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Nevernight tome 1 sur 3
EAN : 9782290364338
800 pages
J'ai Lu (05/10/2022)
4.41/5   432 notes
Résumé :
Fille d’un renégat dont la rébellion a avorté, Mia Corvere a réchappé de justesse à l’extermination des siens. Livrée à elle-même, elle erre dans une ville bâtie sur les ossements d’un dieu mort, traquée par le Sénat et les anciens camarades de son père. À seize ans, elle va devenir l’une des apprentis du groupe d’assassins le plus dangereux de toute la République : L’Église rouge. Dans cette institution où les trahisons et les confrontations violentes sont monnaie ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (149) Voir plus Ajouter une critique
4,41

sur 432 notes

florencem
  18 juin 2022
Je suis allée totalement à l'aveugle avec Nevernight. J'aime le travail de Jay Kristoff et j'avais entendu beaucoup de bien de la trilogie (plus la superbe édition de De Saxus…), donc clairement, je partais confiante même si je ne savais absolument pas de quoi parlé le roman ! Oui, parfois, j'aime vivre dangereusement…
Fort heureusement, parce qu'on ne va pas se le cacher commencer un livre sans savoir de quoi il parle, c'est bizarre… j'ai non seulement apprécié l'univers mais également le personnage féminin. Et c'est vraiment un point que je veux souligner, car il est extrêmement rare pour moi d'aimer une héroïne quand c'est un auteur masculin qui est aux manettes. Donc : applaudissements du tonnerre. J'ai trouvé Mia cohérente, complexe, pas du tout dans la caricature, attachante et tout à fait en adéquation avec son âge et son vécu. du début à la fin, son évolution est vraiment intéressante à suivre et sa personnalité piquante ne fait qu'ajouter à tous les points positifs que je pourrais lui donner.
Et pourtant, au début, quand j'ai compris que nous suivions une jeune tueuse qui voulait entrer dans les rangs de la plus grande organisation d'assassins qui existent… je me suis dit… ça sent le carnage. du genre où s'attacher aux personnages serait une grosse erreur, car potentiellement la plus grande partie risque de trépasser… Une école qui vous apprend à tuer… ça ne doit pas avoir un taux de réussite aux examens très élevé… J'ai donc mis un peu de distance. Mais cela s'est révélé très difficile… parce que clairement, encore une fois Jay Kristoff fait un très bon travail avec Nevernight. Et en un sens, on se glisse aussi dans la peau de Mia par ce biais, car la jeune femme n'a pas perdu toute son humanité, et elle aussi qui voulait pourtant à tout prix ne pas tisser de liens, finit par s'attacher.
Je ne suis pas fan également des romans où l'on suit un héros lors d'un entrainement. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, mais j'appréhende à chaque fois. Et ici, en voyant que Mia allait suivre des cours pour devenir un assassin hors pair, j'ai aussi freiné des fers… Et bien que certains passages se sont révélés un peu ennuyeux pour moi, j'ai apprécié de voir que l'enseignement global des disciples avait une dimension plus large que ce que je pensais au départ. le combat, bien entendu, mais aussi le vol, les poisons, la séduction et tous les à-côtés. L'univers devient alors plus complexe et la touche de fantaisie ainsi que la religion donnent quelque chose de nouveau et de palpitant. Il y a aussi un travail sur la psychologie des personnages et je dirais même sur la psychologie de l'histoire même. Une ambiance se crée au fur et à mesure. On sent le basculement progressif où les disciples se disent : on ne rigole plus. le danger est partout et la paranoïa s'installe, insidieuse.
Le roman en lui-même est coupée en deux parties pour moi. La première nous présentant les personnages, l'école et l'univers. Je ne dirais pas qu'il y a une certaine légèreté, vu le contexte, mais la lecture est plus dans la découverte. La seconde partie est moins « drôle ». On sent que les choses deviennent sérieuses et que la mort rôde. C'est aussi le moment où l'on voit l'intrigue principale se dessiner, les pions se mettre en place. Je ne m'attendais pas à cela. Je ne suis pas fan de certains événements (mon ressenti, pas la construction), mais ils sont cohérents vis-à-vis de l'univers et de l'ambiance. C'est violent, sans être gore, et je pense que la suite sera tout en nuances et nous fera réfléchir sur les actions des personnages et leurs raisons.
