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Critiques sur Alma : Le vent se lève (12)
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Ileauxtresors
  10 juin 2020
On en viendrait presque à croire que Timothée de Fombelle écrit d'une plume magique. Il suffit de quelques mots : le grésillement des gouttes de pluie au contact de la terre brûlante et rouge, un figuier sycomore aux branches entremêlées, l'infini du paysage bercé par le chant des cigales : nous voilà dans une savane africaine, au creux de l'écrin sauvage où vivent Alma et sa famille jusqu'au jour où son petit frère disparaît. Une voile qui claque, un cormoran qui traverse le ciel, la coque grinçante et des coups de maillet – nous sommes à présent à bord de la Douce Amélie, trois mâts qui, en ce mois d'août 1786, met le cap vers l'Afrique, puis les îles. Des destins que le commerce triangulaire va faire s'entrechoquer.

Plusieurs intrigues s'entremêlent pour faire d'Alma une lecture captivante et follement romanesque : quel est le secret des parents d'Alma ? Leur famille parviendra-t-elle un jour à se réunir ? Quels sont les complots qui semblent se nouer autour de la Douce Amélie ? Dans quel but le jeune Joseph s'introduit-il à bord ?

Timothée de Fombelle s'empare de l'une des pages les plus sombres de l'Histoire et démontre la force de la littérature pour entretenir une mémoire et comprendre. le destin de ses personnages permet de prendre conscience du degré d'horreur atteint par le commerce d'êtres vivants qui a enrichi les nations européennes pendant le 18ème siècle. Une traite dont on découvre les modalités odieuses qui ont fait l'objet d'un travail de documentation très précis. le contexte historique ne prend pas le pas sur l'intrigue, mais s'en nourrit. Impossible de ne pas s'attacher aux protagonistes, de ne pas trembler pour eux dans cet univers impitoyable, de ne pas vibrer pour le message d'espoir et de liberté qu'ils portent.

« Chez les Oko, le mot « alma » signifie « libre ». Mais ce genre de liberté́ n'existe dans aucune autre langue. C'est un mot rare, une liberté́ imprenable, une liberté́ qui remplit l'être pour toujours. le père d'Alma raconte que chez lui, ce nom pourrait se dire ‘marquée au fer rouge de la liberté́'. »

Une histoire splendide et émouvante, qui nous tient en haleine jusqu'au bout du monde. Un roman d'aventures au sens qu'en donnaient Robert Louis Stevenson, Herman Melville et Joseph Conrad. Une lecture incontournable dont nous brûlons de découvrir la suite !
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Analire
  27 juin 2020
Timothée de Fombelle est sans conteste mon auteur français préféré. Il a le don de se renouveler à chacune de ses parutions, d'émerveiller, de surprendre son lectorat, tout en lui prodiguant des leçons de vie mémorables. Ses deux derniers albums jeunesse, Capitaine Rosalie et Quelqu'un m'attend derrière la neige ont été mes coups de coeur de l'année 2019. L'auteur a ce talent si particulier de condensé dans de très courtes histoires de terribles réalités historiques et sociétales, qui frappent, bousculent, chamboulent, émeuvent. Dans cette nouvelle saga jeunesse, il s'attaque à une thématique historique qui lui tenait particulièrement à coeur : la barbarie de l'esclavage du siècle dernier.

Durant sa prime jeunesse, Timothée de Fombelle a eu la chance d'habiter en Afrique, où il a pu se confronter à tout un pan de l'histoire coloniale passée. Cette vision cauchemardesque ne l'a jamais quittée : des années plus tard, il raconte l'histoire d'Alma, jeune Africaine des années 1786, percutée de pleins fouet par les blancs vendeurs d'esclaves. D'abord partie à la recherche de son jeune frère Lam, c'est l'ensemble de sa famille qui va imploser : son père part également chercher ses enfants, tandis que Nao, la maman, se retrouve embarquée par des bandits, qui les revendent, elle, son grand fils muet et le bébé qu'elle porte dans son ventre, à un marchand français. Sans le savoir, Alma se retrouve à bord du même bateau que sa mère, peuplé d'esclaves noirs, en partance pour la France.

