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ISBN : 2207144089
Éditeur : Denoël (23/05/2019)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Applekirk est un village rural situé dans les Marches, la région centrale d'un monde où le temps ne s'écoule pas à la même vitesse selon que l'on se trouve à l'est - où la magie est très puissante et où vivent les dieux - ou à l'ouest - où la magie est totalement absente. C'est la fin de l'été, et la vie s'écoule paisiblement pour les villageois. Mais le manoir va être mis sens dessus dessous par le retour de Hanethe, qui fut autrefois la maîtresse des lieux. Partie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  30 mai 2019
Voilà maintenant cinq ans que les éditions Denoël ont entrepris de populariser en France les oeuvres de l'auteur anglaise Jo Walton dont le premier roman traduit, « Morwena », avait d'ailleurs suscité un fort engouement de la part du public. Ont suivi depuis les trois tomes de « La trilogie du subtil changement » ainsi que deux excellents one-shot : « Les griffes et les crocs » et « Mes vrais enfants », auxquels il faut à présent ajouter « Pierre-de-vie », dont la parution originale date de 2009. Récompensé en 2010 par le Prix Mythopoeic, le roman met en scène la communauté villageoise d'Applekirk, petite enclave en pleine campagne où la vie suit depuis des années son cours sans guère de bouleversements : les paysans s'occupent des terres alentours au rythme des saisons, aidés en cela par leur seigneur et sa famille qui résident dans un manoir en bordure du village. La tranquillité d'Applekirk et ses habitants va toutefois être soudainement rompue par l'arrivée de trois visiteurs inattendus. le premier est un savant itinérant en quête d'informations sur une ancienne civilisation dont quelques restes archéologiques parsèment la région et dont le charme ne tarde pas à faire vaciller le coeur des femmes du manoir. La seconde, Hanethe, est l'ancienne maîtresse des lieux, partie s'installer il y a des années à l'Est et que tout le monde présumait morte depuis longtemps. Quant à la troisième, il s'agit d'une prêtresse d'Agdisdis, la déesse du mariage, qui a apparemment une dent contre Hanethe qu'elle accuse de sacrilège et qu'elle entend bien ramener en Orient contre son gré. Voilà les habitants d'Applekirk forcés de choisir entre livrer aux mains de la déesse cette vieille femme hautaine et antipathique, ou la protéger et subir le courroux de la divinité. Si vous cherchez de la fantasy pleine d'action, d'enjeux incroyablement élevés et d'intrigues complexes, je vous conseille de passer votre chemin. A l'image de la plupart de ses précédentes oeuvres, ce nouveau roman de Jo Walton évolue en effet selon un rythme très posé (sans jamais être pour autant ennuyeux) et met avant tout l'accent sur l'introspection, les sentiments des personnages et leur rapport au monde qui les entoure.
L'action se passe dans un monde de fantasy dont on n'explorera jamais plus que le village insignifiant d'Applekirk, mais à propos duquel l'auteur nous apprend malgré tout quantité de choses. Parmi les singularités de cet univers, on peut d'abord mentionner la différence étonnante entre les territoires situés à l'Ouest et ceux de l'Est, notamment en matière de temporalité. En effet, plus on se déplace vers l'Est, plus le temps s'écoule lentement et inversement (ce qui explique pourquoi le retour d'Hanethe surprend tout le monde au manoir : de leur point de vue, cela fait plusieurs générations qu'elle est partie s'établir en Orient). le temps, et surtout la manière de l'appréhender, constitue ainsi un des thèmes principaux du roman : « Le temps, elle le sait, est une illusion. Les choses semblent se succéder, mais en y repensant, tout s'est passé en même temps et ce qui semblait à l'époque faire partie d'une histoire en faisait partie d'une autre. ». Ce questionnement, l'auteur va jusqu'à l'appliquer à la narration elle-même puisque l'histoire nous est contée de manière régulièrement non chronologique, comme si toutes les époques se mélangeaient. le pari est osé, mais l'auteur s'en sort avec brio puisque, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, cette construction narrative ne suscite absolument aucune confusion chez le lecteur, mais lui permet au contraire de comprendre sur la durée les liens qui unissent les personnages. Cette manière qu'a le temps de défiler différemment en fonction de la position géographique des habitants n'est pas le seul élément qui rattache le roman à la fantasy puisque la magie y est également présente de manière plus ou moins ténue. L'auteur fait à nouveau une distinction entre l'Ouest, où très peu de personnes sont capables d'accéder à la yeya (une sorte de source magique dans laquelle il est possible de puiser), et l'Est où il s'agit au contraire de quelque chose de tout à fait banal pour la plupart des gens. Les différents membres de la famille bénéficient ainsi de « pouvoirs » plus ou moins puissants qui peuvent aller jusqu'à soulever des objets par la pensée ou fabriquer des sorts de protection contre les éléments. Les plus intéressants restent cela dit ceux qui sont là encore liés au temps. Ainsi, Taveth voit constamment évoluer autour des gens qu'elle croise les ombres de ce qu'ils ont été et de ce qu'ils deviendront, tandis que la petite Melly a la capacité de voir les potentielles morts qui attendent ceux qu'elle rencontre.
