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ISBN : 9782848761794
Éditeur : Philippe Rey (01/01/2011)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :


F. Hal a ouvert un restaurant à Paris en 1984 et a recueilli auprès des cuisinières algériennes l’héritage culinaire de son pays.

Elle revient ici sur son enfance, marquée par l’absence de son père.

Elle évoque sa mère, Mansouria, sa tante, Yamina, chanteuse pour femmes et rend hommage aux dadas, anciennes esclaves dont certaines sont devenues de grandes cuisinières
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
simae
  16 mai 2011
Autant le dire tout de suite, ce livre est un très grand coup de coeur pour moi. Si le premier chapitre m'a un peu déroutée, le titre du 2ème m'a captée "Oujda", la ville d'origine de ma meilleure amie. Première accroche, je dévore les descriptions, les ambiances en pensant à elle.
Les 2 grandes "héroïnes" de ce livre sont les femmes et la cuisine.
La première partie retrace la vie de l'auteur, Fatéma Hal, lorsqu'elle est encore au Maroc. Elle raconte de façon non chronologique mais plutôt au gré de portraits des femmes de son enfance ou d'évènements / coutumes marocaines. Sa vie de petite fille a été difficile, avec très peu d'amour et beaucoup d'indifférence, jusqu'à fuguer pendant 3 jours sans que personne ne s'inquiète pour elle."Dans ma vie, j'ai très souvent eu l'impression de n'être qu'un mirage". Finalement sa mère ne lui a fait qu'un seul cadeau : son instruction, et un laisser passer : son mariage avec un homme d'origine marocaine mais né en France. Un mariage arrangé qui ne l'a pas rendue heureuse mais qui a eu le mérite de la faire venir en France.
La deuxième partie, sa vie en France, n'est pas beaucoup plus facile que la première. Mariée à 15 ans, elle s'ennuie et se retrouve très jeune mère de 3 enfants. Elle a finalement l'opportunité de s'inscrire à l'université de Vincennes, en ethnologie. Dans les années 70, cette fac était le haut lieu du militantisme! Les décalages avec sa vie et son pays sont énormes. Les jeunes français qui n'ont jamais manqué de rien font les rebelles et veulent vivre comme les pauvres. "Chez nous, on apprend à dire oui à tout, et ici ils ne savent que dire non!". Décalage également entre sa vie d'étudiante et celle après les cours de femme mariée avec 3 enfants.
Fatéma Hal est avant tout une ethnologue "féministe". Elle a occupé plusieurs emplois en lien avec l'intégration des femmes marocaines en France. Cette "face" de sa personnalité enrichi son récit, lui donne une crédibilité.
Et la cuisine alors? Elle est présente partout ! Je préfère vous prévenir, en plongeant dans ce livre, vos papilles vont vous titiller et vos narines se dilater! Vous aurez l'eau à la bouche car l'écriture de Fatéma Hal illumine vos sens des mille et une couleurs et senteurs de la cuisine marocaine. Un vrai délice!
La cuisine est, pour elle, le vrai pouvoir des femmes "Car cuisiner est avant tout un acte d'amour et un langage que les femmes ont développer par delà les âges pour exprimer leurs sentiments. Dans ce domaine, elles ont le pouvoir absolu. Je ne suis pas devenue cuisinière par hasard...".
La cuisine elle va en faire son métier et malgré de belles connaissances, de gens souvent haut placés, cela représentera encore un vrai défi et une longue période où les fins de mois furent difficiles.
Sa vie a toujours été semée d'embuches mais sa volonté, sa force et son courage l'ont portée pour arriver à son but. Ces valeurs, elle souhaite les transmettre pour que toutes les femmes du monde arabe sachent que l'on peut y arriver à force de volonté. Elle a terminé son livre aux débuts des mouvements qui ont soulevé les pays arabes et elle "remarque une chose : les femmes sont partout présentes. Alors que l'on ne cesse de dénoncer l'infériorité de la femme dans le monde arabe, les images montrent au contraire qu'elles luttent en première ligne pour rétablir la dignité du peuple."
Je l'avais bien dit : un vrai coup de coeur entre conte des mille et une nuits et véritable poème. Les mots arabes font chanter ce livre au rythme des youyous...
