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ISBN : 2360620193
Éditeur : Le Festin (02/12/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
L’Elève Gilles est un roman de l'enfance, de la solitude et de la souffrance, de l'angoisse des nuits d'internat, des petits et grands plaisirs des vacances dans la propriété d'une tante qui le recueille, de la découverte de la nature, de la dureté des rapports entre gamins, des premières amitiés exaltées, des premières trahisons, des premières lâchetés… Et puis, il y a ces parents trop lointains, ce père musicien dont on ne sait trop de quel mal il souffre et que G... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nadejda
  03 décembre 2014
Une belle écriture simple mais d'une grande intensité poétique qui traduit parfaitement les nuances des sentiments, l'émerveillement et aussi parfois l'angoisse de l'élève Gilles devant la nature qu'il découvre à la Grangère propriété de sa tante où sa mère, à laquelle il voue une véritable adoration, le laisse pour suivre son mari.
Le père reste lointain pour Gilles. Musicien il vit dans son monde, ne supportant pas le bruit : « Il demeurait, à l'ordinaire, absorbé dans ses pensées, et je respectais le plus possible son recueillement, mais le mot, le geste dont il m'arrivait de troubler le silence, provoquaient sa colère ; j'en venais à jouer sans bruit, et à redouter comme la foudre le heurt de quoi que ce fût. »
Devenu interne au collège de la ville voisine de la Grangère, il va être confronté aux autres mais il trouvera toujours réconfort et douceur dans sa perception aigüe du monde qui l'entoure : « Quelques bruits venaient du dehors ; pas sonores dans la rue, chanson à mi-voix d'un passant, longs miaulements de chats en lutte sournoise, mais un grand calme s'étendait le plus souvent autour de nous, et la respiration même du dortoir invitait à la somnolence. »
Un livre à la beauté douloureuse, à l'atmosphère mélancolique, qui laisse planer un mystère. Cette lecture s'accorde parfaitement à l'ambiance automnale et j'ai parfois songé au Grand Meaulnes tout en plaçant au-dessus ce roman d'apprentissage que l'on peut, après lecture, prendre et rouvrir à n'importe quelle page. Dans les désarrois de Gilles, dans sa quête d'amour et de beauté on peut puiser à chaque moment.
Dans sa préface à l'édition de 1956 au Club français du livre, François Mauriac nous dit :
« L'auteur de « L'Elève gilles » a possédé la terre comme aucun autre homme que j'aie connu ne l'a possédée.(…) Il a connu les odeurs de la terre à chaque heure de la nuit et du jour et selon les moment de l'année. Un jardin, une maison pourvu qu'elle fût pauvre, que le temps lui eût imposé sa patine et que des morts aimés y aient vécu, devenaient un royaume et ce doux en était le maître. Les lecteurs de l'Elève Gilles sauront jusqu'où allait cette possession du monde dont mon ami avait reçu le privilège. »
(…) « André Lafon, mort à trente ans, avançait à reculons dans la vie. « Toute l'hostilité de la vie m‘attendait au seuil du jardin. » Ce sont les dernier mots de L'Elève Gilles. Ils résument le drame d'une destinée. »
André Lafon appartient comme Alain Fournier et bien d'autres, à la génération perdue, celle qui a été fauchée par la guerre de 14-18. Il est mort en 1915. Un auteur à redécouvrir dont je ne comprend pas qu'il reste méconnu.
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emdicanna
  12 juin 2018
Quatrième de couverture :
Disparu précocement en 1915, André Lafon "était de ceux que ne quitte jamais le sentiment tragique de la vie", confia François Mauriac, son frère en poésie. Longtemps introuvable, L'élève Gilles, qui soutient la comparaison avec le Grand Meaulnes ou Les désarrois de l'élève Törless, "appartient à ces livres dont on se confie l'existence entre amis, comme un secret, dont on recommande la lecture avec précaution, écrit Jean-Marie Planes. C'est un mot de passe, le signe de reconnaissance d'une sympathique maçonnerie. Il marque l'appartenance à une communauté sensible, à un petit clan d'amateurs fraternels, se saluant comme membres d'une même famille."
Roman d'apprentissage, L'éléve Gilles est avant tout un récit secret. Dans une langue intemporelle aux accents mauriaciens, André Lafont puise dans ses propres souvenirs pour évoquer une enfance solitaire et contemplative au bord de l'estuaire. Il dit la consolation et l'enthousiasme qui saisissent l'exilé, dans son lit de dortoir, à contempler, avec une avidité forcenée, la splendeur des constellations.
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litolff
  18 septembre 2017
Quelle jolie découverte que cet élève Gilles !
Le héros est un petit garçon de 11 ans confié à sa grand-tante dans une propriété du Bordelais, la Grangère, pendant que ses parents tentent de démêler des problèmes qu'il ignore. Nous sommes en 1912.
La Grangère, c'est le paradis pour Jean Gilles qui découvre et s'immerge dans la vie rurale. Et même s'il doit partir en pension au collège voisin, il y reviendra le week-end.
Une chronique douce-amère où il ne se passe pas grand-chose sinon les éternels tourments et joies de l'enfance, finalement assez intemporels.
