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L'institutrice tome 2 sur 2

Yves Lavandier (Autre)Carole Maurel (Autre)
EAN : 9782226477002
102 pages
Albin Michel (28/09/2022)
4.16/5   83 notes
Résumé :
Bretagne, juin 1944.Dans la forêt de Ploménéac, les miliciens bretons, affidés des nazis, continuent à traquer Marie-Noëlle et ses élèves. La solidarité du groupe aura-t-elle raison de la haine de l’autre ?
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Le premier tome de « L'Institutrice », « Ne fais pas à autrui… » est sorti en mars 2022 ; six mois plus tard, Carole Maurel et Yves Lavandier nous proposent la conclusion de ce diptyque avec la parution des « Enfants de Surcouf » aux éditions Albin Michel.

Je dois avouer qu'en lisant le « pitch » du tome 1, je suis restée sceptique. Quoi encore une oeuvre sur l'Occupation ? avec un enfant caché ? Mais c'est un thème archi rebattu ! Cette période constituant même un sous-genre à elle seule dans la BD française. de plus, j'avais énormément apprécié l'album « Collaboration horizontale » que la dessinatrice avait réalisé avec Navie au scénario et je me demandais ce que ce diptyque pourrait nous proposer de neuf tant au niveau du scénario que du dessin …

Bon, c'était sans compter sur le fait que le scénariste Yves Lavandier dont c'est la première incursion en bande dessinée était un auteur chevronné : tant sur le plan de la pratique (il a fait ses gammes dans les séries télés et les longs métrages et même réalisé un film avec Gérard Jugnot : « Oui mais ! ») que sur celui de la théorie puisqu'il est l'auteur d'un ouvrage que l'on considère depuis deux décennies comme la Bible des scénaristes : « La Dramaturgie » et d'un autre intitulé « Construire un récit ». Alors évidemment, il a su m'amener là où je ne l'attendais pas !

HOMMAGE AU PLUS BEAU METIER DU MONDE

Déjà, le personnage principal est une héroïne. Vous me direz que le « girl power » c'est un peu dans l'air du temps et qu'en beau portrait de résistante on a « Madeleine résistante » du trio Bertail/Morvan/Riffaud . Certes… Mais la motivation première d'Yves Lavandier n'était pas de glorifier un héroïsme historique conjoncturel mais l'héroïsme quotidien des enseignants, métier qu'il avait redécouvert dans les années 1990 quand ses enfants sont allés à l'école maternelle ! Et il est vrai qu'avec le personnage de Marie-Noëlle Moënner, il crée un beau portrait de femme tout en nuances : touchante lors de la scène d'ouverture du tome 1 quand elle se laisse aller à des rêves de midinette en dansant avec un portemanteau sur fond d'Edith Piaf, irritante avec ses côtés prêchi-prêcha, bouleversante dans ses doutes et ses désarrois …très loin finalement des canons de la « super héroïne « et de la femme forte, surtout dans ce deuxième tome.

LES ENFANTS D'ABORD !

Ensuite comme l'indique les sous-titres des deux tomes, on observe un déplacement de l'intérêt du tome 1 au tome 2 : car dans « Les enfants de Surcouf » non seulement l'héroïne a vraiment de l'épaisseur mais également les enfants qui deviennent pratiquement le sujet du tome final alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que seul l'enfant juif, l'enfant caché, soit développé. l. Ils sont tous bien individualisés et caractérisés et la direction d'acteurs de Carole Maurel est assez incroyable dans la justesse des mimiques et des émotions ; leurs visages sont très expressifs et le jeu de regards superbement rendu.

UNE OeUVRE POPULAIRE

Ces beaux portraits permettent l'identification et l'empathie tant pour les adultes que pour les enfants et créent une véritable oeuvre « populaire » au sens noble du terme, c'est-à-dire pour tous. Elle me semble même supérieure à la série à succès « Les Enfants de la Résistance » car plus délicate à la fois dans le graphisme et la narration. Yves Lavandier et Carole Maurel se refusent au manichéisme (et au prêchi-prêcha !), amenant même certains miliciens à la Rédemption et font finalement passer bien des valeurs universelles et atemporelles d'entraide et de solidarité à travers une aventure très rythmée.