Les petits points négatifs maintenant. En soit, ils sont « minimes ». Un personnage est pour moi sous exploité au possible alors qu'il semblait très prometteur. Les notes alourdissent le récit. J'avoue, ça a un côté un peu « fun » mais trop en décalage pour moi, et je les ai zappés très rapidement. le carnage prévisible… On a beau se préparer… J'ai toujours du mal avec ce procédé (oui, je vis toujours chez les bisounours). Mais sinon, mis à part cela, rien à redire.
Un premier tome sacrément efficace donc pour Nevernight. J'ai hâte de découvrir la suite car non seulement, je pense que Jay Kristoff a des surprises sous le coude, mais son univers est vraiment très sympathique et je suis certaine qu'il ne nous a pas révélé tous ses secrets. Et sans conteste le duo Mia et Gentilhomme est une petite merveille.
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domi_troizarsouilles
  23 novembre 2021
Nouveau livre lu dans le cadre du Prix Livraddict, catégorie Fantasy : sans que ce soit tout à fait un coup de coeur, je peux dire que je suis séduite ! Il y a certes quelques petits bémols, mais à part ça, j'avais déjà pris goût à la plume de Jay Kristoff, dans l'exceptionnel premier tome de « Illuminae » (j'ai acheté les suivants, mais pas encore lus). Certes, ici on est dans un autre genre, et le livre a été écrit en solo alors qu'Illuminae est un livre à quatre mains. Néanmoins, j'y ai retrouvé plusieurs éléments qui m'avaient tant plu, j'y reviens.
Commençons cependant par ces fameux bémols, et avant tout par un détail livresque très terre-à-terre, qui n'a pas gâché ma lecture en tant que telle, mais qui m'a quand même bien agacée : il semble que j'ai découvert ce livre un peu trop « tard ». En effet, il est vendu soit en version reliée avec une magnifique couverture, soit en version brochée avec une couverture… qui me plaît nettement moins ! Hélas, la couverture reliée a été publiée en nombre limité, et est désormais introuvable – du moins en français, alors qu'elle est toujours disponible en anglais ou en traduction allemande, par exemple ! Alors, pourquoi la traduction française en version reliée est-elle déjà épuisée ??
C'est clairement une pure affaire commerciale, mais pour le coup l'éditeur De Saxus est trèèèèès décevant !
J'en viens maintenant au contenu et à ce qui représente le vrai gros bémol à mes yeux : comme dans tant d'autres livres du genre, on a ici des héros très jeunes, à peine ados même s'ils ont la plupart du temps un comportement plutôt proche du « young adult » - ce qui, en soi, pose déjà question. Certes, on est dans un monde tout à fait imaginaire, mais sérieusement : vous imaginez nos jeunes boutonneux désinvoltes de 16-17 ans évoluer à la façon de nos héros ? Ou alors on est dans un énième monde très vaguement inspiré du Moyen-Âge, où l'on était adulte avant 14 ans ?... ce n'est pas l'impression générale que j'ai eue ! On est certes dans un monde original, vaguement inspiré d'époques plus anciennes et politiquement sombres de notre histoire (que je n'ai pas cherché à identifier) et effectivement il n'y a aucun élément qui pourrait rattacher le lecteur à une époque plus actuelle (comme des téléphones portables ou ce genre de choses), mais par ailleurs, l'auteur souligne bien, à un moment donné, que dans le monde de Nevernight, on ne peut devenir soldat qu'à 18 ans accomplis… Alors ?
En outre, oui : l'essentiel de l'intrigue se passe dans une école (si on peut l'appeler ainsi), mais ne peut-on pas se former à tout âge ? Pourquoi tous ces candidats assassins, qui viennent d'horizons bien différents en plus et pour des raisons propres bien différentes (on est très loin d'une école à la Harry Potter où on est convoqué à 11 ans, point !) ; bref, pourquoi sont-ils tous de ce même âge, pas encore tout à fait sortis de la puberté ? Était-ce si difficile de mettre en scène parmi eux l'un ou l'autre adulte plus âgé, qui après un quelconque revers de la vie aurait lui/elle aussi décidé de rejoindre une telle école ?
