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Claudine Richetin (Traducteur)
EAN : 9782253114796
509 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (21/02/2007)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Evelyn a 25 ans. Un séjour imprévu dans sa belle-famille avec son mari et son fils de cinq ans tourne au cauchemar absolu.

Une créature surgie de son enfance l'entraîne alors dans un voyage hallucinant, sensuel et totalement imprévisible, vers les forêts primaires de l'Alaska.

Compagnon fantasmatique ou incarnation de Pan, le grand faune lui-même... Qui est le Dieu dans l'ombre ?


Une œuvre inclassable, dérangea... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  16 juillet 2019
Le nom de Megan Lindholm ne vous dit peut-être rien, mais vous avez sans doute déjà entendu parler de Robin Hobb, pseudonyme sous lequel l'autrice a publié ses oeuvres les plus célèbres, de « L'assassin royal » au « Soldat chamane » en passant par « Les aventuriers de la mer » ou « Les cités des anciens ». Si le grand public a eu des années pour se familiariser avec le volet estampillé « fantasy » de la production de l'autrice, ses écrits relevant du fantastique sont, eux, bien moins connus. Et c'est bien dommage, car si les romans de Robin Hobb sont effectivement incontournables, ceux signés Megan Lindholm sont également d'une excellente qualité. En témoigne « Le dieu dans l'ombre », ouvrage déjà publié en France au début des années 2000 et dont les éditions ActuSF propose cet été une nouvelle édition. le récit met en scène une jeune femme du nom d'Evelyn qui a accepté de rester habiter quelques mois chez ses beaux-parents afin que son mari puisse les dépanner sur l'exploitation familiale. le problème, c'est que notre héroïne n'est pas du tout à son aise dans ce nouvel environnement. le cadre, d'abord, n'a rien à voir avec les forêts et paysages de son Alaska natal dans lequel elle, son époux et leur petit garçon avaient jusque là élu domicile. Et puis il y a sa belle-famille, charmante au premier abord, mais dont les membres se révèlent très vite habiles manipulateurs et ne cessent de la mettre de côté sans avoir l'air d'y toucher. Enfin, il y a le nouveau mode de vie qu'on lui impose et qu'elle a de plus en plus de mal à supporter : son quotidien se résume en effet à une succession de tâches ménagères pour lesquelles elle n'a aucun goût (et, si on en croit les petites pics de sa belle-mère, manifestement aucun talent), tandis que son mari semble peu à peu se détacher d'elle. Son seul bonheur réside dans le plaisir coupable qu'elle prend à s'aventurer seule dans les bois alentours et à renouer avec un personnage de son enfance, un faune qu'on croirait tout droit sorti d'un mythe antique et qu'elle a baptisé Pan. Seulement ces deux facettes radicalement différentes de son quotidien ne vont pas tarder à entrer en conflit…
Si j'ai pour ma part été très sensible au charme dégagé par ce roman, il faut reconnaître que certains points du récit risquent de ne pas plaire à tout le monde. Premier obstacle : le rythme. Les cent premières pages sont un peu longuettes, l'auteur perdant un peu trop de temps à détailler les souvenirs d'enfance de son héroïne quand quelques flash-back auraient suffi à poser le décor. de même, la litanie des épreuves endurées par la jeune femme aux côtés de sa belle-famille aurait pu être élaguée : on comprend que le shopping, ce n'est pas son truc, que le ménage la soûle et que l'élégance naturelle de sa belle-soeur et de sa belle-mère la mette mal à l'aise, mais le personnage en rajoute des tonnes et semble se complaire dans son malheur. A force de rabâcher son mécontentement, la jeune femme donne ainsi dans un premier temps l'image d'une chouineuse qui passe son temps à s'apitoyer sur son sort et à se victimiser (si certains parmi vous avaient déjà relevé ce trait de caractère chez Fitz et en avaient été agacés, vous risquez de trouver le personnage d'Evelyn encore plus horripilant). Heureusement, une fois le décor et les personnages posés, le roman comme l'héroïne évoluent de manière positive et se font de plus en plus intrigants. Ne vous attendez pas cela dit à de l'action et des rebondissements à tout va : fidèle à son habitude, l'autrice passe énormément de temps à nous dépeindre le quotidien de ses personnages ainsi que leurs tourments intérieurs (le roman se rapproche par cet aspect à ce qu'a pu faire récemment Jo Walton dans « Pierre-de-vie », par exemple). On pourrait être tenté de trouver cela barbant, d'autant que, mis à part ses rencontres avec Pan, le quotidien de l'héroïne n'a rien de trépident, et pourtant on est littéralement captivé par le combat que mène cette femme pour ne pas perdre pied et ne pas se voir arracher son mari et son petit garçon. Si les rebondissements ne sont certes pas très nombreux, les rares qui viennent troubler la vie du personnage sont suffisamment surprenants et bouleversants pour contenter le lecteur et relancer l'intrigue dans une direction inattendue.
