AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2843047242
Éditeur : Zulma (03/09/2015)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 44 notes)
Résumé :
« La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre Mā, roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement.
Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste.
Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  18 décembre 2015
« C’est ainsi : toute personne inconnue ouvre une nouvelle demeure. »
Imaginez...vous entrouvrez doucement les portes coulissantes d’une demeure japonaise pour progressivement vous acclimater à l’ambiance si particulière du lieu. Vous découvrez la disposition des pièces, les habitudes de vie des occupants, leurs histoires, leurs désirs, leurs portraits peut-être, le magnifique jardin attire votre attention, promesse de rêveries et d’un ailleurs sublimé. Ici, « toute richesse n'est que rosée sous le vent », et « la respiration tranquille des arbres » vous rend un peu de vigueur, à moins que ce ne soit « la neige exquise des cerisiers » en fleurs.
« Le voyage est ma demeure » disait Bashõ, un des haïkistes les plus fameux.
Le voyage proposé par Hubert Haddad pour suivre les destins croisés de deux poètes vagabonds qui s’interpellent à un siècle de distance ( dont celui de Taneda Shõichi Santokã, le dernier grand haïkiste ), s’ancre pour moi dans cette demeure japonaise, puis en efface les murs par sa seule puissance d’évocation.
On n’y rentre pas en coup de vent, on se laisse surprendre par des ondes d’émotions, des bulles de douceur poétique et on tente d’effleurer cette sagesse, ce détachement vis à vis du réel si convoités.
Par chance, le charme est double : une écriture poétique d’une grande beauté et une histoire à double entrée émaillée de haïkus de grands maîtres du genre.
Bon voyage !
« Il faudrait toujours se dire adieu sur un je t’aime. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          552
nadejda
  23 septembre 2015
« C'est bien dans l'exclusive compagnie de Santōka que j'aurai vécu toutes ces années, en vagabond de l'amour perdu, marchant dans ses pas avec au secret désoeuvré de mon être la pensée toujours palpitante de Saori, depuis son apparition au Café Crépuscule, dans une ruelle de Golden Gai. le livre qu'elle écrivit avec tant de ferveur sur le moine poète – sans doute en étais-je le seul témoin – raconte tout autant son coeur de femme éprise, au point de se projeter dans cette vie hypothétique, d'apparaître intempestivement auprès du vieux pèlerin épuisé pour le seul motif de lui venir en aide au bord du chemin. A-t-on déjà lu une biographie où l'auteur, bouleversé des déboires de son héros, se permet d'y intervenir en protagoniste secourable ? Peu importe d'ailleurs, Saori n'a pas besoin de ces épiphanies pour exister dans chaque mot de son livre par un phénomène fabuleux de coprésence. Elle est si proche de moi aussi, que parfois j'en vacille. D'elle, je n'ai rien oublié, ses yeux de félin, très étirés sur les tempes, ses oreilles de nacre et son épaisse chevelure fixée par un joli peigne à motifs floraux au-dessus du crâne. »
Ainsi parle Shōichi, jeune homme qui va marcher sur les pas du moine poète et grand buveur de saké, Santoka, après sa rencontre brève et inoubliable avec la belle Saori.
«La marche à pied mène au paradis : il n'y a pas d'autre moyen d'y parvenir, mais il faut marcher longtemps.» Santoka

Poésie de l'instant, inséparable de la vie et de ses douleurs, de la vie et de ses beautés, de sa douceur et de sa violence ; poésie ancrée, incrustée dans le quotidien tout en élevant et vidant progressivement des scories du passé et du présent qui encombrent le chemin et entravent la marche du pèlerin que tout homme est.
« Marcher figurait pour lui le mouvement même de vivre. »
« Ma » est tout cela, un beau livre de vie qui conduit de la passion à la sérénité à travers tous les écueils du chemin qui mène de blessures en blessures, pas à pas,
vers la dépossession « Ne possédant plus, n'être plus possédé »,
vers un possible détachement que l'on atteint peut-être à la fin d'une vie où rien ne dure et que l'on aura pas vu passer, au moment de rejoindre « la sublime vacuité ».
« Rien dans mon coeur n'a vraiment changé malgré les leurres et les faux lustres de l'oubli. J'aime Saori avec la même ingénuité qu'au grand jadis, du temps du Café Crépuscule. Mais dans une sorte d'effacement.
 
