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EAN : 9782234057203
112 pages
Stock (03/11/2004)
4.46/5   93 notes
Résumé :
Le 26 novembre 1974 Simone Veil, ministre de la Santé au gouvernement de Valéry Gicard d'Estaing, présente son projet de loi sur l' interruption volontaire de grossesse devant l' Assemblée Nationale.

Modifier profondément la loi est urgent : chaque année environ 300 000 femmes dans la détresse ont recours à l' avortement clandestin ou se rendent à l' étranger pour se faire avorter, tandis que les médecins de plus en plus nombreux font part publiquemen... >Voir plus
Que lire après Les hommes aussi s'en souviennent : Discours du 26 novembre 1974 suivi d'un entretien avec Annick CojeanVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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« Il fallait une personnalité exceptionnelle pour porter, défendre et faire voter une loi autorisant l'avortement en 1974. Il fallait une femme. de rigueur et de conviction. de courage et d'abnégation. Une femme portant très haut une exigence de morale et d'éthique. »
Un ouvrage passionnant qui nous rappelle la dureté de ce combat qui n'était pas gagné d'avance, et la violence des propos, parfois indignes, tenus à l'Assemblée nationale lors de la présentation du texte.
Il commence par le discours d'introduction de Simone Veil, cette Grande Dame au " regard opale et au tempérament de feu… "
Face à une assemblée à priori hostile composée de 98% d'hommes, elle tient un discours combatif, plein de coeur et de raison.
Un discours plein de coeur car elle parle de la solitude et de la détresse des femmes confrontées à ce drame.
Un discours plein de raison, car il était grand temps de légiférer pour empêcher ces centaines de milliers d'avortements clandestins ou réalisés, pour celles qui en avaient les moyens, dans des pays étrangers.
Un discours courageux, sincère, sans langue de bois ni compromissions, qui fut suivi d'un déchainement de haine et de violence.
Menaces, insultes, outrages : rien ne fut épargné à Simone Veil, mais son histoire personnelle lui donnait cette force qui déstabilisèrent ses pires adversaires.
Face à ces démagogues et ces hypocrites, je retiens le soutien discret mais efficace d'hommes politiques comme Bernard Pons, ancien médecin de campagne confronté de près et de manière constante aux drames des femmes qui connaissaient des grossesses non désirées.
Dans ses réponses aux questions de Annick Cojean, Simone Veil fait toujours preuve d'humanité et de simplicité. Elle raconte les tractations en coulisse pour faire passer sa Loi. Comment résister aux groupements féministes qui voulaient des dispositions plus libérales pour ne pas s'aliéner les votes des députés de droite ? Comment apaiser la hiérarchie religieuse ? Comment faire face au torrent de haine destiné à l'ébranler ?
Dans ces négociations, Simone Veil n'a jamais cédé d'un pouce sur ces deux principes : la décision ultime revient à la femme et l'IGV est le dernier recours.
Que de modestie aussi quand elle estime que la Loi Neuwirtz est autrement plus importante pour la libération des femmes que la sienne.
Le texte fut finalement voté par 284 voix contre 189.
Une loi pour l'Histoire qu'on ne doit pas oublier ; une loi primordiale pour les femmes… Pour les hommes aussi…

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Simone Veil, femme courageuse au charisme exceptionnel, est sans doute la personnalité politique qui aura le plus marqué la présidence de Valery Giscard-d'Estaing par son discours du 26 novembre 1974 défendant l'avortement.
La re-lecture de ce discours est indispensable afin de prendre conscience des difficultés de l'époque à faire passer une telle loi et de l'impact qu'elle a encore aujourd'hui sur la condition féminine.
La conviction de Simone Veil, alors ministre de la santé, est parvenue à mettre à mal les dernières réticences, masculines faut-il le préciser, et à faire voter ce qu'elle considérait comme une exigence morale.
Dans l'entretien qu'elle a avec Annick Cojean, journaliste au Monde, elle restitue le débat dans son contexte historique et relate les oppositions parfois virulentes auxquelles elle a du faire face.
Deux heures d'une lecture courte mais nécessaire à la mémoire collective.
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Un combat, car c'en était un face au torrent de haine, à la violence des réactions, des propos qu'il a déchaînés, qu'il a fallu un formidable courage pour le mener, une infini patience pour aller jusqu'au bout, voilà ce que résume ce discours écrit et prononcé par cette femme qui a su, non pas oublier mais dépasser ses souvenirs douloureux.
Il faut relire ce discours, comme celui de Robert Badinter contre la peine de mort, aujourd'hui plus que jamais.
C'est urgent quand tant de nostalgiques prônent un retour en arrière, une régression - il faut appeler un chat, un chat - un retour à l'interdit qui engendre fatalement des pratiques clandestines et dangereuses
Urgent quand de plus en plus d'êtres humains appellent à la haine, brandissent la peur de l'étranger, le lynchage des boucs émissaires
Urgent pour ne pas sombrer dans l'obscurantisme...
Quand deux êtres, une femme et un homme, qui ont souffert dans leur chair de cette nuit, de ce brouillard, montre la voie de la sagesse, du rapprochement, il est urgent de se rappeler ce que la xénophobie, l'intolérance poussée à sa limite extrême peuvent engendrer
L'extermination des coupables désignés
Les mortes suite aux interventions clandestines
Les êtres coupés en deux, furtivement à l'aube
L'avortement tue ? Et l'interdire alors ...
Il y a des jours où j'ai honte.
Tout n'est pas dans ces discours, il faut aussi lire d'autres ouvrages de ces deux êtres qui on marqué leur temps de formidables progrès.
C'est indispensable.
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Magistral. Ce texte est d'une clarté, d'une élégance et d'une limpidité remarquables. Simone Veil est vraiment une femme exceptionnelle. Dans ce livre se trouvent à la fois le texte de son discours prononcé le 26 novembre 1974 pour faire voter la légalisation de l'avortement et un entretien avec une journaliste qui permet à la fois de replacer ce discours dans son contexte et de montrer la postérité de cette loi. L'argumentation est impeccable (l'impression, parfois, de retrouver les élans et les accents de Victor Hugocontre la peine de mort). le véritable choc vient des propos et comportements masculins qui y sont rapportés, c'est surtout là que se trouve le scandale de l'époque, à mon avis. Ce texte sans pathos, sans démagogie, mais avec un art de l'argumentation simple et sincère est à lire et à relire pour s'en imprégner et ne jamais le laisser battre en brèche.
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C'est dans le roman de Capucine Ruat intitulé "L'éditeur" en hommage à Jean-Marc Roberts que j'ai appris qu'il avait souhaité publier un livre fort dès son arrivée chez Stock, ce sera le discours de Simone Veil à l'Assemblée nationale défendant la loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse, le 26 novembre 1974. Il l'accompagne d'un entretien avec Annick Cojean journaliste au Monde alors que les dernières pages rappellent l'historique des événements importants concernant l'avortement, du moyen-âge à 2004 date de publication de ce livre.
C'est vraiment une bonne chose d'autant plus que son titre est particulièrement bien choisi. "Les hommes aussi s'en souviennent" montre l'importance pour les couples de cette loi dont l'objectif est de supprimer les avortements clandestins, la souffrance voire la mort de nombreuses femmes en détresse.