Si on en vient à lire ce roman de « domestic-fantastique » presque comme un thriller, c'est avant tout en raison du lien profond que l'autrice parvient à tisser entre son héroïne et le lecteur. Une fois l'agacement provoqué par les atermoiements initiaux du personnage passé, on se prend rapidement d'affection pour cette jeune femme complètement en décalage avec ce que la société attend d'elle mais qui lutte et qui souffre, sous la pression de son entourage, pour tenter de s'y conformer. Être une épouse soumise et une mère parfaite, toujours chercher le consensus, prendre soin de la maison (et aimer ça !), ne pas chercher à imposer sa volonté… : autant de choses qu'on attend d'elle et auxquelles elle tente de se plier, mais avec constamment le sentiment d'échouer. C'est avant tout le récit d'une libération que nous relate ici l'autrice et, en dépit de son indépendance et de ses capacités, notre héroïne a bien du mal à trouver la force de s'émanciper. C'est en cela que le personnage est attachant, et c'est parce qu'elle doit à ce point se faire violence pour simplement parvenir à s'affirmer en tant qu'individu que le lecteur se sent à ce point investi dans son combat. Il faut dire aussi que, si l'autrice a toujours été douée pour mettre en scène des héros attachants, elle n'a pas non plus son pareil pour créer des personnages odieux au possible. La belle-famille d'Eveyn correspond tout à fait à cette définition, et on est alors tellement en phase avec l'héroïne que chaque remarque déplacée, chaque manipulation ou chaque mensonge exposé est vécu comme une véritable claque. Tom, son mari, est particulièrement horripilant en raison de sa lâcheté et a le don d'éveiller chez le lecteur une froide colère, preuve de l'intensité du lien créé entre celui-ci et l'héroïne.
L'élément surnaturel du roman pourrait dans un premier temps paraître totalement anecdotique tant la première partie se concentre sur les déboires intimes du personnage, et pourtant la présence de ce faune prend tout son sens au fur et à mesure du récit. Loin de susciter le malaise, l'ambiguïté de la nature de Pan ajoute au contraire au charme et à la complexité de la relation qui se noue progressivement entre l'humaine et le faune. Il est d'ailleurs surprenant de constater la facilité avec laquelle on s'attache à ce personnage compte tenu du peu d'informations que nous fournit l'autrice à son sujet. le contraste entre la petite vie bien rangée de la fermette familiale et la liberté et la sauvagerie de la forêt constitue l'un des plus beaux tour de force de ce roman qui nous livre, en plus de l'histoire d'une libération, une très belle ode à la nature. de la même manière que l'autrice parvient à nous captiver tout en nous faisant pourtant clairement ressentir le caractère fastidieux des journées passées à la ferme par l'héroïne, la description des excursions de celle-ci au coeur de la forêt est absolument passionnante. L'enthousiasme du personnage est contagieux et permet au lecteur de se familiariser de manière ludique avec la faune et la flore locale, tout en gardant toujours en tête le côté insaisissable et intraitable de cette nature. Ainsi, si les incursions de la jeune femme dans la forêt sont vécues comme de véritables bouffées d'air frais dans la première partie du roman, la seconde met d'avantage l'accent sur le caractère résolument hostile et inaccessible de ce décor pour les humains, et ce quelque soit l'amour qu'on lui porte. La dernière partie du roman comporte quelques longueurs, qu'on pardonne cela dit bien vite tant on est réticent à quitter non seulement les personnages mais aussi ce décor forestier remarquablement dépeint. Douce amère, la conclusion convient tout à fait à l'ambiance du récit et nous fait refermer l'ouvrage sur une note mélancolique, mais aussi et surtout avec la satisfaction d'avoir participé à un très beau conte.
Avec « Le dieu dans l'ombre », Megan Lindholm / Robin Hobb démontre qu'elle est aussi à l'aise pour écrire du fantastique que de la fantasy. Si le roman n'est pas exempt de défauts et court le risque de perdre certains lecteurs en raison de l'apparente passivité de son héroïne ou de la lenteur du rythme, il serait pourtant dommage de passer à côté de ce récit qu'on est tenté d'apparenter à une parenthèse enchantée et qui nous livre un beau portrait de femme, d'amante et de mère. Une excellente découverte.
