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EAN : 9782764646199
Boréal (01/02/2020)
3.67/5   33 notes
Résumé :
Avril 1843, sur la digue de Saint-Louis, John James Audubon, le célèbre naturaliste, s’embarque pour ce qui sera sa dernière expédition. Son but est de capturer le plus grand nombre de spécimens possible pour les immortaliser dans le livre sur les quadrupèdes vivipares d’Amérique auquel il travaille. Lui qui est né Jean-Jacques Audubon à Saint-Domingue et qui a grandi en Bretagne se sent chez lui à bord de l’Omega, qui se fraie un chemin sur les eaux boueuses de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fasciné depuis l'enfance par les planches des ouvrages animaliers anciens, l'auteur a décidé de retracer la dernière expédition du grand naturaliste franco-américain Jean-Jacques Audubon : parti de Saint-Louis en 1843 avec pour guide le célèbre trappeur québécois Etienne Provost, le peintre ornithologue s'était lancé dans deux mille kilomètres de remontée du Missouri en bateau à aube, jusqu'à Fort Union qui, pendant quelques mois, lui servit de camp de base pour une gigantesque partie de chasse aux allures de massacre. Cent-soixante-quinze ans plus tard, alors qu'il nous relate cette aventure survenue dans des espaces alors encore préservés, Louis Hamelin entreprend lui aussi, mais en avion, le voyage jusque dans le haut Missouri : si les derricks de l'exploitation du pétrole de schiste ont remplacé les bisons, c'est toujours la même gloutonnerie humaine qui continue à dévaster ces terres…


L'aventure est au rendez-vous de ce récit, puisque remonter le Missouri à l'époque n'est pas une sinécure et qu'avec tous ses dangers, c'est une terre quasi inconnue qui s'ouvre aux visiteurs non-Amérindiens. L'Histoire que nous relate avec authenticité Louis Hamelin ne prête toutefois guère à rêver, car qui dit naturaliste au XIXe siècle ne doit pas penser ami de la faune et de son habitat, mais plutôt touriste bâfreur lâché sur le buffet des desserts : tout ce petit monde débarque en ce qui ressemble à une terre d'Eden tant les espèces y pullulent, pour y faire main basse et tuer sans vergogne, dans un répugnant carnage le plus souvent gratuit :
"Et les coups de feu qui visaient tous ces oiseaux étaient encore plus nombreux. Presque constamment environné d'un essaim de balles et de petits plombs, le vapeur était une forteresse flottante assiégée par la vie sauvage, pareille à un gros ruminant s'avançant sur le fleuve au milieu d'un nuage de moustiques. le capitaine Sire avait raison : on se serait cru à Fort Alamo."
Nul n'a alors en tête qu'aucun puits n'est sans fond et qu'à force de jouer à la nuée de sauterelles, plus grand chose ne subsistera bientôt, ni des lieux - mises à part quelques zones protégées -, ni de leurs populations autochtones, hommes ou bêtes.


"Tout le monde connaît le fameux proverbe navajo, peut-être apocryphe, qui dit que nos actes doivent être évalués à l'aune des sept prochaines générations. Ça correspondait à peu près au temps écoulé depuis la dernière expédition d'Audubon. le legs de sa génération, je l'avais sous les yeux."
Le constat est aussi amer qu'à frémir pour l'auteur qui revient sur les lieux moins de deux siècles plus tard : la grande prairie d'Audubon n'est plus qu'un lointain souvenir, remplacé par un décor d'enfer né de l'exploitation des schistes bitumeux. Pourtant désormais conscient des désastres et des destructions déjà irréversiblement commis, l'homme poursuit en connaissance de cause son grignotage de termite à l'encontre de la planète, gageant l'environnement et l'avenir de sa propre espèce contre une poignée de dollars, comme Faust avait vendu son âme au diable.


Epoustouflant récit d'une aventure historique qui fit partie de la conquête de l'Ouest américain, ce livre doux-amer, qui vient superbement rejoindre les rangs du nature-writing, est aussi une saisissante mise en perspective des radicaux impacts environnementaux de la cupidité humaine. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Un roman biographique qui raconte une expédition de John James Audubon, un naturaliste réputé du 19e siècle avec en parallèle, l'odyssée de l'auteur qui écrit l'histoire.

Si vous ne connaissez pas Audubon, jetez un coup d'oeil sur https://www.audubon.org/birds-of-america. Audubon est célèbre pour avoir dessiné et répertorié les oiseaux de l'Amérique du Nord et une « Société Audubon » continue de nos jours à publier des guides d'observation des créatures ailées.

