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ISBN : 2365776663
Éditeur : Urban Comics Editions (27/06/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dix ans se sont écoulés depuis la terrible nuit qui traumatisa à jamais Eve Coffin. Une nuit au cours de laquelle sa meilleure amie disparue alors qu'une autre sombrait dans la folie. Devenue agent de police, Eve ne perd pas espoir de découvrir un jour la raison de ses drames. Elle en est convaincue, ce qui dormait dans les bois de la Nouvelle Angleterre à cette époque sommeille toujours, souillant l'âme de ses habitants, éveillant des secrets longtemps dissimulés e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  14 mai 2018
Ce tome fait suite à Coffin Hill, tome 1 : Forest of the Night (épisodes 1 à 7) qu'il faut impérativement avant lu avant. Il comprend les épisodes 8 à 14, initialement parus en 2014/2015, écrits par Caitlin Kittredge, dessinés et encrés par Inaki Mianda pour les épisodes 8 à 13, et par Ryan Kelly pour l'épisode 14. La mise en couleurs est réalisée par Eva de la Cruz. Les couvertures sont réalisées par Dave Johnson.
En 2012 à Boston, la police est sur les dents à cause des meurtres d'un tueur en série, appelé Ice Fisher. Les 2 inspecteurs affectés à l'enquête sont Doyle Donovan et Greg Frost. Ils se rendent sur lieu de la découverte du dernier cadavre, celui d'Ada Davenport, retrouvé comme les autres sous la glace, à proximité de l'Université de Boston. Un périmètre de sécurité a été établi par 2 policiers en uniforme : Eve Coffin et Eddie Wachowski. Les 2 inspecteurs laissent Eve Coffin jeter un coup d'oeil au cadavre, et elle repère une marque surprenante sous la paupière inférieure de l'oeil gauche de la victime. Au temps présent à Coffin Hill, dans le Massachussetts, devant la demeure familiale des Coffin, Bianca Morelli et Lacey se mettent au défi de pénétrer dans le bâtiment. Elles finissent par y entrer et Lacey s'allume un petit pétard pour se détendre. En 2012 à Boston, après avoir accepté de faire partie de l'équipe chargée de traquer Ice Fisher, Eve Coffin rentre chez elle. Dans l'escalier, elle croise Kimmy, sa voisine, battue par son mec. Elle lui propose de d'établir un ordre de restriction contre cet individu. Elle consent à contre coeur à lui donner quelques somnifères.
Toujours en 2012, le lendemain, en uniforme, Eve Coffin se présente au bureau des inspecteurs Greg Frost et Doyle Donovan, où elle commence à examiner les documents punaisés sur un panneau. Greg Frost arrive et la félicite sur sa motivation. Puis Donovan arrive et commence à asticoter son collègue avec une conversation pleine de sous-entendus. Après le départ de Donovan, Eve explique à Greg Frost que le symbole sur l'intérieur de la paupière de la victime est un signe utilisé par les sorcières. L'inspecteur ne la croit pas vraiment. Ils partent tous les deux inspecter le quartier avoisinant l'endroit où a été retrouvé le corps. Eve Coffin suggère de rentrer dans un immeuble d'habitation abandonné et ils y découvrent une pièce ayant été occupée par le tueur en série. Eve Coffin appelle Donovan pour l'avertir. Au temps présent, Bianca a abandonné Lacey dans la demeure des Coffin et a décidé de rentrer chez elle à pied. Une voiture s'approche d'elle et Patrick Finn (le frère de Nate) lui propose de la raccompagner. Une voiture de police arrive.
Caitlin Kitittredge avait accroché l'attention du lecteur dans le premier tome avec une histoire moderne de sorcières pratiquant finalement peu la magie, des meurtres dont certains ritualisés, un fort poids de l'ascendance familiale, une demeure isolée, et de nombreux mystères quant aux épreuves traversées par les personnages principaux par le passé. Elle raconte son récit sur une base un peu complexe en suivant 3 lignes temporelles différentes. Dans ce deuxième tome, la scénariste continue de faire progresser son intrigue, tout en donnant des réponses à certains des mystères. En particulier, le lecteur assiste à l'enquête d'Eve Coffin en 2012, la découverte du coupable qui lui a valu une notoriété qu'elle n'avait pas recherchée. Pour ce fil narratif, Kittredge réalise un thriller bien troussé, en jouant avec les nerfs du lecteur. le tueur en série s'attaque à des jeunes femmes choisies par une méthode qui reste à découvrir. Son mode opératoire est assez horrible et macabre pour frapper l'imagination. du fait de sa nature de sorcière, Eve Coffin dispose d'un avantage sur les 2 inspecteurs. Mais cet avantage constitue également un point faible car l'individu qu'elle traque est assez habile pour s'en servir contre elle.
L'auteure ajoute un niveau dans l'enquête avec une tension palpable entre Greg Frost et Doyle Donovan qui travaillent ensemble, mais les sarcasmes fusent. Kittredge instille discrètement une forme de tension sexuelle entre Eve Coffin et Doyle Donovan, et une forme d'attention de nature plus fraternelle entre Eve et Greg Frost. le lecteur se rend compte qu'il prête une attention particulière aux interactions personnelles dans ce trio, avec Donovan un peu plus cynique et très conscient de l'impact qu'aura la résolution potentielle de ces meurtres sur sa carrière, Frost moins carriériste et plus posé, Eve impliquée émotionnellement dans l'affaire. Ainsi racontée, l'enquête ne se limite pas à un simple exercice intellectuel, elle devient également un jeu psychologique tendu, le lecteur devenant de plus en plus soupçonneux au fur et à mesure des pages. Cette fibre psychologique est bien entretenue par les dessins qui montrent les postures très rigides et strictes d'Eve, des mouvements un peu plus désinvoltes pour Donovan, et des attitudes plus réservées et dans l'observation de Frost. Inaki Miranda a un peu allégé ses dessins par rapport au premier tome, avec un amalgame de traits fins et de traits épais donnant un rendu parfois un peu froid en phase avec l'ambiance du récit, tout en restant très organique. Il réalise des cases avec un fort niveau de détails, ce qui participe au réalisme et la plausibilité de l'enquête. Cette approche clinique et descriptive renforce le malaise dans la mesure où tout est montré, et pourtant les indices restent hors de portée du regard des personnages.