Le pire, c'est que ce livre nous est présenté comme adressé à un public adulte, et il était bel et bien vendu au rayon adulte de ma librairie. Pour ma part, je ne suis pas 100% convaincue de cette classification, il y a comme une légère déviation de public-cible, en tout cas je ne me suis pas sentie tout à fait concernée. Ou alors, il est adressé à des adultes-mais-pas-trop-vieux-quand-même ? (ce que je ne suis plus) Oh ! je l'ai déjà dit pour d'autres livres : je n'ai pas forcément besoin de m'identifier aux héros, mais quand la majorité de ceux-ci, y compris l'héroïne principale et ses plus proches amis, sont si jeunes, alors que les quelques adultes qui les entourent sont tout sauf des « modèles », j'ai parfois un peu l'impression de voir des gamins s'agiter dans un jeu dont je ne comprends absolument plus les règles – et qui dès lors ne m'intéresse pas vraiment…
Et pourtant !
Et pourtant, je me suis complètement laissée embarquer, grâce à la plume magique de Jay Kristoff. On peut sans doute en dire beaucoup de choses, la décortiquer etc. ; pour ma part, je résumerai en peu de mots : c'est tout simplement un formidable conteur ! Il fait ce que tant d'auteurs oublient parfois de faire : il nous raconte une histoire qui tient la route, tout simplement. Sans grands effets de style, sans vocabulaire extrêmement recherché mais de bon niveau quand même, il parvient à entraîner son auditoire, pardon, ses lecteurs, au coeur de ce monde improbable où trois soleils alternent en n'offrant que des non-nuits (ah cette traduction bien ingénieuse de nevernight !) pour de trop rares vrainuits, au coeur de cette montagne qui abrite une terrible école d'assassins, pour lesquels on se prend pourtant d'affection… ou au contraire dont on se méfie, selon ce que l'auteur veut bien instiller. Ils sont (presque tous) jeunes mais pas forcément beaux, ils ont des talents particuliers et parfois même repoussants, et pourtant on est captivé par leur histoire.
En outre, c'est une histoire pleine de rebondissements, qui n'ont pas tous la même valeur captivante mais qui entretiennent le suspense malgré tout, et un fameux retournement – quelques indices étaient pourtant disposés çà et là, mais j'ai quand même été soufflée… comme dans ces Policiers (mon genre préféré) bien faits, où on reste bouche bée quand le meurtrier est révélé, et qu'on se rend compte l'instant d'après qu'il y avait partout ces petits cailloux blancs qui menaient bel et bien à lui, mais qu'on ne les avait même pas vus !
Et si vous avez encore un doute, lisez juste le chapitre 1… probablement l'un de mes préférés, vraiment du grand art !
À côté de ça, l'auteur utilise quelques-uns de ces « trucs littéraires » qui marchent… ou pas ; moi j'ai été convaincue. On a d'une part l'alternance entre l'intrigue en elle-même, et l'évocation du passé de notre héroïne Mia, ce qui l'a conduite à choisir de rejoindre cette école d'assassins. le tout est présenté de façon assez classique : quelques pages en italique au début d'un certain nombre de chapitres (mais pas tous) marquent le passé de Mia, tandis que la narration même s'enchaîne en caractères normaux « regular ». La distinction est donc très visuelle dans un procédé qui n'a rien de nouveau ; néanmoins, il joue bien son rôle de mener le lecteur sur deux tableaux sans le perdre, au contraire, les choses s'éclairent ainsi petit à petit ; en outre, ça permet de donner rythme, de « casser » cette narration qui, autrement, avant le retournement précité du moins, aurait peut-être paru trop linéaire.
Mais Jay Kristoff ne s'est pas contenté de ça ! Il a aussi pris un risque… que tous les lecteurs n'ont pas apprécié : sachant que j'ai lu ce livre en lecture commune, j'ai pu constater que ça a gêné la plupart de mes co-lecteurs, et c'est une remarque qui est ressortie dans pas mal des autres commentaires que j'ai lus çà et là ; bref, il a pris un vrai risque, en altérant la forme d'un simple roman. Certes, on est loin d'une mise en page à la « illuminae » ; néanmoins, la technique n'est pas courante dans un roman, et est même généralement rédhibitoire. Et pourtant (encore une fois), ça marche !