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Aelinel
  29 juin 2019
Ne soyez pas surpris que ce roman le dieu dans l'ombre, paru pour la première fois aux Etats-Unis en 1991, porte le nom de Megan Lindholm car c'était sous ce pseudonyme que Margaret Astrid Lindholm Ogden de son vrai nom signait encore ses romans dans les années 80-90 avant d'utiliser son pseudonyme plus connu de Robin Hobb.
Lorsque les éditions ActuSF (que je remercie au passage) m'ont proposée ce roman en Service Presse, je n'ai pas hésité longtemps saisissant là l'opportunité de découvrir enfin la plume de l'auteure. En effet, il y a quinze ans, un ami avait eu un énorme coup de coeur pour la saga de L'assassin royal et me l'avait recommandée. Les années ont passé sans que je me penche sur son écriture. Aujourd'hui, c'est enfin chose faite!
Evelyn a grandi en Alaska dans les année 60 et rien n'est plus précieux à ses yeux que sa vie dans sa maison rustique proche de la nature et des forêts, de son travail qui lui procure une indépendance financière et de sa famille qu'elle chérit tant, son mari Tom et son fils de cinq ans. Un jour, sa belle-famille réclame leur présence aux Etats-Unis après un accident : Tom doit alors prendre la suite de son beau-frère pendant quelques temps afin que l'entreprise familiale continue à prospérer. Si Evelyn est au début accueillie chaleureusement par sa belle-famille, les choses se dégradent peu à peu par la suite. La jeune femme ne se sent pas à son aise : assignée à des tâches ménagères, constamment jugée, elle souhaite vivement son retour en Alaska. Mais, le séjour qui au départ ne devait durer qu'un mois s'éternise. Evelyn est au bord du désespoir lorsque survient de manière inopinée une créature issue des tréfonds de son enfance…
Si j'ai pu lire à de nombreuses reprises que les avis étaient relativement tranchés sur ce roman (en gros, soit on aime, soit on déteste), pour ma part, je reste relativement partagée. Parmi les points positifs, j'ai beaucoup apprécié l'écriture fluide et immersive de l'auteure. Par exemple, elle donne de nombreux détails sur les promenades d'Evelyn en forêts notamment sur la faune et la flore ce qui permet au lecteur de s'immerger dans le décor.
Robin Hobb a également très bien reconstitué les moeurs des années 70 au travers du statut social de la femme. Evelyn qui s'épanouissait en Alaska trouve un mode de vie qui ne lui convient guère aux Etats-Unis :
– alors qu'avant elle prenait ses décisions avec Tom, elle est désormais soumise à l'autorité de son mari et du patriarche de sa belle-famille.
– auparavant indépendante financièrement, elle a dû laisser le travail qu'elle appréciait pour s'occuper des tâches ménagères du foyer.
– son fils avec qui elle entretenait autrefois une relation fusionnelle s'éloigne d'elle, ébloui par les promesses du patriarche qui lui laisse miroiter l'achat d'un poney.
– le caractère indépendant et sauvage d'Evelyn ne convient pas à sa belle-famille qui la critique constamment.
En revanche, le personnage d'Evelyn m'a laissée perplexe de nombreuses fois. Sans nul doute, j'ai ressenti beaucoup d'empathie pour elle surtout au début du roman : moi-même, je n'aurais pas supporté d'être uniquement cantonnée à des tâches ménagères, les loisirs se résumant à des achats de vêtements dans des galeries commerciales ou à des lectures de romances. Mais par la suite, les réactions du personnage m'ont laissée pantoise : Evelyn est censée avoir un caractère sauvage et indomptable, le fait qu'elle se soumette aussi facilement à son mari même par amour m'a un peu surprise. Mais, c'est surtout celle qu'elle a eu suite au drame familial que je n'ai pas vraiment trouvé très crédible.
De plus, j'ai beaucoup apprécié le fait que Robin Hobb revisite le mythe du dieu des forêts, Pan. Elle reprend tous les éléments traditionnels sur le Faune, à savoir un dieu mi-homme, mi-bouc, poilu, jouant de la flûte, s'ébrouant gaiement dans la forêt et… lubrique! Si dans la mythologie, Pan avait pour habitude de ne pas laisser le choix aux nymphes et aux bergères qu'il poursuivait de ses assiduités, ce n'est pas le cas dans le dieu dans l'ombre, dans lequel, en aucun cas, il ne force Evelyn. Toutefois, les scènes d'amour sont un peu dérangeantes dans le sens où elles sont très détaillées et bestiales! Bref, cela ne plaira pas à tout le monde.
En conclusion, je ressors un peu mitigée de ma lecture. Si j'ai beaucoup apprécié le style d'écriture de Robin Hobb et la reconstitution des moeurs sociales des années 60 et 70, en revanche, la réaction de certains personnages ou certaines scènes m'ont un peu surprises. Toutefois, cela ne m'empêchera pas de découvrir d'autres romans de l'auteur et pourquoi pas m'atteler un jour à sa fameuse saga de L'assassin royal?