Audubon n'a pas hésité à s'enfoncer dans l'Ouest, du Missouri aux confins de la rivière Yellowstone, pour recueillir des spécimens. C'était avant l'appareil photo, ses oeuvres reposaient sur l'observation et sur la reconstitution des scènes. Il capturait un oiseau et tentait de donner une forme naturelle à l'aide de fils de fer, pour pouvoir le dessiner avec précision.

Lorsqu'on voit les magnifiques dessins d'Audubon, on pense à un amoureux de la nature, un écologiste avant l'heure. S'il aimait vivre et observer la nature, son comportement était loin de l'équilibre écologique. Pour dessiner les animaux, il avait avec lui une équipe de chasseurs qui tiraient sur tout ce qui bouge. Des cadavres de centaines de bisons pouvaient ainsi pourrir dans la prairie.

Et Audubon n'était pas le seul naturaliste chasseur. Plus une bête était rare, plus les naturalistes et les amateurs tenaient à l'ajouter à leur collection. Ils tuaient ainsi des dizaines spécimens d'espèces en danger, contribuant à leur extinction.

Pour écrire l'histoire, l'auteur raconte aussi comment il est allé aux États-Unis, tentant de retrouver les lieux traversés pas Audubon. Il a constaté que la région était devenue un champ pétrolifère…

Un roman qui mentionne beaucoup d'oiseaux, des listes de noms et des descriptions, il faut être amateur pour vraiment apprécier.
C'est aussi un roman instructif qui expose un pan de l'histoire américaine et montre l'évolution des mentalités face à la nature et à l'écologie.

(Et pour ajouter une note personnelle, je me souviens d'avoir visité le Jardin des plantes avec ma fille, mais devant la grande Galerie de l'évolution, elle m'a dit « Maman, je n'aime pas ça. Les animaux, là, ils ont tous été tués. ». Pour elle, c'était comme un grand cimetière, ça lui donnait envie de pleurer…)
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« (…) plus d'un an auparavant, j'avais commencé à écrire cette histoire comme on s'avance sur un pont branlant jeté par-dessus un précipice de cent soixante-quinze années et de deux mille six cents kilomètres. » Après Gilles Havard qui retraçait le parcours des coureurs des bois francophones dans L'Amérique fantôme, Louis Hamelin a choisi de revivre le périple effectué vers le Haut-Missouri par John James Audubon, naturaliste et peintre animalier, en avril 1843. En partance de St. Louis, Missouri, le vapeur Omega transporte son lot de voyageurs et de chasseurs, dont la petite équipe d'Audubon, à laquelle s'est greffé le guide chevronné Étienne Provost, un « canayen » connaissant les langues amérindiennes et le territoire des plaines de l'Ouest.
Je m'attendais à retrouver dans ce récit des pages d'herborisation champêtre, mais c'est plutôt un carnage qui s'est déroulé sous mes yeux. Les coups de feu enterrent le chant des oiseaux, les tirs au canon provenant du navire ébranlent les oreilles des peuplades des rives du fleuve Missouri et les gueulades des chasseurs ivres font fuir les animaux. Ces hommes blancs ne passent pas inaperçus. « Presque constamment environné d'un essaim de balles et de petits plombs, le vapeur était une forteresse flottante assiégée par la vie sauvage, pareille à un gros ruminant s'avançant sur le fleuve au milieu d'un nuage de moustiques. »
Louis Hamelin ressuscite avec brio l'époque où se déroulaient ces voyages exploratoires entrepris dans un but scientifique. Il entremêle aussi, dans les traces d'Audubon et de ses tâtonnantes découvertes animalières, ses réflexions sur sa démarche d'écrivain ainsi que ses tristes constatations sur la disparition des espèces dans un XXIe siècle aux prises avec de bouleversants changements climatiques. Un autre très bel ouvrage qui pose un regard critique sur les déprédations humaines envers la nature.
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Comme j𠆚i aimé ce livre. Aimé? le mot est faible. J𠆚i adoré.
Le roman tourne autour de l𠆞xpédition de 1843 du célèbre naturaliste John James Audubon, qui cherche à compléter sa collection de quadrupèdes vivipares pour son prochain livre. Audubon descend le Mississipi sur un grand bateau à aube de l’époque, puis la Yellowstone accompagné du célèbre trappeur canadien Étienne Provost. C𠆞st un livre envoûtant, qui me hante encore après 24h. ... la plume de Hamelin nous convie au spectacle d’une nature extraordinaire, riche, au cœur d’un territoire mythique qu𠆞st l’ouest américain, où l’on assiste impuissants au carnage que nous connaissons aujourd’hui: massacre des bisons, destruction des habitats, agonie des peuples autochtones, avec en filigrane Audubon, qui justifie ces carnages en prétextant l𠆚vancement des sciences naturelles. le pire c𠆞st que ce sera le cas! Les livres d𠆚udubon auront grandement contribué aux connaissances de l’époque.
En parallèle nous suivons l𠆚uteur, qui reconstitue le fil des événements et ira jusqu’à tenter de suivre la trace d𠆚udubon jusqu’à Yellowstone.
Brillamment écrit, il s𠆚git certainement d’un grand coup de cœur pour moi, et j𠆚ttend avec impatience les deux autres livres sur le même thème qui devraient suivre.