En effet, le récit est prenant, le découpage varié et souvent très cinématographique. On a même un fondu au noir ! le gaufrier est très souvent éclaté pour crée une variation de rythme et on a même parfois l'impression d'entendre grâce aux onomatopées le bruit des bottes et l'aboiement des chiens. A la fin du 1er tome on restait sur un cliffhanger digne des meilleures séries américaines et dans ce deuxième tome, à cause d'une construction presque théâtrale (unité de lieu, de temps et d'action), on ressent l'angoisse des héros devant l'étau qui se resserre tandis que certaines scènes montées en parallèles (poursuivants/poursuivis) créent beaucoup de suspense.

UNE REALITE HISTORIQUE TABOUE

Mais «L'Institutrice » quel que soit le dessein de départ, est ancré dans un contexte géographique et historique : la Bretagne (Ploménéac) après le débarquement allié. Et là encore Yves Lavandier fait mouche en évoquant une réalité historique taboue : celle des milices nationalistes bretonnes, dont le bezen Perrot, qui par haine des Français et antisémitisme s'engagèrent volontairement au côté des Nazis et dont certains membres- comme on le voit dans l'album- revêtirent fièrement l'uniforme des Waffen SS.

Le tract présenté page 31 sur lequel apparaît une bigoudène balayant deux juifs caricaturés est ainsi authentique. Alors, ce qui aurait pu sembler une coquetterie - les bulles noires qui signalent des dialogues prononcés en breton - trouve sa pleine légitimité car cela souligne que cette histoire de chasse aux Juifs et aux Résistants est finalement « consanguine » : les méchants sont Bretons comme les victimes. Comme le déclare malicieusement le scénariste c'est « la seule fiction au monde sur l'Occupation dans laquelle il n'y a pas un seul Allemand » ; on ne pourrait donc trouver plus novateur !

DU MANGA AU RENDU D'AQUARELLES

Quant au dessin, il est aussi renouvelé. Comme dans « Collaboration Horizontale », ou « Nellie Bly », Carole Maurel joue parfois du symbole mais on a cette fois un petit côté manga qui n'apparaissait pas auparavant. En plus des personnages cadrés de très près et de la focalisation sur leurs yeux, on trouve en effet dans « Les Enfants de Surcouf » certaines pages cernées de noir (comme les comics) ; certaines vignettes deviennent triangulaires ou octogonales comme dans la bande dessinée japonaise et les onomatopées font partie intégrante de la composition de l'image. Mais surtout la dessinatrice, à l'aide de sa palette graphique et de ses brushes qui ont parfois un rendu d'aquarelle, délivre des pages plus organiques que dans ses oeuvres précédentes. La majeure partie de l'action de ce tome se passe dans la forêt, souvent de nuit et on a donc une grande variété de couleurs et de textures pour recréer décors et ambiances. Les pleines pages sont plus nombreuses aussi ce qui permet de créer une respiration dans la narration et de donner à la bédéaste la possibilité de faire éclater son talent.

On l'aura compris, ce diptyque m'a séduite. Je vous en recommande la lecture. C'est un récit d'aventures mais surtout une aventure humaine. Certains moments sont drôles, d'autres terrifiants ou émouvants. Les personnages sont magistralement caractérisés et on n'observe aucune glorification ou condamnation abusives. le dessin est varié tout comme les cadrages. On passe du manga à l'aquarelle impressionniste. C'est un livre à lire dès 12 ans mais bien plus profond qu'il n'y paraît !

Lien : https://bulles2dupondt.fr/20..
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Ce deuxième tome de la BD l'institutrice vient conclure l'aventure de Marie-Noëlle, cette maîtresse d'école bretonne, qui en juin 1944 improvise une balade en forêt avec ses élèves pour protéger un d'entre eux, Jacques Rosenthal, un enfant juif poursuivi par la milice.

