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ISBN : 2843047935
Éditeur : Zulma (06/04/2017)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 41 notes)
Résumé :
« La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre Mā, roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement.
Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste.
Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  18 décembre 2015
« C’est ainsi : toute personne inconnue ouvre une nouvelle demeure. »
Imaginez...vous entrouvrez doucement les portes coulissantes d’une demeure japonaise pour progressivement vous acclimater à l’ambiance si particulière du lieu. Vous découvrez la disposition des pièces, les habitudes de vie des occupants, leurs histoires, leurs désirs, leurs portraits peut-être, le magnifique jardin attire votre attention, promesse de rêveries et d’un ailleurs sublimé. Ici, « toute richesse n'est que rosée sous le vent », et « la respiration tranquille des arbres » vous rend un peu de vigueur, à moins que ce ne soit « la neige exquise des cerisiers » en fleurs.
« Le voyage est ma demeure » disait Bashõ, un des haïkistes les plus fameux.
Le voyage proposé par Hubert Haddad pour suivre les destins croisés de deux poètes vagabonds qui s’interpellent à un siècle de distance ( dont celui de Taneda Shõichi Santokã, le dernier grand haïkiste ), s’ancre pour moi dans cette demeure japonaise, puis en efface les murs par sa seule puissance d’évocation.
On n’y rentre pas en coup de vent, on se laisse surprendre par des ondes d’émotions, des bulles de douceur poétique et on tente d’effleurer cette sagesse, ce détachement vis à vis du réel si convoités.
Par chance, le charme est double : une écriture poétique d’une grande beauté et une histoire à double entrée émaillée de haïkus de grands maîtres du genre.
Bon voyage !
« Il faudrait toujours se dire adieu sur un je t’aime. »
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nadejda
  23 septembre 2015
« C'est bien dans l'exclusive compagnie de Santōka que j'aurai vécu toutes ces années, en vagabond de l'amour perdu, marchant dans ses pas avec au secret désoeuvré de mon être la pensée toujours palpitante de Saori, depuis son apparition au Café Crépuscule, dans une ruelle de Golden Gai. le livre qu'elle écrivit avec tant de ferveur sur le moine poète – sans doute en étais-je le seul témoin – raconte tout autant son coeur de femme éprise, au point de se projeter dans cette vie hypothétique, d'apparaître intempestivement auprès du vieux pèlerin épuisé pour le seul motif de lui venir en aide au bord du chemin. A-t-on déjà lu une biographie où l'auteur, bouleversé des déboires de son héros, se permet d'y intervenir en protagoniste secourable ? Peu importe d'ailleurs, Saori n'a pas besoin de ces épiphanies pour exister dans chaque mot de son livre par un phénomène fabuleux de coprésence. Elle est si proche de moi aussi, que parfois j'en vacille. D'elle, je n'ai rien oublié, ses yeux de félin, très étirés sur les tempes, ses oreilles de nacre et son épaisse chevelure fixée par un joli peigne à motifs floraux au-dessus du crâne. »
Ainsi parle Shōichi, jeune homme qui va marcher sur les pas du moine poète et grand buveur de saké, Santoka, après sa rencontre brève et inoubliable avec la belle Saori.
«La marche à pied mène au paradis : il n'y a pas d'autre moyen d'y parvenir, mais il faut marcher longtemps.» Santoka

Poésie de l'instant, inséparable de la vie et de ses douleurs, de la vie et de ses beautés, de sa douceur et de sa violence ; poésie ancrée, incrustée dans le quotidien tout en élevant et vidant progressivement des scories du passé et du présent qui encombrent le chemin et entravent la marche du pèlerin que tout homme est.
« Marcher figurait pour lui le mouvement même de vivre. »
« Ma » est tout cela, un beau livre de vie qui conduit de la passion à la sérénité à travers tous les écueils du chemin qui mène de blessures en blessures, pas à pas,
vers la dépossession « Ne possédant plus, n'être plus possédé »,
vers un possible détachement que l'on atteint peut-être à la fin d'une vie où rien ne dure et que l'on aura pas vu passer, au moment de rejoindre « la sublime vacuité ».
« Rien dans mon coeur n'a vraiment changé malgré les leurres et les faux lustres de l'oubli. J'aime Saori avec la même ingénuité qu'au grand jadis, du temps du Café Crépuscule. Mais dans une sorte d'effacement.