Sur ce bateau, elle fera la rencontre du jeune Joseph Mars, un matelot embarqué clandestinement sur La Douce Amélie, à la recherche d'un trésor caché par le pirate Luc de Lerne. le capitaine du navire, Gardel, homme impitoyable, assoiffé d'argent et de pouvoir, se sert de la perspicacité du jeune Joseph pour mettre la main sur ce magot d'or. Une référence directe à la piraterie, ces bandits des mers qui tentent de faire fortune en pillant des bateaux marchands. Cette traversée n'est pas sans encombre, elle est peuplée d'aventures, de rencontres, de déconvenues aussi, mais nous enseigne énormément de choses sur les réalités de l'esclavagisme des siècles passés.

La force de cette histoire réside dans l'alliance parfaite entre une réalité historique au plus proche de la vérité – on sent avec bonheur que l'auteur s'est longuement documenté sur le sujet de l'esclavagisme -, et une part fictionnelle, fantastique, faite d'aventures extraordinaires, idéale pour transporter les jeunes – et moins jeunes – lecteurs dans des contrées lointaines.

L'auteur souhaitait avant tout mettre en lumière un pan peu glorieux de l'Histoire du monde : la traite négrière, adapté à un public jeune, peu sensibilisé à ce genre de thématique. On voit avec horreur les réalités de l'esclavage, notamment à travers le commerce triangulaire en plein essor au XVIIIème siècle : des milliers de noirs sont embarqués sur des navires, principalement européens, pour servir soit de monnaie d'échange soit de main-d'oeuvre gratuite. Sur La Douce Amélie, ils sont des centaines à être entassés dans les bas-fonds du navire, dans des conditions insalubres. Leur état d'être humain est totalement annihilé par les marchands, qui les traite comme de vulgaires bêtes sauvages. Parler de ce mal du siècle dernier – socle principal du développement du racisme, soit dit en passant -, permet d'ouvrir et d'éduquer son esprit, ainsi que sa culture sociétale et historique. C'est un ouvrage enrichissant, brillamment documenté, qui donne l'accès aux plus jeunes à un pan ombrageux et parfaitement honteux des siècles passés.

Un sujet délicat, encore difficile à aborder, d'autant plus par un écrivain blanc. Ce roman de Timothée de Fombelle fait actuellement débat, puisqu'il semblerait que sa thématique périlleuse puisse freiner sa traduction à l'étranger. En effet, les traducteurs craignent une polémique visant l'appropriation culturelle d'une population dominée par un blanc issu d'une culture dominante, qui profiterait des retombées économiques qui ne seraient pas reversés au pays concerné. Une question qui divise les médias et l'opinion publique.

Néanmoins, rassurez vous, point de soucis à se faire pour sa parution française : Alma : le vent se lève est le premier tome d'une trilogie d'aventures qui annonce un succès retentissant et phénoménal. La suite ne sera disponible que dans l'année 2021… autant dire dans une éternité ! Je viens à peine de refermer cette histoire que j'ai déjà hâte de retrouver Alma, sa famille, Joseph, Poussin, Palardi, Amélie, les méchants pirates et les gentils matelots.

Timothée de Fombelle nous embarque à bord de la Douce Amélie, dans une splendide épopée historique où la réalité de l'esclavagisme côtoie des aventures fictionnelles passionnantes. Un voyage envoûtant et rythmé, que je ne peux que vous conseiller !
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orbe
  07 juillet 2020
Alma vit avec sa famille dans un endroit imprenable. La fuite de son frère amène les siens à quitter ce havre de paix et à affronter les vendeurs d'esclaves qui pullulent en Afrique en cette fin du 18ᵉ siècle.

Pendant ce temps, Joseph est monté sur La douce Amélie pour un mystérieux et périlleux objectif, tout comme le charpentier Poussin. Mais ce navire négrier est commandé par le terrifique Capitaine Gardel qui semble le diable en personne.

Amélie, la fille de l'armateur perd aussi tout ce qu'elle possède en une seule nuit, il ne lui reste que des terres dans cette Amérique lointaine...

Un roman d'initiation qui entrelace les destins sous un rythme soutenu et en nous plongeant dans la traite des noirs qui a enrichi quelques personnes en détruisant une multitude de vies.