De toi à moi
quinze ans plus tard
à peine un vol de papillon »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          455
joedi
  31 décembre 2017
31 décembre 2017, dernière critique de l'année. Après avoir lu le peintre d'éventail, j'ai voulu poursuivre l'aventure avec son auteur, Hubert Haddad.
Étudiant, âgé de vingt-ans à l'université de Tokyo, Shōichi travaille au Café Crépuscule où il rencontre Saori, très belle femme, plus âgée que lui. Saori lui adresse la parole, à lui, affublé de lunettes aux verres comme des loupes, objet de raillerie de tous. En fait, Shōichi lui rappelle Santōka. Saori, fut une admiratrice de Santōka, elle a écrit sa biographie dont elle remet un exemplaire à Shōichi peu avant de passer par-dessus bord d'un bateau. Shōichi qui pleure Saori dont il était très épris, à la lecture de la biographie de Santōka, décide de revivre la vie du défunt auteur de haïku lors que celui-ci était devenu moine pèlerin. «Moi Shōichi, devenu moine pèlerin en ces terres chancelantes, je marche sur les pas de Santōka depuis qu'une déesse m'a délaissé dans la saison froide.»
À la lecture, les deux vies s'entremêlent, celle de Santōka qui a connu le tremblement de terre à Tokyo, survenu le 1er septembre 1923, et celle de Shōichi qui vit à notre époque.
Le récit est émaillé de quelques haïku notamment des grands maîtres Bashō et Saigyō.
La belle écriture de Hubert Haddad me permet de finir en beauté cette année de lecture.
Mes bons voeux pour 2018 à vous qui avez lu ces quelques lignes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          479
JOE5
  28 février 2017
Pour pénétrer cette lecture nulle précipitation, il faut comme pour « le peintre d'éventail » régler sa vibration, trouver la clef, être en harmonie, au diapason. Nous pouvons alors découvrir un jeu de miroirs permanents entre un étudiant Shoichi, Saori femme d'âge mûr et Santoka maître en Haïkus, poèmes pour dire l'univers et l'instant vécu dans un même mouvement, dont il créera la forme libre. Notre étudiant, le narrateur, va par chagrin d'amour se mettre en marche et poser ses pas dans ceux du Maître avec pour seul compagnon le manuscrit de la belle Saori, biographie onirique de Santoka qui a marché pendant les quinze dernières années de sa vie comme un décapité en fuite, sur la voie du dépouillement. C'est l'histoire de ce maître qui va nous être révélée et que Shoichi va vivre jusqu'à l'effacement. Une écriture riche, poétique qui vous entraine dans une marche éternelle à travers le Japon.
Commenter  J’apprécie          364
MarianneL
  03 août 2015
La trajectoire d’un homme, sur les traces du moine vagabond et haïkiste Santōka, rescapé sur les chemins et en poésie des naufrages de l’amour.
«C’est au Café Crépuscule que j’ai rencontré Saori, voilà quinze ans, sept mois et trois jours.»
Le cours de l’existence de Shōichi, jeune étudiant maigre au regard de myope, avec ses lunettes à verres «larges comme des soucoupes», fut transformé le jour où la rayonnante Saori passa la porte du minuscule bar du quartier de Golden Gai où il servait le week-end. Jusque-là le jeune homme menait une vie plutôt recluse, en tête-à-tête avec une mère tournée vers son passé. À cause de «son air de hibou surpris en plein jour», de son allure et de son prénom semblable à celui du poète Santōka Shōichi Taneda, Saori, universitaire prise d’une indéfectible passion pour cet auteur méconnu, remarqua le jeune homme.
Leur aventure éblouissante mais à la fin tragique jettera Shōichi sur les routes et les traces de Santōka, moine vagabond talonné par l’abîme et dernier grand haïkiste, s’oubliant dans l’ivresse.
«La marche à pied mène au paradis : il n’y a pas d’autre moyen d’y parvenir, mais il faut marcher longtemps.»
Accompagné de la biographie romancée de Santōka écrite par Saori, Shōichi, toujours face au puits de douleur sans fond issu de son enfance, le décès de sa mère, en marchant se confond avec lui – à travers leurs déboires, leur goût pour le saké, les haïkus et la contemplation de l’impermanence du monde.
«Depuis bien des années, je marche pour ne pas mourir, d’un bout à l’autre de Honshu et dans les autres îles, celles où l’on ne risque pas de rattraper la queue de son ombre après un jour ou deux. Ma mémoire est mon seul fardeau, le plus lourd en tous cas, pesant comme un cadavre de femme. Un jour à venir, l’été, dans la montagne aux cigales, l’oubli me gratifiera de ses doux bûchers de lucioles ou tout ce que l’on croyait aimer s’efface en cendres bleues avec la nuit montante. On pourrait croire que je cours après mon passé mais c’est bien pire. Je me souviens du dernier soir comme si c’était demain.»