Vous l'avez compris : je parle de ces nombreuses notes de bas de page dont l'auteur n'a cessé de parsemer son texte. Dans les premières pages, on tâtonne un peu et on se demande pourquoi il nous embête avec ça… mais peu à peu, on entre dans son jeu, car on comprend que c'est là que se développe dans toute sa splendeur le monde dans lequel évoluent les personnages. C'est là que l'auteur expose un certain nombre de faits, d'anecdotes passées relatives à son monde, qui permettent de l'appréhender de mieux en mieux. Mais ce n'est pas tout : en fait, j'ai lu que pas mal de lecteurs, hérissés par le concept même de notes de bas de page, ont fini par ne plus les lire… eh bien, ce n'est pas grave ! Il se trouve que ces notes ne sont jamais tout à fait indispensables à l'intrigue – et c'est bien là tout le tour de force du romancier : de réussir à écrire toutes ces notes (qui, ensemble, font certainement plusieurs pages quand même), sans que ça dérange vraiment la lecture, sauf pour ceux qui y sont restés hermétiques. Et justement : celles et ceux qui ne les ont pas lues n'ont rien perdu de l'intrigue, mais ont peut-être manqué quelque chose de l'esprit du livre. Car c'est dans ces notes que, de façon plus évidente encore que dans l'intrigue même, l'auteur déploie tout son talent – en y ajoutant presque systématiquement une touche d'humour, qui relativise le côté très sombre de l'histoire par ailleurs (un peu comme un copain viendrait nous poser sa main sur l'épaule en nous disant, le sourire aux lèvres : t'inquiète, ce n'est pas si grave que ça !) ; c'est là qu'il s'adresse au lecteur tantôt comme à un complice qui aurait partagé les mêmes cours d'histoire de ce monde, tantôt comme à un privilégié à qui il fait le plaisir d'en savoir un peu plus, comme un griot raconterait des histoires autour du feu jusqu'au bout de la nuit, tandis que les enfants fatigués sont déjà partis se coucher, et que seuls restent ceux qui luttent contre la torpeur mais veulent à tout prix savoir… Et ainsi, petit à petit, on se réjouit, même, de ces notes de bas de page ; elles font sourire ou surprennent… et puis j'avoue aussi : parfois j'en ai survolé l'une ou l'autre mais, comme dit plus haut, j'avais alors déjà compris que je n'y perdrais pas d'information majeure, peut-être juste un clin d'oeil… et puis on dévore d'autant mieux la suivante !
Deux dernières petites choses sur la narration, qui pour moi sont autant de signes de réussite. D'abord, il faut souligner que j'ai trouvé les scènes de combat (il y en a quelques-unes quand même) vraiment bien écrites ! Je n'ai pas encore lu énormément de fantasy, mais quand même quelques titres… et souvent c'est là que le bât blesse, comme si la plume de ces auteurs bloquait dès lors qu'il faut se jeter dans la mêlée et voir le sang jaillir ! Ici, toujours avec cette plume qui n'a pas peur des mots et des descriptions visuelles sans en faire un faux cinéma, on est réellement plongés dans l'action quelle qu'elle soit, y compris des combats qui ne sont pas de simples jeux d'enfant !
Par ailleurs, je parlais plus haut du retournement… j'oublie de dire que j'ai aussi beaucoup apprécié le cliffhanger qui apparaît tout à coup l'air de rien dans l'une des scènes finales, mais on sent là encore comme un clin d'oeil de l'auteur : le voyez-vous le message caché que je vous mets là l'air de rien ? Ah, il faudra lire le tome 2 pour découvrir si mon intuition est bonne, mais je suis quasi-persuadée qu'on tient là un élément qui ne peut que ressurgir. L'épilogue quant à lui joue son rôle tranquille d'épilogue : il offre une conclusion logique à ce premier tome, sans fioritures inutiles, il permettrait même qu'on en reste là car, en plus, il réconcilie le lecteur avec certaines parties plus dures qu'on n'avait pas tout à fait digérées.
Ainsi donc, si les quelques bémols soulevés plus haut font passer ce livre juste à côté du statut de coup de coeur, il n'en reste pas moins une excellente lecture. Je retiens par-dessus tout la plume enchanteresse et maîtrisée de Jay Kristoff, une certaine originalité dans la forme, et l'humour bien présent, comme en filigrane, malgré la noirceur de l'histoire.
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Saiwhisper
  23 mai 2021
En dépit du succès de ce titre, j'avoue avoir volontairement repoussé la lecture de ce pavé de 800 pages… Sa taille m'effrayait assez… de plus, je craignais de ne pas rejoindre les avis positifs. Alors, quand Callysse m'a proposé de le découvrir avec elle, j'ai accepté avec grand plaisir, car j'aime beaucoup partager avec elle. En outre, je savais qu'on se donnerait mutuellement un petit coup de boost pour sortir ce premier volet de notre Pile A Lire ! Ce que j'ignorais, c'est à quel point son ressenti serait déterminant ! Je ne vais pas vous mentir : si elle n'avait pas été là, je n'aurais pas été plus loin que les cent premières pages. Or, maintenant que je suis allée au bout de ce roman, je peux vous assurer que j'aurais regretté.
