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Martine Leroy-Battistelli (Traducteur)
ISBN : 2253055972
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1991)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 297 notes)
Résumé :
Azteca raconte la légende colorée et puissante d'une civilisation qui s'épanouit pendant de longs siècles dans un isolement splendide.
Ce monde éclatant, et pourtant condamné, c'est un homme, Mixtli, dit Nuage Sombre, qui le décrit, dans un récit bouleversant, mouvementé, riche de la beauté et de la violence qui caractérisaient le Mexique ancien. Ce grand roman historique plein de sang, d'amour et de sexe est aussi l'aventure et le destin exceptionnel d'un ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  29 juin 2012
Avec « Azteca », le romancier américain Gary Jennings nous offre une fresque historique absolument remarquable, premier opus d'une trilogie dont les deux autres volumes demeurent malheureusement à ce jour difficilement procurables (« L'automne aztèque » et « Sang aztèque »). A travers la voix de Mixtli Nuage noir c'est toute la civilisation des « Mexica », autrement dit des Aztèques, d'avant et d'après la conquête des Espagnols que l'on découvre ou redécouvre au fil de ce récit passionnant. Des divinités adorées à la pratique du sacrifice humain massif en passant par les tâches les plus basiques de la vie quotidienne, l'organisation politique des tribus, l'architecture, le commerce ou encore la sexualité (âmes sensibles s'abstenir...), l'auteur aborde absolument tous les sujets possibles dans ce pavé de plus de mille pages et nous fournis un nombre incalculable de renseignements sans que jamais cela ne devienne rébarbatif. Difficile de ne pas se laisser embarquer par l'indéniable talent de conteur de Gary Jennings et de ne pas s'émerveiller devant la richesse et la beauté de cette brillante civilisation. C'est un dépaysement complet que nous propose l'auteur qui nous fait voyager à travers des paysages plus grandioses les uns que les autres, à commencer par la majestueuse et fameuse ville de Tenochtitlan qu'il nous donne l'occasion de visiter en détail.
Le procédé narratif utilisé est également à saluer, l'idée de placer la relation de ces événements relatifs à l'ascension et à la chute des Aztèques dans la bouche de l'un d'entre eux s'adressant à des membres du clergé espagnol totalement ignorants des us et coutumes de ce peuple permettant à l'auteur de confronter ces deux civilisations, de présenter en détail toutes les caractéristiques de la culture aztèque et de répondre naturellement aux questions qui viennent spontanément à l'esprit du lecteur. le protagoniste-narrateur, dont on suit les aventures depuis sa naissance jusqu'aux tous derniers moments de son existence, est pour sa part extrêmement attachant, ni tout blanc ni tout noir mais en tout cas difficile à oublier. Il en va de même des nombreux personnages qui gravitent autour de lui, tour à tour détestables, pathétiques ou émouvants mais toujours convaincants. Les femmes, en particulier, font l'objet de très beaux portraits, brossés avec beaucoup de talent et de subtilité par l'auteur. Ce soin accordé au traitement des personnages conjugué au sérieux et à l'abondance des recherches de Gary Jennings sur le sujet permettent de donner vie à des scènes extrêmement touchantes et marquantes, aujourd'hui encore bien présentes dans ma mémoire malgré le temps écoulé depuis la lecture de cet ouvrage.
« Azteca » est un roman captivant qui vous transportera l'espace de quelques heures au coeur du Mexique du XVIe siècle à la découverte de cette fascinante civilisation aztèque, aujourd'hui encore bien trop méconnue et victime de nombreux préjugés. Voilà une lecture que vous ne risquez pas de regretter, à la fois divertissante, immersive et instructive.
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A_fleur_de_mots
  28 mars 2019
Ayyo! le récit de Mixtli, Nuage Noir en Nahult, est le témoignage romancé d'un survivant mexica, ou aztèque, de la grande civilisation du Monde Unique que fut cet empire pré-hispanique.