 
De toi à moi
quinze ans plus tard
à peine un vol de papillon »
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JOE5
  28 février 2017
Pour pénétrer cette lecture nulle précipitation, il faut comme pour « le peintre d'éventail » régler sa vibration, trouver la clef, être en harmonie, au diapason. Nous pouvons alors découvrir un jeu de miroirs permanents entre un étudiant Shoichi, Saori femme d'âge mûr et Santoka maître en Haïkus, poèmes pour dire l'univers et l'instant vécu dans un même mouvement, dont il créera la forme libre. Notre étudiant, le narrateur, va par chagrin d'amour se mettre en marche et poser ses pas dans ceux du Maître avec pour seul compagnon le manuscrit de la belle Saori, biographie onirique de Santoka qui a marché pendant les quinze dernières années de sa vie comme un décapité en fuite, sur la voie du dépouillement. C'est l'histoire de ce maître qui va nous être révélée et que Shoichi va vivre jusqu'à l'effacement. Une écriture riche, poétique qui vous entraine dans une marche éternelle à travers le Japon.
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Charybde7
  03 août 2015
La trajectoire d’un homme, sur les traces du moine vagabond et haïkiste Santōka, rescapé sur les chemins et en poésie des naufrages de l’amour.
«C’est au Café Crépuscule que j’ai rencontré Saori, voilà quinze ans, sept mois et trois jours.»
Le cours de l’existence de Shōichi, jeune étudiant maigre au regard de myope, avec ses lunettes à verres «larges comme des soucoupes», fut transformé le jour où la rayonnante Saori passa la porte du minuscule bar du quartier de Golden Gai où il servait le week-end. Jusque-là le jeune homme menait une vie plutôt recluse, en tête-à-tête avec une mère tournée vers son passé. À cause de «son air de hibou surpris en plein jour», de son allure et de son prénom semblable à celui du poète Santōka Shōichi Taneda, Saori, universitaire prise d’une indéfectible passion pour cet auteur méconnu, remarqua le jeune homme.
Leur aventure éblouissante mais à la fin tragique jettera Shōichi sur les routes et les traces de Santōka, moine vagabond talonné par l’abîme et dernier grand haïkiste, s’oubliant dans l’ivresse.
«La marche à pied mène au paradis : il n’y a pas d’autre moyen d’y parvenir, mais il faut marcher longtemps.»
Accompagné de la biographie romancée de Santōka écrite par Saori, Shōichi, toujours face au puits de douleur sans fond issu de son enfance, le décès de sa mère, en marchant se confond avec lui – à travers leurs déboires, leur goût pour le saké, les haïkus et la contemplation de l’impermanence du monde.
«Depuis bien des années, je marche pour ne pas mourir, d’un bout à l’autre de Honshu et dans les autres îles, celles où l’on ne risque pas de rattraper la queue de son ombre après un jour ou deux. Ma mémoire est mon seul fardeau, le plus lourd en tous cas, pesant comme un cadavre de femme. Un jour à venir, l’été, dans la montagne aux cigales, l’oubli me gratifiera de ses doux bûchers de lucioles ou tout ce que l’on croyait aimer s’efface en cendres bleues avec la nuit montante. On pourrait croire que je cours après mon passé mais c’est bien pire. Je me souviens du dernier soir comme si c’était demain.»
La belle écriture de «Mā», nourrie des haïkus des maîtres Bashō et Santōka sertis dans le récit, s’illumine avec les descriptions délicates et somptueuses des espaces naturels, champs de neige et fougères palpitantes, lumière sur les feuillages, contrepoint des tragédies et souffrances humaines – parmi lesquelles l’évocation du séisme du Kantô de 1923 constitue un morceau de bravoure, tragédie dont Santōka tentera, comme les autres qui l’affectent, de se détacher sur les sentes japonaises.
«Toujours à divaguer dans le malheur absolu, perdu, les yeux pleins du sang des pauvres gens, Santōka invoque presque malgré lui Bashō pérégrinant d’une montagne sacrée à l’autre sur les pas d’un maître d’antan.»
En une étonnante osmose de deux vies distantes de près d’un siècle, ce roman à paraître en septembre 2015 aux éditions Zulma, évoque la permanence des douleurs des enfants aux cœurs déchirés par les abandons et l’amour perdu, la beauté de la nature, du mouvement immobile et de la poésie qui permettent de vivre malgré les plaies profondes, et la brièveté de l’existence envolée comme un souffle.
«Les naufrages dont il était sorti indemne lui laissaient un goût d’infini aux lèvres. La chose la plus ordinaire, comme boire à la fontaine ou s’asseoir dans l’herbe, lui semblait si neuve, si propre à toutes les réconciliations, que l’instant en devenait pareil au pistil d’une fleur à peine éclose.»
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/08/01/note-de-lecture-ma-hubert-haddad/
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nilebeh
  01 juillet 2017
Hubert Haddad nous a habitués à des livres forts, érudits, poétiques, engagés, qui nous transportent et nous enchantent. Ici, une fois encore, il nous emmène dans un univers fait de délicatesse et de philosophie : nous sommes au Japon, dans un bar dirigé par M. Bô et le jeune étudiant Shoichi qui l'aide au service entend malgré lui une conversation entre un homme et une femme qui semblent passer de bar en bar pour mettre un point définitif à leur union. Comment peut-on ainsi offenser la déesse Guanyin, déesse-reine de l'union amoureuse, se demandent M. Bô et son client ?. Shoichi, quant à lui, tombe éperdument amoureux de la belle Saori au teint de lune et, des années plus tard, vit une passion amoureuse intense avec elle. Jusqu'au jour où la belle meurt noyée, lui laissant une monographie qu'elle a rédigée, résultat de ses recherches sur le moine Shoichi dit Santôka, dernier des haïkistes du Japon moderne.