S'il y a bien un autre thème central dans le roman, c'est sans aucun doute celui de la famille et des liens que les membres d'un même entourage entretiennent les uns avec les autres. A ce titre, l'ouvrage m'a beaucoup fait penser à un autre texte de l'auteur qui m'avait énormément émue : « Mes vrais enfants ». Bien que les deux soient radicalement différents sur quantité d'aspects, on y retrouve malgré tout la même sensibilité et surtout la même intensité du lien forgé entre le lecteur et les différents membres d'une même famille. On retrouve également dans ces deux oeuvres une même volonté de s'interroger sur le modèle familial « traditionnel » et de le remettre en question. Dans « Mes vrais enfants », c'est aux côtés de Béatrice et non de l'homme qu'elle a épousé dans une autre vie que Patricia trouve le bonheur et l'épanouissement dont elle avait besoin. Ici, l'auteur met en scène une famille dont les membres, bien qu'unis pour certains par les liens du mariage, pratiquent librement le polyamour : le chef de famille et son épouse ont tous deux des concubins respectifs (eux aussi mariés entre eux), et les enfants nés des unions entre les deux couples sont élevés de manière indifférente, quelque soit leur origine biologique. A la différence de Patricia et Béatrice qui subissent violemment le jugement et le rejet de leur société dans « Mes vrais enfants », ce mode de vie semble ici tout à fait normal et ne choque ni n'interpelle personne, qu'il s'agisse des villageois ou des étrangers. C'est donc tout naturellement que le lecteur accepte cet état de fait et apprend à connaître les membres de la famille ainsi que les liens qui les unissent les uns aux autres, qu'ils soient biologiques ou affectifs. de la même manière que pour sa vision non linéaire du temps, le roman se démarque là encore par cet aspect qui lui permet de questionner subtilement, sans porter de jugement et en s'éloignant des clichés, une notion aussi vaste et complexe que l'amour, qu'il s'agisse de celui que l'on porte à un/une époux/épouse, un enfant, un parent ou un simple amant de passage.
