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Critiques sur Le peintre d'éventail (105)
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le_Bison
  18 octobre 2016
Atôra, un petit coin de campagne au nord-est de l'île Honshu, Japon.
Un vieux moine aveugle.
La quiétude d'un jardin zen, les saisons qui avancent se font éternelles.
Un peintre qui transpose son art et celui du jardin sur des éventails.
Des haïkus contemplatifs.
Même une ancienne courtisane, maitresse des lieux.
Les seins d'une jeune femme qui se bercent comme le lys au vent.
Oui, ce roman a tout pour me plaire, tout pour attirer au moins mon attention.

Je m'installe donc dans ce jardin que des âmes millénaires ont contemplé, que le vent a immuablement soufflé de son refrain, la neige étouffé de sa candeur. le vieux moine aveugle psalmodie ses sutras ; le soleil distille ses rayons sur le lac, la belle pucelle aux longs cheveux lisses comme des lianes de saule nage nue ; les grues cendrées s'envolent, je la regarde, l'oeil amoureux, ma bière qui s'évente, l'air qui se fait étouffant.

J'en apprends un peu sur ces êtres qui tournent autour de ce jardin, mais je me sens perdu. Je n'arrive pas à me concentrer. J'y avais mis beaucoup de coeur, trop d'attente certainement, dans cette balade bucolique entre montagne et mer. Je ne connaissais pas encore Atôra, ni même Matabei, disciple du peintre, sérieux candidat pour chavirer l'âme fleurie de cette jeune fille, disciple de la courtisane. Et plus je m'aventurais dans la profondeur de cette toile, plus j'enrageais de rester si froid, presque hermétique, à l'univers décrit par l'auteur. Hubert Haddad éclaire de sa plume ce texte, à moins que cela soit le clair de lune qui illumine ses pages. Je le découvre aussi, mais fait preuve de suffisance face à cette histoire. La motivation ne suffit pas, je manque de concentration et mon esprit s'évade déjà entre les saules et les ormes de ce jardin, l'oeil à la recherche d'une naïade au corps caramélisé par le soleil, blanchi par la neige. Je m'en veux, terriblement, profondément.

Il a fallu qu'un élément se déclenche pour me remettre sur la ligne de flottaison. Les cygnes s'envolent au milieu des canards, les oiseaux chantent toujours innocemment, mais les cigales se sont tus. Les Dieux ont un message, et ma lecture devient subitement plus intéressée. J'oublie la magie des lieux, la jeune femme a disparu, la terre gronde, la vague submerge. Il a fallu donc que ce 11 mars 2011 entre en jeu pour que mon esprit soit capté par ce roman. Triste à dire, triste à lire. La désolation se lit sur les pages qui suivent, la terre inondée, la terre brûlée par le sel, des cadavres, des explosions et des gens que l'on déporte, 10 kilomètres autour, puis vingt, puis trente. Plus personne dans la zone, à part quelques vieux irréductibles qui veulent mourir sur leur terre, ou Matabei qui cherche sa naïade.
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si-bemol
  09 mai 2020
“La vie est un chemin de rosée dont la mémoire se perd, comme un rêve de jardin. Mais le jardin renaîtra, un matin de printemps, c'est bien la seule chose qui importe. Il s'épanouira dans une palpitation insensée d'éventails.”

Au Japon, dans la contrée isolée d'Atôra - district de Futuba - entre montagne et Pacifique, le professeur Xu Hi-Han, disciple de Matabei Reinen, nous raconte la vie de son maître, le peintre d'éventail, dont “l'histoire fut comme le vent, à peu près aussi incompréhensible aux autres qu'à (lui)-même.”

C'est une histoire tissée de hasards qui se déroule principalement au sein de la pension de famille de dame Hison, une ancienne courtisane, “un lieu d'oubli plus que de sérénité, un lieu pour disparaître aux autres ou à soi” où il trouva un jour refuge après le décès pour lui traumatisant d'une jeune fille inconnue et qu'il a vue mourir. Une histoire qui ressemble à un conte où des personnages solitaires et singuliers traversent comme dans un songe les haïkus, les délicats agencements des jardins et le souffle des éventails...