Le procédé littéraire est intéressant: le roi Charles Quint, avide de connaître les us et coutumes de ses sujets indigènes, charge l'Evêque de la Nouvelle-Espagne, de trouver un Indien pour expliquer, via les missives envoyées par courrier au souverain, la grandeur du Monde Unique avant la conquête espagnole. Nous alternons les passages autobiographiques de Mixtli avec les lettres envoyées par l'Evêque pour donner une alternative au récit du protagniste. Dans ces lettres de l'Evêque, 13! nombre bien peu catholique- nous sommes invités à connaître les méthodes de “colonisation” et de “conversion” des peuples locaux ainsi que certains aspects de l'administration d'une colonie. Ces passages furent au début assez pénibles car étant le receuil de doléance et de plainte de l'Evêque sur sa “mission” et son obligation d'ècouter des propos “non-chrétien” mais au fil du recit, viennent apporter un certain éclairage historique intéressant.
Mais ce qui est particulièrement prodigieux de ce livre de plus de 1.000 pages (en édition de poche s'il-vous-plaît) est la foisson de détails des us, coutumes, panthéon, croyances populaires, superstitions, structure sociale et politique, rites religieux ainsi que l'anthropologie et la linguistique des différents peuples méso-américains avant la conquête espagnole du Mexique. Il semble que son auteur se soit documenté plus de 10 ans avant d'écrire ce livre et même si je suis incapable de confirmer si tout ce qui est décrit est vrai, il semblerait pour ce que j'ai lu sur Internet, que la majorité des propos soient proches de la “réalité” connue.
Et c'est bien cela que je trouve prodigieux dans ce roman car malgré une certaine lenteur dans le récit - du moins au début, marqué par de longues descriptions ralentissant la lecture- certaines incohérences- inhérentes à un récit détaillé et de cette taille- et certaines disgressions sexuelles, à la limite de la pornographie, à mon avis, totalement inutiles et superflues car la vie sexuelle des aztèques n'avait rien de bien extraordinaire et est plus le fruit de l'imagination (perverse?) de l'auteur, ce roman historique est cependant une façon ludique et agréable d'apprendre beaucoup d'information sur cette civilisation à jamais perdue ainsi que la possibilité de connaître l'Histoire du point de vue des vaincus (les 250 dernières pages sur la conquête espagnole et les dissensions internes sont passionnantes) et non des vainqueurs.
Donc en attendant qu'une bactérie, véritable conquistador du continent, soit capable de raconter l'histoire de la conquête des Amériques, Azteca est une belle alternative à l'Histoire racontée par les soit-disant vainqueurs auto-proclamés et donne un aperçu légèrement différent de ce que nos livres d'Histoire ont pu nous apprendre.
Un très beau voyage dans le temps!
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Soleney
  30 mars 2015
Ce pavé de 1050 pages, c'est l'histoire de Mixtli (dit Nuage Noir), un Aztèque employé par Monseigneur l'évêque pour le compte du roi Charles Quint. Son rôle est de décrire son pays et sa culture avant l'arrivée des colons espagnols.
Bien qu'étant plus amatrice des littératures de l'imaginaire, j'ai beaucoup aimé ce bouquin. Il y a certes quelques longueurs dans la narration – car le personnage principal s'attache à décrire chaque détail de la culture de son peuple – mais les rebondissements arrivent à point nommé pour nous choquer/dégoûter/révolter (ouais, ils sont hards, les rebondissements…). J'ai appris que l'auteur avait fait dix ans de recherches pour parvenir à rédiger son roman. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il était sacrément motivé ! Ça se ressent à la lecture, car il prend le temps d'expliquer le quotidien des Aztèques. Peut-être un petit peu trop, parfois – j'avais du mal quand il décrivait en long en large et en travers les cérémonies religieuses… Et des cérémonies, il y en a ! Cette civilisation a un panthéon de dieux assez varié (mais moins que tous nos saints catholiques, comme le souligne Mixtli).
En revanche, plus on avance, moins c'est descriptif et plus c'est passionnant !
Commençons par ce qui fâche : les défauts.