En alternance avec cette enquête de 2012, l'auteure montre ce qui passe au temps présent, en suivant plusieurs personnages différents, répartis essentiellement 3 fils narratifs : Eve Coffin qui est en prison, Bianca Morelli qui ne sait pas trop quoi faire de sa condition de sorcière, et Patrick Finn de retour à Coffin Hill. Ces personnages sont amenés à se croiser, et à croiser la route du shérif Nate Finn et de l'inspectrice Lenore Ingersoll. L'auteure tisse donc une tapisserie sophistiquée sur la base d'un nombre de fils narratifs maîtrisés, installant un suspense dans chacun d'entre eux. Elle joue sur la curiosité du lecteur de sa voir comment tel personnage se sortira de telle situation : Lacey enfermée dans la demeure des Coffin et suivie par une force maléfique, Nate Finn voyant revenir son frère Patrick et ses magouilles, Eve Coffin soumise à un environnement carcéral agressif. Les personnages se croisent de manière organique, évitant une construction artificielle d'alternance systématique de chapitre.
Les dessins un peu chargés d'Inaki Miranda donnent beaucoup de consistance à ces différents environnements et ces différents personnages. le lecteur admire la tenue vestimentaire bigarrée de Bianca Morelli, la chapka de Lacey, le débardeur viril de Patrick Finn, la chemise à carreaux des plus fonctionnelles de Nate Finn, et l'uniforme tout aussi fonctionnel des détenues. Il se rend compte de la complémentarité de la mise en couleurs d'Eva de la Cruz, souvent effectuée dans une approche naturaliste, parfois virant vers l'onirisme avec une teinte déclinée en plusieurs nuances pour installer une ambiance un peu décalée. Régulièrement, le lecteur est surpris par un visuel ou une composition de page originale. Il peut s'agir d'une scène banale, comme les façades dans une rue, ou d'une manifestation surnaturelle comme les nuées de corbeaux. Il peut aussi bien s'agir d'un geste banal (Greg Frost cherchant un briquet dans ses poches), ou d'un geste soudain comme l'agression d'Eve par une autre détenue dans sa cellule. Inaki Mirande réalise également des compositions à l'échelle de 2 pages qui se lisent alors en tournant le recueil d'un quart de tour, pour profiter de la dimension la plus grande de la page. Il sait aussi faire ressortir la dimension horrifique des scènes, qu'elle soit naturelle comme une blessure à l'oeil, ou que ce soit la manifestation de créatures surnaturelles dans la demeure des Coffin.
Pour le dernier épisode, Inaki Miranda cède la place à Ryan Kelly, artiste à la personnalité graphique moins forte et habitué de jouer les bouche-trous dans les séries longues où le dessinateur attitré a besoin d'un mois de repos pour tenir le rythme. Il illustre une histoire d'invasion de domicile (la demeure des Coffin) en 1970, par un groupe de 4 voyous (Jack, Janie, Jill, Josiah van Allyn) bien décidé à neutraliser la maîtresse des lieux, et à l'assassiner après lui avoir fait cracher où se trouvent ses possessions de valeurs. Ils ne s'attendent pas à ce que leur hôtesse ait du répondant. Kelly se montre impressionnant dans sa mise en images. Les décors sont consistants et comportent assez de détails pour que le lecteur puisse regarder dans chaque pièce. Les voyous disposent d'une bonne personnalité graphique, avec des expressions visuelles qui reflètent leur état d'esprit, entre le goût pour la violence pour Josiah, et le manque d'empathie pour les 2 jeunes femmes. Au fur et à mesure qu'ils se rendent compte qu'ils ne maîtrisent pas la situation et que leur hôtesse marque des points, le lecteur peut voir leur assurance diminuer sur leur visage, remplacée par la surprise, puis par la peur, ou par la colère et la rage pour Josiah.
Avec ses traits de contour un peu gras, Ryan Kelly donne une forte présence aux personnages et aux décors, et transforme une intrusion en une épreuve de force et un jeu de cache-cache macabre. Au fil des dialogues, Caitlin Kittredge insuffle une personnalité différente dans chaque intrus, et établi une partie de leurs cries antérieurs, ainsi que de leur motivation, et des différents degrés de leur implication. Même s'il n'est pas tout à fait capable de mesurer les implications de cet interlude dans l'histoire principale, le lecteur apprécie un thriller haletant et bien rythmé.
Ce deuxième tome confirme le démarrage intriguant de la série, la capacité des auteurs à mêler un récit policier avec un récit d'horreur surnaturelle, dans un savant entrelacement des fils narratifs, concernant des époques différentes, ou des personnages différents. Caitlin Kittredge dépeint des individus dotés de motivations personnelles découlant de leur histoire personnelle et du poids du passé. Inaki Miranda se montre inventif et investi dans la narration visuelle, et Ryan Kelly effectue un travail très efficace dans le dernier épisode.
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Commenter  J’apprécie          40

critiques presse (1)
ActuaBD   13 août 2015
Si la partie enquête du tome fait plutôt bonne figure, l’impression laissée par l’intrigue principale demeure elle beaucoup plus mitigée.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
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