Il est vrai que la plume est littéraire, pour certains c𠆞st plus ardu à lire. Mais pour tout amateur d’histoire, de nature, et de roman bien construit, c𠆞st un must. Un grand roman !
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Que voilà un parcours intéressant, le périple de John James (Jean-Jacques) Audubon, l'auteur des magnifiques planches des Oiseaux d'Amérique, sur le Missouri et le Yellowstone, en territoire indien, en dessinant tout du long des espèces sauvages. Audubon, vieillissant, s'aventure en 1843, dans cette contrée mythique, accompagné du trappeur Étienne Provost dans l'espoir de garnir ses cahiers de dessins de quadrupèdes particuliers et d'oiseaux remarquables. Cela se fait dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles. S'ils traversent des territoires indiens peu explorés, Audubon, son équipe, Provost et les chasseurs métis qui les accompagnent sont à l'affut des troupeaux de bisons. Les règles respectées dans une expédition naturaliste de l'époque sont à des années-lumière de celles d'aujourd'hui. le contexte est plutôt celui d'un prédateur en chasse, ce qui anticipe le massacre qui suivra. Beau paradoxe. Mais, cela est magnifiquement raconté par un auteur qui, lui-même ornithologue, manifeste du respect devant le chant d'un oiseau et les lithographies réalisées par Audubon.

