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EAN : 9782413015642
380 pages
Éditeur : Delcourt Littérature (20/03/2019)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Après six années d'une drôle de vie menée au loin en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s'est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs porte-feuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures... Pourtant lorsqu'il apprend que la femme de son frère s'est enfuie avec le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l'Amérique rurale), bi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  09 avril 2019
Un road-trip improbable aux confins du Texas
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Un pitch comme je les aime. De surcroît chez une maison d'édition - Delcourt - qui m'a fait découvrir de belles pépites (notamment "Au loin" , "L'habitude des bêtes", "Peur" ). Alors quand au Picabo River Bookclub , on nous le propose de le lire, je n'ai pas hésité une seule seconde.
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Les années 70 au Texas dans ces grands espaces désertiques balayés par les vents. Vous imaginez le panorama. A cela, des motels miteux, des routes où personne ne passe. On fait la rencontre heureuse (ou malheureuse) d'un gentleman-cambrioleur nommé Troy. Il m'a de suite rappelé Christopher Knight, le dernier ermite des USA - un être qui ne vit que de larcins pour survivre. Troy, donc, qui depuis quelques années a quitté le domaine familial - enfin ce qu'il en reste - son paternel et son frère Harlan, un grand taiseux et un peu soupe-au-lait.
Bref, ce cher Harlan a été dépossédé de son héritage par une croqueuse de diamants (que Troy connaît bien). On pense tout de suite à une entourloupe. Troy va récupérer Harlan et ensemble vont sillonner l'état pour chercher la femme. Un road-trip jusqu'au Mexique ne va pas se passer d'une manière très classique. Une rencontre avec une jeune mennonite, Martha, va les déboussoler.
*
J'avoue que je me suis un peu perdue dans l'intrigue. J'ai attendu une entrevue avec la femme de Harlan (vous savez, celle qui a subtilisé l'argent) mais elle n'est jamais arrivée. Mais finalement, ce n'est pas le plus important à retenir dans cette histoire.
J'ai surtout voyagé et je m'en suis mis plein les mirettes. Je me suis retrouvée au cinéma à visionner des plans paysagers, sociologiques, et un peu de pulp (à la Tarantino, vous voyez ce que je veux dire). Je me suis sentie bien avec ces personnages rudes et finalement bien sympathiques. J'ai aussi appris un peu sur le fonctionnement d'une communauté de mennonites. Et puis les prisons mexicaines ! Quel shoot de violence!
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Un premier roman prometteur qui, après un départ un peu lent, a réussi à me montrer un Texas rural malmené par les intempéries et les hommes avides. Triste mais décrit de manière si lucide et photogénique.
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Lu avec l'écoute de l'album de Cody Johnson "Ain't Nothin to it" (du country texan)
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Merci au Picabo River Bookclub et Delcourt pour la découverte.
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BonoChamrousse
  26 mars 2019
PRESIDIO de Randy Kennedy
Traduit par Éric Moreau
Éditions Delcourt
Des deux frères Falconer, Troy a su très jeune que "quelque soit ses efforts, il ne deviendrait jamais quelqu'un de respectable ni de convenable. A la vérité, il savait qu'il n'aurait même pas envie de se donner la peine d'essayer". Alors autant voler des voitures jusqu'à ce qu'il comprenne que son idéal était de renoncer à tous ses biens matériels. Mais n'ayant pas le courage de sacrifier sa vie pour entrer au monastère ou de choisir la case prison, il décide de disparaître et de sillonner les vastes plaines du Texas tout en volant régulièrement les identités et les biens des clients de passage dans les motels... Sauf qu'un jour, il fera une boulette qui l'obligera à reprendre contact avec son frère Harlan... Et une boulette en entraînant une autre, les deux frères se retrouveront avec une gamine mennonite sur les bras, la petite Martha...
J'ai adoré les personnages de ce roman, des taiseux qui s'exprimeront, chacun à leur manière, au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire (sauf Harlan qui est un homme taciturne et qui a érigé son corps en barrière contre les autres).
Mais le personnage principal de ce roman, c'est le Texas des années 1970 et plus précisément les régions frontalières avec le Mexique (juste là où, de nos jours, un certain président veut y construire un mur). Un Texas avec des plaines vides où s'éparpillent des petites bourgades, à plusieures heures les unes des autres, où les habitants ont oublié pourquoi une ville y avait été construite. Un Texas désertique que les indiens utilisaient, il n'y avait pas si longtemps, pour la chasse ou y perdre leurs ennemis.
Randy Kennedy a magnifiquement transposé l'ambiance du Texas et plusieurs jours après ma lecture, cette histoire me hante encore. Les éditions Delcourt ont décidément le chic pour nous proposer d'excellents textes...
Bref, j'ai adoré "Presidio" !
Merci au #PicaboRiverBookClub et aux éditions Delcourt pour ce partenariat.
