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EAN : 9782413045007
184 pages
Delcourt (24/11/2021)
4.2/5   74 notes
Résumé :
Depuis plusieurs mois, certains paysans découvrent les cadavres momifiés de jeunes femmes assassinées. Afin d'éviter tout trouble, les autorités tentent de dissimuler ces horribles meurtres à leur peuple. L'enquête est discrètement confiée à Serpent, un haut fonctionnaire cruel privé de ses deux bras. De son côté, le prêtre Cozatl tente de s'adjoindre les services de son ami d'enfance, OEil-Lance...
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Alfaric
  27 novembre 2019
Je n'ai jamais été complètement emporté par le travail de Hub alias Humbert Chabuel mais il fait partie des artistes pour qui j'ai le plus grand respect, dans son cas parce qu'on reconnaît toujours son style même quand il travaille en collaboration et parce que contrairement à d'autres il n'a jamais choisi la facilité !
Après sa saga "Okko" consacrée à un Japon Fantasy, et la série "Aslak" consacrée à une odyssée viking, il nous offre un thriller aztèque finement travaillé ! Et sans doute échaudé par son expérience précédente, il nous offre pour un tome d'introduction 180 pages qui rassemblent 4 albums en 1 seul volume (en sachant que tout à été écrit à l'avance pour évacuer toute incohérence).
En pleine famine apocalyptique naissent trois individus : le fils difforme d'un noble, le fils chéri d'un guerrier, le fils maudit d'un marchand… Les deux enquêteurs et le meurtrier ?
Car une génération plus tard frappe un serial killer dont les actes odieux menacent jusqu'à l'ordre établi (il enlèvent des jeunes filles avant d'exposer leurs cadavre énuclées, momifiés et à moitié recouvert de chaux-vive dans une posture bien connue des adorateurs et des prêtres du Dieu Tlaloc). le Seigneur Tlacaelel inquiet pour ne pas dire terrifié demande à son conseiller Tlilpotoncatzin de trouver une solution, et celui-ci missionne son beau-frère dénommé Serpent d'étouffer l'affaire à n'importe quel prix. le grand-prêtre Cozatl, d'un côté sentant qu'il va être le dindon de la farce et d'un autre côté averti par un oracle réputé infaillible, convoque son ami d'enfance Oeil-Lance de la caste des marchands pour qu'il enquête lui aussi et pour qu'il prenne de vitesse leur ancien ennemi commun…
Voilà enfin un auteur qui a les couilles d'adapter le format à son récit et non son récit au format ! Hub prend tout son temps pour présenter ses nombreux personnages qu'on découvre à travers trois époques :
- il y a les scènes consacrées au temps jadis qui multiplient le foredowing, qui sont autant de petits cailloux blanc qui permettent de faire cogiter ses « petits cellules grises » : apparitions fantomatiques, rêves prophétiques, oracles fantastiques, et « le rôdeur » à la fois très vengeur impitoyable et très croquemitaine édulcoré sous la dénomination de « Nagual »
- il y a les scènes consacrés à l'enfance des personnages qui précisent et étoffent le relationship drama
- il y a les scènes du temps présent où l'enquête avance bon gré mal gré
Car oui on n'est pas très loin d'un "Nom de la Rose" précolombien : tout oppose Serpent / Bernardo Gui qui avec ses Vautours / Inquisiteurs est prêt à tout et au reste pour faire place nette, et Oeil-Lance / Guillaume de Baskerville qui avec le vaillant chichimèque Longues-Jambes et la sage mixtèque Tchitchica (qui ne s'exprime que par idéogrammes), est là pour la révéler quoi qui lui en coûte !