D'ailleurs, on accompagne également le narrateur dans sa démarche, ses souvenirs et sa visite des mêmes terres maintenant parsemées de puits de pétrole, la destruction se poursuit. Les crépuscules de la Yellowstone est un roman à nul autre pareil. L'auteur le qualifie de western écologique, c'est aussi un regard sur l'histoire du fait français en Amérique.
Lien : https://rivesderives.blogspo..
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec
22 juin 2020
Il en faut du souffle pour remonter le Missouri en ce milieu du 19e siècle. Mais le célèbre naturaliste Audubon n’en manque pas, tout comme Louis Hamelin, qui signe un époustouflant récit de cette expédition.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Le monde compte aujourd’hui trois milliards d’oiseaux de moins qu’en 1970. Les populations de la plupart des espèces insectivores sont actuellement en chute libre. Celles des granivores incapables de s’adapter à nos immenses monocultures de maïs engraissées et déparasitées à coups de doses massives de produits chimiques le sont aussi.
D’après une estimation minimale, soixante-seize espèces de mammifères ont disparu depuis la fin du Moyen Âge. La Liste rouge établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature et mise à jour en 2018 établit que, toutes catégories confondues, vingt-six mille cent quatre-vingt-dix-sept espèces vivantes sont actuellement menacées d’extinction. La plupart des scientifiques s’entendent pour affirmer que la biosphère, vers le début de l’ère industrielle, est entrée dans une phase d’extinction massive, la cinquième depuis l’apparition de la vie sur terre, et la première à avoir pour cause principale l’activité humaine.
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Mon hôtel, le Best Western Plus, surgissait avec autant de grâce qu’un amoncellement de parpaings d’un océan d’asphalte composé de parkings engorgés de poids lourds – dont les omniprésents camions-citernes – et de pick-up – presque tous blancs, ainsi qu’il sied à des véhicules de fonction destinés à promener les logos des compagnies – à perte de vue, et de voies de communication trop larges pour pouvoir être appelées « rues », dont émergeaient, dans un indescriptible désordre, d’innombrables entrepôts de toutes tailles mêlés à des immeubles – commerces, bureaux, appartements neufs de trois pièces à deux mille huit cents dollars par mois – avec lesquels ils avaient tendance à se confondre pour donner cette dantesque bouillie architecturale comme spontanément dégueulée par quelque monstre arachnéen dépourvu de cerveau.
Et tout ça démesurément espacé, éclaté, fragmenté, isolé, aux antipodes d’une densité habitée, comme un univers en expansion où chaque bâtiment était une étoile lancée sur sa propre course centrifuge et séparée des autres par des abîmes de vide cosmique. (…)
Je ne désirais plus qu’une chose : me garer quelque part et courir aux abris. Et c’était peut-être l’idée, la raison d’être de cette mer de goudron où il fallait rouler, se stationner ou crever. Je ne me demandais pas comment les humains réussissaient à y vivre, mais bien : où est-ce qu’ils vivent, au juste ?
En cherchant mon chemin à travers ce tissu urbain qui rappelait le jeu de construction d’un enfant enragé, j’ai fait l’expérience de me déplacer dans un lieu que n’illuminait pas la moindre idée. Je n’arrivais pas à diriger mes yeux vers quelque chose qui ne fût pas artificiel et d’une agressive fonctionnalité. Les lampadaires dominaient dans une écrasante proportion la végétation survivante constituée de minces bandes de gazon, d’étiques rangées d’arbres et de buissons rarissimes. Mais ne pas renoncer à l’espoir de voir briller la faible flamme d’un atome de beauté au fond de la fourmilière, n’était-ce pas déjà un signe de folie ? Si on avait confié à une agence de pub la tâche d’afficher l’avidité nue à la face du monde entier, elle n’aurait pu faire mieux que Williston. À Las Vegas, il y a au moins le jeu, l’étincelle du pari. Ici, la misérable transhumance de la version hyper moderne des losers de Steinbeck n’est le terreau que de l’ordinaire fleur noire du désir étiolé : prêt usuraire, prostitution, psychotropes et flacons de pilules.
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Depuis que les technologies combinées de la fracturation hydraulique et du forage horizontal avaient fait du Bakken le nouveau Klondike des compagnies pétrolières, environ dix mille puits avaient été forés. La grande plaine où paissaient autrefois les bisons s’était couverte de derricks hochant leurs familières « têtes de chevaux » pour pomper un million deux cent mille barils par jour équivalant à 12,5 % de la production totale des États-Unis. (…)
Lui-même, qui pouvait avoir trente ans, était originaire de la vallée de la Cheat River en Virginie-Occidentale, région montagneuse dont ses ancêtres venus d’Irlande avaient coupé les immenses résineux à la hache et au godendard pour de prospères industriels new-yorkais au tournant du XXe siècle. Après avoir rasé la forêt, on avait éventré les montagnes, et les fils de ces bûcherons s’étaient retrouvés mineurs de charbon au pays des hillbillies. Leur petit-fils, qui me faisait la conversation pendant que la voix douce et feutrée d’une agente de bord nous intimait de nous préparer à l’atterrissage, étudiait dans l’Est pour obtenir, je le cite, un « bachelor of Science in Business » de Penn State Beaver. Endetté jusqu’au cou et suivant la voie tracée par ses aïeux, il venait participer au pillage d’une autre ressource naturelle pour rembourser mononcle Sam.
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N’avais-je pas eu tendance, ces dernières années, à me braquer de plus en plus, avec un zèle aussi jubilatoire que jouissif, contre tout ce qui m’apparaissait nouveau et menaçait, de ce fait, la pérennité du monde tel que je l’avais connu et dont une des moindres qualités n’était pas de m’avoir vu naître et grandir ? Réseaux sociaux, innovations technologiques, nouvelles revendications de minorités toujours plus minoritaires, indifférenciation sexuelle assumée jusqu’à la confusion des genres, cours de catéchèse LGBTQ+ à l’école et autres dérives politiques et tendances culturelles lourdes sur lesquelles la masse, dans sa quête désespérée d’individuation, fondait à la vitesse du faucon pèlerin en piqué s’apprêtant à frapper et plumer un autre pigeon : il est un fait que plus grand-chose ne trouve grâce à mes yeux.
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Il avait attrapé la piqûre et à la chasse suivante son sang se remettait à bouillir. Il comprit, non sans surprise, que tuer ces mastodontes puis abandonner la carcasse pratiquement intacte aux loups et aux corbeaux ne lui causait guère plus de problèmes de conscience que d’abattre un merle des montagnes.

(Boréal, p.331)
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Louis Hamelin, romancier, publie « Un lac le matin » (LE CULTUREL 2.0 avec Winston McQuade)
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