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ISBN : 2354801696
Éditeur : Amsterdam, (16/03/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Ce petit livre de C. L. R. James, dont la première édition est parue en 1938, la même année que Les Jacobins noirs, propose une histoire mondiale de la résistance des Noirs, de Saint-Domingue aux colonies africaines, en passant par les États-Unis et d’autres îles des Antilles.

Révoltes d’esclaves, émeutes, grèves, mouvements millénaristes ou antiracistes : rompant avec le cliché de populations subissant passivement leur exploitation, James souligne la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
de
  11 juillet 2018
« le seul lieu où les Noirs ne se sont pas révoltés, c'est dans les pages écrites par les historiens capitalistes »
Dans sa préface, Selim Nadi parle, entre autres, de la formation d'un « marxiste noir », de l'historien des révoltes noires, de l'avenir des luttes anti-impérialistes, « L'histoire qu'il dresse de ces révoltes, de cette solidarité panafricaine, est loin d'être abstraite ou purement scolastique », du Jacobin noir, de Toussaint Louverture, de la création d'une organisation noire aux Etats-Unis, de la nécessité de remettre en lumière les résistances au colonialisme européen…
« Loin de se contenter de décrire les révoltes panafricaines, James accorde une importance certaine au rapport dialectique entre les masses et les leaders révolutionnaires ; sans sombrer dans une histoire des « grands hommes », il propose de mettre en lumière la dynamique existant entre les rébellions ou les mouvements révolutionnaires et leurs dirigeants ».
Sommaire :
1 – Saint-Domingue
2 – Les anciens Etats-Unis
3 – La guerre civile
4 – Les révoltes en Afrique
5 – Marcus Garvey
6 – Les mouvements noirs des dernières années
Epilogue : L'histoire des révoltes panafricaines : une synthèse 1939-1969
« Cet ouvrage cherche à rendre compte et à faire l'analyse des révoltes des Noirs au fil des siècles, sous l'esclavagisme, en Afrique pendant le dernier demi-siècle ainsi qu'en Amérique et aux Antilles de nos jours »
Révoltes et révolutions, extension géographique des idées d'égalité et de liberté. Comme l'indique C. L. R. James, « 1789 fait date dans l'histoire des révoltes des Noirs aux Antilles. L'unique révolte noire à avoir réussi – l'unique révolte d'esclaves de l'histoire à avoir réussi – trouve ses racines dans la Révolution française, et sans la Révolution française son succès aurait été inconcevable ». L'auteur détaille l'histoire de Saint-Domingue, sa place dans les circuits économiques, la création de la Société abolitionnisteet de la Société des amis des Noirs, la propagation des « devises de liberté, d'égalité et de fraternité », le soulèvement des esclaves, la prétention du régime républicain – comme de l'ancien régime monarchique – à maintenir l'esclavage, l'abolition le 4 février 1794 de l'esclavage par la Convention, « le rôle des Noirs dans le succès de la grande Révolution française n'a jamais reçu la reconnaissance qu'il mérite », les liens entre indépendance et liberté, les développements à Saint-Domingue, le rétablissement de l'esclavage par le Bonaparte si vénéré, l'abolition de la traite par la France en 1815 et celle de l'esclavage en 1848, le choix du nom caraïbe de Haïti…
Etats-Unis, une révolte en septembre 1739 à Stono, la répression sauvage et la sévérité de la législation esclavagiste, les révoltes dont celle de Nat Turner, la guerre civile, « ni la conscience de l'humanité ni ses lumières croissantes n'aillaient abolir l'esclavage », l'esclavage comme socle du capitalisme aux USA, les Noirs employés comme soldats, la libération des esclaves en territoire rebelle, les luttes pour une paie comme celle des Blancs, les anciens esclaves et la terre, le refus « de toucher à la propriété dans le Sud au bénéfices des Noirs », le suffrage « universel » masculin, le sommet de la législation progressiste dans le Sud…
Afrique, les colonisations, la capitation, l'appropriation des terres par les Blancs, les différents types de colonisation, une grève dans les chemins de fer en Sierra Leone, un soulèvement de femmes au Nigeria, des révoltes religieuses, le mouvement de Kimbangu au Congo, l'Union d'Afrique du sud, les actions du prolétariat noir dans les villes, le syndicalisme ouvrier…
Je souligne le chapitre sur Marcus Garvey, la position des Noirs aux USA après la courte période dite de « reconstruction », la contribution des populations noires à « faire du pays ce qu'il est », la question de la couleur de la peau « question sociale et politique », la force du mouvement noir, le « retour en Afrique » comme « pitoyable ânerie », la conscience de l'origine africaine et la solidarité internationale, « Il révèle le feu qui couve dans le monde noir, autant en Amérique qu'en Afrique »…
Les mouvements noirs dans l'empire britannique, en Côte-de l'Or, en Ashanti, la grande insurrection de 1831 en Jamaïque, les accords d'Ottawa, Trinité, la société secrète Watch Tower, les puissances impérialistes et la distinction insignifiante pour les Africains entre l'impérialisme fasciste et l'impérialisme démocratique, « Les Africains se blessent et se brisent les os contre leurs barreaux dans l'intérêt de libertés plus vastes que les leurs »…
Pour finir, C. R. L. James propose un épilogue sur L'histoire des révoltes panafricaines : une synthèse 1939-1969. Certains éléments me paraissent discutables, mais là n'est pas l'essentiel. L'auteur aborde particulièrement deux pays en Afrique qui ont gagné leurs indépendance, le Ghana et le Kenya. Il présente les luttes, les organisations de la population, les leaders, le mouvement « Mau Mau », les appels à la police de ne pas tirer sur la foule et à désobéir au pouvoir colonial européen. Une partie est consacrée à l'Afrique du Sud, le régime d'apartheid et le découpage des lieux. L'auteur revient sur les Etats-Unis, le Civil Rights Act (1957), les luttes des étudiant·es noir·es, les Freedom Riders. Il aborde aussi les Caraïbes et « les nouvelles lignes directrices devaient relier les îles entre elles ». avant de faire un retour en Afrique (dont la Tanzanie et la Zambie), en dénonçant au passage l'imposture des pays de l'Est de l'Europe à se présenter comme socialistes.