Selon moi, l'auteur met trop en avant l'importance du narrateur. Nuage Noir était un enfant comme les autres et vivait dans un petit village banal. Il était même en-dessous des autres, puisque sa vue est devenue tellement mauvaise qu'il en est presque aveugle. Mais quand il avait sept ans, un vieillard lui a prédit un destin incroyable, et en grandissant il a été appelé à la cour de Texcoco pour apprendre les mots (son rêve de toujours) et servir les Grands. Je n'ai pas trop compris comment ni pourquoi. Si je me rappelle bien, il avait rencontré un voyageur un soir, qui serait en fait le messager de l'Orateur Vénéré (c'est-à-dire, le roi) de Texcoco. Ce voyageur l'aurait bien apprécié (comment ? Pourquoi ?). Et ça aurait suffi pour le faire appeler à la cour pour apprendre à lire. C'est un peu trop facile… J'ai trouvé que c'était un peu « bricolé » pour nous permettre de voir de près toutes les couches de la société aztèque.
Mais par conséquent, le parcours de Mixtli est trop chaotique pour être réaliste (surtout dans une société où il était sûrement difficile de changer de grade) : il étudie à la cour, puis devient soldat, puis héros de guerre (carrément), puis pochtecatl (riche marchand), conseiller royal, négociateur du roi (wahou)… Il rencontre des femmes magnifiques qui tombent à ses pieds, a toujours réponse à tout, fait des découvertes absolument fabuleuses, découvre des contrées au-delà de toute imagination… C'est un destin de héros, pas de personne du peuple (juste un exemple, pour dire à quel point ce n'est pas n'importe qui : sa fille de deux ans suscite tant l'admiration d'un potier croisé dans la rue qu'elle lui sert de modèle. Et c'est ainsi que le narrateur est amené à voir son visage partout tant les reproductions sont nombreuses ! Une vraie superstar…). En fait, Mixtli fait partie de l'Histoire (notamment quand débarquent les Espagnols), mais personne ne le sait. J'ai eu du mal à m'identifier à lui à cause de ça – sa vie est bien trop au-dessus de la mienne. le destin de ses proches est même tout aussi chamboulé que le sien (notamment sa soeur et son ami d'enfance), rajoutant encore des rebondissements à son existence.
Bref, une vie digne d'une série télé, mais pas de la réalité. Et la construction même de l'histoire rend la vie de Mixtli encore plus romanesque : les Espagnols prennent le PREMIER vieil homme qu'ils trouvent dans les populations locales, et comme par hasard, ils tombent sur quelqu'un qui a eu un destin extraordinaire. Mouais. Un peu de retenue aurait pu donner plus de crédibilité au personnage. Ou à tout le moins, il aurait pu naître dans un milieu social un peu plus élevé pour expliquer cette ascension fulgurante.
D'ailleurs, j'ai l'impression que Jennings « oublie » parfois que son héros est presque aveugle. Il explique que son infirmité le gène énormément quand il est petit (à tel point qu'il se cogne aux meubles, quand même ! Et que les autres enfants se moquent de lui : « Regarde, Mixtli, tu as vu ?? — Ah, oui. — C'est beau, hein ? — Oui, c'est magnifique. — Imbécile, il n'y a rien ! »). Puis plus rien. Il n'a plus du tout de problème pour se diriger, il voit très bien de près, mais les choses au loin sont floues (avant qu'il trouve sa solution personnelle, cela s'entend). de temps en temps, l'auteur rappelle qu'il est obligé de se rapprocher des choses pour les voir distinctement, mais sinon, il vit très normalement et cela n'affecte pas les descriptions, ni l'attitude des autres à son égard (la pitié, la moquerie, le dédain, qui faisaient partie de son quotidien au moment où ses yeux sont tombés malades, ont mystérieusement disparus…). Un exemple : pendant qu'il discute avec Gourmand de Sang pour le convaincre de venir voyager avec lui, il le voit « écraser une fourmi avec sa botte ». Mais comment peut-il voir une fourmi à cette distance ?? À la base, il n'est censé y voir qu'à une main de distance. Je ne sais pas combien ça fait de centimètres, mais ça n'a pas l'air beaucoup…
J'ai eu aussi un petit souci avec la chronologie de son mariage. Peu après leur union, Mixtli et sa femme se rendent chez les Purépecha, et, suite à une nuit torride, il s'avère que la dame tombe enceinte… Mais seulement sept ans plus tard – soit quand Nuage Noir a vingt-huit ou vingt-neuf ans ! Et elle accouche… quand il en a trente-et-un. Promis, c'est écrit noir sur blanc dans le livre vers les pages 610-612 ! Après, l'oeuvre est tellement longue et tellement complexe que c'est parfaitement compréhensible que l'auteur se soit parfois mélangé les pinceaux.