Pour moi, le début fut très compliqué… Ce sentiment n'est pas dû aux nombreux chapitres flash-back qui coupent un peu le rythme, ni au manque d'action ou bien à la noirceur du récit… Finalement, on s'accommode peu à peu à ces éléments, car ils permettent de bien comprendre les bases de l'univers ainsi que le background des personnages. En revanche, j'ai clairement bloqué avec la narration… Hélas, cette plume n'est pas ma tasse de thé : je ne supporte pas que l'on s'adresse au lecteur, qu'on utilise la vulgarité à tout va ou que l'on se répète -notamment sur le côté sombre de l'héroïne… Inutile de le ressasser sans arrêt… On a compris !- Mais le pire, ce fut la quantité incroyable de notes de bas de page. Certaines informations sont utiles ou jouent la carte de l'humour toutefois, elles sont si nombreuses qu'elles parasitent la lecture ! D'ailleurs, certaines sont tellement denses qu'elles prennent la moitié de la page… Honnêtement, lire dix à quinze notes par chapitre m'a rapidement agacée. Ainsi, j'ai rapidement vu mon plaisir décroître… C'est finalement grâce à Callysse que j'ai passé outre ce blocage. Elle aussi était gênée par ces informations et m'a suggéré de ne plus les lire afin de se concentrer sur le récit. Ayant lu plus de chapitres que moi, elle m'a également assuré que le scénario devenait plus intéressant. Il fallait simplement surmonter ce premier tiers. N'aimant pas baisser les bras, je l'ai écoutée. Grand bien m'a fait !
Une fois la mise en place terminée, Mia va vivre plusieurs aventures et faire de nombreuses rencontres plus ou moins amicales. Parmi ces dernières, on notera par exemple Naev ou encore l'adorable et fougueux Tric. J'ai adoré ces deux personnages qui offraient bien souvent une chouette dynamique avec l'héroïne. Il en va de même pour Gentilhomme, un étrange chat invisible et bavard, venu des ombres, mais qui veillera constamment sur sa maîtresse. L'histoire prend un véritable tournant à partir du moment où Mia et ses compagnons vont intégrer une célèbre école d'assassins. Appréciant le développement des héros au fil d'un apprentissage, je me suis régalée à voir la jeune Enténébrée faire des expériences, progresser et survivre. Certes, quelques éléments sont peu novateurs néanmoins, les différentes épreuves sont loin d'être sans risques ! D'ailleurs, certains apprentis vont aussi bien perdre des membres que la vie ! Or, l'auteur ne va pas épargner ses personnages principaux… Attendez-vous à être plusieurs fois surpris.
Bien que les relations soient classiques (ennemis, alliés, mentors, etc.), l'évolution de quelques protagonistes m'a séduite, tandis que j'ai été charmée par l'ambiance académique de ces assassins en devenir. Hélas, je ne suis pas aussi conquise que la masse. À mes yeux, l'ensemble du récit est trop paisible. Il faudra un certain temps pour que les choses bougent enfin ou qu'elles deviennent intrigantes. Dommage, car je pense que j'aurais été bien plus satisfaite par les événements si le rythme avait été plus soutenu. J'estime également avoir été chagrinée par le fait que je me suis longtemps demandé où l'auteur voulait amener son récit. Hormis la vengeance et une rivale qui met des bâtons dans les roues de Mia, quels seraient les enjeux ? N'y aurait-il pas d'autres éléments susceptibles d'avoir envie de se jeter sur la suite ? C'est également là que je suis un peu chiffonnée : il n'y a pas de twist final ou d'élément me donnant envie de me ruer sur le second tome s'il existait en VF. Certes, c'est un bon récit et l'un des traîtres m'a étonnée (même si je n'en cherchais pas vraiment) cependant, il me manquait quelque chose…
J'ai l'air assez négative dans ma critique néanmoins, je tenais à souligner le fait que j'étais loin du coup de coeur promis… Il n'empêche que j'ai finalement vécu une aventure incroyable et que j'ai été satisfaite par de nombreux éléments ! Peut-être avais-je mis la barre trop haut ? Quoi qu'il en soit, je remercie de nouveau Callysse pour nos discussions, pour cette lecture commune et pour m'avoir motivée ! N'hésitez pas à aller sur son blog, elle publiera bientôt son avis.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Maxime4369
  02 août 2021
Je respire à nouveau ! Après plusieurs lectures décevantes, enfin un très bon roman.