"Le peintre d'éventail" est un récit initiatique plein de profondeur et de finesse où la poésie se nourrit de contemplation, de spiritualité et de philosophie. J'en ai aimé la belle écriture, le soin apporté à la description de la nature et des paysages, le rythme pensif et lent et le regard porté sur l'art. Et je me suis attachée à ce beau portrait de peintre “qui n'aura vécu que d'espérance jusqu'à l'heure du chaos”, que le hasard des rencontres, des circonstances et de la tragédie finale révèle peu à peu à lui-même et qui s'efface sans bruit car “les vrais maîtres vivent et meurent ignorés et (on ne peut) espérer plus belle équité en ce monde”.

Une belle méditation, que j'ai beaucoup aimée, sur l'impermanence des choses et sur ce qui, malgré tout, demeure.

[Challenge Multi-Défis 2020]
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Kittiwake
  16 juin 2014
C'est pour fuir les démons qui le hantent et que la vie trépidante du Japon moderne n'a pas la moindre chance d'apaiser que Matabei se réfugie chez Dame Hison, qui règne sur une petite communauté bigarrée, loin des tumultes de la ville sur l'île d'Honshu. La petite pension cache un trésor inestimable : crée et entretenu par Osaki Tanako, un jardin merveilleux réjouit le regard. Dompter la nature et la sublimer en l'immortalisant sur de fins éventails : Matabei est séduit et devient le disciple de l'artiste.

Mais le feu couve sous les cendres et l'harmonie est un équilibre fragile que les passions humaines sont promptes à disloquer. Sans compter qu'un drame autrement plus destructeur viendra douloureusement accréditer la thèse de l'impermanence...
Dans un Japon contemporain, clairement bien connu et compris, le drame collectif vient balayer la vanité des conflits triviaux, animés par des passions dérisoires.

Toute la magie de ce roman est portée par la finesse de l'écriture, aussi précise et artistique que les créations d'Osaki. La poésie et la magie qui se dégagent du teste fait accéder le lecteur à l'émerveillement que produit la contemplation de l'oeuvre picturale du maître des éventails.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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kuroineko
  16 mars 2013
Le peintre d'éventail représente un véritable travail d'orfèvrerie littéraire.

Dans la pension de Dame Hison, ancienne courtisane, viennent se réfugier des êtres abîmés. Son auberge et ses environs forment un microcosme où le temps semble s'être arrêté. Une autre caractéristique de l'endroit est le magnifique jardin. Hubert Haddad rend justice à la nature par de superbes descriptions poétiques émaillées de haiku. le jardin, rassemblant en un seul organisme les multiples sortes de jardins japonais, devient un personnage du roman à part entière si ce n'est le personnage principal.
Il est également question ici de la transmission du savoir afin que la beauté ne se perde pas. A travers les expliquations données au jeune Hi Han, Haddad résume les conceptions fondamentales de l'esthétique japonais basées sur la recherche d'une perfection inachevée, dans le respect du concept "wabi sabi", ou recherche de l'élégance épurée.

Si la première partie du roman offre une vision assez contemplative, la seconde partie voit les forces de la nature et des hommes se déchaîner sur cet endroit retiré. Ce presque paradis perdu est alors emporté par la réalité dévastatrice. Pourtant, la vie s'accroche et permet de retrouver la beauté même au coeur de la fange.

J'a découvert cet auteur avec ce livre. Son écriture m'a beaucoup émue par sa grande sensibilité et par la qualité évocatrice de sa poésie.
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Ellane92
  11 mars 2016
Le narrateur raconte la vie de Matabei, un homme qui, suite à un accident, se retrouve dans la pension de dame Hison, ancienne Geisha, et apprend auprès du jardinier l'art de peindre les éventails et de trouver l'harmonie d'un jardin. le narrateur, Hi-Han, fut lui-même pensionnaire de la maison, et apprit auprès de Matabei son art, avant de s'enfuir à cause d'une femme qui avait séduit son maitre.