Les sicaires de Serpent parcourent tout le pays avec les pleins pouvoirs, mais pourtant le crevard carriériste qui devait masquer la mort de quelques personnes se retrouve à devoir gérer plus de 25 victimes de plus en plus proches du pouvoir central. Néanmoins il a cerné le modus operandi du tueur donc s'approche de la vérité. Pendant ce temps Oeil-Lance traîne des pieds et aimerait bien abandonner, autant pour son passif avec Serpent que pour ses interrogations face à la transformation de Cozatl autrefois idéaliste et maintenant carriériste. Mais il est rattrapé par les dernières volontés de son ancien-maître Ombre-Montagne qui avait deviné ce qui allait se passer et qui lui a confié une dernière mission : mettre fin aux agissement de son plus vieil adversaire...
L'auteur prend également tout son temps pour présenter la civilisation aztèque, et au-delà de la violence de leurs croyances il nous montre des élites qui martyrisent leur propre peuple avec une impitoyable politique de caste avant de martyriser tous les autres peuples avec une impitoyable politique de suprématisme… Comme le disant Karl Marx, le stade ultime du capitalisme est l'impérialisme, et c'est parfaitement explicite ici : Hub est-il une nouvelle victime de cette saloperie de macronisme ?

Pour une BD cela serait un crise de lèse-majesté que de ne pas parler graphisme, et ici c'est surtout fluide et dynamique. du Hub quoi, mais ici assisté par son compère Emmanuel Michalak. le dénommé Li responsable des couleurs alternent des couleurs chaudes pour le temps présent et un clair-obscur tout en gris pour le temps passé. Même si ce n'est pas ultime, cela du très bon travail quand même hein !
PS : Naming compliqué, vocabulaire compliqué, univers exotique… C'est une série qui se mérite, et on voit arriver avec leurs gros sabots élitistes pour ne pas dire suprématistes les inquisiteurs culturels et les commissaires littéraires toujours en quête d'originalité mais qui trouvent toujours le moyen de cracher sur cette dernière quand elle croise leur chemin !
Lien : http://www.portesdumultivers..
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Lucilou
  14 mai 2022
Il y a des fins de soirées, voire des nuits qui ne se passent pas comme prévu: ainsi hier soir, je suis rentrée si tard que le carrosse aurait eu cent fois le temps de redevenir citrouille et alors que je me sentais franchement épuisée, j'ai trouvé le moyen de terminer la soirée en compagnie d'une poignée d'aztèques. C'était presque aussi cool qu'atterrir dans les bras de Morphée et ça valait bien, en tout cas, le coup d'ajourner mes retrouvailles avec le dieu du sommeil.
Des aztèques donc. Et par hasard en plus.
C'est comme ça, on sort boire un verre avec des amis et l'un d'eux en profite pour rendre à l'autre deux lourdes bandes-dessinées en lui disant que c'était vraiment génial. le temps du dialogue, on jette un coup d'oeil aux albums, on se fait happer par une quatrième de couverture des plus séduisante, on apprécie le fait que l'intrigue se déroule au coeur d'une de ces ô combien fascinante civilisation précolombienne en se rappelant que "Azteca" de Gary Jennings est depuis des siècles -au moins!- sans sa pile à lire, on a le regard qui s'allume et qui pétille au point que le propriétaire du trésor se fende d'un généreux: "prends-les!".
Alors on prend.
On prend et on finit la nuit avec "Le serpent et la lance", et c'est clairement l'une des meilleures parties de ce vendredi soir.
Le premier opus de cette trilogie encore en gestation est un bel ouvrage à la couverture de lumière et de ténèbres, d'or et de noir et d'une prometteuse épaisseur. "Ombre -Montagne" (c'est le titre de cet acte I) compte près de 180 pages au cours desquelles Hub (que je ne connaissais pas vraiment. J'avais déjà aperçu Okko à plusieurs reprises mais sans avoir ni l'occasion ni l'envie de m'y arrêter) plante son décor, présente son univers et ses personnages.
Nous sommes au coeur de l'empire aztèque cinquante ans environ avant l'invasion de ces enfoirés de conquistadors et, en guise de prologue, Hub nous transporte en pleine famine. Alors que la mort plane et fait sa moisson, la vie continue et dans cet enfer naissent trois enfants, trois garçons: le fils maudit mais bien-aimé d'un plumassier, le fils difforme et rejeté d'un noble et celui d'un guerrier dont on devine qu'il sera choyé.