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Sharon
  27 mars 2019
Connaissez-vous les mennonites ? Non ? Moi non plus, du moins pas du tout avant d'avoir ouvert ce livre, et encore, je n'ai fait leur rencontre qu'au tiers du livre, pour ne quasiment plus les quitter, si j'ose dire.
Nous suivons d'abord le périple de deux frères, Harlan et Troy. Frères ennemis ? Non, pas vraiment. Disons que chacun a vécu sa vie, et que le point de rencontre entre leurs deux existences a bien failli tout faire exploser. La profession de Troy n'est pas vraiment l'activité qui permet de maintenir une famille unie. d'ailleurs, est-ce vraiment une profession que celle de voleur de voiture ? Non. Elle se rapproche presque d'une philosophie de vie puisque Troy ne veut rien posséder. Quant à son frère, un peu à cause de Troy, il ne possède plus rien non plus et il s'est mis en tête de l'aider à récupérer son bien.
Ce n'est pas que leur route croise celle de Martha, c'est qu'en se livrant à son « travail » – la voiture de leur défunt père les a lachés – ils emmènent sans le savoir une toute jeune adolescente avec eux – toujours bien fouiller une voiture avant de l'emprunter devrait être la règle d'or de tout voleur.
Le récit se partage véritablement entre quatre voix. Nous avons d'abord celle de Troy, dans de longs passages en italique. Il nous renseigne sur le passé des deux frères, sur la vie qu'il a menée, sur ses sentiments et ses émotions aussi. Nous avons aussi le voyage à travers le Texas, temps présent presque trop court au regard du récit rétrospectif, temps partagé entre les deux frères. Nous avons aussi le récit de Martha, aînée d'une famille très nombreuse, placée chez sa tante Johanna qui a quitté, des années plus tôt, sa communauté stricte pour une autre qui l'est moins : Johanna a une voiture qu'elle conduit elle-même, ses vêtements sont moins strictes que ceux que portaient Martha, même s'ils sont encore reconnaissables comme mennonite. . Enfin, nous avons la partie du récit qui est centrée sur Aaron, le père de Martha. La religion mennonite a été le centre de sa vie en tout temps, sans que parfois l'on comprenne comment elle a pu l'être, alors que d'autres membres de sa communauté ont choisi de vivre dans des lieux où le culte permettait de vivre de façon plus adaptée au monde contemporain.
Quand je dis « voix », je devrais avant tout parler de voix intérieure, parce que les personnages sont avant tout des taiseux, qui parlent peu, comme les deux frères Falconer. Quant à Martha, elle a été muselée en partie par les hommes de sa communauté – les femmes ne peuvent apprendre l'espagnol. Aaron, son père, est isolé de tous, des membres de sa communauté, de ses enfants, et, finalement, de tous.
Et si le personnage le plus important, c'était le Texas ? Celui des années 70, de ses vastes espaces somptueusement décrits, où l'on peut errer sans presque croiser personne. Ce Texas qui partage une frontière avec le Mexique – frontière dont on parle tant aujourd'hui.
Un roman très réussi.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Root
  12 avril 2019
Avant tout, je tiens à remercier Léa, pour ses précieux conseils et son indicible passion pour la littérature américaine, et les éditions Delcourt pour la découverte de ce roman. Un grand merci également au Picabo River Club, pour sa bonne humeur contagieuse et son accueil.
Troy a une étrange façon de concevoir la vie : il pioche dans celle des autres. Son lieu de prédilection ? Les chambres de motel. C'est là qu'il trouve généralement une valise, qui cache tout ce dont il a besoin pour poursuivre sa route dans l'immense et aride Texas : vêtements, sous-vêtements, après-rasage. Invariablement, sur la table de chevet, les clés de voiture. Au volant de sa nouvelle vie d'emprunt, Troy va retrouver Harlan, dont la femme — une vieille connaissance de Troy — s'est barrée avec l'argent de feu Billy Ray, leur père. Malgré leur quête commune, réunir les frères Falconer n'est pas une mince affaire, et chacun va tenter de s'accommoder du caractère de l'autre : il y a un bout de chemin à faire jusqu'au Mexique. D'autant que Troy et Harlan n'avaient pas du tout prévu d'avoir une passagère…
Ça arrive rarement, mais cette fois, j'ai apprécié les personnages sans parvenir à entrer dans l'histoire. Ou si, peut-être, mais trop tard. Difficile de résister à l'impertinence de Troy, à ses provocations, et à ses échanges de pics avec le taciturne Harlan. Mais les nombreuses digressions m'ont coupée dans mon élan. Je me trouve à ne finalement pas trop savoir quoi dire… mis à part « c'est bien, mais je n'ai pas vraiment aimé »… J'ai des goûts en matière de narration, besoin d'une certaine cadence, sans quoi je me laisse difficilement entraîner. Presidio est un bon roman, les descriptions vous font voyager sans peine, le trio Troy/Harlan/Martha (la passagère surprise) fonctionne bien, mais il m'a manqué de l'affrontement, un côté nerveux. Si vous souhaitez découvrir l'ambiance texane des 70's en compagnie de personnages sachant dire beaucoup en peu de mots, ce roman réaliste vous plaira sans aucun doute. Quant à moi, je regrette de n'avoir pas su prendre la place que l'auteur m'offrait.
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Jazzynewyork
  08 mai 2019