Un dernier petit défaut m'a gênée (mais peut-être n'est-ce que dans mon édition ?) : beaucoup de mots aztèques sont employés dans les phrases, et pourtant, tous ne sont pas référencés dans le lexique – le plus souvent parce qu'ils sont expliqué lors de leur première apparition. C'est bien dommage, car cela nous force soit à revenir en arrière à la recherche de cette première évocation, soit à abdiquer et laisser le mystère du mot.
Côté points positifs, l'écriture, fluide, est très agréable à lire. L'histoire est très bien construite et monte lentement en puissance (le détail d'une vie, ça ne peut pas être survolé !) et les personnages sont très attachants. Les rebondissements revitalisent le récit (sauf pendant les 100 premières pages, où je me suis un peu ennuyée) et sont parfois trashs. Jennings est cru dans ses descriptions.
Mais contrairement à Spyeagle, je n'ai pas eu trop de problèmes avec cela. Tzitzitlini est plus âgée que son frère, et il me semble qu'elle a douze ans, et non sept, quand ils couchent ensemble (de même qu'à mon sens, Nuage Noir est forcément pubère, parce que sinon ça marche pas :P). Certes, c'est perturbant de savoir qu'ils font déjà ça si jeunes, mais cela arrive aussi dans la réalité (des petites filles qui tombent enceintes à douze ans…). Et plusieurs sociétés font se marier les filles à douze ans, voire plus tôt (je pense notamment à certains pays musulmans), et c'est plutôt nous qui nous marions très tard (je crois que la moyenne française est de 28 ans). Tout comme les autres scènes de sexe, on ne peut pas ne pas en parler sous prétexte que ce n'est pas convenable. Cela existe, et si le rôle de la littérature est de représenter, critiquer ou s'inspirer du réel, c'est normal qu'elle aborde ce sujet.
Certes, c'est très décrit (parfois trop), mais personnellement je l'ai plus vu comme un moyen pour le vieux Mixtli qui raconte de se moquer des frères dominicains et de l'évêque, qui sont obligés d'écouter son « étalement de dépravation » (on le voit dans les apostrophes, toujours moqueuses). Y-a-t-il une critique religieuse sous-jacente ? C'est une bonne question à laquelle je n'aurai malheureusement pas de réponse…
En tout cas, cette sexualité affichée est beaucoup mieux passée que celle de Sexus alors que ce n'est pas moins décrit. Dans celui-là, l'auteur (qui raconte sa jeunesse) a une conduite parfaitement amorale et égocentrique. La sexualité du livre n'a pas de sens, si ce n'est provoquer l'Amérique des années 20, alors que dans Azteca, elle a une utilité à l'intérieur même de l'histoire : elle rend certaines scènes encore plus affreuses, plus poignantes, d'autres comiques, elle provoque les dominicains et le lecteur… Et le fait qu'il emploie des mots aztèques pour les décrire édulcore ces scènes et enlève toute vulgarité.
En conclusion, je dirais que c'est un très bon livre qui, bien qu'à ne pas mettre en toutes les mains, plaira sûrement aux férus d'histoire et à ceux que les gros pavés font envie ! J'ai eu un peu de mal à accrocher dans les premières pages, mais par la suite, les rebondissements m'ont complètement tenue en haleine. Je peux dire que je ne regrette pas cette dépense et que je relirai sûrement Azteca d'ici quelques temps (il y a tellement de choses qui se passent, tellement de retournements qu'on oublie vite les détails et que c'est un bouquin qui doit pouvoir se relire à tout moment).