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LeslivresdeRose
  25 août 2019
Merci beaucoup à Jérôme et aux éditions ActuSf pour l'envoi de ce service presse !
Ce titre m'a fait de l'oeil quand je l'ai découvert dans le catalogue des éditions ActuSF, notamment au vu du nom de l'autrice dont j'ai déjà pu apprécier la plume avec l'Assassin Royal (une saga qu'il faudrait bien que je poursuive d'ailleurs !). L'idée de découvrir Robin Hobb dans un autre registre et à travers un titre plus ancien me plaisait bien ! Toutefois, au moment où je l'ai reçu, ce n'était plus le genre de lecture qui m'attirait ! J'avais besoin de légèreté (du Feel Good ou de la romance) et de romans addictifs (comme des thrillers ou de la littérature Young Adult). Je l'ai, de ce fait, mis de côté, préférant le savourer pleinement plus tard à un moment où j'en aurais à nouveau envie.
Et j'ai bien fait d'attendre ! En effet, début août, après avoir lu des ouvrages plus légers et « faciles », j'ai ressenti le besoin de lire un roman un peu plus complexe, plus lent, différent tout simplement ! le Dieu dans l'Ombre est alors apparu comme le titre idéal. le terme « complexe » ne lui rend peut-être pas vraiment justice (bien qu'il y ait une double lecture) mais clairement, il ne se dévore pas comme une romance ou un thriller. Au contraire, il faut prendre son temps pour le lire et goûter toutes les subtilités (de mon point de vue du moins).
Les dialogues ne sont pas légion dans ce récit. Sans être totalement absents, ils se font parfois rares au vu des nombreux passages plus narratifs ! Cette histoire, en général, a un côté très contemplatif, descriptif et introspectif. Nous suivons, en effet, Evelyne qui nous conte son histoire à la première personne du singulier. Outre nous rapporter les faits marquants de sa vie, elle nous décrit également les sensations qu'elle éprouve lors de ses escapades en forêt ou encore les réflexions et les débats qui l'agitent. C'est une enfant, une adolescente puis une jeune femme un peu à part, qui a du mal à trouver sa place dans le monde moderne, plus dans son élément au sein de la nature que parmi les hommes et leur Société. Suite à sa rencontre avec Tom, elle parvient à se créer une sorte d'équilibre mais celui-ci est plus fragile qu'elle ne le pense et ne va pas résister à sa confrontation avec l'implacable famille de son mari. Tout vole alors en éclat. Et Pan refait son apparition….
Pan est un personnage étrange, mi-homme mi-bouc, réel ou imaginaire ? Même Evelyne a du mal à faire la part des choses. Elle ne sait pas si la folie la guette ou si cet ami d'enfance existe réellement. Quand il revient dans sa vie c'est à la fois un réconfort et un tourment. Elle se sent en sécurité avec lui mais a également peur d'être mise à jour et que sa psychose ne s'étale aux yeux de tous. J'ai apprécié cette ambivalence, de ne pas savoir trancher une bonne partie du roman entre ce qui est issu de la réalité et du songe. Jusqu'à la fin, je trouve, la question reste, en un sens, entière même si la dernière partie du récit semble davantage pencher dans une direction que dans l'autre. Pan étant aussi la personnification de tous ses désirs enfouis.
Cette histoire est, en effet, coupée en trois partie, de mon point de vue. Dans la première, nous suivons parallèlement (lors de chapitres alternés) une Evelyne adulte, dans le présent, et une Evelyne enfant-adolescente, de ses 9-10 ans à ses années universitaires (bien que plus brièvement). Ensuite, dans un second temps, seule l'Evelyne adulte subsiste. La troisième partie prend place, selon moi, après un événement qui va changer la donne et faire prendre au récit un tout autre tournant. J'ai particulièrement apprécié la première et la deuxième partie, moins la dernière.