De la dark fantasy qui prend l'histoire d'une jeune femme qui est formée à devenir un assassin... Hmm pas très original aux premiers abords. Surtout que j'avais été déçu par l'Ange de la Nuit de Brent Weeks. Allez, j'avoue : la couverture m'a fait de l'oeil !
Histoire : comme je l'ai dit, ce n'est pas original de prime abord. Toutefois, le style de l'auteur se démarque très clairement des autres. Bien qu'il ne s'agisse pas de YA, j'insiste bien sur ce point, le narrateur adopte un point de vue humoristique régulièrement et c'est très bien mené. Je tiens également à parler des notes de bas de page. D'habitude, celles-ci sont assez succinctes et très factuelles. Ici, l'auteur, toujours avec sa touche d'humour, en profite pour peaufiner son worldbuilding. Ces notes sont très très bien faites et bien que l'on puisse s'en passer, je conseille de les lire.
J'ai vraiment adoré cette ambiance sinistre et sanglante, qui fait définitivement de ce récit un roman pour adultes.
Personnage : l'auteur utilise une narration dans le présent et des flashbacks qui nous permettent de prendre connaissance de l'histoire de Mia petit à petit jusqu'à une grosse révélation vers les deux tiers du roman. Les personnages secondaires sont également très bien approfondis et on a plaisir à les suivre. La quête de vengeance de Mia, bien que classique, est prenante.
Wordbuilding : le monde de ce premier roman se limite principalement au repaire de l'Église Rouge qui forme les apprentis assassins et Sepulcra, la capitale de la "République" d'Itreya. L'auteur prend le temps de présenter son monde, sans alourdir la lecture. Inspiré de la Rome antique et de la Venise de la Renaissance, nous sommes plongés dans un univers sombre, malsain et... jouissif !
Magicbuilding : toujours un point sur lequel je suis vigilant. J'ai très apprécié le système de magie de Nevernight. J'aime beaucoup quand la magie n'est pas "cheatée de ouf" pour le dire de manière châtiée ;) La deuxième loi de la magie de Brandon Sanderson, très importante pour moi en tant que lecteur, qui veut que les limites, faiblesses et coûts de la magie sont plus intéressants que les pouvoirs en eux-mêmes est très bien respectée. Bien que la magie des Ombres de Mia peut s'avérer très puissante, surtout lors d'une Vrainuit, les limites sont bien posées et l'auteur ne s'en sert pas pour régler tous les problèmes. Mais quand Mia s'en sert, et ben... c'est génial. J'aime les mondes de fantasy où la magie, bien qu'importante, n'est pas d'une puissance illimitée. La magie des ombres n'est pas la seule présente, nous avons aussi une magie du sang, la faculté de tisser les tissus humains... (et oui, l'univers est sombre, la magie aussi :).
Pour conclure, l'une de mes meilleures lectures de 2021 en Fantasy. Je vais essayer d'attendre un peu avant de lire le deuxième tome, mais je ne garantie rien :)
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Tachan
  03 février 2021
Malgré la beauté de leurs objets livres, pour l'instant j'en étais à deux lectures, deux déceptions, avec les titres proposés par De Saxus. Mais têtue que je suis, il me fallait insister jusqu'à trouver celui qui me plairait. C'est chose faite avec Nevernight qui possède tout ce que j'aime : de la gouaille, une belle écriture, une montée en puissance, un univers riche et sombre, une héroïne forte et fragile, des mystères, et j'en passe ! J'ai donc passé un excellent moment de lecture avec ce premier tome qui fut un coup de coeur !
Nevernight est le premier tome d'une trilogie signée Jay Kristoff, auteur que l'on connait déjà en France pour des sagas tantôt jeunesses, tantôt adultes, comme Aurora Squad, Illuminae ou La guerre du Lotus. Ici, il revisite avec brio le genre classique en fantasy de l'assassin vengeur et après un premier chapitre magistral, j'ai de suite su que ça allait me plaire.