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Arakasi
  13 septembre 2017
Mixtli « Nuage Noir » est un vieillard. Il a beaucoup vu, beaucoup voyagé, beaucoup entendu. Il a connu le vaste empire Mexica au sommet de son pouvoir mais a aussi vécu son déclin et son irréversible chute à l'arrivée de conquistadors espagnols. Aujourd'hui, Mixtli n'aspire qu'au repos et à terminer ses vieux jours dans la paix de l'âme aux côtés de son épouse malade. Pourtant un dernier défi l'attend : l'évêque de Mexico fait appel à lui pour lui conter l'histoire de son pays, récit qui sera ensuite envoyé au roi Charles Quint avide de découvrir les merveilles de sa nouvelle colonie. Mais les membres du clergé chargés de retranscrire les paroles du vieillard n'ont pas prévu un détail… Non seulement le vieil aztèque est malin, mais il est également très bavard. Loin de s'en tenir à une simple synthèse historique, il va les régaler par le menu de toute l'histoire de sa vie, de sa lointaine enfance sur les rives du lac Texcoco à ses dernières mésaventures en tant qu'interprète de Cortès. Alors que la plupart des hommes ne vivent qu'une existence, Mixtli lui en a vécu des dizaines : il fut marchand, guerrier, diplomate, peintre, scribe… Amant et époux aussi et ceci au grand dam des oreilles délicates des bons frères qu'il abreuvera abondamment de ses exploits sexuels.
Vaste fresque historique, « Azteca » est sans doute le roman le plus réussi de Gary Jennings. Certes, le récit souffre un peu du défaut récurrent des récits de ce genre, à savoir un excès du didactisme, mais ce point de détail est justifié par le parti-pris narratif et je ne m'étendrai pas exagérément dessus. Touffu, foisonnant, très souvent passionnant, le récit de Mitxli a également le mérite d'être délicieusement dépaysant. Paysages sublimes et villes magnifiques foisonnent et, à chaque nouveau chapitre, c'est de nouveaux décors qui s'offrent à nous, tous plus beaux les uns que les autres. Je ne pourrais juger en revanche de la véracité historique, mais il est évident que Jennings a pris grand soin d'abondamment se documenter et on sort de cette lecture considérablement plus savant qu'on ne l'était au premier abord. Bon point non négligeable : Jennings ne tente pas de dresser un portrait idyllique de la société aztèque et ne nous épargne pas ses aspects les moins reluisants.
Niveau protagonistes, Mitxli est un narrateur éminemment sympathique et dont on prend plaisir à admirer l'astuce et l'intelligence. Les petits piques discrètes qu'ils adressent à ses auditeurs réticents m'ont fait sourire plus d'une fois. Nombreux sont les personnages qui gravitent autour de lui – amis, suzerains, ennemis, amantes, esclaves… – mais ils ont tous comme point commun d'être extrêmement bien typés. Un bémol cependant, à savoir l'excès de scènes de sexe, souvent plus racoleuses les unes que les autres. On a droit à tout ou presque : inceste, pédophilie, partouze, zoophilie, etc. A la première lecture, j'avais innocemment mis cela sur le compte des particularités de la société aztèque ou peut-être du malin désir de Mitxli de mettre ses interlocuteurs mal à l'aise… Mais après avoir lu d'autres romans de Mr Jennings, j'ai dû me rendre à l'évidence, tous ses bouquins sont comme ça. Et encore « Azteca » est un des plus softs. Alors, quitte à passer pour pudibonde, je l'affirme : trop de cul tue le cul. Ce petit (mais marquant) détail ne m'a pas empêché de relire « Azteca » avec beaucoup de plaisir et je me risquerai peut-être même à lire la suite, « Automne aztèque », bien que sa réputation soit moindre. Une bien belle manière de voyager.
