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ISBN : 2843044219
Éditeur : Zulma (23/08/2007)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 127 notes)
Résumé :
Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la " ceinture de sécurité " une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute... Blessé, sous le choc, l'otage perd tout repère, en oublie son nom. C'est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  22 octobre 2011
Tragédie classique dans les territoires occupés.
Hébron, une des villes les plus explosives de Cisjordanie, où près de 700 colons juifs vivent armés et sous haute protection militaire, au coeur d'une communauté de 180 000 palestiniens dont les moindres pas sont entravés.
Cham, jeune soldat israélien est pris dans une embuscade. Blessé, il est recueilli par un commando palestinien qui veut en faire une monnaie d'échange. Au terme d'une poursuite, pris dans une souricière, Cham en réchappera miraculeusement et sera recueilli par Asmahane, une veuve aveugle et sa fille Falastin, qui verront en lui, grâce à une troublante ressemblance leur fils et frère disparu. C'est ainsi qu' amnésique et sans papiers, Cham, juif israélien, devient Nessim, palestinien, accepté comme tel par sa famille et les groupes terroristes qu'il intègre.
La Palestine est un imbroglio politico-miliaire inextricable et ancestral et Cham-Nessim, anéanti, découvre du jour au lendemain les brimades, la terreur, les humiliations que les occupants font subir à son nouveau peuple, le désespoir et la haine qui nourrissent le conflit entre les deux peuples et le terrorisme. Au fil des jours, il rencontrera aussi en Falastin, frêle jeune fille anorexique pleine de dignité, la femme qu'il a toujours recherchée. Mais Falastin à son tour, est broyée par le chagrin et il se laisse entrainer dans la voie du martyre.
Hubert Haddad nous plonge au coeur de ce terrible conflit, chargé de symboles, et nous conte dans une belle langue sobre mais très poétique un récit fondamentalement humaniste qui prône la nuance et dénonce les excès des deux camps, l'histoire d'êtres de chair, d'os et d'esprit, pris dans un conflit déshumanisé.
Un roman où j'ai plus appris sur la Palestine occupée que tout ce que j'ai pu lire avant…
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paroles
  19 février 2014
Cham, jeune Israélien blessé et amnésique, est recueilli par deux Palestiniennes, Falastin et sa mère Asmahane. Il portera désormais le prénom de Nessim.
Palestinien ? Israélien ? Cham ou Nessim ?
Qu'importe, semble nous dire Hubert Haddad. Et il a raison, qu'importe le côté de la frontière, ces deux nations souffrent de la guerre et de ses conséquences. le conflit est si ancré dans les mémoires, si présent dans le quotidien qu'aucun avenir n'est envisageable. Seule la mort violente semble la seule issue, qu'elle soit subie lors d'attentats ou choisie si l'on devient bombe humaine.
La seule éclaircie de ce roman est le personnage de Falastin, si frêle, si menue, si pleine d'espoir et de désir et en même temps si pleine de doute et de souffrance. Un personnage toujours au bord du gouffre, dont on ne connaîtra pas la destinée mais qu'on voudrait pouvoir sauver. Une luciole dans ce monde de ténèbres.
Un roman qui traite d'une immense tragédie, mais un roman qui ne m'a pas bouleversée comme je m'y attendais. Un roman qui ne me laissera pas une grande impression...
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Lune
  02 juin 2008
Roman poignant sur fond de Palestine et d'Israël. Pays divisé, malmené, torturé. Hymne à la paix, hymne à l'acceptation de l'autre. Rejet de la violence terroriste de n'importe quel bord. Personnage fière et fragile, Falastin, la palestinienne, porte ses angoisses au faîte de la souffrance humaine déployée sans relâche : maisons rasées, voitures mitraillées, check-point aux attentes et humiliations interminables et ce mur... Nessim, l'israélien, que l'amour transfigure, découvre ses contraires, ses "ennemis". Il s'offrira en un sacrifice dont on ne sait s'il est utile si ce n'est la désespérance d'un homme impuissant devant les horreurs d'autres hommes, ses frères. Tout au long du roman, nous parcourons une Cisjordanie occupée avec ses paysages poussiéreux, ses gravats accumulés par les bulldozers, ses groupes et sous-groupes influencés par la rancune, la rivalité, la religion... Nous sommes en pleine tragédie; on ne sait toujours pas si la raison l'emportera et si le coeur triomphera comme dans cette histoire qui fait palpiter émotions et espoirs.
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zazy
  17 octobre 2013
Qu'est-ce qui différencie Cham le soldat israélien et Nessim le palestinien ? A priori tout les oppose. Hubert Haddad, nous offre, par un jeu de miroir saisissant l'antagonisme des deux parties.
Cham, soldat israélien, victime d'un rapt est devenu amnésique. Un vieux ferrailleur palestinien, le prenant pour l'un des siens, le conduit mourant dans la maison d'une veuve aveugle Asmahane et de sa fille Falastin. Sans papier sur lui, il devient Nessim, le frère disparu. Cham-Nessim sans mémoire antérieure, va vivre de l'intérieur l'occupation israélienne et tomber amoureux de Falastin (d'où le rapport avec Antigone). Il entrera dans un réseau terroriste pour terminer en bombe humaine en Israël sous la nouvelle identité de Cham auquel il ressemble étrangement (tiens donc !!) Haddad nous décrit un des chemins menant vers le terrorisme, vers la bombe humaine par trop de souffrance devant la mort d'un amour, la mort d'une famille, la mort inutile et lâche.