En effet, il ouvre son roman par un chapitre à l'écriture vraiment marquante qui donne le ton. Il joue de sa plume avec maestria, décrivant deux situations très différentes vécue par l'héroïne mais en utilisant les mêmes mots. Quelle virtuosité ! J'ai ainsi de suite été frappée par l'excellence de sa plume. Alors certes parfois il en abuse, jouant un peu trop les gouailleurs, notamment dans des notes de bas de pages bien trop nombreuses que j'ai fini par ne plus lire pour la plupart car elles ralentissaient ma lecture sans vraiment l'enrichir. Mais on ne peut pas retirer au monsieur qu'il a du style et un style assez flamboyant !
Cependant après cette superbe mise en bouche, le souffle est un peu retombé et les premiers temps j'ai suivi l'héroïne, Mia, avec peine. On découvre par un jeu de narration assez classique mais bien utile le passé de Mia, fille d'un homme mort pour traitrise et d'une mère emprisonnée pour cela, qui est donc en quête de vengeance. Pour cela, elle s'est enfuie et a réussi à se trouver un mentor, Mercurio, qui l'a entraînée pour devenir un assassin. Cependant, ne pouvant pas tout faire, il va l'inviter à entrer dans le cercle très fermé de l'Eglise rouge, l'école formant les meilleurs assassins, appelés aussi : Les lames.
La mise en place jusqu'à ce que Mia entre dans cette école et y prenne ses marques fut assez lente et j'avoue que les 100 - 150 premières pages furent un peu poussives pour moi, mais le livre faisant quand même plus de 700 pages, ce n'est pas la mort non plus. Surtout que la suite, elle, fut vraiment excellente.
Une fois arrivée à l'école, j'ai trouvé la découverte de celle-ci vraiment immersive. On se met dans les pas de Mia pour en découvrir les nombreux mystères et c'est passionnant. L'ambiance est lourde, pesante, oppressante parfois et surtout terriblement violente et cela d'emblée, ainsi on est prévenu ! Ce n'est pas une école gentille à la Harry Potter, mais plutôt une école de la vie qui ne va louper personne !
Pourtant, j'ai trouvé que l'auteur empruntait pas mal à un titre comme Harry Potter justement. Il met en effet en scène des professeurs dirigeant chaque une spécialité, dans laquelle il y a un concours pour arriver en haut du classement et mériter peut-être le titre de lame. L'école, elle-même, et ses règles et ses lieux mystérieux où une drôle de magie exerce ses droits m'a également rappelé ce best-seller, mais avec une teinte bien plus sombre et mature. Par exemple, quand on transgresse une règle, c'est la mort qu'on risque, non pas par ce sur quoi on tombe mais de la main même des fameux professeurs, et l'héroïne le comprend très vite. Ça donne le ton !
On la suit ainsi, au fil des mois dans son apprentissage avec les risques qu'il occasionne. J'ai été fascinée par le cadre de cette école, ses règles, ses cours, ses professeurs, sa magie, ses créatures. J'ai trouvé l'ensemble vraiment solide et très mystérieux. Les pouvoirs mêmes de l'héroïne fascinent avec cette utilisation qu'elle peut faire des ombres. Et l'on en vient à s'interroger sur leurs origines alors qu'a priori elle vient d'une famille qui en est dépourvue et que c'est quelque chose de très rare et limite tabou. Certes, il n'y avait rien de révolutionnaire mais c'était prenant et bien écrit. Il se produit un meurtre irrésolu dès le début, puis d'autres petits incidents qui poussent le lecteur à se poser des questions, ainsi le récit va plus loin qu'une simple histoire de vengeance.
La vengeance était effectivement l'élément déclencheur, le moyen par lequel on a découvert l'héroïne et cet univers d'assassin, mais ce n'est pas la finalité du texte. Au contraire, l'auteur propose une histoire bien plus riche, qui au-delà des rancoeurs de certains vis-à-vis de leurs persécuteurs, permet de parler de racisme, de viol, de tyrannie, d'emprise politique et religieuse, etc. C'est très riche et l'auteur le dévoile avec subtilité au fil de son récit pour créer ainsi un univers solide et ambitieux dans une ambiance sombre, âpre et mature, toute en noirceur.