Cela faisait longtemps que je voulais découvrir Hubert Haddad, poète et écrivain, et à mon avis, je me suis trompée sur le livre avec lequel faire sa connaissance. Pour être honnête, je n'ai pas beaucoup (voire pas du tout) d'affinité avec la littérature asiatique, surtout quand elle est "contemplative". D'autre part, je n'aime pas les récits de troisième ou quatrième main : Haddad nous raconte le récit de Hi-Han qui nous conte la vie de Matabei qui nous livre celle du "vrai" maître d'éventails, Osaki Tanako, jardinier de la pension. Je trouve que c'est compliqué, on ne sait jamais qui raconte quoi, ni à quel moment ça se passe.
Ce livre est, grosso modo, divisé en deux parties. La première, qui raconte les passations d'expérience et de sagesse dans la pension de dame Hison, est essentiellement "contemplative", emplie de descriptions du jardin japonais, de la place de chaque essence, de sa couleur, de son intégration dans le tout... Comme je l'ai dit, je ne suis pas assez sage pour que ça me "parle" ou m'intéresse. A noter quand même, dans cette première partie, la galerie de personnages qui vivent à la pension, assez réussie et attachante (de la Coréenne sans enfant qui vit avec ses poupées aux amoureux discret et officieux ou même l'énervant mais drôle commerçant Monsieur Ho), mais pas assez approfondie à mon gout. Cette première partie voit également naitre et se développer la folie amoureuse de Matabei pour une jeune pensionnaire recueillie par Dame Hison, Enjo. Ca, c'est pareil, ça m'échappe : comment un homme qui maitrise tant de sa vie, qui introjecte son environnement, qui "cultive son jardin" (aux sens propre comme figuré) avec tant de rigueur et de minutie peut ne plus se contenir à la vue d'une jolie paire de seins ? La sérénité la plus totale en même temps que la folie amoureuse la plus paroxystique ? En fait, à dire vrai, j'ai trouvé cette folle passion un peu ridicule, comme ça, vue de l'extérieur, entre un vieux monsieur un peu sage qui perd la tête pour une jeunesse pas très sage !
Bref, la seconde partie est celle de la désolation, suite à un tremblement de terre provoquant un tsunami, et celle de l'errance de Matabei sur les ruines de son jardin, à la recherche d'Enjo. J'ai finalement préféré cette seconde partie, plus courte, plus intense émotionnellement (en tout cas, pour moi).
Que dire d'autres sur ce peintre d'éventails ? L'écriture de Haddad est recherchée, parfois alambiquée, ne fluidifiant pas le récit. Les quelques passages sur la peinture sur éventails (il y en a bien moins que sur l'entretien du jardin, mais il semble que ces deux actions ne soient que les deux faces d'une même activité) sont passionnants, et les Haïkus qui y sont inscrits sont inspirés.
Mais je suis globalement déçue de cette lecture...
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joedi
  16 avril 2014
Matabei, peintre abstrait et designer connaissant un certain succès voit sa vie basculer ; au volant de sa voiture, au retour d'une virée à Kobe, une jeune fille traverse, il ne peut l'éviter, c'est le drame qui bouleversera sa vie.
Le roman débute quelques jours avant le séisme de Kobe de 1995 et s'achève quelques mois après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011.
Après le décès à l'hôpital d'Osué, Matabei va tout quitter et s'établir dans une pension de famille de la région d'Atôra, c'est là qu'il achèvera sa vie, retiré, formé par Osaki Tanako à la peinture d'éventail et à l'entretien d'un magnifique jardin tel que peuvent les réaliser des maîtres japonais. À la mort d'Osaki, Matabei s'installe dans son pavillon et poursuit son oeuvre. le reste il vous faudra le découvrir vous-même à la lecture de ce merveilleux roman.
Le peintre d'éventail est d'une écriture très poétique, les descriptions sont magnifiques, les sentiments décrits avec pudeur et quelques Haïkus émaillent les récits ; ce roman est une vraie perle.
J'ai parfois eu l'impression, au lieu d'une histoire contemporaine, de lire un roman datant de plusieurs centaines d'années, tant la vie au pied de la montagne est intemporelle. À lire !
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sandrine57
  18 mars 2013
C'est à Atôra, dans une petite pension perdue entre l'océan et la montagne que Matabei Reien a choisi de se retirer, loin de la trépidante Kobé. Au sein d'une petite communauté d'exilés de la vie, couvée par Dame Hison, la propriétaire des lieux, ancienne courtisane aux formes épanouies, Matabei retrouve sa sérénité perdue. Mais c'est surtout dans la compagnie du vieux jardinier qu'il trouve un but à sa vie. Osaki Tanaka devient son maître et l'initie au jardinage et à la peinture d'éventails. A la mort de son mentor, il continue le minutieux travail de préservation de la beauté des lieux et à son tour enseigne son art à un disciple, le jeune Xu Hi-han. Entre la transmission de son savoir, ses promenades dans la montagne et ses incursions dans le lit de Dame Hison, Matabei est un homme apaisé et serein. Cependant, comme jamais rien ne dure, ce bel équilibre sera rompu, d'abord par la beauté ensorcelante d'une nouvelle pensionnaire, puis par la nature elle-même, qui se révolte et reprend ses droits sur les hommes qui ont cru la dompter.