Même nom, même goût immodéré pour le saké, même ardeur à marcher en philosophant : il n'y a pas de hasard, le jeune Shoichi se reconnaît dans l'histoire du moine poète Taneda Santoka (1882-1940) qui marchait parmi les cinq îles principales du Japon en 1939.
Et nous voilà emportés dans une double histoire, entre cerisiers en fleurs et rêves de femmes somnambules qui volent en traversant les fenêtres de l'hôpital en face de l'étudiant en géologie volcanique. A la beauté des images se superpose parfois la cruauté de la réalité, comme lorsque la mère du jeune moine se jette dans le puits, trop blessée par son coureur de jupons de mari...De son côté, le jeune étudiant Shoichi découvre sa mère morte, victime d'une rupture d'anévrisme, mort dont il ne se remettra jamais : « Les cendres de maman n'ont jamais cessé de retomber sur ma tête. » (P24) dit-il.
Nous passons de l'un à l'autre des deux jeunes hommes, nourris de sagesse confucéenne qui enseigne le respect des valeurs du shogunat.  le petit moine de douze ans est éduqué par son jeune maître Aguri, âgé de 20 ans, qui lui enseigne en privé les délicatesses de la poésie japonaise mais... se fait renvoyer par le directeur. Nous aurons avec lui découvert les Trois Trésors sacrés : Les Notes de Chevet, le Dit du Genji (superbe livre, à découvrir dans son édition illustrée) et le Recueil des Dix mille Feuilles. Des années durant, devenu gardien d'un temple bouddhiste dans l'isolement des montagnes, il apprend le lâcher-prise et le recueillement, l'humilité et l'empathie. Tout être mérite son attention : « toute personne inconnue ouvre une demeure nouvelle ». Devenu moine mendiant ou « renonçant », c'est accompagné du son de sa canne sur le sol qu'il médite et apprend le lâcher-prise et devient un maître du haïku :
« Rien de plus facile à dire
Ni de plus difficile à faire
Que de lâcher prise » (Taneda Santoka)
Chemin de quête du sens de la vie, apprentissage du renoncement, découverte éblouie de la nature dans laquelle l'homme trouve sa juste place entre Ciel et Terre, humilité, empathie, vivre pleinement l'instant où je suis et savoir que là où je vais c'est « Nulle part ailleurs qu'ici même, à cet instant précis, là où mon pied droit se pose et où le gauche se soulève... ». Un beau livre, lumineux et délicat, empli de poésie et de sagesse.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ericboericbo   02 décembre 2017
On peut lire dans un nô : "Si blancs que soient les champs, si pur que soit un coeur, nous agissons toujours à tâtons, dans d'insondables ténèbres. Où trouver la vérité ? La neige tombe et tourbillonne."
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ericboericbo   03 décembre 2017
- N'oublie jamais qu'il n'y a rien à convoiter dans ce monde ni dans aucun autre, pas même l'Illumination. Rien ne nous porte que l'instant présent.
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ericboericbo   02 décembre 2017
Le passé n'est passé de rien, le futur nous effleure à peine, et tout se résorbe dans l'éternel présent.
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nadejdanadejda   23 septembre 2015
La neige unifiait les parterres, les statues et les toits, laissant aux arbres leur souveraineté. Le plus vieux, plein d’étais, resplendissait dans la grisaille. L’écorce noire de ses branches était endiamantée de gel jusqu’aux plus hautes brindilles. Entre les arbres, la blancheur avait une intensité presque infranchissable. Le daisojo prit toute la mesure de cette quiétude sans autres accroches qu’une pie posée sur un tronc mort, la cloche d’un sanctuaire au loin ou l’ombre solitaire d’un épouvantail entre le lac gelé et la colline aux cyprès. Par-dessus les jardins et les champs, les montagnes émergeaient des brumes basses dans les cieux parallèles. Immobile, il parvint à faire abstraction des bruits majeurs, ceux dont l’écho ouvre les distances, pour écouter les heurts et les glissements des particules de glace et enfin accéder quelques instants à la pure vibration du silence.
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PiatkaPiatka   19 décembre 2015
Marcher dans les grands paysages des altitudes, c’est s’inventer son jardin intérieur presque à chaque pas, d’un angle à l’autre du ciel ou des vallées. Les nuages à tout moment naissent des montagnes, fantômes d’avalanches qui traversent le souvenir…
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Videos de Hubert Haddad (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Haddad
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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