de coeur car elle parle de la solitude et de la détresse des femmes confrontées à ce drame.
Un discours plein de raison, car il était grand temps de légiférer pour empêcher ces centaines de milliers d'avortements clandestins ou réalisés, pour celles qui en avaient les moyens, dans des pays étrangers.
Un discours courageux, sincère, sans langue de bois ni compromissions, qui fut suivi d'un déchainement de haine et de violence.
Menaces, insultes, outrages : rien ne fut épargné à Simone Veil, mais son histoire personnelle lui donnait cette force qui déstabilisèrent ses pires adversaires.
Face à ces démagogues et ces hypocrites, je retiens le soutien discret mais efficace d'hommes politiques comme Bernard Pons, ancien médecin de campagne confronté de près et de manière constante aux drames des femmes qui connaissaient des grossesses non désirées.
Dans ses réponses aux questions de Annick Cojean, Simone Veil fait toujours preuve d'humanité et de simplicité. Elle raconte les tractations en coulisse pour faire passer sa Loi. Comment résister aux groupements féministes qui voulaient des dispositions plus libérales pour ne pas s'aliéner les votes des députés de droite ? Comment apaiser la hiérarchie religieuse ? Comment faire face au torrent de haine destiné à l'ébranler ?
Dans ces négociations, Simone Veil n'a jamais cédé d'un pouce sur ces deux principes : la décision ultime revient à la femme et l'IGV est le dernier recours.
Que de modestie aussi quand elle estime que la Loi Neuwirtz est autrement plus importante pour la libération des femmes que la sienne.
Le texte fut finalement voté par 284 voix contre 189.
Une loi pour l'Histoire qu'on ne doit pas oublier ; une loi primordiale pour les femmes… Pour les hommes aussi…
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Patrijob
  04 juin 2020
Simone Veil, femme courageuse au charisme exceptionnel, est sans doute la personnalité politique qui aura le plus marqué la présidence de Valery Giscard-d'Estaing par son discours du 26 novembre 1974 défendant l'avortement.
La re-lecture de ce discours est indispensable afin de prendre conscience des difficultés de l'époque à faire passer une telle loi et de l'impact qu'elle a encore aujourd'hui sur la condition féminine.
La conviction de Simone Veil, alors ministre de la santé, est parvenue à mettre à mal les dernières réticences, masculines faut-il le préciser, et à faire voter ce qu'elle considérait comme une exigence morale.
Dans l'entretien qu'elle a avec Annick Cojean, journaliste au Monde, elle restitue le débat dans son contexte historique et relate les oppositions parfois virulentes auxquelles elle a du faire face.
Deux heures d'une lecture courte mais nécessaire à la mémoire collective.
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Morphil
  30 septembre 2021
Un combat, car c'en était un face au torrent de haine, à la violence des réactions, des propos qu'il a déchaînés, qu'il a fallu un formidable courage pour le mener, une infini patience pour aller jusqu'au bout, voilà ce que résume ce discours écrit et prononcé par cette femme qui a su, non pas oublier mais dépasser ses souvenirs douloureux.
Il faut relire ce discours, comme celui de Robert Badinter contre la peine de mort, aujourd'hui plus que jamais.
C'est urgent quand tant de nostalgiques prônent un retour en arrière, une régression - il faut appeler un chat, un chat - un retour à l'interdit qui engendre fatalement des pratiques clandestines et dangereuses
Urgent quand de plus en plus d'êtres humains appellent à la haine, brandissent la peur de l'étranger, le lynchage des boucs émissaires
Urgent pour ne pas sombrer dans l'obscurantisme...
Quand deux êtres, une femme et un homme, qui ont souffert dans leur chair de cette nuit, de ce brouillard, montre la voie de la sagesse, du rapprochement, il est urgent de se rappeler ce que la xénophobie, l'intolérance poussée à sa limite extrême peuvent engendrer
L'extermination des coupables désignés
Les mortes suite aux interventions clandestines
Les êtres coupés en deux, furtivement à l'aube
L'avortement tue ? Et l'interdire alors ...
Il y a des jours où j'ai honte.
Tout n'est pas dans ces discours, il faut aussi lire d'autres ouvrages de ces deux êtres qui on marqué leur temps de formidables progrès.
C'est indispensable.