Reste plus qu'à programmer un déjeuner au Mansouria lors d'un prochain passage à Paris!
Je pense que je vais beaucoup offrir ce livre accompagné de l'un des livres de recettes de Fatéma Hal, car c'est un supplice de le lire sans déguster un bon couscous!
Et plein de pensées pour ma très chère Zakïa...
Merci à Babelio et aux éditions Philippe Rey pour ce partenariat
Lien : http://lebacalivres.blogspot..
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philip-paul
  10 mai 2011
concours àvousdelire2011
Madame,
Ceci est très certainement la mille et unième lettre que vous recevrez.
Mais après vous avoir lue, et respirant encore vos parfums, je mise que le hasard vous fera lire ces quelques lignes. Comme il a parfois accompagné votre intarissable soif.
J'ai sincèrement été séduit par ce qui vous anime et qui échappe bien souvent à l'espèce humaine : l'attachement aux valeurs humaines.
Avec humilité et détermination, vous donnez une leçon de vie, simple, évidente, et criez l'existence du lien que bâtissent les femmes sur cette terre.
"Tout ce qui est grand se fait dans l'ombre", mais il serait temps, après tant de progrès, que toutes les femmes apparaissent en pleine lumière.
Vous militez pour cette évidence.
Au-delà de vos qualités de cuisinière, il doit être plaisant de manger chez vous en sachant tout cela. Qu'il y a un fil qui relie les êtres. Que nous sommes tous différents et tous pareils à la fois. Que nous sommes animés par les mêmes regards. Que l'amour est ce qui survit ou qui fabrique nos empreintes. Que tomber n'est rien quand on se relève.
Ah oui... qu'il doit être délicieux de manger chez vous.
Philip
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Lesptitschats
  02 septembre 2014
Bilan mitigé!
Question écriture, ce livre est d'un style très abordable, fluide et qui se laisse apprécier très facilement.
Le message général de ce livre est appréciable, la reconnaissance de la femme orientale, dans son talent et son entité à part entière.
Cependant, cela vient peut être du style autobiographique que je n'apprécie pas particulièrement, mais au delà de la réussite incroyable de Fatéma Hal qu'il faut lui reconnaitre, j'ai trouvé ce livre très nombriliste.
Par moment, je trouve qu'il ressemble à un catalogue de grandes personnalités qu'elle a rencontré, qu'il l'ont soutenus, l'ont aidé à faire naitre et entretenir ses projets de restaurants et de partage de la cuisine. Cela m'a un peu agacé, je suis peut être trop critique mais je trouve que le message de ce livre est assez beau et fort pour ne pas avoir besoin d'apparats.
Donc en résumé un très beau message de fond, un beau parcours, mais beaucoup trop de clinquants pour moi! Dommage.
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cleomine
  05 juin 2013
Fatéma Hal nous fait voyager entre le Maroc et la France, entre son enfance et l'âge adulte, celui des choix, des souffrances mais aussi des réussites. Petite fille un peu transparente pour son entourage, elle raconte sa mère, toujours distante, sa tante, chanteuse pour femmes, ainsi que les voisines et connaissances qui ont fait partie de son entourage. Avec un esprit observateur et beaucoup d'humour malgré des situations souvent difficiles, elle dépeint les conditions de vie des femmes des années soixante. Puis vient son départ pour la France, un mariage qui bat de l'aile pour cette femme qui découvre la soif d'apprendre et de s'ouvrir aux autres, avec toujours à l'esprit son amour de la cuisine. Avec une grande détermination et un courage à peine ébranlé par les obstacles qui se dressent, elle ouvre son premier restaurant… (Vous pourrez d'ailleurs réveiller vos papilles avec son Livre du couscous et ses Douceurs marocaines !)
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philip-paul
  09 mai 2011
Le parcours d'une vie qui n'était pas gagnant d'avance.
La vie de Fatéma Hal est singulier. Elle nous la raconte avec beaucoup de sincérité et de vérité. Profondément attachée à la liberté et à la condition de la femme, ces pages sont un vrai bonheur. Pourtant, il y a des tragédies, des amours qui naissent et finissent, des unions forcées et bien d'autres difficultés traversées. Avec beaucoup d'humanité, Madame Hal nous dépeint quelques pans de la société marocaine et de sa culture. Puis de Paris, il est question, et de sa joie et de sa fierté d'y "exister".