J'ai retrouvé les mêmes qualités d'écriture dans les personnages qui m'ont accompagnée. Il y a d'abord Mia, une héroïne comme je les aime, forte et fragile à la fois, mais surtout très humaine et vraiment maligne. Elle possède un drôle de pouvoir sur les ombres dont on ne voit que les frémissements, ici, mais qui lui confère une aura ultra badass lors des combats. Elle veut venger sa famille et pense être prête à tout pour ça avec son drôle de compagnon félin fait d'ombre. Mais Mia n'est pas une personne à qui on se lie facilement, elle est observatrice, sur la réserve et cela se reflète sur les autres apprentis assassins qu'on découvre à travers elle. Cependant, l'auteur leur confère à tous une aura particulière qui donne l'impression de suivre une chouette bande de futurs assassins, même si aucun sentiment de camaraderie ne se fait vraiment sentir en dehors de quelques duos. En dehors d'eux, il y a également les professeurs, qui sont peut-être encore plus intéressants. Assassins adultes, ayant sûrement vécu déjà bien des choses, leur violence fascine autant qu'elle effraie, que ce soit le spécialiste des combats, celle des poisons, celle des métamorphoses, celui du voyage à travers le sang ou celle de l'art de la séduction. Je les ai tous trouvé fascinants et bien utilisés en général par l'auteur, même si certains font parfois un peu tapisserie et auraient mérité une meilleure exploitation, mais bon vu que c'est un récit à hauteur d'ado, c'est normal.
En lien avec les personnages, j'ai été attentive à un point qui peut vite me gâcher une bonne histoire : la romance. Et ici, j'ai eu de la chance, je l'ai trouvée elle aussi vraiment bien écrire, car ne prenant pas trop de place mais restant impactante. Avec son héroïne réfractaire à tout attachement, ce n'était pas simple d'imaginer une romance qui ne tournerait pas au ridicule ou qui ne serait pas crédible, mais il est arrivé. Comment ? En y allant pas à pas, naturellement, sans forcer et en prenant pour base une belle amitié ou du moins une belle entraide entre apprentis assassins lors des terribles épreuves qu'ils vivent dans cette drôle d'école. Ainsi, le personnage de Tric n'a rien du garçon falot que je craignais et l'amour ne transforme pas Mia en guimauve. Ouf !
Ainsi, grâce à un récit où plus on avance plus on est pris, et grâce à des mystères savamment distillés, qui donnent envie de lire la suite même si celle-ci sera forcément différente, une page s'étant tournée, j'ai vraiment eu un coup de coeur pour ce premier tome. L'auteur a su poser un rythme qui monte crescendo pour terminer sur les chapeaux de roues, le temps d'une cinquantaine de pages bien stressantes, qui offrent des scènes très visuelles que j'adorerais voir filmées ou dessinées. Non tout n'est pas parfait. La mise en place fut un peu lente et l'auteur s'est laissé aller à quelques facilités pour mettre en avant son héroïne avec des retournements grossiers, mais vu acabit du reste, on lui pardonne très facilement. Je suis désormais curieuse de découvrir la nouvelle voie empruntée par Mia, toujours aussi sombre je parie, pour percer les mystères qui l'entourent.
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
LesJoliesLecturesdePapierLesJoliesLecturesdePapier   29 octobre 2020
Tu seras une rumeur. Un murmure. La pensée qui réveille en sueur tous les salauds de ce monde au beau milieu de la non-nuit. La dernière chose que tu seras dans ce monde, gamine, c’est le héros de quelqu’un. Mais tu seras une fille que même les héros craindront.
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MarjolainePMarjolaineP   26 janvier 2022
"- [...] Rien est ton point de départ. Ne rien posséder. Ne rien savoir. N'être rien.
- Pourquoi voudrais-je faire une chose pareille ?"
Le vieil homme écrasa son cigarillo sur les planches qui les séparaient. Son rictus lui arracha un sourire.
"Parce qu'à ce moment-là, tu peux accomplir n'importe quoi."
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   09 février 2021
Écoute, gamine, les livres que nous aimons, ils nous rendent cet amour. Et ils laissent en nous leurs marques tout comme nous-mêmes pouvons marquer leurs pages.
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ErilaliosErilalios   09 août 2021
Ne me teste pas, petit. Il y a longtemps que j'ai quitté la lumière des soleils, les bras écartés et la joie au cœur. Je connais l'obscurité autant que moi-même.
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Sally66Sally66   05 juillet 2022
Voyez au-delà des lames. Au-delà des arcs et des flèches. Peu importe que votre victime soit un guerrier légendaire à l’armure scintillante ou un roi installé sur un trône d’or. Une dose de la bonne toxine peut transformer une garnison en cimetière, faire d’une république un champ de ruines. Ceci, mes enfants, est la Vérité que je vous offre ici.
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