Magnifiquement écrit, plébiscité par Mauriac et présentant quelques similitudes avec le Grand Maulnes, cet élève Gilles m'a embarquée avec bonheur vers une époque pleine d'odeurs, de silences et de lenteur : un délice !
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luocine
  18 décembre 2017
'ai rencontré ce roman à Combourg, je cherchais une carte postale avec le portrait De Chateaubriand, cela me semblait le lieu adapté, mais que nenni, le libraire m'a répondu : « on laisse ce genre d'achat au château » (fermé à cette époque de l'année) donc pas de carte de François-René mais un homme qui avait envie de me parler des livres qu'il vendait. En particulier donc de cette maison d'édition, « l'éveilleur » qui publie des textes oubliés. Il a su « éveiller » ma curiosité en me disant que ce livre avait à l'époque, été une sorte de best-seller, il a reçu le prix de l'Académie française. André Lafon était un ami de Mauriac et était promis à un bel avenir littéraire. Et puis, 1914, la guerre, il en mourra indirectement : de constitution faible il attrapera la scarlatine en 1915, cela lui fut fatal. Je pense que si, notre libraire fait aimer aux gens de Combourg ce livre c'est qu'ils ont adopté la campagne, les bois, le rythme lent des activités rurales et le style de François-René de Chateaubriand (et que donc ‚il aurait dû vendre une carte de cet auteur ! non mais !).
Le livre est présenté comme « un frère du grand Meaulnes » et un chef d'oeuvre qui mérite sa place dans notre GRANDE littérature. Je dis tout cela parce que mes trois coquillages montrent bien que cela n'a pas vraiment marché pour moi. J'ai eu l'impression de revivre mes dictées de primaires et les textes choisis de CM2 . le style est aussi parfait que vieillot, plus personne n'écrit comme cela mais c'est aussi très agréable à lire car c'est un livre très court. Je sauve quand même ce roman à cause de la pudeur avec laquelle il raconte ses souffrances de jeune garçon. Son père traité de fou par ses camarades d'école est un grand dépressif qui se suicidera. L'enfant vit dans les non-dits de sa mère et de sa tante qui essaient de lui faire une vie la plus normale possible. Lui, se réfugie dans la contemplation de la nature qu'il décrit avec une grande minutie. J'aimerais bien ne pas être la seule à connaître ce texte et je suis presque certaine que certaines blogueuses vont adorer ce roman.
Lien : http://luocine.fr/?p=8929
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TmbM
  24 août 2017
Son auteur, mort dans la fleur de l'âge durant la première guerre mondiale, manie une langue magnifique, très XIXème, et la met au service d'une littérature sensible, classique, d'une profonde poésie et d'une remarquable sobriété.
L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
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critiques presse (1)
Actualitte   11 avril 2018
Cette écriture, pour classique qu’elle soit, n’en demeure pas moins d’une grâce infinie. Ses ellipses, ses inversions, ses conjugaisons oubliées lui confèrent le lustre des choses anciennes, et sa simplicité, sa lucidité la rendent intemporelle.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
nadejdanadejda   03 décembre 2014
Vous qui vous pencherez sur ces pages avec l’émoi d’y revoir, parmi tant de choses mortes, des figures jadis connues, ne soyez point étonnée de trouver l’enfant qui se raconte si peu semblable à votre souvenir… Mais rappelez-vous ses silences, et sachez ce que vous dérobèrent un masque pâlot et des regards qui fuyaient l’interrogation du vôtre.
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luocineluocine   18 décembre 2017
Mon père ne parut pas au déjeuner ; j’appris qu’il se trouvait las et prenait du repos. J’osai m’en féliciter, car sa présence m’était une contrainte. Il demeurait, à l’ordinaire, absorbé dans ses pensées, et je respectais le plus possible son recueillement, mais le mot, le geste donc il m’arrivait de troubler le silence, provoquait sa colère ; j’en venais à jouer sans bruit , et à redouter et comme la foudre le heurt de quoique ce fût. Cette perpétuelle surveillance où j’étais de moi-même me gênait, à table surtout. Il suffisait de l’attention que j’apportais à me bien tenir pour m’amener aux pires maladresses, la veille même, à dîner, mon verre renversé s’était brisée en tachant largement la nappe. Le sursaut de mon père m’avait fait pâlir, et mon trouble fut plus grand encore à le voir nous laisser et reprendre, au salon, La sonate qu’il étudiait depuis le matin.
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ollivierollivier   12 mars 2017
Près d'elle [ma mère], je goûtais l'oubli de toutes les atteintes ; je trouvais le calme à son côté, la fraîcheur de son ombre, et, quand tout ce qui peut menacer un enfant se fût rué dans l'enclos, je n'aurais conçu aucun trouble en mon âme, dans l'assurance où j'étais que toutes les puissances mauvaises n'eussent pu dépasser le cercle tracé par son regard.
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ollivierollivier   12 mars 2017
...par la baie, j'aperçus la route qui s'allongeait entre les champs plus sombres. C'était celle qu'il m'avait fallu suivre dans un temps si proche que la nuit seule m'en séparait : mais il n'y avait plus en moi qu'un consentement docile, un immense vouloir de servir, contre quoi se trouvait sans force le pressentiment où j'étais que toute l'hostilité de ma vie m'attendait au seuil du jardin.
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