J'ai beaucoup aimé le traitement de la question de la responsabilité. Chacun des héros doit en prendre une part car si chacun poursuit ses propres objectifs, ils sont tous amenés à faire des choix douloureux.

Il y a les chimères avec l'or, la vengeance ou encore les pouvoirs et puis, le prix à payer.

Les conditions de vie sur le bateau sont particulièrement bien expliquées mais c'est le cas aussi en amont de la manière dont chacun est prêt à vendre son voisin pour quelques avantages.

Enfin il y a l'écriture de l'auteur qui nous fait partager, sans jamais nous perdre, l'aventure. Tous les sens sont à l'honneur avec la vie mais aussi notamment les bruits et les odeurs.

À lire !
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LiliLee
  04 juillet 2020
J'avais essayé de lire Tobie Lolness il y a quelques années mais je n'avais pas accroché et j'avais fini par abandonner. Cette fois, suite aux nombreuses critiques positives et à des conseils de lecture de proches, j'avais décidé de me lancer à nouveau dans l'aventure ou plutôt dans celle d'Alma. Pourtant, dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et dans l'écriture. Je me suis rapidement ennuyée et je n'ai réussi à m'attacher à aucun des personnages. Je suis restée en surface, comme c'est souvent le cas lorsqu'un livre me résiste. Mais je ne me suis pas découragée pour autant et j'ai continué ma lecture, espérant que quelque chose se dénoue. En vain. je suis restée en dehors. Il est vrai que je ne suis pas très emballée par les aventures qui se déroulent sur les navires, les histoires de corsaires et de matelots, ça ne m'a jamais transportée. Mais il me semblait que cette fois, le thème de l'esclavage amenait un angle différent que je trouvais intéressant et très actuel. J'ai dû me résoudre à l'évidence, ça ne me plaisait pas. J'ai quand même voulu aller jusqu'au bout cette fois mais j'avoue que sur la fin, j'ai lu en diagonale pour abréger. Je suis d'autant plus déçue que je sais à quel point les lecteurs de Timothée de Fombelle sont nombreux et impatients à la sortie de chacun de ses romans et j'ai donc vraiment l'impression de passer à côté de quelque chose. Je ne remets pas du tout en cause la qualité de son travail mais ce livre ne m'a pas touchée.
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nathanbabelio
  11 juin 2020
Après Tobie, Vango, Joshua Perle… ce serait donc Alma. Alma. Un nom derrière lequel Timothée de Fombelle annonçait déjà il y a quelques années une épopée entre trois continents au temps du commerce triangulaire. Un nom et un synopsis qui tiraient derrière eux le parfum des embruns, la piqûre du sel, la morsure de l'océan et le vent de l'exil. Évidemment. Si Timothée de Fombelle envoyait une héroïne arpenter les lignes de son nouveau roman, c'était pour mieux renouer avec ses thèmes de prédilection : « la routine, l'exil, les grands espaces », comme il le dit dans une interview qu'il a accordée à Babelio. J'avais vu juste. Non pas par un incroyable talent de perspicacité, mais car c'est bien là le talent de Timothée de Fombelle à dresser un décor et une histoire en trois mots tendus comme un cadeau. Cependant, j'étais loin de me douter des éléments qui venaient encore derrière, accrochés à ce roman comme des coquillages à la poupe d'un bateau. le souffle de la trilogie, l'enivrant présent des contes, la farandole inattendue de personnages qui font se demander au lecteur s'il n'y a pas plutôt une poignée de héros et héroïnes à ce roman, la douleur de l'histoire réveillée par la vie, le tissu de la réalité et de l'imaginaire que mon auteur favori sort d'un placard pour nous en couvrir le temps de quelques dizaines de pages. On ne connaît jamais mieux les secrets d'une histoire qu'en s'asseyant pour l'écouter. Et celle-ci, contée par Timothée de Fombelle, m'a une fois de plus emporté.
Lien : http://bouquinsenfolie.blogs..
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lesmiscellaneesdepapier
  21 avril 2020
J'ai eu la chance de recevoir ce livre en service de presse numérique.