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majero
  23 octobre 2018
Compte rendu exigé par Charles Quint, un vieil aztèque raconte sa vie, Mixtli, le myope, à qui sourit la chance, sélectionné pour l'école fréquentée par la noblesse de Texcoco, confident de la princesse pervertie 'Poupée de Jade', parcourant le 'Monde Unique', combats glorieux, réussites en affaires et en amour, découvertes scientifiques édifiantes...
Au final je qualifierais ce long pavé comme un mélange de 'Fantasy' un brin lourdeau et d'infos historiques débitées d'une manière un peu académique qu'il tente de compenser par un côté accrocheur de sacrifices humains, cannibalisme et répétitives allusions et scènes de sexe aussi diverses qu'inceste, lesbianisme, viols, pédophilie, orgie, ou zoophilie!
Cependant cela a le mérite d'avoir éveillé ma curiosité et le livre correspond tout à fait à Wikipedia!
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   20 juin 2012
C'est ainsi que je vis Tenochtitlan pour la première fois ; non pas comme une cité remplie de tours de pierre, de riches boiseries et de peintures éclatantes, mais comme une ville de lumière. Au fur et à mesure qu'on allumait les lanternes, les torches et les chandelles, dans l'embrasure des fenêtres, dans les rues, le long des canaux, sur les terrasses, les corniches des toits des bâtiments..., les petits points de lumière distincts s'agglutinaient puis formaient des rubans de lumière qui, à leur tour, dessinaient les contours de la ville.
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boudiccaboudicca   29 juin 2012
Les dieux t'ont aidé à connaître l'art des mots. Ils t'ont aidé dans tes voyages pour que tu puisses voir et apprendre beaucoup de choses. Grâce à cela, tu sais mieux que personne ce qu'a été le Monde Unique. Tout cela va disparaître à jamais. Ce monde n'existera plus que dans le souvenir et c'est toi qui auras la charge de conter son histoire. Un jour, quand tout aura disparu, pour toujours, des hommes viendront remuer les cendres et se poseront des questions. Tu possèdes les souvenirs et les mots pour parler de la splendeur du Monde Unique, pour qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. Toi, Mixtli, quand tous les monuments se seront écroulés, quand la grande pyramide elle-même se sera effondrée, tu seras encore là. Tu resteras debout.
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boudiccaboudicca   24 juin 2012
J'ai assisté à de nombreux offices dans vos églises depuis le jour où je me suis converti et j'en suis venu à penser que le christianisme présenterait bien plus d'attraits pour les païens si les prêtres de Votre Excellence décrivaient les délices du Ciel avec autant de pittoresque et d'exaltation qu'ils s'étendent sur les horreurs de l'Enfer.
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c-garauc-garau   28 février 2009
Au nord où je suis allé par la suite se trouve une grande péninsule qui s'avance dans l'océan et où vos explorateurs ont abordé pour la première fois. On aurait pu penser qu'après avoir jeté un coup d'oeil sur ces terres désolées, ils seraient retournés chez eux pour ne jamais plus revenir. Au lieu de cela, ils ont donné à ce pays un nom encore plus absurde que "corne de vache" pour Cuauhnahuac ou tortilla pour Texcala. Lorsque les premiers espagnols débarquèrent, ils demandèrent aux habitants comment s'appelait cet endroit et ceux-ci, répondirent tout naturellement : yectetan ce qui veut dire : je ne comprends pas ce que vous dites. Ces navigateurs en firent Yucatan ...
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xstxst   07 octobre 2014
Tout devin peut voir les chemins et les jours. Même s’il prédit une chose qui va vraiment se produire, elle est loin dans l’espace et dans le temps et elle ne profitera ni ne nuira jamais au devin lui-même. Le tonalli [âme, destin] de ce garçon est de regarder de près les choses de ce monde, de les voir comme elles sont et de comprendre ce qu'elles signifient. [.] Tu croiras d’abord que c’est un handicap, mon garçon, mais ta courte vue t’aidera à discerner des vérités que ceux qui voient loin dédaignent. […]
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