Matthieu Renault dans postface, L'histoire, ça sert d'abord à faire la révolution, souligne « La composition par James de son Histoire des révoltes panafricaines, dont le lecteur a en main la première traduction française, constitue à cet égard un stade dans une vaste entreprise non seulement d'écriture d'une histoire noire (révolutionnaire) occultée, mais aussi et indissociablement de réécriture de l'histoire du monde (world history) depuis les marges des empires coloniaux ».
Le postfacier aborde, entre autres, l'indépendance des luttes africaines-américaines ; parle des acteurs et actrices de leur émancipation, des sujet·es de leur histoire et aussi de l'histoire étasunienne, de la lutte pour l'abolition, d'en finir avec l'Histoire avec un grand H… « il faut refaire l'histoire du monde pour faire une révolution qui soit, enfin, réellement mondiale ».
Le titre de cette note, une phrase de C. R. L. James citée dans la postface.

La première édition date de 1938. Ce n'est pas une lenteur des transports qui explique les quatre-vingt ans nécessaires pour sa traduction dans la petite province française…
Quoiqu'il en soit, l'édition de ce livre, même assez daté, de C. L. R. James est une très bonne chose. Outre les éléments cachés ou niés de l'histoire, dont les révoltes des populations esclavagisées et leur place décisive dans les combats pour l'abolition de l'esclavage ou pour les émancipations sociales et nationales, l'auteur insiste sur les processus collectifs, une certaine unité de perspective par delà l'Atlantique et la nécessaire auto-organisation des populations concernées.
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ErnestLONDON
  31 octobre 2018
Cette histoire transnationale des luttes noires (Afrique, Amérique du Nord, Caraïbe) rompt avec le cliché de populations passives et redonne leur place dans l'histoire mondiale à ces mouvements d'une grande diversité.
(...)
Si ces évocations succinctes sont partielles et partiales, elles n'en dessinent pas moins un panorama mondial des révoltes noires dont l'auteur s'attache à analyser les intentions. Cette histoire, sans doute trop courte et incomplète, invitera certainement à approfondir le sujet. Elle représente une importante tentative d'écriture d'une histoire révolutionnaire noire dans une perspective émancipatrice, une vaste entreprise de déconstruction du mythe du « noir docile ».
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   27 octobre 2018
Ce à quoi nous assistons ici, ce n’est pas l’un de ces changements soudains dans la conscience de l’humanité dont raffolent les historiens romantiques et réactionnaires, mais plutôt le climax d’une transformation progressive de l’économie mondiale.
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dede   11 juillet 2018
Loin de se contenter de décrire les révoltes panafricaines, James accorde une importance certaine au rapport dialectique entre les masses et les leaders révolutionnaires ; sans sombrer dans une histoire des « grands hommes », il propose de mettre en lumière la dynamique existant entre les rébellions ou les mouvements révolutionnaires et leurs dirigeants
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dede   11 juillet 2018
1789 fait date dans l’histoire des révoltes des Noirs aux Antilles. L’unique révolte noire à avoir réussi – l’unique révolte d’esclaves de l’histoire à avoir réussi – trouve ses racines dans la Révolution française, et sans la Révolution française son succès aurait été inconcevable
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dede   11 juillet 2018
Cet ouvrage cherche à rendre compte et à faire l’analyse des révoltes des Noirs au fil des siècles, sous l’esclavagisme, en Afrique pendant le dernier demi-siècle ainsi qu’en Amérique et aux Antilles de nos jours
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dede   11 juillet 2018
il faut refaire l’histoire du monde pour faire une révolution qui soit, enfin, réellement mondiale
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E.P Thompson and C.L.R. James
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