Or, quoi de mieux pour comprendre l'histoire d'une famille et les liens qui unissent ses membres que de les observer dans leur quotidien ? C'est le parti pris qu'adopte ici l'auteur, et c'est la raison pour laquelle l'action en tant que telle occupe aussi peu de place dans ce roman. L'essentiel de l'histoire nous est rapporté par Taveth, la compagne du seigneur d'Applekirk, qui s'occupent depuis son arrivée de la gestion du manoir et de ses habitants : il s'agit là de sa « pierre-de-vie », le fameux concept qui donne son titre au roman. Il est délicat de donner une définition claire à cette notion originale tant elle se révèle au final assez complexe, mais on pourrait malgré tout la résumer comme étant ce qui donne du sens à la vie d'une personne. Certains trouvent leur pierre-de-vie dès l'enfance, d'autres la cherchent pendant longtemps et finissent par la découvrir par le biais d'une rencontre, lors de leurs études ou à l'occasion d'un voyage vers l'Ouest ou l'Est. Cet aspect, qui se situe lui aussi au coeur du roman, témoigne une fois encore de la sensibilité de l'auteur et de son talent incomparable pour parler directement au coeur du lecteur. Là aussi, la narration se trouve directement impactée par ce concept puisque, la pierre-de-vie de Taveth consistant à s'occuper de la maison et de ses habitants, une grande partie du roman est justement consacré à dépeindre le quotidien du manoir et du village. Si les scènes de batailles ou bien de confrontations se font rares (mais existent malgré tout), celles consacrées à la cuisine, la moisson, le jardinage ou encore la confection d'objets ou d'habits du quotidien sont ainsi légions (un conseil d'ailleurs, prévoyez de quoi vous sustenter pendant la durée de cette lecture tant les passages consacrés aux bons petits plats préparés par Taveth sont nombreux et mettent l'eau à la bouche !). J'ai bien conscience que, présenté ainsi, le roman pourrait paraître profondément ennuyeux ou inintéressant, or il n'en est rien, et c'est là encore un vrai tour de force de la part de l'auteur : on se passionne pour la gestion de ce domaine, on s'inquiète avec les personnages des problèmes d'intendance, et surtout on se prend d'affection pour tous les protagonistes qui gravitent autour de ce manoir et apportent, chacun à leur manière, leur pierre à cet édifice.
Dans la droite lignée des précédentes oeuvres de l'auteur (« Mes vrais enfants » en tête), Pierre-de-vie s'inscrit dans une fantasy plus introspective et plus sensible que ce à quoi le genre nous avait jusque là habitué. Avec beaucoup de sensibilité et d'intelligence, Jo Walton s'attaque à des thématiques intemporelles qu'elle questionne de manière originale, qu'il s'agisse du temps, de l'amour ou encore de la famille. Une très belle découverte que je vous conseille chaleureusement.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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TheaBib
  10 juin 2019
Dans un petit village, la vie d'une famille ordinaire ... ou presque !
A Applekirk, la vie s'écoule doucement pour Ferrand, le seigneur local, et sa famille. Les relations amoureuses ne s'embarrassent pas de conventions, et on peut être marié et avoir un(e) ou plusieurs autres compagnes ou compagnons. Les enfants des différents couples cohabitent dans la joie et la bonne humeur. Et la "yeya" (magie) permet de résoudre les petits ou grands problèmes du quotidien.
Une vie simple et tranquille, où chacun peut exprimer librement sa "pierre-de-vie", c'est-à-dire son don ou talent particulier.
Cette existence paisible est pourtant un jour bousculée par l'arrivée de deux étrangers.
J'ai été un peu décontenancée par le début du roman, qui mêle les différentes époques évoquées dans le même temps de narration, le présent. Une fois qu'on a pris ses repères dans la chronologie de l'histoire et des événements, néanmoins, on savoure cette jolie histoire de famille.
Les personnages sont très attachants, bien écrits, leur psychologie et les relations entre eux sont intéressantes et touchantes.
Même si je m'attendais à une histoire plus "rythmée", j'avoue avoir finalement apprécié la douceur et la poésie de ce roman de Jo Walton.
Premier roman que je lis de cette autrice, et il y en aura d'autres !
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Laureneb
  10 juin 2019
Comme souvent chez Jo Walton, la fantasy est un cadre pour une histoire humaine, avec des personnages qui semblent si réels et émouvants avec leurs bonheurs simples, mais aussi leurs failles et leurs douleurs. Plus que l'affrontement entre prêtres, dieux et hérétiques, c'est la vie d'une ville qui est au coeur du récit. Tous s'aiment, de façon différente, et tous ont leur place. C'est donc la relation touchante d'une aïeule avec sa petite-fille qu'elle forme à la magie - à la yeya - qui est au coeur du récit. C'est aussi le personnage de Taveth, en apparence une femme de charge peu intéressante, d'âge mûr, qui semble se contenter de sa cuisine et de sa lessive, mais qui est en réalité le pilier de la famille, qui a encore des désirs physiques et amoureux. La véritable magie n'est-elle pas finalement dans ses recettes de cuisine qui permettent de réunir tous ceux qu'elle aime et qui l'aiment, tous à leur manière, autour d'elle ? La fin se termine d'ailleurs sur la famille, pas sur la fantasy.