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patachinha
  14 juillet 2008
Dur d' être femme en ces années 70, courageux d' être une femme ministre qui présente un projet de loi aussi novateur et controversé devant un parterre de députés essentiellement masculin. le droit à l' avortement , un tabou intemporel, sujet typiquement politisé et polémique était cependant bien une nécessité de santé publique, car lorsque la loi refuse la réalité et que les acteurs publiques se cachent derrière la légalité,il y a toujours ce risque de voir surgir l' illegalité.
Un petit ouvrage bien sympathique qui reprend donc le discours de Mme Veil à l' Assemblée pour défendre avec ses armes de femme combattante et cependant hautement attachée à des valeurs éthiques et morales ce projet si salutaire dans le contexte de l'époque.
Dans une seconde partie, on a l' occasion de lire les propos de Simone Veil, lorsque celle-ci accorde un entretien à une journaliste du Monde.
Et là, dans toute sa sincérité elle nous livre ses impressions de l' époque sur les évènements qui se sont succédés avant et après son discours, le combat dans la rue,les mouvements féministes, l' engagement des intellectuels, les pressions de la religion etc.
Elle porte également un regard critique,avec beaucoup de profondeur et de recul sur les retombées de la loi Veil, empreinte et fruit de son rigoureux travail...
Ouvrage à lire absolument, ne serait-ce que pour sa valeur historique qui est indéniable!!
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RedPanda
  04 septembre 2018
C'est un livre qui réunit le discours qu'a prononcé Simone Veil devant l'Assemblée Nationale en 1974 lançant les débats autour du vote du projet de loi pour la dépénalisation de l'avortement, et un entretien qu'elle a eu avec Annick Cojean, journaliste au Monde. J'ai aimé découvrir le discours dans son intégralité, j'y ai découvert un certain nombre d'éléments et la philosophie qui a sous-tendu l'adoption de ce texte, et qui animait Simone Veil. C'était une posture éminemment pragmatique (alors que j'avais toujours pensé que c'était une posture idéologique/féministe) qui a amené la ministre de la Santé à défendre ce texte, qui apparaissait nécessaire dans un contexte où la loi répressive normalement en vigueur n'était pas respectée. L'entretien avec la journaliste est intéressant également parce qu'il revient sur le contexte politique de l'époque, et Simone Veil explique le pourquoi du comment de sa posture et sa considération sur l'avortement.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   25 juin 2022
Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l'avenir.Les jeunes générations nous surprennent par fois en ce qu'elles diffèrent de nous; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l'avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d'enthousiasme et de sacrifices comme les autres.
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   25 juin 2022
Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l'avenir.
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   25 juin 2022
C'est pourquoi, renonçant à une formule ambiguë ou plus ou moins vague, le gouvernement a estimé préférable d'affronter la réalité et de reconnaître qu'en définitive la décision ultime ne peut être prise que par la femme.
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Eric76Eric76   24 septembre 2021
Annick Cojean : La revendication actuelle d'un "droit à l'enfant " n'offre-t-elle pas une curieuse résonance avec celle, des années soixante, de ne pas en avoir ?
Simone Veil : La science et la société sont en effet soumises à de nouveaux défis. Le désir d'enfant est devenu tel qu'il conduit des couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, autant que des personnes seules, à considérer qu'ils ont droit à un enfant. Les pouvoirs publics vont être sommés de répondre à ces revendications et cela promet des débats vertigineux. Les choses vont si vite et si loin qu'on peine à imaginer la diversité des problèmes susceptibles d'apparaître en la matière. Il faut souhaiter que la société conserve son humanité, et fasse en sorte que ce droit " à " l'enfant ne s'oppose pas au droit " de " l'enfant. Car enfin, on ne doit pas faire un enfant pour soi...
Freud évoquait toujours le complexe des femmes à l'égard des hommes. Il me semble aujourd'hui que c'est plutôt l'inverse et que les hommes manifestent de plus en plus une véritable frustration de ne pouvoir porter eux-mêmes un enfant !
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patachinhapatachinha   14 juillet 2008
Quel est le pire que vous ayez entendu? (propos)
Les propos de Jean-Marie Daillet.
Celui qui vous demande si vous accepteriez de jeter les embryons au four crématoire?
Oui. Je crois qu' il ne connaissait pas mon histoire, mais le seul fait d' oser faire référence à l' extermination des Juifs à propos de l' IVG était scandaleux. Et puis, il y avait tant d' hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d' hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu' un de leurs proches.
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