La belle écriture de «Mā», nourrie des haïkus des maîtres Bashō et Santōka sertis dans le récit, s’illumine avec les descriptions délicates et somptueuses des espaces naturels, champs de neige et fougères palpitantes, lumière sur les feuillages, contrepoint des tragédies et souffrances humaines – parmi lesquelles l’évocation du séisme du Kantô de 1923 constitue un morceau de bravoure, tragédie dont Santōka tentera, comme les autres qui l’affectent, de se détacher sur les sentes japonaises.
«Toujours à divaguer dans le malheur absolu, perdu, les yeux pleins du sang des pauvres gens, Santōka invoque presque malgré lui Bashō pérégrinant d’une montagne sacrée à l’autre sur les pas d’un maître d’antan.»
En une étonnante osmose de deux vies distantes de près d’un siècle, ce roman à paraître en septembre 2015 aux éditions Zulma, évoque la permanence des douleurs des enfants aux cœurs déchirés par les abandons et l’amour perdu, la beauté de la nature, du mouvement immobile et de la poésie qui permettent de vivre malgré les plaies profondes, et la brièveté de l’existence envolée comme un souffle.
«Les naufrages dont il était sorti indemne lui laissaient un goût d’infini aux lèvres. La chose la plus ordinaire, comme boire à la fontaine ou s’asseoir dans l’herbe, lui semblait si neuve, si propre à toutes les réconciliations, que l’instant en devenait pareil au pistil d’une fleur à peine éclose.»
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/08/01/note-de-lecture-ma-hubert-haddad/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   23 septembre 2015
La neige unifiait les parterres, les statues et les toits, laissant aux arbres leur souveraineté. Le plus vieux, plein d’étais, resplendissait dans la grisaille. L’écorce noire de ses branches était endiamantée de gel jusqu’aux plus hautes brindilles. Entre les arbres, la blancheur avait une intensité presque infranchissable. Le daisojo prit toute la mesure de cette quiétude sans autres accroches qu’une pie posée sur un tronc mort, la cloche d’un sanctuaire au loin ou l’ombre solitaire d’un épouvantail entre le lac gelé et la colline aux cyprès. Par-dessus les jardins et les champs, les montagnes émergeaient des brumes basses dans les cieux parallèles. Immobile, il parvint à faire abstraction des bruits majeurs, ceux dont l’écho ouvre les distances, pour écouter les heurts et les glissements des particules de glace et enfin accéder quelques instants à la pure vibration du silence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
PiatkaPiatka   19 décembre 2015
Marcher dans les grands paysages des altitudes, c’est s’inventer son jardin intérieur presque à chaque pas, d’un angle à l’autre du ciel ou des vallées. Les nuages à tout moment naissent des montagnes, fantômes d’avalanches qui traversent le souvenir…
Commenter  J’apprécie          210
nadejdanadejda   22 septembre 2015
Hormis l’or du rien, il avait brûlé l’essentiel de ses possessions avant d’embarquer pour Shikoku ; et c’était bien peu de chose. Toute richesse n’est que rosée sous le vent. Sa vie n’avait pas plus de valeur qu’une aigrette de pissenlit déplumée au souffle d’automne.
Commenter  J’apprécie          190
PiatkaPiatka   16 décembre 2015
On pourrait croire que je cours après mon passé, mais c'est bien pire. Je me souviens du dernier soir comme si c'était demain.
Commenter  J’apprécie          230
ericboericbo   02 décembre 2017
On peut lire dans un nô : "Si blancs que soient les champs, si pur que soit un coeur, nous agissons toujours à tâtons, dans d'insondables ténèbres. Où trouver la vérité ? La neige tombe et tourbillonne."
Commenter  J’apprécie          130
Videos de Hubert Haddad (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Haddad
La Roseraie des Cultures et des Arts - 8ème édition En particulier : "Présentation de la Revue de littérature et de réflexion" par Yahia BELASKRI Invité : Yahia Belaskri, Écrivain, journaliste. Livre « Apulée n°1 ? Galaxies identitaires », aux Éditions Zulma, 2016.
Prix littéraire Paris Rive gauche.
Comité de rédaction : Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad, Abdellatif Laâbi, Catherine Pont-Humbert.
http://www.laroseraiedescultures.fr/edition2016/mb-en-particulier-1-Yahia-Belaskri.html
Association "La Roseraie des Cultures et des Arts" le 3 septembre 2016 - Moulin de la Bièvre Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-Les-Roses http://www.laroseraiedescultures.fr
Réalisation : M.D'E
+ Lire la suite
autres livres classés : haïkuVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

1984 - Orwell

Comment s'appelle le personnage principal du roman ?

Wilson
Winston
William
Whitney

10 questions
1271 lecteurs ont répondu
Thème : 1984 de George OrwellCréer un quiz sur ce livre