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ISBN : 2351786998
Éditeur : Gallmeister (03/01/2019)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Billie Dixon sillonne les États-Unis des années 1940, s’efforçant de vendre des films dans les salles de cinémas des petites villes du Midwest. Elle apprécie son boulot et le contact avec les clients. Jusqu’à ce que dans un bled paumé de l’Arkansas, un prédicateur fanatique s’en prenne à elle, bien décidé à bouter hors de la ville tout ce qui ressemble à du cinéma. Billie aimerait bien le convaincre de changer d’avis, mais les choses se compliquent encore lorsqu’ell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  25 janvier 2018
Bienvenue chez les ploucs. Dès les premières lignes, Jake Hinkson annonce la couleur. « N'allez pas dans l'Arkansas, me dit le propriétaire du cinéma à Kansas City. »
Les histoires sans lendemain, au mieux vous laissent de bons souvenirs ou, dans le pire des cas, hypothèquent sérieusement votre avenir et Billie Dixon ne va pas tarder à en faire l'expérience.
Texane venue tenter sa chance à Hollywood, elle aurait voulu faire une belle carrière de scénariste. Hélas, pour gagner sa vie elle fourgue des films de série B dans des cinémas paumés des Ozarks pour une boite de production miteuse. Eté 47, elle arrive au volant de sa vieille Mercury à Stock's Settlement et se rend très vite compte que si elle veut vendre quelques films, il va falloir composer avec le pasteur local, Obadiah Henshaw, un vétéran héros de guerre touché par la Grâce divine. Malheureusement pour les affaires de Billie le pasteur, qui voit Satan partout, ne souhaite aucune projection dans sa paroisse. Billie pourrait repartir avec ses films sous le bras, mais voilà, frère Obadiah est marié avec la belle Amberly, et cette dernière lui a tapé dans l'oeil. La vie de Billie Dixon vient de basculer.
En quelques pages, l'intrigue est posée. Le lecteur se frotte les mains devant ce qui s'annonce comme un hommage aux classiques du roman noir, à tous ces polars qui ont planté au milieu de nulle part un voyageur attirant, différent, sans attache, qui fait tache dans le patelin, tombe amoureux de la belle fille du coin mal mariée avec un type qui lui barre la route du bonheur. Sans lendemain est un bel hommage aux romans de James M. Cain. Dans les Ozarks - terre du néo-noir maintes fois arpentée par Woodrell- pour Billie Dixon, le facteur va sonner deux fois.
Le romancier Jake Hinkson a eu la bonne idée de redistribuer les rôles de ce trio fatal et de faire de Franck Chambers une femme libre qui porte pantalons et cheveux courts, et qui se fiche du regard des autres. Effrontée, cynique, intelligente et pleine d'humour, elle est déjà singulière à Hollywood: « Moins d'une semaine après mon arrivée à Los Angeles, j'avais rencontré une ouvrière aux cheveux courts qui m'avait emmenée au Well Well Club dans LaBrea. C'était un monde dont je n'avais jamais osé rêver. Des filles en jean et chemise à carreaux en train de danser avec des dames en jupe et chaussures à talons. Ce fut une période bénie pour moi. Je m'habillais comme Marlène Dietrich et couchais avec des secrétaires et des épouses de militaires. C'était amusant , mais cela ne durait jamais. Echapper aux descentes de police était assez pénible (…). »
Alors forcément dans l'Arkansas, elle ne va pas passer inaperçue et les pèquenauds ont toujours une sainte horreur de la différence. Amberly quant à elle est une Cora inoffensive et un peu nouille (pour rester polie), quant à Obadiah Henshaw , il campe un Nick Papadakis allumé de la Bible et complètement ravagé.