Simone Veil alors ministre de la Santé insiste sur la nécessité de la contraception et précise le triple objectif du projet de loi : faire une loi réellement applicable, faire une loi dissuasive, faire une loi protectrice.
Grâce à l'entretien avec Annick Cojean, le travail de Simone Veil est contextualisé : le manifeste des 343, le procès de Bobigny, les actions de femmes comme Gisèle Halimi, les lois précédentes comme la loi Neuwirth de 1967 autorisant la pilule dont elle pense que la portée historique et philosophique est de premier plan.
Je trouve impressionnant son courage devant les attaques honteuses dont elle a fait l'objet surtout par les hommes de son camp politique. A l'opposé, c'est à la demande du président de la République Valéry Giscard d'Estaing qu'elle a pu travailler sur le projet de loi.

Je connaissais déjà pas mal de choses sur la question de l'avortement, ayant eu une mère et un père féministes pour lesquels le sujet n'était pas tabou, et je trouve ce livre excellent, essentiel.
Et puis, cela aurait fait plaisir à Simone de Beauvoir qui a initié le manifeste des 343 mais qui n'était plus là en 2004 pour lire "Les hommes aussi s'en souviennent" qui mérite son sous-titre "Une loi pour L Histoire" avec un grand H.


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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Quel est le pire que vous ayez entendu? (propos)
Les propos de Jean-Marie Daillet.
Celui qui vous demande si vous accepteriez de jeter les embryons au four crématoire?
Oui. Je crois qu' il ne connaissait pas mon histoire, mais le seul fait d' oser faire référence à l' extermination des Juifs à propos de l' IVG était scandaleux. Et puis, il y avait tant d' hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d' hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu' un de leurs proches.
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Annick Cojean : La revendication actuelle d'un "droit à l'enfant " n'offre-t-elle pas une curieuse résonance avec celle, des années soixante, de ne pas en avoir ?
Simone Veil : La science et la société sont en effet soumises à de nouveaux défis. Le désir d'enfant est devenu tel qu'il conduit des couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, autant que des personnes seules, à considérer qu'ils ont droit à un enfant. Les pouvoirs publics vont être sommés de répondre à ces revendications et cela promet des débats vertigineux. Les choses vont si vite et si loin qu'on peine à imaginer la diversité des problèmes susceptibles d'apparaître en la matière. Il faut souhaiter que la société conserve son humanité, et fasse en sorte que ce droit " à " l'enfant ne s'oppose pas au droit " de " l'enfant. Car enfin, on ne doit pas faire un enfant pour soi...
Freud évoquait toujours le complexe des femmes à l'égard des hommes. Il me semble aujourd'hui que c'est plutôt l'inverse et que les hommes manifestent de plus en plus une véritable frustration de ne pouvoir porter eux-mêmes un enfant !
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(Entretien avec Annick Cojean)

A.C. : Le discours de Vichy stigmatise affreusement la "mauvaise femme", la "meurtrière d'enfant", l'avortement étant la "forme ultime et irrémissible de l'égoïsme féminin".

S.V. : La répression de l'avortement ne pouvait manquer de se renforcer. Les condamnations se sont multipliées, des peines criminelles ont été prononcées. Une femme sera même décapitée.

A.C. : C'est incroyable !

S.V. : Oui, c'est incroyable. Le cas de cette femme, Marie-Louise Giraud, une blanchisseuse de Cherbourg réputée faiseuse d'anges, a fait l'objet d'un film très intéressant de Claude Chabrol, en 1988, "Une affaire de femmes", avec une interprétation magnifique d'Isabelle Huppert.
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Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme - je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes.
C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame.

[ Projet de loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Extrait du discours de Simone Veil le 26 novembre 1974 à l'Assemblée Nationale. ]
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Le second absent dans ce projet pour beaucoup d'entre vous sans doute, c'est le père. La décision de l'interruption de grossesse ne devrait pas, chacun le ressent, être prise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon. Je souhaite, pour ma part, que dans les faits il en soit toujours ainsi et j'approuve la commission de nous avoir proposé une modification en ce sens ; mais, comme elle l'a fort bien compris, il n'est pas possible d'instituer en cette matière une obligation juridique.
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