" J'adore ces choses pour leur qualités propres. Mais afin que j'en profite vraiment, il faut qu'elles aient un petit truc en plus, un élément qui sublime le reste – il faut qu'elles soient la propriété, légale ou légitime, de quelqu'un d'autre. “


Troy Falconer vit tel un fantôme en s'appropriant le bien des autres : leurs portefeuilles, leurs valises, leurs costumes, leurs voitures...






” Si j'ai commis un péché, c'est d'être trop américain – de vivre comme les pionniers qui ont construit cette grande nation, toujours en route vers une nouvelle destination, s'évertuant à élargir leur territoire sans rien d'autre qu'un cheval et les haillons qui leur servaient de vêtements. Ou, si je remonte plus loin encore, comme les Comanches, qui ne s'établissaient jamais de façon permanente et considéraient que leurs biens ne leur appartenaient que de manière provisoire. Ils subsistaient grâce à ce qu'ils chassaient ou parvenaient à récupérer, notamment les chevaux, dont on pouvait prendre la bride dans la main d'un soldat endormi sans trop perturber ses rêves. ”


Mais lorsqu'il apprend que son frère s'est fait plumer du petit héritage de leur père par sa femme, il n'hésite pas à le rejoindre pour lui prêter main forte, bien décidé à retrouver l'argent. Commence alors un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas, au volant d'une voiture volée qui hélas va les mettre dans une fâcheuse position. 





” Je pourrais prétendre que j'ai tout inventé, mais ça m'étonnerait qu'on me croit.
“ 


Ce que j'en dis : 

On peut compter sur les Éditions Delcourt pour nous offrir un nouveau roman de qualité. Presidio ne déroge pas à la règle avec cet excellent roman noir à l'écriture stylée et à la prose lyrique pleine de charme. 

En compagnie de ces deux frères plutôt taiseux, on est embarqué dans un road movie à travers le Texas rural et ses plaines désertiques qui en fait un personnage à part entière.
Une rencontre improbable nous fera découvrir la religion de mennonite à travers le personnage de Martha, et fera également prendre une tout autre tournure à l'histoire du départ. 



Un récit très cinématographique où résonne la musique de Ry Cooder, dans une ambiance mêlant country et blues. 

Une belle aventure américaine envoûtante et étonnante. 
Du noir comme j'aime, tout en finesse avec une bonne dose d'adrénaline et des personnages atypiques et attachants qui ne cessent de nous surprendre. 