J'ai adoré Sans lendemain. Enfin un Gallmeister qui a pour héroïne une femme qui pourrait sortir d'un roman de Marc Behm, une Lucy de Et ne cherche pas à savoir, une Cora de La vierge de glace, une Edmonde de La reine de la nuit, une femme née trop tôt pour être heureuse, une effrontée marrante et lucide, sur elle, sur l'amour, sur Hollywood: « Dans cette ville, le moindre employé jusqu'au plus petit , le moindre figurant se voit comme un tombeur parce qu'il peut s'offrir sa part de chatte d'actrice en herbe. Les rêves vont mourir sur le canapé des castings, mais que peuvent-elles faire, ces filles, à part se mettre à genoux ou rentrer dans l'Arkansas? Pas une seule jolie fille ne s'est jamais pointée à Hollywood en priant pour finir avec la queue de Bob Hope dans la bouche, mais nombre d'entre elles ont connu ce destin là. »
Le rêve américain n'est pas fait pour les femmes, et Jake Hinkson le prouve avec plusieurs d'entre elles. Amberly, belle et éduquée, a cru toute sa vie que son salut viendrait des hommes et s'est retrouvée dans une impasse. L'adjointe du shérif, Lucy Harington, opiniâtre, et retorse, est une femme née au mauvais endroit, cantonnée dans un rôle d'assistante administrative alors qu'elle est plus intelligente que tous les cerveaux du patelin réunis.
Comme dans ses précédents romans l'écriture de Hinkson est rythmée, concise, sa plume incisive et ses personnages une nouvelle fois se fracassent sur le rêve américain. Adieu Billie, il fallait écouter le propriétaire du cinéma de Kansas City...et merci aux Editions Gallmeister pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
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marina53
  06 juin 2018
Billie Dixon travaille depuis quelques mois chez les studios PRC. Sa mission : fournir en films les petits cinémas situés dans des bleds paumés. En somme, placer les merdes du studio aussi loin que possible. Billie devra donc se rendre dans les coins les plus reculés de l'Arkansas, du Missouri et du Tennessee. Première mission : Stock's Settlement dans l'Arkansas. Là, elle rencontre Claude Jeter, le propriétaire du cinéma quelque peu déserté. En effet, depuis la fin de la guerre, les gens n'ont plus un sou à mettre dans un billet de cinéma mais surtout le pasteur Obadia Henshaw a décrété que les films étaient l'oeuvre du Diable. Qu'importe, la jeune femme fait tout de même affaire avec Claude et compte bien rendre visite au pasteur. Une rencontre pour le moins inamicale puisque Billie se fait envoyer paître. Juste avant qu'elle ne quitte les lieux, elle croise la belle Amberly, l'épouse du pasteur, qui ne laisse pas insensible. Cette dernière lui donne rendez-vous le lendemain, lorsque son mari fera ses visites. Un rendez-vous qui risque bien de chambouler la petite vie de Billie...

Billie Dixon aime les femmes et collectionne les histoires sans lendemain. Jusqu'au jour où elle rencontre la belle et sensuelle Amberly Henshaw. Mais, voilà, Amberly, en tant qu'épouse du pasteur, est un peu comme le fruit défendu dans lequel, pourtant, la jeune femme va mordre. Il ne fait visiblement pas bon aimer les femmes en cette Amérique profonde de la fin des années 40. Et Billie va en faire l'amère expérience. Des néons d'Hollywood aux champs boueux de Stock's Settlement, Jake Hinkson nous plonge dans une ambiance un brin malsaine et électrique. Il dresse le portrait d'une femme éprise de liberté (fut-elle sexuelle ou non), cynique et rebelle. Autour d'elle, Amberly qui voit en elle comme une forme de libération ou encore Lucy Harrington, l'assistante du faux shérif, une femme posée et intelligente. Ce récit sombre et authentique, à l'intrigue rondement menée et aux moult rebondissements, se révèlera aussi beau que tragique.
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Nat_85
  07 juillet 2019
Ce n'est pas une surprise si le roman de Jake HINKSON » Sans lendemain » a reçu le Grand Prix de la Littérature Policière – Etrangère en 2018. Traduit de l'américain par Sophie Aslanides, ce roman noir addictif est publié en 2019 aux éditions Gallmeister. Jake HINKSON est originaire de l'Arkansas. Né en 1975, ce fils de prêcheur baptiste découvre en cachette à quatorze ans le roman policier. Les deux obsessions de ses jeunes années – la religion et le crime – l'habitent encore aujourd'hui. Il vit à Chicago, où il passe le plus clair de son temps à écrire et à fréquenter les salles de cinéma.