Dans ces enfants-là, les hommes de demain et surtout les personnages principaux du récit à venir...
Des années plus tard, la famine n'est qu'un souvenir douloureux et c'est un autre malheur qui enserre l'empire. Depuis quelques temps, on retrouve -et ce même dans les régions les plus reculées, les momies de jeunes filles suppliciées, sauvagement assassinées. Leurs cadavres ont été énucléés et recouverts de chaux vive, contraints aussi à adopter une posture qui n'est pas sans rappeler celle des adorateurs du dieu Tlaloc. L'affaire est inquiétante, pour ne pas dire effrayante. Pire que cela; elle pourrait faire se lever un vent de panique, défrayer la chronique, jeter le discrédit sur l'empereur... Une seule solution: trouver et arrêter le tueur tout en veillant à ne pas ébruiter l'affaire. le seigneur Tlacaelel, terrifié, mandate son conseiller, Tlipotoncatzin, afin de trouver une solution avant que la rumeur et l'incendie ne se répandent. Ce dernier a un nom en tête, le nom de celui qui serait à la fois capable de percer le mystère des atroces momies et de traiter l'affaire avec la discrétion qui s'impose: Serpent. L'homme, aussi cruel qu'efficace, est son beau-frère et accepte la mission qui lui échoit. Sa nomination n'est pas une bonne nouvelle pour Cozalt, influent prêtre du culte de Tlaloc, dont on comprend qu'il a connu Serpent autrefois. Parce qu'il craint d'être soupçonné et parce qu'un oracle l'a enjoint de le faire, le prêtre retrouve Oeil-Lance, son ami d'enfance, pour lui demander d'enquêter de son côté...
"Ombre-Montagne" est un ouvrage addictif, passionnant et complètement vertigineux. Si riche, si complexe, si beau que je ne sais par où commencer...
Bien sûr, il y a ce contexte incroyablement fascinant qu'est la civilisation aztèque et que Hub prend le temps de présenter, ne nous épargnant aucune de ses ombres: on assiste hébétés et impuissants à la manière dont la violence de leurs croyances les pousse à verser le sang, dont les élites - érigées en caste dominante- violente ceux qu'ils estiment "inférieurs", on imagine les conséquences meurtrières de ce qui ressemble quand même beaucoup à une politique suprématiste sur les peuples voisins.
Il y a cette intrigue qui a un petit quelque chose de "True Detective" (saison 1), son inquiétante étrangeté qui confine à la terreur, sa complexité qui va de pair avec celle des personnages qui se déploie au fil des pages: le dernier message du vieux maître, les cauchemars hallucinés d'Oeil-Lance et sa haine du passé, l'implacabilité glaçante de Serpent qui pour réussir sa mission n'hésite pas à commettre le pire, l'évolution inexplicable et terrifiante de Cozalt dont on sent qu'il porte en lui un océan de secrets, l'ombre du rôdeur et celle du Nagual, le pressentiment que la clef de toutes ces ténèbres est quelque part entre les non-dits d'autrefois et l'école...
Il y a cette narration qui mêle habilement les temporalités et l'esthétique adoptée qui se met à son service: la vivacité des couleurs pour le temps présent et le voile qui recouvre le passé, tantôt gris et tantôt sépia.
Le présent pour avancer, même dans les brumes et le mystère, et à cet égard, les idéogrammes dont se sert la vieille mixtèque au service d'Oeil-Lance pour communiquer, en plus de faire la démonstration d'une différence linguistique, apparaissent comme un reflet ou un symbole de la complexité de l'intrigue dans laquelle les personnages doivent se débattre.