Un début très prometteur pour ce jeune écrivain plein de talent, que je vous encourage à découvrir. 




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critiques presse (1)
Actualitte   31 mai 2019
Un récit qui ne manque pas de mordant, avec une authenticité profonde qui parcourt chaque action, chaque page.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2019
Ses tentatives visant à être un père responsable consistaient bien souvent à enseigner à ses fils ce qu’il avait lui-même appris de son frère aîné en l’absence de leur propre père, à savoir des apprentissages pour la frime, inutiles pour la plupart, par exemple faire les clins d’œil, claquer des doigts, siffler et cracher, tailler le bois au canif, gober des cacahuètes, lancer un couteau afin qu’il se plante dans la cible, assener un coup de poing, dénicher des pointes de flèche dans les herbages, mais parfois aussi des connaissances pratiques – distinguer les serpents-taupes des crotales grâce à leur cou, tenir un pistolet, une carabine et un fusil (même s’il éprouvait une vive aversion pour la chasse et ne laissait jamais ses fils tirer sur des animaux en sa présence), et enfin il leur avait appris à conduire, d’abord à Troy, puis à Harlan, qu’il rehaussait avec un oreiller pour qu’il atteigne le volant. Le secret du bon conducteur, expliquait Bill, c’était de poser le regard sur la route à distance intermédiaire, ni trop près du capot ni trop loin vers l’horizon.
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2019
Ma pire crainte c’est que, quand mon périple touchera à sa fin – parce que ça ne pourra pas continuer éternellement –, on me taxe de hippie, de communiste ou je ne sais quoi, voire qu’on m’accuse d’être antiaméricain, ce qui constituerait une grave erreur de jugement. Si j’ai commis un péché, c’est plutôt celui d’être trop américain – de vivre comme les pionniers qui ont construit cette grande nation, toujours en route vers une nouvelle destination, s’évertuant à élargir leur territoire sans rien d’autre qu’un cheval et les haillons qui leur servaient de vêtements. Ou, si on remonte plus loin encore, comme les Comanches, qui ne s’établissaient jamais de façon permanente et considéraient que leurs biens ne leur appartenaient que de manière provisoire. Ils subsistaient grâce à ce qu’ils chassaient ou parvenaient à récupérer, notamment les chevaux, dont on pouvaient prendre la bride dans la main d’un soldat endormi sans trop perturber ses rêves.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2019
Ce faisant, il s’émerveilla, comme ça lui était arrivé en d’innombrables occasions, que dans un monde régi par les actes notariés, les privilèges et les titres de propriété, il suffisait pour s’approprier quelque chose d’un bout de cuivre à dix cents pourvu des bonnes encoches.
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2019
Si on est chanceux quand on mène ce genre de vie, une chambre de motel peut être une source de bonheur largement suffisante. Dans la chambre, il y a une valise. Cette valise renferme les affaires d’un homme de même taille que vous, plus ou moins, un non-fumeur aux goûts potables en matière de vêtements et d’après-rasage. Son portefeuille – posé à même le couvre-lit avec ses affaires, les représentants de commerce aimant tous piquer une tête avant d’aller dîner – contient assez de fric pour tenir deux ou trois semaines en vadrouille. Et sur la table de chevet, dans le cendrier en verre taillé, il a laissé les clés de sa voiture, garée juste à la diagonale de la porte, son pare-brise offrant un portrait convexe du ciel d’après-midi.
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rkhettaouirkhettaoui   21 avril 2019
Le mieux, dans les motels, c’est qu’ils recèlent les preuves concrètes d’interventions humaines sans qu’on n’en voie jamais les auteurs, petites touches personnelles en fin de compte tout à fait impersonnelles, puisque destinées à tout le monde et donc à personne en particulier : le couvre-lit retourné, les gobelets surmontés d’un opercule en papier crénelé, la bande sanitaire formant un axe de symétrie en travers de la cuvette, la première feuille de papier hygiénique pliée en triangle – c’est là un geste insignifiant, et pourtant j’avoue que je suis déçu si, en revenant à ma chambre dans l’après-midi, on l’a oublié.
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