A la fin de la guerre, en 1947, les américains n'aspirent qu'à une chose : rêver d'un monde meilleur. Et pour se faire, Billie Dixon sillonne les routes pour tenter de vendre des films de seconde zone dans les bleds les plus paumés des Etats-Unis. Chargée de la distribution des Etats du Sud pour PRC depuis quelques semaines à peine, Billie réalise que les mentalités, quant à elles, n'ont pas vraiment évoluées, notamment lorsque le propriétaire du cinéma de Kansas City lui prédit des difficultés à venir…
p. 13 » – Vous devriez éviter l'Arkansas. Une fille seule dans ce coin-là, vous porriez bien avoir des ennuis […] Je vais vous dire, là-bas, c'est un autre monde, Billie. C'est là que le Midwest s'arrête et que le Sud commence, et elle n'est pas jolie la transition. «
Sans tenir compte des recommandations qui lui ont été faites, Billie arrive enfin dans l'Arkansas. Lorsqu'elle rencontre le propriétaire du cinéma, Claude Jeter, celui-ci lui explique qu'il ne serait pas contre le fait d'investir et de projeter de nouveaux films. Mais la difficulté serait de convaincre le pasteur du coin.
p. 22 : » – Mon problème numéro un, c'est l'homme d'Eglise qui vit de l'autre côté de la rivière, là-bas, qui a la plus grande église du coin ; il a décidé que les films étaient l'oeuvre du diable. «
Claude lui propose alors de rencontrer Obadiah Henshaw, le pasteur, pour tenter de lui proposer un accord financier, en échange de ne plus dissuader les habitants de se rendre au cinéma. Comprenant que cet accord est également dans son intérêt, Billie se rend chez le pasteur.
Lorsqu'elle rencontre le pasteur, elle est d'abord surprise de voir que l'homme est aveugle, blessé durant la guerre. Mais sa plus grande surprise est de faire la connaissance de la femme du pasteur : Amberly.
p. 49 : » – J'ai vu des choses d'une beauté fabuleuse, dis-je. Des hôtels en marbre, des piscines aussi grandes et bleues que le ciel. J'ai vu des millionnaires, des stars de cinéma et des mannequins, mais je n'ai jamais rien vu de plus beau que la femme qui se tient devant moi. «
Billie se voit invitée par cette dernière en l'absence de son mari. Ne sachant comment interpréter cette demande, Billie ne peut cacher son trouble.
p. 51 : » […] je ne connaissais que trop bien ce jeu-là. le flirt vain qui ne menait à rien. J'avais déjà vu ça. Certaines personnes aiment approcher au plus près de ce qu'elles désirent de manière à ressentir, ne serait-ce qu'un instant, la brûlure de sa concrétisation imminente, avant de faire machine arrière sans avoir été souillées par l'acte. «
Une troisième femme d'influence va tenir un rôle essentiel dans le déroulement de l'intrigue : Lucy Harington. Elle et son frère Eustace sont chargés de faire respecter la loi à Stock's Settlement. Or, le drame qui se prépare va faire interagir ces trois destins de femme.
» Sans lendemain « est un sublime polar, où les femmes ont une place essentielle dans un contexte qui ne leur en laisse guère ! Et c'est sur cette ambivalence que joue l'auteur tout au long du récit. Une belle découverte, mêlant des sujets ô combien toujours criant d'actualité…
Lien : https://missbook85.wordpress..
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Crossroads
  27 mars 2018
Lorsque Billie Dixon posa ses valoches emplies de bobines de films à fourguer au cinéma du coin dans ce trou perdu d'Arkansas que personnifie Stock's Settlement, elle n'imaginait pas le flot d'emmerdes incommensurable qu'elle allait s'agréger.
Nous non plus.
Sans Lendemain est un sublime portrait de femme.