La vie d'Evelyne avec son mari et son fils, Teddy, avant l' « événement » m'a plu parce que, malgré une certaine lenteur, il y a une tension sous-jacente. Notre héroïne est confrontée à la famille de son mari avec laquelle elle a du mal à composer. Elle ne se sent pas intégrée, a l'impression d'être en décalage et rejetée, incomprise…Parallèlement, elle se reproche ce rejet, persuadée que c'est elle qui ne réagit pas bien, qui n'est pas une « bonne épouse ». de temps en temps, elle a un sursaut de fierté, une étincelle de rébellion qui lui fait dire que tout n'est peut-être pas sa faute mais sa peur de perdre son mari et son fils l'empêche d'aller au bout de ses idées. Bref, j'ai aimé voir l'évolution de ces relations complexes entre les personnages et j'avais hâte de savoir où tout cela allait mener. Plus d'une fois, j'ai eu envie de secouer Evelyne, de la forcer à taper du poing sur la table, à faire valoir son opinion (et de donner une bonne claque à son mari par la même occasion !). J'étais frustrée et énervée…. D'un autre côté, je ne pouvais que comprendre sa situation, sachant que le récit se déroule aux Etats-Unis, dans les années 70-80…Ce sont d'autres moeurs et d'autres mentalités et même si j'aurais préféré qu'elle se rebelle davantage, je comprenais ses angoisses et ses peurs. Se sentant à part et différente, elle pense « bêtement » que c'est elle qui est en tort, que c'est à elle de faire des efforts pour s'adapter.
Si j'ai apprécié ces questionnements, j'ai encore davantage gouté aux nombreuses descriptions sylvestres qui parsèment ce récit et sollicitent tous nos sens. Elles m'ont un peu rappelé celles que j'ai pu lire dans « Un bûcher sous la neige » ! L'héroïne nous partage tout ce qu'elle voit, touche, respire, entend, goûte,… : la rugosité de l'écorce, le léger roulis de l'eau dans la rivière, le chant des grenouilles, le bruissement des feuilles, l'odeur des primevères, la douceur de l'herbe,…Je me suis rapidement immergée dans cet univers bucolique et, grâce à lui et à la qualité de la plume de l'autrice, je me suis facilement plongée dans ce roman et identifiée à Evelyne. Sans être addictif, j'ai trouvé ma lecture très fluide. Les pages se tournaient sans peine et je n'ai jamais eu de sensation de longueurs ou de lenteurs excessives (malgré les choix narratifs de Megan Lindholm) ! L'ensemble fonctionne très bien selon moi et a réussi à me tenir en haleine jusqu'au bout !
En bref, un roman particulier qui ne plaira sans doute pas à tout le monde ! Une narration très contemplative et introspective avec une touche non négligeable (selon le moment du récit) de fantastique ! Je pense que si vous arrivez à vous attacher à Evelyne et si vous aimez les descriptions en lien avec la nature, vous dégusterez cette histoire et y trouverez votre compte ! Dans le cas contraire, vous aurez peut-être du mal à en voir le bout ! Pour ma part, j'ai été embarquée et je vous le recommande donc chaudement ! 😊

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Philemont
  01 janvier 2013
Evelyn est quelque peu asociale. Elle préfère vivre isolée dans les forêts d'Alaska plutôt que de s'adapter aux normes sociales imposées par les humains. Alors ce séjour chez ses beaux-parents est une épreuve qu'elle n'accepte que parce que Tom, son mari, et Teddy, sont fils, sont là. Mais l'épreuve se transforme néanmoins en cauchemar et Evelyn trouve une fois de plus refuge dans cette nature qu'elle aime tant, parmi la faune et la flore qui l'accompagnent depuis sa plus tendre enfance…
Le Dieu dans l'ombre est avant tout un roman d'ambiance. Il prend la forme d'un long monologue de la part d'une femme torturée entre deux univers dans lesquels elles ne peut pas s'insérer totalement : celui des humains parce qu'il n'est pas adapté à sa nature psychique, celui des forêts parce qu'il n'est pas adapté à sa nature physique. le personnage d'Evelyn est donc complexe même si ses mots semblent sortir de la bouche d'une femme simple qui nous raconte l'histoire de sa vie.
Une autre caractéristique narrative du roman est la structure choisie par l'auteur. Un large premier tiers du récit alterne des chapitres consacrés au présent, lors du séjour d'Evelyn chez ses beaux-parents, et des chapitres consacrés à son enfance, dans les forêts d'Alaska. Mais petit à petit les deux niveaux de lecture se rejoignent, pour aboutir au drame central, fortement ancré dans le présent, et à partir duquel toutes notions de temps et de lieu semblent disparaître. Et c'est bien parce que ni temps ni lieu n'ont désormais d'importance qu'Evelyn se reconstruit grâce à son ami-amant le faune qu'elle connaît depuis sa plus tendre enfance.
Le faune justement est l'unique créature qui rappelle au lecteur qu'il lit un roman de Fantasy. Il se fait en outre discret puisque seuls Evelyn et son fils semblent pouvoir le voir. Qui est-il ? D'où vient-il ? On ne sait pas trop, mais il est déjà l'emblème d'une ode à la différence, une allégorie de mère-nature. Il est tout simplement le Dieu dans l'ombre.