A la fin de la première partie, la situation était assez tendue et quasi désespérée. Entre les enfants qui n'ont entendu à la maison que des discours collaborationnistes et antisémites, des petits bouts de chou qui ont la peur de leur vie, et quelques turbulents, Marie-Noëlle essaye de préserver l'essentiel : Jacques. Pour se faire, il lui faut égarer les miliciens bretons qui se rapprochent, guidés par leurs chiens.

La tension de la situation est contrebalancée par les réactions spontanées des enfants. le courage exceptionnel de Marie-Noëlle paraît d'une déroutante évidence. le dessin (magnifique) amène un regard tendre sur cette classe, où tous les caractères sont présents. le diptyque L'institutrice est une grande réussite de la BD.
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Il s'agit du tome 2 de "L'institutrice : les enfants de Surcouf". La maitresse, Marie Noelle, est dans la forêt bretonne avec ses 17 élèves pour sauver Jacques Rosenthal, jeune réfugié juif, de la traque de la milice bretonne au service de l'occupant allemand.

Marie Noelle doit faire preuve de plus en plus d'ingéniosité pour éviter que le groupe soit rattrapé par la milice. Il faut réussir à leurrer et tromper les chiens et leur flair. Pour éviter la panique des enfants, l'institutrice présente les épreuves comme un jeu (la partie d'évolution dans les arbres est assez significative et montre que Marie Noelle est aguerrie).

L'institutrice doit faire face à plusieurs problèmes :
* la traque de la milice
* la peur des plus jeunes
* la volonté de Jacques de partir seul pour ne pas entrainer ses camarades
* la trahison potentiel de Guénolé

Peu à peu des personnalités s'affirment chez les enfants, les relations entre eux évoluent ainsi que celles avec l'enseignante. Ce n'est plus elle qui fournit en permanence des sentences ou des morales mais une de ses élèves qui les reprend à son compte et les applique dans ce contexte bien particulier. les enfants se mettent aussi à faire preuve d'ingéniosité ( en particulier pour piéger les chiens de la milice).

Marie Noelle sera assaillie par le doute plusieurs fois et à la limite du désespoir et du renoncement mais le destin en décidera autrement. On découvrira que même au sein de la milice, il peut y avoir des hommes refusant l'inacceptable et se révoltant. L'adversité renforce les liens entre les protagonistes et change la donne, les adverses pouvant devenir des alliés voire des amis.

Le graphisme de Carole Maurel est toujours aussi juste, les expressions des visages collant parfaitement aux différentes situations. Ce graphisme est simple, épuré. Les scènes dans les arbres sont très réalistes. le découpage des cases facilite la lecture et s'articule parfaitement avec le scénario.

Cette BD évoque une nouvelle fois la seconde guerre mondiale en mettant en scène des enfants. Elle n'est pas sans rappeler par certains côtés "Les enfants de la Résistance". Elle met l'éclairage sur le rôle qu'ont pu tenir certains enseignants et donne des informations sur la milice bretonne. Elle peut être mise dans les mains d'élèves de CM1 CM2 ou de collégiens et pourrait servir de support pour la réflexion sur cette période dans le cadre du devoir de mémoire.

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Ce second tome confirme mon ressenti du premier.
C'est une jolie histoire, avec une belle morale, de beaux sentiments et qui véhicule des valeurs aux plus jeunes.
Je suis un peu dubitative sur le public cible de cette histoire qui semblera sans doute un peu complexe aux jeunes ados mais manquant d'un peu de sobriété dans les retournements de situations incessants pour paraitre crédible aux plus âgés.
J'ai l'impression que cette BD tente de surfer sur le succès mérité des enfants de la Résistance pour se faire une place dans le même créneau.
Bof donc mais je tiens à souligner le dessin de Carole Maurel que je trouve magnifique, comme toujours avec cette auteure.
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Marie-Noëlle, une institutrice bretonne, fait tout pour sauver un enfant juif des milices locales. Nous avions fait connaissance avec elle et ses élèves dans le tome 1. Un premier récit qui m'avait emballé grâce à ce personnage et sa capacité à lutter, sa détermination à défendre Jacques Rosenthal en emmenant avec elle tous ses élèves…