De celles au caractère entier qui assument ce qu'elles sont, désirent et accomplissent.
Un esprit libre en totale opposition avec l'ordre établi et l'obscurantisme religieux.
En parlant d'obscurantisme, j'aperçois, au loin, le jovial prédicateur, frère Obadiah, flanqué de sa sublime épouse, Amberly.
De ce trio singulier devait naître des étincelles. Ce fut un véritable feu de forêt.
Lorsque le vin est tiré, il faut le boire.
Un adage auquel va se frotter Billie, dégustant le calice jusqu'à la lie.
Inéluctabilité du destin. Engrenage fatal.
Appelez ça comme vous voulez.
Ne subsiste qu'une femme aux abois condamnée à affabuler pour tromper la mort.
Sans Lendemain est d'une force peu commune au déroulé imperturbable.
Un rouleau compresseur parfaitement maîtrisé à l'éloquence épurée.
Phrases courtes. Intensité maximale.
Portrait d'une Amérique pudibonde, archaïque et phallocrate qu'il ne fait pas bon titiller...
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migdal
  04 février 2018
Trois femmes nous emmènent vers l'Arkansas dans un noir voyage « sans lendemain » au lendemain de la guerre, en 1947 lorsque l'Amérique victorieuse soigne ses invalides en essayant de les oublier et rêve à un monde meilleur « made in Hollywood ».
La femme de Hollywood, Billie Dixon, n'a pas connu son père et sa mère l'a abandonnée à sa grand mère pour la punir d'avoir engendré un tel fils … initiée aux plaisirs saphiques dans les bacs fonds de Los Angeles par des filles en manque d'hommes partis en guerre, Billie n'a pas réussi à faire carrière dans le cinéma, univers réservé aux « enfants de », et survit en distribuant des navets dans les états du Sud.
La femme du Missouri, Amberly Henshaw, a épousé Obadiah, héros de guerre aveugle et décoré. le pasteur Obadiah veille à la moralité de ses ouailles en les préservant du cinéma et tyrannise son épouse en veillant à sa conduite.
La femme de l'Arkansas, Lucy Harington, et son frère Eustace font respecter la loi et l'ordre à Stock's Settlement sous la gouverne des frères Picket dont Josiah procureur.
Quand Billie croise Amberly l'intrigue se noue, implacable enchainement qui de meurtre en meurtre conduira Billie dans les mailles de Lucy …
J'ai lu d'une traite ce roman bref, haletant, qui nous dépeint une époque où le maccarthysme couvait, alimenté par la dépravation d'Hollywwod dont les affaires Roman Polanski et Harvey Weinstein montrent la pérennité. Roman noir atypique par ses premiers rôles tous féminins dont Lucy Harington est finalement l'héroïne improbable et magnifique.
Un bon livre, écrit par un fils de pasteur, qui pourrait tout à fait se dérouler ici et maintenant. Gallmeister nous offre une fois encore de belles pages traduites sobrement par Sophie Aslanides.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   04 février 2018
- Il contempla sa cigarette et dit :
Billie, le truc, c’est qu’on n’a vraiment pas besoin d’un autre foutu scénariste. Ce qu’il nous faut, c’est un homme de terrain.
- C’est quoi le boulot d’un homme de terrain ? Demandai-je.
- Eh bien, certains des petits cinémas qui se trouvent au cul du loup ne peuvent pas se payer les grands films de série A. Ils ne passent que le plus bas du bas de gamme, parfois des années après la sortie. La plupart du temps, on leur fait parvenir nos films par le biais de distributeurs qui leur vendent des lots ou par un système d’échanges, mais certains sont si petits ou dans des bleds si loin de tout qu’il faut qu’on envoie quelqu’un sur place pour leur fourguer la marchandise directement. C’est là que l’homme de terrain entre en jeu. Son boulot, c’est de placer les merdes du studio aussi loin que possible, dans les coins les plus reculés.
- Vous embauchez pour ce poste ?