On aura compris que l'on a à faire ici à un roman éminemment original, tant dans son intrigue que dans sa manière de la traiter. Les lecteurs traditionnels du genre Fantasy pourraient donc bien être déroutés, et ce d'autant plus s'ils s'attendent à y trouver les prémices de L'assassin royal ou des Aventuriers de la mer. Il est d'ailleurs étonnant de remarquer que c'est lorsque le faune se fait plus présent, bien réel, donc en fin de roman, que l'écriture de Megan LINDHOLM perd quelque peu de sa force.
Le Dieu dans l'ombre n'en demeure pas moins un magnifique roman, et un émouvant portrait de femme, qui ne peut laisser indifférent tout lecteur avide d'originalité.
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Morgause
  18 octobre 2019
Le Dieu dans l'ombre a été à l'origine publié en 1991 sous le vrai nom de Robin Hobb, c'est-à-dire Megan Lindholm. Cette année, une nouvelle édition est sortie chez ActuSF, qui me l'a gentiment fait parvenir en SP. Ce roman fantastique a reçu un accueil enthousiaste et je me suis plongée dans sa lecture avec une intense curiosité tellement il diffère des livres que l'on connaît de l'autrice.

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Dans les années 1970, en Alaska, Evelyn mène une vie paisible avec son mari Tom et leur enfant Teddy, jusqu'à ce que Tom propose de partir un mois dans l'État de Washington pour aider à la ferme de son père. Ils quittent donc leur chalet proche de la nature pour une vaste entreprise familiale, celle des Potter, dans laquelle Evelyn ne se sent pas à son aise. Simple et réservée, elle a du mal à s'intégrer à sa belle-famille, qui la juge constamment. En décalage avec la mère et les soeurs de Tom, qui sont des femmes de la ville très apprêtées et de parfaites ménagères, Evelyn se sent perdue. Elle tente alors en vain de se transformer en épouse dévouée et complaisante, s'occupant de Teddy et de la petite maison prêtée par les Potter, pendant que Tom aide son père. Très vite, ce quotidien aliénant ravive des souvenirs, ceux de son enfance à Fairbanks, lorsqu'elle passait ses journées dans les bois, à chasser et jouer en compagnie d'un étrange individu : un faune, qui... à l'aube de son adolescence, a disparu. Mais l'ombre de Pan ne l'a jamais totalement quittée, et dans l'ennui de la ferme des Potter, elle ressurgit, et l'appelle à se libérer...

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Le Dieu dans l'ombre est un récit surprenant, intime et pénétrant. On retrouve la plume sensible de l'autrice de fantasy Robin Hobb, mais on découvre une facette davantage poétique, je dirais même "féminine", avec Megan Lindholm. En effet, le point de vue interne permet de dérouler toute la palette d'émotions et de pensées d'Evelyn, une jeune femme partagée entre son envie de liberté et celle d'être aimée, de rentrer dans le moule. Ayant peu confiance en elle, elle s'est laissée prendre par l'assurance d'un homme et la vie de mère de famille, rôle qu'elle n'a pas remis en question tant qu'elle ne quittait pas l'Alaska. Se pensant terne et bizarre, elle vit dans la gratitude qu'un homme tel que Tom - grand, beau, fort - puisse s'intéresser suffisamment à elle pour l'épouser et lui faire un enfant. On va voir au fur et à mesure du récit cette facette hésitante et soumise d'Evelyn évoluer, notamment grâce à son envie de liberté, et l'attrait de Pan, revenu dans sa vie...

La forêt, décor central du roman, est tantôt baignée de soleil, tantôt couverte de givre, tantôt silencieuse, tantôt bruissante de toutes les vies qui l'habitent ; elle se pare de toutes les couleurs des saisons, elle sent l'humus, la rosée, elle protège et nourrit ; cette forêt, qui parcourent tous les États-Unis, est un havre, mais aussi un terrain de transition : Evelyn y trouve à chaque fois refuge et se découvre, s'initie, c'est le lieu des vérités, celles que l'on cache quand on est civilisé, au sens propre du terme. Mais même si l'esprit d'Evelyn et le dieu Pan évoluent dans son ombre, tout dans ce roman est lumineux.

En plus d'être un roman initiatique, le Dieu dans l'ombre est un roman d'amour. de plusieurs amours précisément : l'amour propre et l'amour profond et désintéressé. En effet, Evelyn apprend à reconnaître sa propre valeur, à accepter qui elle est, c'est-à-dire une jeune femme sauvage qui préfère cueillir des champignons et chasser le lapin dans les bois plutôt qu'une pimpante épousée qui flâne dans les magasins ; quant à l'amour désintéressé, c'est Pan qui va le lui apprendre, en lui enseignant le lâcher prise et en l'aimant inconditionnellement. Mais aussi amour animal, amour hybride, amour maternel, toutes ces formes se présentent dans ce roman pour dresser un portrait de déesse d'Evelyn. Elle est la Déesse-Mère, l'amante et la mère, elle réconforte et nourrit, se soumet pour mieux prendre l'énergie.