Le Japon tel qu'on le rêve dans un roman d'initiation et de transmission qui laisse la part belle à la beauté et à la poésie. Hubert HADDAD nous entraîne dans un univers esthétique et intemporel, dans le calme zen d'un jardin pensé pour sublimer la nature au fil des saisons. Mais la douceur des lieux et la délicatesse des touches de peinture cèdent la place à la violence des sentiments et à celle de la nature déchaînée, prouvant que rien n'est immuable et que le monde finit toujours par rattrapé celui qui veut le fuir.
Un petit bijou à savourer sans se presser. Sublime Japon, sublime roman!
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Aaliz
  22 juin 2014
« La vie est un chemin de rosée dont la mémoire se perd. »

Qui se souviendra de nous lorsque nous nous serons éteints, si nous ne laissons derrière nous aucune famille, aucun ami, aucun héritage, aucune trace ?
Préserver la mémoire et l'oeuvre de son maître, tel a été le souci de Matabei après l'événement.
Lui-même hanté par ses souvenirs, Matabei se réfugie à la pension de dame Hison, asile de tous ceux qui cherchent à fuir le monde, à s'isoler et mener une vie discrète et libre.
Le cadre est enchanteur. le jardin, soigneusement entretenu par le maître puis par Matabei, offre un petit aperçu terrestre du Paradis.
Mais cette vie édenienne prendra fin, tout comme dans l'histoire biblique, dès lors que le péché aura été commis. Plus qu'à une chute, c'est à l'apocalypse que Matabei soit survivre.

Hubert Haddad parvient talentueusement à immerger son lecteur dans l'atmosphère douce du Japon. A l'instar des pensionnaires de dame Hison, le lecteur se sent hors du temps et se laisse bercer par la plume délicate et poétique de l'auteur. de nombreuses descriptions sont tout autant d'hommages à la nature luxuriante et pleine de vie de ce coin de l'archipel nippon. Les lecteurs de Pays de neige de Kawabata ressentiront comme un air familier à la fois par l'intrigue liant les personnages et par cette préséance accordée à l'environnement. Cette lecture onirique peut toutefois gêner par la surabondance de ces descriptions qui provoque à terme un effet répétitif et lassant.

Heureusement, la dure réalité se rappelle inopinément aux personnages et au lecteur. La lecture s'accélère, la rupture avec ce qui précède est évidente et radicale. La nature luxuriante cède sa place à un paysage de mort et de désolation. Après l'insouciance et la douceur de vivre, c'est l'errance et la tentative de retrouver ce qu'on a perdu. Mais il est plutôt temps de laisser les fantômes s'éloigner et de songer à la trace que l'on veut laisser de notre passage sur Terre. Matabei tente d'exorciser ses vieux démons en restaurant les éventails abîmés de son maître afin de transmettre ce patrimoine et d'encrer dans le papier de riz ses liens intimes et solides entre maître et élève, liens de substitution aux liens parentaux brisés ou perdus.

