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EAN : 9782072761096
128 pages
Éditeur : Verticales (11/01/2018)
3.04/5   24 notes
Résumé :
« Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s'est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d'autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses. »
Le 7 novembre 1995, alors qu'elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d'un voilier au large de la Turquie.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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nadejda
  29 mars 2018
« Mon père a disparu il y a vingt et un ans. Depuis, il n'a jamais donné de nouvelles. La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était l'été 1995, à Minsk, j'avais onze ans, il en avait cinquante.
Il a disparu la nuit du 7 novembre 1995. »
Ce petit livre a été écrit en français par l'auteure qui dit … « Les gens parlent russe et moi, j'écris en français. J'entends des mots séparément dans ma tête, j'ai trouvé un endroit silencieux au sein d'une autre langue, un endroit où je peux réfléchir. »
Cet endroit elle le découvre grâce à Jean-Pierre un journaliste français rencontré en 2010. A partir de cette rencontre, en tâtonnant, cherchant, la narratrice va se mettre à écrire.
Par bribes de souvenirs épars qui viennent du plus profond d'elle-même mais aussi de son entourage, l'auteure essaie de réunir les pièces du puzzle éclaté qu'est devenu son père disparu. Elle va de cette manière tenter de recomposer une image de ce père qui l'a quittée lorsqu'elle n'avait que onze ans.
Ce livre m'a touchée car il montre parfaitement ce qu'engendre la disparition, cette incertitude, cet égarement où elle laisse ceux qui, restés au loin et n'ayant pas de preuve de la mort, ne peuvent que supposer, questionner et attendre un possible retour du disparu et tenter de comprendre.
« C'est inimaginable, les pères ne disparaissent pas comme ça. »
« …J'aurais voulu me rappeler plus et chercher moins. Je ne peux m'empêcher de m'adresser directement à toi, comme si c'était toujours possible, comme si la disparition était un endroit où je pouvais venir pour te parler dès que j'en ai vraiment besoin. »
En progressant à travers l'écriture de ce livre en français, la narratrice réussit à libérer, du silence où il était enfoui, son père disparu et à se libérer elle-même en le retrouvant.
J'espère que ce premier livre ne sera pas le dernier car je serais heureuse de suivre la progression de cette jeune auteure.
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Annette55
  11 mars 2018
C'est un livre court, un premier roman obsédant , celui de Aliona Gloukhova , hantée par la disparition de son père , lors du naufrage d'un voilier au large d'Istanbul le 7novembre 1995 alors qu'elle a onze ans .
Devenue adulte, elle tente de recomposer son image par petites touches en convoquant ses souvenirs de petite -fille , par bribes plus ou moins venues de loin, dans des phrases précises , parfois décousues ou enveloppantes ......
Elle mène sa quête douloureuse à partir de lambeaux de souvenirs , elle a retrouvé les cahiers où il avait collé des fragments d'articles et des photos de voyageurs, et d'autre cahiers lignés ou des phrases répétées à satiété comme des formules conjuratoires : "Il Faut que j'arrête de boire", il les réécrit pour leur donner plus de force , arrive un moment où il n'y arrive plus.........
Lors de cette attente entêtante , elle est privée de deuil puisque aucune preuve matérielle n'a confirmé la mort de son père ........
Pourquoi ce titre aquatique ?
Parce qu'elle évoque l'absence de l'eau dans le corps de son père, au profit constant de la vodka .
Une absence béante qui peut être une présence ......obsédante .
Resurgit la Biolorussie post soviétique , ses barres d'immeubles vieillots et miteux , ses murs à la chaux craquelée, elle exhume les détails concrets de la vie avec lui, elle , petite - fille fêtant ses deux ans le jour de la catastrophe de Tchernobyl , lui, qui ne peut pas occuper de poste de dirigeant car il n'est pas au Parti Communiste , elle le répète plusieurs fois dans le récit .........
Une quête initiatique qui suit toutes les pistes , même les fausses, une contre - enquête intuitive , parfois décousue, floue , rêvée, par bribes arrachées au pays de l'enfance ......
"Oú et quand tout a basculé pour son père ?"
" Se tenir debout quand tout tombe " ......même sous l'eau . La critique ne fut pas facile ......
Un ouvrage qui permit peut- être à son auteur de trouver l'apaisement ?
Un premier roman paru aux éditions verticales , attendons son deuxième ouvrage .......
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montmartin
  28 janvier 2019
Lenka a 5 ans, elle habite à Minsk, elle a appris à nager avant de marcher. Elle ressemble à son père, dans la vie elle se dandine, mais dans l'eau elle est chez elle. C'est pourquoi on la surnomme le pingouin. Son père a un besoin maladif d'alcool et toute la famille vit au rythme de ses crises.
« Tout le monde boit à cette époque dans cette ville. Les pères de mes copines de classe boivent, nos voisins boivent, nos profs à l'école, eux aussi, boivent. Dans cette ville, il faut boire pour trouver du courage. »
Son père rêve de voilier et de voyage en mer. Un jour de tempête il y a 21 ans, Lenka a alors 11 ans, le voilier sur lequel il se trouve a coulé en Turquie. Son corps n'a jamais été retrouvé
Lenka doit inventer ses souvenirs, elle imagine sans cesse son retour. Avant sa disparition, il était à peine existant. Elle cherche des photos, des lettres pour le faire revivre. Elle questionne sa mère, sa soeur, elle essaye de retracer les événements juste avant l'accident. Et puis un jour, elle prend l'avion pour la Turquie, elle se rend là où son père a été vu pour la dernière fois, pour se mettre à sa place, pour comprendre.