Ces deux populations sont si proches morphologiquement que l'un prend l'identité de l'autre sans aucun problème. Cham parle l'arabe en plus de l'hébreu, physiquement très proche de Nessim, cela facilite les choses.
Sans trancher, Hubert Haddad nous promène de part et autre de la frontière, du côté des assaillants comme du côté des assaillis ou l'inverse. Les salauds, les va-t-en-guerre, les pacifistes, la misère, la peur, la haine, l'amour sont dans les deux camps. Hélas, ce sont les extrémistes qui gagnent. Sans souvenirs de sa réelle identité, Cham-Nessim rompt le pain donné par un jeune palestiniens infirme suite à sévices (p91) n'est-ce pas une belle image ?

Palestine est un livre puissant, ce jeu de miroir est fascinant. La pression augmente doucement mais sûrement vers un choix draconien, L'engagement y est toujours présent. le style d'Hubert Haddad, que j'avais découvert dans le peintre d'éventail, très poétique et réaliste en fait roman prenant, un régal de lecture.
En conclusion, la religion fanatisée ne mène qu'à la désolation. Israéliens et palestiniens devraient penser plus souvent au tombeau des Patriarches où se trouvent une mosquée et une synagogue.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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thietelp
  06 janvier 2013
Par un concours de circonstances, Cham, soldat Israelien, se retrouve amnésique et dans la peau d'un Palestinien, Nessim. Il sera recueilli par une veuve et sa fille, démunies, et sera confronté à la vie des Palestiniens, désespoir au milieu de la misère, des colons véhéments et des contrôles tout aussi humiliants qu'incessants.
Récit à l'écriture très agréable, teinté de poésie et assez intéressant, qui nous conte l'histoire et le quotidien de Palestiniens, et surtout, leurs sentiments. C'est d'ailleurs ce point qui m'a le plus intéressé. J'ai trouvé l'intrigue et l'histoire en elle même assez moyennes, mais j'ai vraiment apprécié le traitement des sentiments des différents personnages. Falastin est magnifique de désarroi, de tristesse profonde, froide, et de résignation malgré un semblant de reste d'espoir. L'humanité qui se dégage des personnages est vraiment plaisante et intéressante.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
parolesparoles   20 février 2014
C'était la première fois depuis l'enfance qu'elle partageait sa chambre avec un homme. Elle éprouvait une torsion, presque une douleur au niveau du diaphragme. Cette promiscuité ne la rebutait pas ni ne l'effarouchait, mais perturbait une perception coite et presque religieuse de l'espace. La nuit derrière les murs était son refuge ordinaire. Elle y recouvrait cette liberté égale au néant, dans la pensée des disparus. La moindre présence, fût-ce celle d'un chat, accaparait vite toute sa vigilance et l'excluait bientôt d'elle-même, comme si d'autres yeux, une autre intention, s'appropriaient le vide de son âme pour des enjeux inconciliables.
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mellahmellah   29 juillet 2014
En lisant les romans et les divers expériences écrites, en essaye d'imaginer et de rêver d'un monde meilleur où tout le monde se coutoie, cependant à chaque fois qu'on en finisse un, on se rend compte qu'il s'agit d'un joli rêve.
Ce qui se passe a GAZA me déchire le coeur, des enfants et des femmes mutilés, carbonisés... De quel droit ?
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matotakumatotaku   03 avril 2014
L'esprit ailleurs, elle saisit une poignée de lentilles sur la table pour les égrener entre deux doigts. Le fracas des blindés sur la route bitumée des colons ne l'effraie guère. Plus rien ne saurait l'inquiéter. Les années ont éloigné d'elle toute forme d'espérance ou d'intérêt. Sans rien montrer, pour ne pas souffrir, elle s'est endurcie jusqu'au détachement, avec une désinvolture alerte, presque inhumaine. La plus grande violence est celle qu'on s'inflige. Délibérément, depuis sa douzième année, à force d'ascèse ingénue, elle n'est plus de ce monde. L'état d'apesanteur totale auquel elle aspire se confondrait assez avec la grâce des martyrs.
Éditions Zulma, 2007, p.39
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litolfflitolff   22 octobre 2011
L’idée, c’est de se faire éclater dans un bus ou dans un marché, poursuit Omar. Je sais où trouver les ceintures d’explosifs. Il ne faut pas regretter cette vie d’opprimé. Plus tu fais de morts chez les sionistes, plus tu montes vite au paradis : c’est comme un carburant
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canelcanel   28 juin 2011
Le style ampoulé :
Tout en devisant avec l'aveugle, Saïfoudine ne peut quitter la jeune fille des yeux. Sa beauté le subjugue depuis longtemps, les éclats de neige et de charbon de ses grands yeux, les longs frissons de sa crinière couleur d'évanouissement, sa taille cambrée si fine qu'il se retient parfois de respirer. Son profil lui semble un pur joyau sertissant le feu sombre des prunelles. C'est pour lui un vertige que de contempler à la dérobée sa bouche aux lèvres pleines et subtiles où le sourire erre comme l'âme en peine. Sa maigreur est telle qu'il ne lui reste que sa beauté, mais celle-ci en devient si entière qu'elle frappe au coeur avec impudence, comme ces statuettes barbares que la charrue exhume, miraculeusement, autour des ruines protégées. (p. 41)
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Videos de Hubert Haddad (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Haddad
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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