AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 294052369X
Éditeur : Editions des Syrtes (08/03/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le roman est construit autour du dialogue entre Sacha, jeune homme fraîchement installé à Minsk et sa voisine de palier, une vieille dame de 91 ans atteinte de la maladie d'Alzheimer, Tatiana Alexeïevna. Tous deux ont vécu une tragédie et le destin croisé de ces deux personnages souligne leurs ressemblances mais aussi et surtout leurs différences, qui tiennent essentiellement à la période historique.
Tatiana lui raconte son passé au Commissariat du peuple au... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
barjabulette
  11 février 2018
Je tiens, tout d'abord, à remercier Babélio et les éditions des Syrtes de m'avoir permis de découvrir ce court roman.
Ce qui m'a, de prime abord, attiré c'est le fait que l'auteur évoquait le rôle du CICR. Etant volontaire Croix Rouge, ce pan m'intéressait particulièrement.
In fine, le roman aborde relativement peu le rôle du CICR mais y dépeint, tout de même, une facette assez intéressante.
Le gros de ce roman raconte surtout l'histoire d'une personne âgée, Tatiana, qui a vécu personnellement les persécutions communistes.
Elle raconte donc sa vie à son jeune voisin de palier qui, lui non plus, n'a pas eu la vie facile.
Pour moi, tout l'intérêt du livre est, justement, dans la manière dont l'auteur raconte la vie de la vieille dame.
Il le fait de façon assez précise (et je pense assez exacte puisque certains faits relatés se retrouvent dans d'autres histoires traitant du même sujet) et assez émouvante.
Par contre, deux choses m'ont dérangé dans cette histoire : d'abord, la façon dont la personne âgée raconte sa vie ne me semble pas cohérente avec un diagnostic d'Alzheimer. Je ne lui ai pas particulièrement trouvé des trous de mémoire à court ou long terme. de plus, préciser que la dame a cette maladie n'amène rien au bouquin.
Ensuite, j'ai trouvé que lorsque l'auteur sort de la narration du passé par Tatiana, son style est trop direct, voire brute et désagréable. J'ai eu la sensation que ces parties embêtaient l'auteur et qu'il essayait de s'en débarrasser au plus vite. du coup, ça donne une sensation un peu désagréable à la lecture.
Ceci dit, ce roman est très instructif et digne d'intérêt pour qui est sensible à l'histoire du communisme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Warrenbismuth
  20 avril 2018
Sacha, jeune homme dont le couple vient d'exploser (on saura pourquoi vers la fin du roman) déménage dans un immeuble moscovite sur le même palier qu'une vieille femme de 91 ans, Tatiana Alexeïevna, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Rapidement lors de leur première conversation, Tatiana fait part à Sacha qu'elle a vécu l'horreur durant la deuxième mondiale. Tout d'abord distant, Sacha finit par être happé par les souvenirs de la vieille dame.