Le passé pour comprendre, à commencer par les relations complexes tissées par les personnages entre eux depuis l'enfance et dans une autre mesure pour jouer avec les nerfs du lecteur, le faire réfléchir, lui faire peur aussi, à coups de rêves prophétiques qui en disent longs sans en dire assez, de fantômes et d'hallucinations. Pour qu'il se sente lui-aussi happée par cette enquête vertigineuse... Pour qu'il ne puisse plus lâcher le livre qu'il serre entre ses mains et qu'il dévore.

Il y a les graphismes enfin qui, s'ils ne sont pas de ceux que je préfère, ceux vers quoi j'aurai tendance à me diriger de moi-même, se révèlent extrêmement fluides, d'une singularité qui finit par piéger, d'une précision et d'une richesse incroyables.
"Le Serpent et la Lance" méritait bien le sacrifice d'une bonne nuit de sommeil, lui qui en raconte tant, des sacrifices.
Pour cet exquis frisson, cette incapacité absolue à poser le livre, pour cet ineffable plaisir de lecture, pour cette trame addictive et fascinante, j'en sacrifierai encore bien d'autres.


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tchouk-tchouk-nougat
  26 janvier 2020
1454 le puissant empire Aztèque voit apparaître une vague de crimes bien étranges. Des momies de jeunes filles couvertes de chaux sont retrouvées de plus en plus proche de la capitale Tenochtitlan.
Après Okko, série aux pays des samouraïs, Hub nous amène au Mexique une cinquante d'années avant l'arrivée des conquistadors.
Sous forme de thriller aztèque, nous faisons connaissance avec plusieurs personnages très intéressants. Le principal est Oeil-lance, marchand en plume, qui va revenir à la capitale sous l'injonction d'un vieil ami. Sous forme de flash-back on comprend petit à petit les liens qui unissent les différents protagonistes.
L'auteur prend son temps pour instaurer le climat, un peu tendu, de la capitale. Ainsi que pour présenter les personnages. 180 pages tout de même, c'est un sacré premier tome que nous offre Hub qui nous en promet 2 autres.
Même si on a l'impression d'être plutôt dans "l'introduction" le tout semble vraiment bien pensé, méthodique. Du bon travail.
Niveau dessin là aussi c'est du bon travail. C'est precis dans les décors, les vêtements. C'est riche en couleurs, en parures, en plumes, en bijoux.
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MassLunar
  20 janvier 2020
Hub, le génial dessinateur de la fameuse série Okko, nous propose une nouveauté à des lieux du Japon féodal. Changement de cadre et de temps avec une ample série prévue en 3 actes. le Serpent et la Lance se déroule en 1454 au sein de l'Empire Aztèque, une cinquantaine d'année avant que les conquistadors débarquent avec leurs gros sabots.
Hub nous immerge totalement dans cette époque et dans ce lieu, rompant ,comme il le déclare lui-même, avec toutes ces "balises" référentielles reliant souvent l'empire Aztèque avec l'invasion des conquistadors. Point de conquistadores dans cette fresque historique qui relève plutôt d'un thriller fort et dense en plein coeur des sacrifices rituelles, des couleurs chaudes de l'empire Aztèque...
Bravo à Hub pour la qualité de son travail. Outre la richesse de son dessin, l'auteur fait preuve d'un remarquable travail de documentation comme on peut déjà juste le constater au niveau linguistique avec l'emploi de plusieurs noms en nahuatl. Générosité oblige, on se perd allègrement dans cette immersion d'autant plus que l'intrigue qui demeure avant tout une enquête est plutôt complexe avec divers flash-backs qui, parfois, freinent un peu le rythme. Je pense que le Serpent et la Lance peut se lire deux fois : une fois pour appréhender le titre et une seconde fois pour mieux le savourer.
Par contre, attendez-vous à un monde pas franchement tendre entre la cruauté de Serpent, une sorte de "juge" au service de l'empereur et les durs sacrifices en offrande, l'Empire Aztèque transparaît quand même avec rudesse et une certaine férocité. Ne vous attendez pas à une jolie carte postale tout en dépaysement. Les meurtres en série peuvent paraître presque dérisoires et , pourtant, différents personnages vont tout de même mener l'enquête.