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Patricia_bsPatricia_bs   04 juillet 2011
Mais voilà que Batoule avait décidé de retrouver sa dignité. rien ni personne ne pourrait l'en empêcher. (..)
Elle poursuivit son chemin jusqu'au marchand d'herbes. Elle tendit la main vers une botte de menthe sauvage terminée par de jolies fleurs, en écrasa une entre ses doigts afin d'évaluer le parfum. Satisfaite, elle vérifia ensuite le brillant des feuilles de coriandre et frôla légèrement la sauge sauvage dont l'arôme discret dissimule son goût puissant. Pour le persil, elle écarta trois bottes fanées et prit celles du dessous, plus fraîches. (...)
Au Maroc, le thé vert n'a qu'une seule compagne, la menthe, dont les larges feuilles libèrent leur parfum enivrant. Mais l'hiver, lorsque son arôme est moins puissant, le thé, ce goujat, la trompe avec l'absinthe et sa légètre amertume. (...)
Batoule salua le marchand et prit le chemin du retour. (...) Elle alluma le feu et se mit au travail. Très vite, un délicieux parfum emplit la pièce et s'échappa par la fenêtre entrouverte. La belle reprenait goût à la vie. Piètres cuisinières, ses voisines identifièrent néanmoin s les différents ingrédients : ail écrasé, coriandre, cumin, poivrons grillés.
Le lendemain, elle fit mijoter un succulent tagine d'agneau aux cardons. Le surlendemain, elle prépara un couscous madfoun, celui qui cache volontairement son jeu... J'adore ce couscous, où tout est dissimulé aux regards. Dans sa cuisine, Batoule se comportait comme ces femmes qui entrent en transe au son d'une musique entraînante et défient la loi des hommes. Elle affolait les sens de voisins, qui la regardaient porter ses petits plats aux pauvres groupés devant la mosquée. Son talent pour filtrer l'eau de rose értait exceptionnel et sa façon de griller les noix ravissait les papilles. Son smen était une merveille et ses dattes farcies aux amandes tout simplement sublimes. Une autre fois, elle brisa le tabou suprême en réalisant elle même la recette du bouillon de l'accouchée, d'ordinaire réservé aux femmes qui viennent d'enfanter. Stérile, Batoule savait qu'elle ne connaîtrait jamais ce bonheur, mais elle prenait sa revanche en réussissant le plus savoureux des bouillon. Batoule était comme ça, et j'admirais sa détermination à ne pas accepter son sort. La répudiation condamnait à une vie difficile. En se révoltant, Batoule avait repris sa liberté.
(...) "... lorsque ce fils de sorcière m'a répudiée, j'ai d'abord cru que le sol allait s'ouvrir sous mes pieds. Puis j'ai pensé faire une folie : sortir nue dans la rue pour l'humilier, le tuer de mes propres mains ou bien me jeter dans l'oued... Je voulais crier mon malheur au monde entier. Finalement, j'ai préféré m'enfermer dans la cuisine pour préparer tous les plats qu'il aime et ceux qu'il ne connaît pas. Chaque fois, devant ces plats délicieux, je me dis qu'il peut bien se remarier s'il veut, il ne les goûtera jamais plus et même jamais tout court!"
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simaesimae   16 mai 2011
Je remarque une chose : les femmes sont partout présentes. Alors que l'on ne cesse de dénoncer l'infériorité de la femme dans le monde arabe, les images montrent au contraire qu'elles luttent en première ligne pour rétablir la dignité du peuple.
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simaesimae   16 mai 2011
Car cuisiner est avant tout un acte d'amour et un langage que les femmes ont développer par delà les âges pour exprimer leurs sentiments. Dans ce domaine, elles ont le pouvoir absolu. Je ne suis pas devenue cuisinière par hasard...
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simaesimae   16 mai 2011
Le temps c'est comme un pur-sang arabe. On le chevauche ou on subit sa fougue. Moi je préfère la première solution!
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simaesimae   16 mai 2011
Dans ma vie, j'ai très souvent eu l'impression de n'être qu'un mirage.
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Fatema HAL (écrivaine et propriétaire de restaurant , Paris)
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