Les premières pages dans la vallée m'ont subjugué. J'étais heureuse de trouver un décor africain et de retrouver la beauté des mots de l'auteur.
Les personnages sont tout de suite attachants « de toute sa vie, Soum n'a jamais prononcé un mot. Mais la collection de ses sourires est infinies. » Les héroïnes sont puissantes, fortes et indépendantes d'où qu'elles viennent et quelle que soit leur histoire. On sent que la construction les amènera à leur apogée pour ce qu'elles sont et pas par rapport à d'autres personnes. « Cet homme est amoureux d'elle. Elle le sait. Elle n'aime pas les gens amoureux. Elle n'aime ni l'amour ni les gens d'ailleurs. » « Amélie déteste ce qui est joli. Elle aime ce qui éblouit, ce qui fait mal aux yeux tellement c'est beau. Elle aime ce qui fait presque peur. »

On y retrouve pourtant avec plaisir la plume de l'écrivain pour parler avec justesse des sentiments « il est accablé d'amour, étourdi, noyé par cette vague. Renversé contre la fenêtre, il n'est pas loin de traverser le carreau, de tomber dans les buis du jardin ou de rester accroché aux rosiers grimpants. Il cherche oxygène. Il veut qu'elle l'aime. Il pourrait presque oublier le grand projet qu'il prépare depuis deux ans. »
Sur la premier moitié l'auteur plante les histoires parallèles qui grandissent et se tissent au fil des pages jusqu'à se retrouver entremêlée par la suite. Avoir lu le livre de perle, m'a fait patienter jusqu'à ce moment, les décors étant tellement différents que s'en est déroutant.
Une fois la prise au vent faite, tout s'emballe, on tangue, on est chahuté et b***** va falloir attendre l'année prochaine pour la suite... Je suis contente d'avoir lu ce livre au réalisme magique latent pendant ce confinement. Il nous évade et nous recentre en même temps « dans la langue de sa mère, la langue des Okos, il n'y a pas de ‘fer'. Il n'y a de mots que pour décrire ce qui est important. Pour dire la couleur de chaque heure de la nuit ou le gloussement qu'on fait en dormant quand une herbe vient nous toucher l'oreille. »

Petit bonus: « petit lapin mouillé » : Elixus cuniculus en latin🐰
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Aveline
  28 juin 2020
Ce n'est pas juste un récit sur le déracinement d'Alma et la perte de sa famille. C'est le déracinement de toute une population qui se passe sous nos yeux et qui nous brise leur coeur. En effet, bien que l'action nous soit racontée exclusivement à travers ses yeux quand il s'agit du sort de ceux qui sont réduits en esclavage, la plume de l'auteur nous permet de savoir qu'il se passe de nombreux moments pendant lesquels elle pourrait être réunie avec ses proches. Cela a un petit effet conte cruel mais en même temps, on fait confiance à Timothée de Fombelle pour savoir où il nous emmène. J'espère juste que la fin de cette trilogie ne sera pas douce-amère car il a le chic pour me faire avoir des larmes dans les yeux.

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Milie_Baker
  16 juin 2020
Vivant dans une réserve éloignée de tout, Alma et Lam rêvent de découvrir le monde. Mais ignorant le danger qui le guette, le petit frère décide de partir à l'aventure et Alma part le sauver. Car dehors, les navires français et anglais sont à la recherche de captifs à vendre à prix d'or dans leurs pays... D'autant plus que les deux enfants détiennent un pouvoir dont ils ignorent tout, ils sont encore plus inestimables aux yeux du diabolique capitaine Gardel.

Timothée de Fombelle nous éblouit, une fois encore, avec un récit aussi palpitant qu'il est audacieux. Dans un combat périlleux pour retrouver sa famille, Alma devra à tout prix garder son bien le plus précieux : sa liberté.

Un roman à découvrir à partir de 13 ans et à partager avec toute la famille.
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HeloiseFerreol
  02 juillet 2020
Une merveilleuse épopée non réservée à la littérature jeunesse. On se laisse transporter par cette petite fille courageuse et son entourage dans des paysages qui deviennent palpables. Une approche réaliste également de la folie de l'esclavage.
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veronique55
  28 juin 2020
Encore une série , donc on attend pour acheter la suite.
Bien écrit pour bon lecteur mais un peu angoissant pour des jeunes
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