Hub nous présente alors une galerie de portraits assez attachants entre l'infâme serpent, l'illuminé Cozatl, le marchand Oeil-Lance et son silencieux acolyte... On distingue un vrai plaisir à suivre les destinées de ces personnages dont une partie était autrefois réunis entre les murs d'une même maison ce qui apporte un caractère presque intime à cette intrigue policière dans laquelle les meurtres peuvent trouver leurs sources dans l'enfance.
En combinant un monde aztèque à la fois rude et coloré et une curieuse intrigue policière, Hub délivre une série puissante que je recommanderais avant tout aux amatrices et amateurs de thrillers graphiques originaux et percutants.
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blogconstellations
  28 décembre 2019
Quatre ans après la clôture d'Okko, Hub est de retour avec une nouvelle série. L'auteur délaisse l'univers de type japon-médiévale-fantaisie avec lequel il a marqué le monde de la BD pour nous emmener dans le monde Aztèque. Mais cette fois-ci sans le transformer en univers fictif comme il l'a fait pour Okko. Ce premier acte de « Le serpent et la lance » est assez monumental : 184 pages de BD dans un seul tome pour 25 € c'est très inhabituel en BD.
C'est en tout cas un vrai plaisir de retrouver le dessin de HUB et les couleurs de Li (sa compagne) ceux qui ont aimé leur travail sur Okko seront ravis même si l'ambiance visuelle est très différente. La couverture est superbe. Les pages intérieures sont incroyablement chargées (mais jamais trop), détaillées et recherchées. Les décors, les costumes, le monde réel, les rêves/cauchemars… c'est vraiment riche et beau. Toutefois j'ai vite buté sur quelques défauts franchement gênants. Ces défauts concernent avant tout l'écriture, mais sont en lien avec le dessin. En effet, ce thriller aztèque déploie une histoire riche, compliquée et chargée de tension qui inclut des flashbacks des différents personnages. Sauf que rien n'introduit ces flashbacks et même si par moment je me suis évidemment rendu compte qu'on était dans un flashback, il y a d'autres moments où je me demandais si c'était juste un nouveau fil d'intrigue et des nouveaux personnages. C'est par exemple le cas des 8 dernières pages. Pourtant globalement le travail d'écriture est bon. Ente le présent et les flashbacks on a une double intrigue qui s'enrichit à chaque page tout en maintenant toujours le suspense. Malgré les nombreux intervenants, le travail de character design marche globalement très bien et on distingue facilement les personnages.
Un autre problème vient du monde aztèque tout simplement. Hub a l'intelligence de nous servir un monde aztèque avant l'arrivée des colons, c'est très différent de la production habituelle et donc rafraichissante. L'auteur est visiblement passionné par le sujet (il l'explique en fin de livre) et a fait un vrai travail de recherche sur le vocabulaire et les noms de personnages en plus de l'aspect graphique. Ça complique la lecture pour plusieurs raisons :
— d'abord beaucoup de personnages ont des noms étranges et j'ai eu un peu de mal à retenir certain.
– ensuite il y a beaucoup de noms de lieux qui sont juste imprononçables.
– enfin, l'auteur utilise beaucoup de vocabulaire aztèque pour les objets et cela mène à beaucoup de notes de pied de page (un nombre très élevé pour une BD et parfois pour des choses assez simples comme « maison ») et il y eut quelques oublies (astérisque qui ne renvoie à rien).
Concernant l'aspect historique, je ne peux pas juger, car je ne suis pas en grand connaisseur de l'histoire aztèque. Toutefois pour ce que j'en connais, ça me parait solide. La violence de cette société est mise en avant, mais de manière moins grandiloquente que dans le film Apocalypto (se déroulant chez les Maya et le représentant de manière un peu caricaturale et comme une société ultra-violente sans aucun raffinement). Toutefois la violence est bien présente et fait partie de la vie quotidienne : guerres, massacres, sacrifices religieux, esclavages… Hub a toutefois le bon goût de ne pas faire du violent pour vendre. Ça fait juste partie de cet univers.