Le peintre d'éventail est un roman contemplatif d'une grande beauté. On y retrouve des traits communs à d'autres oeuvres d'Hubert Haddad : la solitude, la perte de ses parents, la trahison, la nature, les conséquences désastreuses des actions humaines. Après la guerre dans Opium Poppy, c'est la dangerosité de la science qu'Hubert Haddad pointe du doigt en insérant le fictionnel dans la réalité par l'évocation du drame de Fukushima.
Le drame est matériel, environnemental, humain mais aussi sentimental, les personnages subissent le choc et le lecteur n'est pas épargné. En tout cas, ma sensibilité a fait qu'un détail inattendu de l'intrigue entre les personnages m'a à ce point surprise et attristée que j'en ai versé une larme.
L'Homme est dangereux pour la nature, la nature est dangereuse pour l'Homme. Face à sa puissance, nous ne sommes que grains de poussière aussitôt balayés d'un coup d'éventail.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
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brigittelascombe
  02 mars 2013
Tout est éphémère, même une oeuvre s'abolit d'un simple coup du sort. Seule reste, alors, la transmission du savoir ancestral.
C'est ce passage de l'artisan à l'artiste qui sait capter "l'émotion pure" que transcrit, d'une prose toute poétique, Hubert Haddad dans son roman le Peintre d'éventails.
Un seul et même lieu la pension de Dame Hison (veuve passionnée, courtisane "aux formes pleines") dans la bourgade japonaise d'Atorâ où évolue son microcosme. Plusieurs êtres déchirés s'y croisent: un négociant de thé grand buveur jovial, une vieille fille coréenne qui croit aux esprits et une vieille domestique ancienne planteuse de riz fatiguée. Arrive Matabeï, amant occasionnel (solitaire et silencieux) de Dame Hison. Traumatisé par la perte des siens suite aux bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, puis par un décés accidentel, il deviendra le disciple d'un vieux peintre d'éventails et jardinier (du jardin de Dame Hison qu'il transforme en oeuvre d'art) serein qui connait les harmonies subtiles. C'est l' histoire de Matabei et le drame passionnel attenant (par l'intermédiaire d'une jeune "demoiselle des neiges ou ardente démonne" encore un vieux fou exalté, ressemblant au "il" de le tailleur gris de Andrea Camilleri, mais un "il" artiste inspiré et non banquier ) que nous conte ici Xu Hi-Han, garçon de chambre gauche devenu cultivé et ayant appris "l'éveil" grâce aux bons soins de son "maître".
"Le monde est une blessure" écrit dans l'un des haïkus raffinés (qui parsèment le Peintre d'éventail) Hubert Haddad (écrivain, poète, historien d'art dont le roman Palestine a été couronné par le prix des Cinq Continents de la Francophonie en 2008 et le prix Renaudot du Livre de poche 2009). Ce sont ici des blessures intimes suite à de vrais séismes japonais (Hiroshima, tremblement de terre de Kobé, récent tsunami) à la violence absurde et destructrice qu'expose ici l'auteur.
L'art, moyen d'expression de la pensée, serait-il le talent de retrouver un équilibre en sublimant l'indicible et en "accordant les contraires"?
Le Peintre de l'éventail est à lire dans un sens artistique et dans un sens plus spirituel, celui du zen. le dépaysement, en prime, emporte son lecteur très loin au coeur d'émotions efflorescentes.
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JOE5
  23 janvier 2017
Un petit livre mais qui se doit d'être dégusté lentement avec délicatesse et quand rassasié des mots, le souffle devient court, fermer les yeux, prendre une grande respiration et se fondre dans la beauté presque onirique de ces paysages, de ce jardin d'harmonie. Ouvrir son coeur aux états d'âme des personnages, aux blessures profondes et sincères, causes de leur fuite, de leur retrait loin des fureurs du monde, mais aussi responsables d'avoir ciselé en eux l'attrait subtil et équilibré du beau et la possibilité de la passion.
L'illusion pourtant que la nature est faite pour l'appréciation des hommes, que celui-ci puisse en un jardin éphémère imiter la grandeur et la beauté de sa conception va éclater au grand jour. 16 ans après le séisme de Kobe, la terre tremble à nouveau et en ce 11 mars c'est un tsunami qui va tout ravager, rappelant que la nature et ses forces sont indépendantes et non assujetties à l'homme. Reste à l'homme le devoir de vénérer cette nature et de transmettre la mémoire, à travers l'art, des émotions qu'une telle beauté suscite.
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