Le roman se scinde en deux parties, qui sont à mettre en corrélation avec les deux hommes qui partagent la vie d'Evelyn : Tom et Pan. Tom est l'envers de Pan : c'est l'humain policé, qui refoule son animalité et n'accepte ni l'échec ni la mort, ne prend pas ses responsabilités. Pan est le dieu discret, mi-bouc mi-homme, il vit depuis des milliers d'années au fil des saisons et ne connaît que l'instant présent et ses désirs. C'est auprès de lui qu'Evelyn trouve consolation et réaffirme son appartenance au monde boisé et sauvage. Mais pour un temps, car on la quitte alors qu'elle retrouve son chalet en Alaska, en peine mais délivrée. Car la simplicité et les bras chauds de Pan ne signifient pas éternité ni bonheur, mais simplement vérité et confiance.

Enfin, je voudrais insister sur la côté mystique de ce long roman. Plonger dans cette lecture, c'est plonger dans une expérience sensorielle et spirituelle. Les chapitres se référant à l'enfance d'Evelyn enfoncent le lecteur dans l'incertitude : est-ce que la petite Evelyn rêve ? le faune existe-t-il vraiment ? Ami imaginaire devenu plus tard amant imaginaire ? le dernier tiers du livre soulève le voile, mais nous dépose à la porte du chalet d'Evelyn confus. Comme nous l'avons dit plus haut, la forêt permet l'initiation de la jeune femme aux secrets de Pan et de la nature. La construction du roman suit ce chemin : le réveil d'Evelyn à elle-même et à Pan l'emmène dans ces bois, elle marche jour après jour, remontant les États-Unis jusqu'au Canada, pour finir dans une grotte au sommet de montagnes, symbole par excellence de la fertilité et de la maturation. Lorsqu'il est temps d'en repartir, c'est le printemps, donc un nouveau cycle qui commence, et il est temps pour elle de revenir au monde, armée de nouvelles connaissances et expériences.

Il y aurait tant à dire sur le Dieu dans l'ombre ! Les pistes de réflexion que je propose ne sont que des esquisses et ne rendent pas hommage à la diversité des thèmes et interprétations de ce roman. J'ai pu lire ici et là qu'il s'agissait d'un roman féministe. Je ne lui donnerais pas ce qualificatif, car malgré tout, Evelyn se réalise à travers un pendant masculin, mais par contre, je le rapprocherais du féminin sacré, car la figure féminine y est traitée d'une manière mystique.

Pour conclure, pas de points négatifs à apporter à ce roman brillant, dont on ressort comme d'un rêve ou d'une longue balade en forêt.
Lien : https://mots-silencieux.blog..
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   12 novembre 2019
Cette réédition par ActuSF du roman fantastique de Robin Hobb, Le Dieu dans l'ombre est une excellente occasion de découvrir ce sublime texte. Cette histoire vous plonge dans le quotidien morne où Evelyn, qui a grandi dans les forêts sauvages de l'Alaska, étouffe. [...] Avec finesse et poésie, Robin Hobb nous offre ici un roman juste, sensuel et sombre.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   20 juin 2019
L’auteur nous entraîne donc hors des sentiers battus, avec une originalité peu commune, bien que l’on ne pourra la qualifier de rafraîchissante…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie   23 juillet 2011
J'atteins enfin le sommet du talus. Je regarde en arrière mais je ne peux ni voir ni entendre la rivière, tant la végétation est dense. Je suis à présent au milieu des cèdres, ces grands arbres odorants. Si jamais l'un d'eux tombe, si un arbre s'écrase dans l'humus de la forêt, d'autres surgiront de son tronc en rangs serrés. On les appelle les arbres pépinières. C'est la vie, me dis-je. Utilise ton corps pour vivre, ou quelqu'un d'autre en fera usage. Arbrisseaux, carpophores en console, champignons, fougères, mousses, ils recouvrent tous le géant abattu, se nourrissent de sa substance pourrissante.

Je me dis que c'est la meilleure solution. Ils ont injecté dans le corps de Teddy des quantités de produits chimiques et l'ont hermétiquement enfermé dans une boîte. Conserve d'enfant. Confiture de Teddy. Comme des pickles dans le vinaigre. Si jolis à regarder. Puis ils ont pris cette boîte, si soigneusement conçue pour être isolée du reste du monde, et l'ont descendue dans un trou pour l'enterrer. Je pense à son petit corps dans ses habits du dimanche, tout seul dans sa boîte, sous la terre noire. Combien de temps l'embaumement retarde-t-il la décomposition ? Combien de temps avant que ses sucs corporels, ou ce qu'il en reste, ne se mettent à agir sur sa chair, afin d'essayer de lui redonner son utilité nourricière originelle, son unicité universelle ? (...)