Ce volume monumental se conclut sur quelques pages où l'auteur livre un peu les coulisses de sa nouvelle série (comme il l'avait fait dans l'artbook Okko). J'ai beaucoup aimé ces trois pages on comprend mieux l'ambition et la passion qui anime ce projet. L'auteur explique notamment qu'il a refusé de céder à l'appel du pied de son éditeur à poursuivre l'univers d'Okko (en suite ou spin-off) pour lequel il n'avait plus rien à raconter. On découvre aussi que « Le Serpent et la Lance » sera bouclé en 3 actes pour un total de près de 500 pages (l'équivalent de 6 tomes conventionnels) de quoi me rassurer vu que j'en ai marre des séries BD à rallonge.
Ombre-montagne est donc un livre beau, intéressant ambitieux dont le plaisir m'a été un peu gâché par quelques défauts, mais si la série corrige ses quelques défauts sur les deux prochains tomes Hub pourrait bien nous servir une oeuvre aussi monumentale qu'Okko. J'attends donc la suite avec impatience tout en espérant un artbook à la fin de la série. En attendant, vous pouvez « feuilleter » ce preview en ligne pour vous faire une idée du début de l'intrigue et du travail graphique.

Lien : https://blogconstellations.h..
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critiques presse (4)
Bedeo   23 janvier 2020
Dessin impérial et scénario qui apparaît déjà magistral, c’est bien simple avec Le Serpent et la Lance, Hub peut conquérir de nouveaux horizons et imposer sa patte, celle d’un artiste-explorateur, d’un scénariste-dessinateur de talent, et désormais de renom.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BoDoi   27 décembre 2019
Ce premier tome vaut le coup de s’accrocher : il devient de plus en plus palpitant à mesure qu’il avance et même carrément haletant dans ses dernières pages. Parfois, les belles aventures se méritent. Le Serpent et la Lance pourrait faire partie de celles-là.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   13 décembre 2019
Hub veut certes construire une enquête policière, mais il a surtout décidé de prendre son temps, de construire un univers, de multiplier les personnages et leurs relations. [...] La réalisation graphique est virtuose. De gros plans impressionnants à des panoramiques spectaculaires, Hub aidé par Emmanuel Michalak au storyboard, ne fait pas dans la demi-mesure.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   19 novembre 2019
Au défi brillamment relevé d’une histoire à multiples facettes répond un dessin à l’avenant. En effet, de ce côté, le plaisir est également au rendez-vous. [...] Premier acte prometteur de Le Serpent et la Lance, Ombre-Montagne captive du début jusqu'à la fin. Vivement la suite de ce thriller palpitant !
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   02 décembre 2019
- Tlaloc, Seigneur de la Pluie !!! Ô cyprès séculaire… Sois l’éternel témoin de notre serment. Ici, devant toi, nous mêlons notre sang et nous jurons l’un et l’autre entraide et amitié jusqu’à la fin de notre éphémère passage dans ce monde… Que celui qui brise ce pacte secret soit maudit à jamais...
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AlfaricAlfaric   25 novembre 2019
Le sommet de la montagne n’est jamais très loin du vide.
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AlfaricAlfaric   03 décembre 2019
Le chant rend le labeur plus léger.
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NofSetNofSet   26 décembre 2021
Maintes fois on m'a vanté ton dévouement et celui de tes hommes, Serpent, ainsi que l'efficacité de tes méthodes...
Il semblerait donc que tu sois tout désigné pour nous débarrasser de cette sombre affaire, comme d'aucuns enlèveraient une vilaine épine du pied.
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Erik_Erik_   06 décembre 2020
La lance ne se met pas dans le sac.
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