En effet, STALINE n'était pas un si grand ennemi du nazisme qu'on pouvait (ou voulait) le croire, le pacte de non-agression signé entre STALINE et RIBBENTROP fut utile pour des pourparlers et alliances ainsi que pour une certaine protection implicite proposée à HITLER de la part du pouvoir soviétique, ceci avant l'avancée des troupes allemandes du côté de Stalingrad. Puis il y eut les quelques 3 000 prisonniers russes en Roumanie, dont le mari de Tatiana, elle-même salariée du NKID (ministère russe des affaires étrangères). C'est là qu'elle devra recopier la liste des 3 000 noms de prisonniers, elle décidera de ne pas inscrire le nom de son mari.
Au fil du récit, Tatiana égrène ses souvenirs, fait part du sort réservé aux prisonniers russes par le gouvernement Stalinien (des moments terribles mais dédramatisés par la plume de l'auteur). Elle est parallèlement très curieuse de connaître le parcours du jeune Sacha, lui-même extrêmement hostile au départ car, effectivement sa vie à lui n'a pas non plus été de tout repos. Que Sacha soit arbitre de football n'est pas d'un grand poids dans le roman, que Tatiana soit Alzheimer en a beaucoup plus, car une course contre la montre et pour la mémoire collective s'enclenche. Tatiana a vécu des drames indicibles, et si elle est encore vivante à 91 ans, c'est qu'elle avait un but dans la vie : découvrir une certaine vérité.
Le mépris des autorités soviétiques pour les prisonniers russes est révoltant et laisse béat. le roman est parsemé de croix (d'où son titre), dont le rôle du Comité International de la Croix Rouge durant le conflit. « Croix rouges » est un excellent roman russe contemporain, mais comme beaucoup de romans de là-bas, il fait la part belle aux tragédies historico-politiques (un peuple qui a été servi plus souvent qu'à son tour), il est à la fois roman et récit historique. La trame est bien sûr cet héritage historique, garder ou partager, oublier ou déterrer le passé au risque de ne pas se relever. Sacha FILIPENKO est un jeune auteur biélorusse (34 ans) mais dont c'est déjà pourtant le quatrième livre, un livre plein de talent, qui ne sombre jamais dans le pathos ou la publicité pour mouchoirs jetables. C'est sobre, bien construit, très maîtrisé, et si l'on peut deviner d'entrée quelle sera la conclusion du roman, FILIPENKO s'y prend comme un vieux routier de l'écriture pour nous y amener patiemment et intelligemment.
Le roman est assez court mais répond à certaines questions historiques d'envergure.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
Lien : https://deslivresrances.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Fuyating
  07 février 2018
J'ai découvert ce livre avec plaisir. Il est émouvant et très intéressant : nous y apprenons le sort réservé aux prisonniers de guerre russes à leur retour au pays, ainsi que le traitement infligé à leur famille. Les prisonniers étaient considérés comme ayant trahis leur patrie, certains étaient fusillés, d'autres emprisonnés. La croix rouge a maintes fois tenté de prendre contact avec les autorités russes afin d'échanger les listes de prisonniers entre pays, mais ces tentatives sont restées vaines. En ce qui concerne les familles, elles étaient quelque fois épargnées, d'autres fois les femmes étaient envoyées au goulag et les enfants dans un orphelinat. Les gens y mourraient très souvent de faim et il y a même eu des cas de cannibalisme.
J'ai donc beaucoup aimé ce côté historique du roman, ainsi que la description de la peur ressentie par Tatiana, cette peur qui lui collait à la peau et ne la lâchait pas. J'ai également été touchée par la décision prise par la femme d'Alexandre, cet amour pour autrui et cette confiance en la vie.
Seul petit bémol peut-être, j'ai trouvé que le dialogue entre Alexandre et Tatiana s'était trop rapidement déroulé. J'aurais aimé qu'ils apprennent à se connaître petit à petit et qu'ils se dévoilent au fur et à mesure de leurs rencontres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Allily
  08 février 2018
C'est un roman relativement court de 210 pages mais qui est très intéressant à plusieurs titres.
Il s'agit tout d'abord d'un bon roman. Il nous présente l'histoire de Tatiana Alexeïevna et sa vie en Russie ou plutôt en U.R.S.S. C'est tout un pan de l'histoire soviétique que nous découvrons à travers le destin de Tatiana, la peur au quotidien dans ce pays dirigé par Staline où tout est susceptible de vous voir proclamer « ennemi du peuple » avec toutes les conséquences que cela entraîne : interrogatoires, goulags… On se prend très vite d'affection pour cette femme qui raconte sa vie, avant qu'Alzheimer ne l'en empêche, à son jeune voisin.
Ce qui est également un grand point positif du roman c'est la réflexion que l'auteur nous pousse à avoir sur la question de la mémoire, qu'elle soit individuelle ou collective.
Que faire lorsque les témoins des horreurs passées ne peuvent pas témoigner, que ce soit à cause d'une maladie ou de l'omerta qui règne toujours ?
L'auteur avec un style concis et sans fioritures ne nous apporte pas de réponses mais nous apporte son histoire. Celle-ci m'a convaincue et je vous ai donné, j'espère, envie de la lire à votre tour.
Lien : https://allylit.wordpress.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Villebard
  23 juillet 2018
Un des romans les plus émouvants de la linéature russe de ces dernières années. En totale résonance avec l'actualité.
Commenter  J’apprécie          00

critiques presse (1)
LeFigaro   19 mars 2018
Une vieille femme dont le destin se confond avec l'histoire de l'URSS raconte sa vie à un jeune homme triste.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AllilyAllily   08 février 2018
Combien de fois, autour d'une table, après un ou deux verres, nous discutions entre amis de telle ou telle conduite ?
"Non, ça je ne le ferais jamais ! Non, même menacé de mort ! Trahir ? Vous n'y pensez pas ! Calomnier? Jamais ! Il y a des limites à tout ! Et la morale, alors ? Et l'honneur ? Vous avez appris que tel ou tel avait écrit des dénonciations ? Et moi, l'aurais-je fait ? Ah, non ! Jamais, c'est certain ! Accuser faussement quelqu'un ? Sottise ! Je ne le ferais pas, même sous la torture. Et si la vie de mes enfants en dépendait ? Rien ne pourrait me forcer à renoncer à mon humanité !"
Si seulement ! En réalité tout était beaucoup plus complexe. Si l'être humain a vraiment réussi en un domaine, c'est dans l'art de s'arranger avec lui-même.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
FuyatingFuyating   07 février 2018
Un peu penchée mais solidement plantée en terre, cette croix résonnait dès que le vent se levait et se transformait en instrument de musique. Cette croix chantait le passé et l'avenir, la mort et la désespérance, la mémoire et la résignation. Son pied n'était pas arrosé mais imbibé du sang provenant de cette terre, cette croix était son histoire et sa métaphore, son avertissement et son repère.
Commenter  J’apprécie          30
autres livres classés : communismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox




Quiz Voir plus

Littérature et politique

"Famille, je vous aime : Politique et vie privée à l'âge de la mondialisation". Qui est l'auteur de ce livre?

Michel Onfray
Bernard-Henri Lévy
Luc Ferry
Franz-Olivier Giesbert

10 questions
195 lecteurs ont répondu
Thèmes : politique , écrits politiquesCréer un quiz sur ce livre