- J’ai une possibilité pour la distribution sur un secteur du Sud. Ça consiste à trimbaler notre came jusqu’au fin fond du Missouri, de l’Arkansas et du Tennessee, et à essayer de convaincre le propriétaire de la salle locale qu’il fait une bonne affaire sur un chef-d’œuvre de cinquante minutes comme Thundering Gunslingers. Ces bouseux se contentent généralement de ce qu’on leur donne. Les horaires sont violents, et le salaire est scandaleux. J’ai jamais eu une dame sur un poste pareil, mais vous avez du cran et de la personnalité.
Il regarda sa montre.
- Et en plus, si je trouve quelqu’un pour ce job avant midi, je peux m’en aller et commencer à boire.
Ce n’est pas exactement le boulot que j’avais en tête quand je suis entrée dans ce bureau.
J’eus droit à un rire de toutes ses moches dents.
- Bienvenue au club. Mais si vous voulez un job dans le cinéma, c’est tout ce que j’ai à vous proposer.
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PecosaPecosa   25 janvier 2018
Le Congrès faisait la chasse aux cocos. A Washington le mois précédent, un groupe de gens s'était présenté à une réunion d'un Comité de la Chambre des représentants et avait prévenu le monde entier contre la subversion communiste à Hollywood. Au nom du syndicat des réalisateurs, des gens comme Robert Montgomery, Ronald Reagan et Georges Murphy avaient témoigné du fait que les Rouges faisaient des incursions dans le milieu du cinéma depuis des années. Walt Disney avait déclaré que le syndicat des dessinateurs de films d'animation était sous l'emprise de Moscou. Même Mickey Mouse n'était plus en sécurité désormais. Et voilà qu'un groupe de gauche refusait de témoigner devant le Congrès. L'article annonçait qu'ils risquaient tous la prison.
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musaraneusmusaraneus   04 décembre 2018
— Ça a l’air merveilleux.
Grands dieux, ce n’était pas merveilleux du tout. Peut-être aurais-je dû lui dire toute la vérité, que c’est une ville industrielle qui produit à la chaîne des images de la jeunesse et de la beauté, que les jolies jeunes filles y vont pour poursuivre un rêve et qu’elles finissent par être transformées en biens de consommation. Si elles ont de la chance, elles réussissent à faire une apparition dans un ou deux films, et ensuite, peut-être, elles percent et deviennent éventuellement Joan Crawford, mais la plupart d’entre elles passent d’un homme à l’autre dans les studios comme un avantage en nature. Dans cette ville, le moindre employé jusqu’au plus petit, le moindre figurant se voit comme un tombeur parce qu’il peut s’offrir sa part de chatte d’actrice en herbe. Les rêves vont mourir sur le canapé des castings, mais que peuvent-elles faire, ces filles, à part se mettre à genoux ou rentrer dans l’Arkansas ? Pas une seule jolie fille ne s’est jamais pointée à Hollywood en priant pour finir avec la queue de Bob Hope dans la bouche, mais nombre d’entre elles ont connu ce destin-là.
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PecosaPecosa   24 janvier 2018
Plus on s'enfonce dans les Ozarks, plus les gens deviennent bizarres. Tant que vous resterez dans les Ozarks côté Mississippi, ça ira, mais une fois que vous passerez la frontière de l'Arkansas, faites attention à vous. Ils ne sont pas convenables, là-bas.
- Allez... Les Ozarks d'un Etat ou de l'autre, c'est pareil, non?
Il me regarda comme si j'avais craché sur le drapeau de l'Etat du Mississippi.
- Ces pèquenauds de l'Arkansas, ils sont méchants comme des teignes. J'ai un de mes oncles qui est allé là-bas en 1913. J'ai pas de nouvelles de lui depuis.
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PecosaPecosa   24 janvier 2018
Il avait le visage bronzé et les dents de travers. Cette vilaine dentition était une chance, parce que sans elle, il était aussi ordinaire qu'un sac en papier kraft. Si la police lançait un avis de recherche le concernant, elle dirait: on cherche un larbin de studio bronzé comme un caramel avec les incisives qui se croisent.
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Videos de Jake Hinkson (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jake Hinkson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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