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celindanae
  13 juin 2019
Pierre-de-vie (Lifelode titre original) vient de paraître chez Denoël dans la collection Lunes d'encre. Ce roman de Jo Walton est paru en 2009 en Grande-Bretagne et a obtenu le Prix Mythopoeic en 2010. Ce prix est exclusivement réservé à de la fantasy et les membres de la société Mythopoeic sont des écrivains et des spécialistes du domaine de la fantasy.
J'avais beaucoup aimé Mes vrais enfants et j'ai eu envie de découvrir ce roman dont l'univers m'intriguait beaucoup. J'ai ainsi retrouvé avec grand plaisir la plume entraînante de l'autrice et sa capacité à créer un univers d'une grande profondeur. Une des principales caractéristiques du monde où se déroule le roman est que le temps ne s'écoule pas de la même manière suivant l'endroit où on se trouve. Dans les territoires à l'Est, le temps s'écoule lentement à l'inverse de ceux situés à l'Ouest où le temps passe beaucoup plus rapidement. Ce phénomène a des conséquences importantes quand les gens voyagent et peuvent partir pour des années selon l'endroit qu'ils ont quitté alors que pour eux, il ne se sera écoulé que quelques semaines. La magie, appelée la « yeya » est également présente dans cet univers et elle est aussi de nature différente selon l'endroit où l'on habite. À l'Ouest, peu de personnes connaissent la magie et sont capables de puiser dans sa source alors qu'à l'Est, elle est devenue commune.
Pierre-de-vie est un magnifique roman comme Jo Walton sait les faire, un roman très bien construit et écrit. le récit tourne autour du temps, de la famille, de l'amour, de la maison, des thématiques assez générales mais traitées brillamment et avec beaucoup de sensibilité.
Chronique beaucoup plus détaillée sur le blog
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Lalitote
  08 juin 2019
Imaginez un monde où le temps a un rythme différent selon que vous viviez à l'est ou à l'ouest. A certain endroit la magie est très puissante à d'autres elle n'existe pas. Fiez-vous à cette auteure exceptionnelle et prolifique qui n'est jamais en panne d'histoires fantastiques à nous conter. Nous sommes dans le petit village d'Applekirk où vivent des familles dont la structure est bien différente de celle que nous connaissons puisqu'ici la monogamie est l'exception. Au centre de l'histoire nous avons deux femmes dont l'une est mère au foyer, des enfants et des maris. Hanethe fuit une déesse courroucée et Taveth qs'occupe du manoir et de la famille. le récit se porte plus sur la vie de cette famille et son quotidien dans un cadre moyenâgeux que sur le conflit qui les dépassent dans ce monde singulier. Les personnages sont malgré tout assez crédibles et on une belle épaisseur. L'écriture est bien ancrée dans la description des détails qui font vivre pleinement cet univers. Mais ce qui fait la particularité de l'écriture de Jo Walton est son choix de raconter tout au présent même les flashbacks un peu comme si tout se déroulait en même temps, c'était innovant et fascinant.
« le temps est une illusion. Les événements semblent se succéder, mais quand on regarde en arrière, on se rend compte qu'ils se sont tous produits en même temps, et que ce qui semblait faire partie d'une histoire appartient en fait à une autre... »
Une très belle ode à la famille, à l'amour et à la maison, un livre merveilleusement reposant et pastoral dans sa première partie, où les personnages passent des jours tranquilles. La seconde partie voit arriver plus d'action et de magie qui suivent la logique exprimée au commencement. Une belle découverte. Bonne lecture.

Lien : http://latelierdelitote.cana..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LalitoteLalitote   08 juin 2019
Le temps est une illusion. Les événements semblent se succéder, mais quand on regarde en arrière, on se rend compte qu’ils se sont tous produits en même temps, et que ce qui semblait faire partie d’une histoire appartient en fait à une autre...
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LaurenebLaureneb   08 juin 2019
Tout l'intéresse et il veut tout comprendre ; c'est une malédiction, mais aussi un bonheur.
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