J'ai beaucoup aimé ce premier roman où la narratrice est hantée par la disparition de son père et s'efforce d'en recomposer l'image. Elle sait parfaitement décrire le vide de l'absence, la quête de cette femme pour faire le deuil impossible de ce père insaisissable. Ce récit nous décrit aussi la Biélorussie post soviétique où tout le monde boit pour oublier la noirceur des immeubles et de la vie en général. L'écriture est fluide comme l'eau omniprésente dans ce livre.
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cedratier
  05 juillet 2018
« Dans l'eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova (117p, Verticales)
Récit autobiographique ( ?) plus que roman, premier texte de ce jeune auteur d'origine biélorusse. C'est le livre d'une absence, d'une disparition, d'une mort qui n'en est peut-être pas une. Aliona passe son enfance dans la triste capitale, Minsk, d'un pays gris, le Belarus. Avec sa sœur et son demi-frère aîné, elle doit souvent faire avec l'alcoolisme (une forte coutume locale qui touche tous les milieux) de son fantasque de père, adepte de la version locale du « plutôt des remords que des regrets ». Elle a onze ans quand celui-ci disparaît en mer du côté d'Istanbul, en 1995. Le petit voilier sur lequel il avait pris place a coulé, on n'a jamais retrouvé son corps alors que ses deux compagnons s'en sont sortis. Aliona grandit dans le doute, l'incertitude, la présence-absence permanente, et c'est le fil de ce récit, très touchant. A-t-il fui un monde qu'il ne supportait plus, est-il vraiment mort ? Entre le poids de l'alcoolisme vu par une enfant, l'imagination qui réinvente en permanence le désir et l'espérance, la description d'Istanbul où plus tard la jeune femme ira sur les traces perdues de son père, c'est une belle lecture. L'écriture est simple, directe, le livre se lit très vite, et même si la fin, belle métaphore du dépassement de la douleur, sent un peu trop « le Grand Bleu », l'émotion passe bien, sans que jamais l'auteur ne tombe dans le misérabilisme. Une première prometteuse pour Aliona Gloukhova ?
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Bluerock
  28 mars 2018
Premier roman d'Aliona Gloukhova, jeune biélorusse, qui écrit une sorte d'autobiographie à partir des souvenirs qu'elle a de son père disparu en mer lors d'un naufrage au large de la Turquie en 1995. Aliona n'a que onze ans lorsqu'elle apprend que son père a disparu en mer, les deux compagnons qui naviguaient avec lui ont été retrouvés sains et saufs. Comment faire son deuil dans de telles conditions ? Au fond, Aliana garde toujours une petite lueur d'espoir de retrouver un jour son père. Elle imagine diverses hypothèses et évoque des épisodes de sa vie avec sa famille, avant cette tragique disparition.
Une histoire dans laquelle je n'ai pas vraiment réussi à entrer, je me suis rapidement ennuyée dans l'évocation de la vie d'Aliona et ne me suis pas attachée aux personnages. L'écriture de ce livre a dû aider Aliona Gloukhova à surmonter cette épreuve, mais l'intérêt de ces bribes de souvenirs pour les lecteurs est moins évidente.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   11 mars 2018
"Tout le monde boit à cette époque dans cette ville.
Les pères de mes copines boivent , nos voisins boivent , nos profs à l'école, eux aussi, boivent.
Pour moi,la ville de Minsk est comme un gros animal de pierre, ou comme une boîte en carton .
Je vois mon père qui marche dans les rues, je vois son manteau en peau de mouton retournée, il est tout seul, et je ne peux rien faire.
C'est une ville oú l'on courbe la tête à l'intérieur de son manteau, oú l'on se cache les mains .
Dans cette ville il faut boire pour trouver du courage ".........
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   28 mars 2018
Je sais qu'avec mes questions mal placées je dérange le silence intérieur des gens. J'essaye pourtant de choisir le bon moment. Ceux que j'interroge ne sont pas là où ces questions se posent, je dois d'abord écouter leur silence pour savoir s'il faut leur donner plus de temps.
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montmartinmontmartin   25 janvier 2019
Il y avait un homme qui voulait être un dauphin, il avait un coeur qui battait pour deux : pour un homme et pour un dauphin. Il y avait un dauphin qui était homme par erreur, quelqu'un s'était trompé. Il avait le corps d'un homme ça arrive. Il lui fallait apprendre à marcher tout droit, réadapter ses poumons, ses touts petits poumons qui se pliaient et se dépliaient tout le temps. Il avait en lui une chair d'argile, une chair sanguine, il avait en lui de l'eau de mer salée.
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nadejdanadejda   28 mars 2018
Je ne sais pas si je me souviens de toi. Je ne sais pas ce que l'on fait pour se souvenir des gens, il y a peut-être une façon. Un bouton sur lequel on appuie, pour sauvegarder les autres tant qu'ils sont là, sans qu'ils s'en rendent compte. C'est aussi parce que je ne faisais pas attention que je n'ai pas retenu grand-chose. Je ne savais pas que tu allais disparaître.
Il fallait te regarder plus attentivement et surtout ne pas détourner mon regard de toi. Parce que quand on détourne son regard de quelqu'un, ce quelqu'un peut subitement partir dans une direction inconnue.
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nadejdanadejda   28 mars 2018
Tout le monde boit à cette époque dans cette ville. Les pères de mes copines. de classe boivent, nos voisins boivent, nos profs à l'école, eux-aussi boivent. Pour moi, la ville de Minsk est comme un gros animal de pierre, ou comme une boîte de carton. Je vois mon père qui marche parmi les rues, je vois son manteau en peau de mouton retournée, il est tout seul, et je ne peux rien faire. C'est une ville où l'on courbe la tête à l'intérieur de son manteau. où l'on se cache les mains. Dans cette. ville, il faut boire pour trouver du courage.
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