Nous les avions laissés s'échappant dans la forêt de Ploménéac, les miliciens à leurs trousses…. Nous les retrouvons au même endroit, tentant de multiplier les ruses pour échapper à leurs poursuivants. Tous font preuve d'une solidarité exemplaire … tous sauf Guénolé, qui ne comprend pas pourquoi il faut faire tout ça pour défendre cet enfant juif.

Le récit met donc en scène cette poursuite et le dilemme que rencontre Marie-Noëlle face au danger qu'elle fait encourir à tout le groupe. le dessin de Carole Maurel continue de m'enchanter. Son talent pour nous offrir des personnages qui incarnent avec puissance les rôles définis m'épate… Chacun enfant a son caractère, reconnaissable, et cette instit dégage une force hors du commun tout en révélant ses failles.

Voilà un beau diptyque à ranger pas loin de la série « Les enfants de la Résistance » dans la bibliothèque de n'importe quel jeune lecteur, à partir de 10-12 ans peut-être mais pas que !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Quand on manque de force, il est beau de montrer du courage.
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La sagesse gouverne son royaume sans épée.

(page 18)
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Moi aussi j’ai un conditionnel. Si certains hommes étaient moins bornés, on vivrait en paix !
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quand on manque de force, il est beau de montrer du courage.


(page 60)
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Je ne préfère pas. La sagesse gouverne son royaume sans épée.
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Vidéo de Yves Lavandier
Les voies de la narration. Apprendre l'art de raconter des histoires dans le monde contemporain
Avec David Foenkinos, romancier, dramaturge et scénariste, Fanny Sidney, réalisatrice, scénariste, comédienne et Pauline Baer, écrivaine et animatrice d'ateliers d'écriture
Au cours des deux dernières décennies, les histoires, les récits, les narratifs sont sortis du champ strictement littéraire et culturel pour investir d'autres espaces – politique, économique, informationnel. Portée par l'essor des industries créatives et par la multiplication des canaux et des formats, la « fabrique » à histoires s'est développée en réponse à des besoins variés : assouvir une quête de sens, se réapproprier une histoire familiale, fédérer autour d'un projet collectif, incarner une ambition entrepreneuriale, donner du souffle à un projet politique, redonner de la cohérence aux événements du monde, ou tout simplement répondre à notre envie d'être transporté et tenu en haleine… du récit intime qui bouscule au récit politique qui veut marquer son temps, de l'histoire qui captive au narratif d'entreprise qui conjugue stratégie et raison d'être, chacun cherche l'histoire qui fait vibrer, donne du sens, motive, divertit ou répond aux questions du siècle.
Si le besoin de récit est partout, il faut (ré)apprendre à raconter des histoires de manière adaptée aux usages contemporains, sans perdre de vue la vocation humaniste de toute narration et les ponts qu'elle peut jeter entre générations et entre communautés. Une nouvelle génération d'auteurs, ainsi que la demande des industries culturelles interrogent l'idée – très française, et à l'opposé de la mission de la Scuola Holden de Turin fondée à Turin par Alessandro Baricco en 1994 – que l'art du récit ne s'apprend pas, à moins de le faire comme un outil pour accéder à un métier et à un média. Et s'il fallait une « école Holden à la française » pour décloisonner les industries culturelles et les générations ?
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À lire – David Foenkinos, Charlotte, Gallimard, 2014. Pauline Baer, La collection disparue, Folio Gallimard, 2020. Alessandro Baricco, The game, Folio Gallimard, 2019. Alessandro Baricco, Les barbares. Essai sur la mutation, Gallimard, 2014. Yves Lavandier, La dramaturgie : les mécanismes du récit, Les impressions nouvelles, 1994. Maureen Murdock, The heroine's journey, Shambhala Publications Inc, 1990.
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