Un jour, Tom et moi avions évoqué la question, plutôt en manière de plaisanterie, et je lui avais dit de laisser tomber la cérémonie d'enterrement et de juste me glisser dans le compost au fond du jardin. Je ferais sûrement pousser de superbes tomates. C'était pour rire, mais aujourd'hui, j'en vois l'intérêt. Je m'imagine en train d'installer Teddy dans la chaude terre noire, enveloppé d'un linge, de le planter comme le bulbe d'une fleur extrêmement précieuse, de le recouvrir de terreau en le tapotant pour bien lui donner sa place. En fait ce serait mieux que cet égoisme humain qui consiste à enfermer hermétiquement les dépouilles, comme si empêcher le corps de réintégrer le cycle naturel allait en quelque sorte préserver une certaine essence d'humanité. En fait de préservation, ça me paraît au contraire un isolement très cruel.
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boudiccaboudicca   16 juillet 2019
Il y a encore en moi une étincelle de colère. Mon côté rancunier se demande : est-ce qu’il s’imagine que ça suffit ? Une journée de son précieux temps dans un été de routes poussiéreuses pleines d’ornières ? J’essaie de ne pas entendre la voix méchante. L’amour est patient, l’amour est généreux. L’amour ne connaît pas l’envie. Je me récite la litanie. Il supporte tout, croit tout, espère tout, résiste à tout. L’amour ou la bêtise, c’est l’un de ces deux-là. 
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juliemjuliem   11 octobre 2011
La viande qu'on achète au magasin, dans un plateau de carton emballé de plastique; la viande qui porte des étiquettes de prix, des indications nettes, c'est un aliment identifié comme faux-filet, rumsteck, ou tranche grasse. Aucun morceau ne porte l'étiquette :"Tranche d'épaule prélevée de nuit sur un gros animal mort dans un champ de neige". Rien qui puisse leur rappeler que l'animal a été dépouillé alors que la chair était encore chaude et que la vapeur s'élevait dans la nuit jusqu'aux étoiles gourmandes. Ils ne veulent pas se souvenir qu'ils sont des prédateurs, des carnivores. Ils préfèrent manger les muscles avachis d'un animal élevé jusqu'aux jarrets dans sa propre bouse, castré, vacciné, inspecté, abattu d'une chiquenaude dans le front, réfrigéré dans une grande pièce blanche et découpé en tranches bien nettes par des machines électriques. De la viande "désanimalisée".
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steppesteppe   12 novembre 2010
Je suis en sûreté. Même en dormant, je sais que je suis en sûreté. La sécurité est quelque chose qui se sent à l'odeur, quelque chose de chaud et de solide autour de moi. Maintenant, il n'y a plus de danger à dormir, plus de danger à rêver. Sensation oubliée depuis bien longtemps...
... Je rêve d'un jour d'été quand j'avais neuf ans, le jour de mon dernier anniversaire à un chiffre. Je suis dans la forêt. C'est le plein été et la forêt ressemble à un animal assoupi.. Je marche sur sa peau, sens sa respiration tout autour de moi. Je la perçois dans son intégralité, feuille et brindille, insecte et oiseau. J'en ai assez d'être une intruse. Je veux en faire partie, être à l'intérieur d'elle et l'avoir en moi.
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claireogieclaireogie   23 juillet 2011
L'école n'est pas mon terrain de prédilection. Je m'offusque de devoir gâcher le peu de lumière solaire les jours d'hiver enfermée dans une classe, au lieu de courir en liberté dans la blancheur scintillante des paysages d'hiver de Fairbanks. Ce n'est même pas ça, d'ailleurs. Je trouve qu'il y a quelque chose de contraire à la nature dans l'obligation scolaire, quelque chose de destructeur. Prendre un jeune être et l'enfermer de force dans un espace clos avec trente de ces congénères du même âge... Ferait-on cela à un chiot ou à un jeune chimpanzé ? On sait ce qui se passe dans ces conditions avec des poulets ou des rats. Le résultat est le même avec des enfants, sauf que les dégâts sont moins visibles. Si j'étais un poulet persécuté par les coups de bec des autres jusqu'à ce que les entrailles lui sortent du rectum, quelqu'un me prendrait en pitié. Mais je suis une enfant et on demande aux enfants d'endurer stoiquement des tortures dignes des damnés.
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