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2.83/5   9 notes
Résumé :
" Papa… J’ai toujours trouvé ce mot étrange. Ça sonne un peu comme une double détonation : Pan Pan !. Les haines en moins… "

"Je passe mes journées à regarder la mer. A peine trente trois piges et mon corps m’abandonne déjà. Ce sont mes mains qui se sont faites la malle les premières. Mes bras et mes jambes ont suivi. Mes yeux commencent à devenir capricieux, eux aussi, il parait que c’est à cause de mon cœur. Je passe mes journées à me gerber et à me... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
"J'ai toujours été pressé. J'ai passé ma vie à l'être. (...) Aujourd'hui, je suis patient. En tout cas c'est comme ça qu'ils m'appellent". Sacha a trente-trois ans et il est en train de mourir. Une maladie dégénérative, orpheline. Les fonctions de son corps le lâchent progressivement. Impuissant, spectateur de sa chute, Sacha se souvient. Il revoit sa courte vie sous forme de flashbacks et entraine le lecteur à sa suite. C'est cru, c'est fort. Avec un style direct, qui n'élude rien, à la fois plein de rage et de lucidité.

Une enfance plutôt triste entre un père souvent violent et une mère dépressive qui suinte le renoncement, une adolescence rebelle pour résister aux quolibets de ses camarades de classe, une orientation professionnelle subie qui l'incite à devancer l'appel du service militaire, sans plus de succès. Et puis les rencontres. D'abord Françoise et Georges, les propriétaires du "Moulin", un bar cabaret de Montmartre dont il devient le barman. Avec eux, il découvre l'affection. Puis Betty, une jeune artiste peintre à qui il sert de modèle et d'amant occasionnel. Et qu'il finit par convaincre de ne pas avorter et de lui laisser élever le fruit de leurs étreintes. Sacha se reconstitue ainsi une famille et, à la mort de Georges s'installe avec Françoise et le petit Zadig à La Rochelle... Sa vie démarre, s'organise, un semblant de bonheur se faufile. Jusqu'au diagnostic fatal, alors que Zadig va fêter ses onze ans.

"Papa... j'ai toujours trouvé ce mot étrange. Ça sonne un peu comme une double détonation : Pan Pan ! Les haines en moins...". Il est joliment question de paternité dans ce roman, une paternité salvatrice, celle qui permet à Sacha de se sentir enfin utile, d'exister pour quelqu'un. La paternité présentée comme un état et une volonté plutôt qu'un simple fait biologique. La famille que l'on choisit, celle que l'on construit parfois sur les cendres de l'officielle qui n'a pas su jouer son rôle. Sacha est un écorché vif qui trouve dans quelques liens du cœur la force de se construire une vie. Le fait de savoir dès le début qu'il est en train de mourir donne à son témoignage un aspect à la fois poignant et solennel où pointent les regrets, les occasions manquées et la rage devant l’inéluctable, même s'il porte un regard très lucide sur lui-même.

Attention, âmes sensibles, on est très loin des bons sentiments et de l'eau de rose. La fin, terrible propose un autre angle de vue, pose la question du poids des mots. Un trop plein d'amour serait-il aussi nocif qu'une absence totale d'affection ?

L'auteur possède un certain talent pour jouer avec les mots et poser quelques expressions qui tapent fort, sonnent juste et créent de l'empathie pour son personnage. Son écriture directe m'a touchée. Une belle découverte
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Un très joli premier roman qui, de manière délicate et sensible, permet d'engager une réflexion sur les liens familiaux, la paternité et la filiation. de son lit d'hôpital, le narrateur, Sacha, revisite sa courte vie (il a trente-trois ans) et se remémore les rencontres essentielles qui lui ont permis de grandir et de devenir le papa de Zadig.
Les personnages et les évènements qui ont jalonné son itinéraire sont vivement décrits, avec humour et tendresse.
C'est aussi un jeu avec la langue qui dit souvent plus et au-delà de ce que les mots laissent comprendre.
A lire, vraiment, pour cette douceur qui repousse toutes les haines et ne garde que l'amour.
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Sacha est sur son lit d'hôpital. Il est condamné, il le sait. Son corps ne lui obéit déjà quasiment plus... A l'image de notre vie qui défile devant nos yeux quand notre heure est venue, Sacha retrace sa vie... son enfance, pas toujours heureuse, son adolescence marquée par son échec scolaire et ses orientations aléatoires, l'hôtellerie, l'armée...
Mais la vie dans son flot d'aléas réserve aussi de belles surprises... Après avoir été réformé de l'armée, il part à Paris. Il rencontre Françoise, patronne d'un bar des nuits parisiennes, une femme qui va beaucoup compter pour lui... Il va couler des jours heureux à Paris mais à l'aube de sa majorité, certaines nouvelles vont venir bouleverser cette tranquillité apparente... C'est à ce moment qu'il rencontre Betty, une artiste peintre qui va faire de lui un père...
Ce nouveau rôle va totalement modifier sa vie, lui donner une autre saveur... Avoir un enfant rend plus fort, avoir un enfant peut devenir notre raison de vivre, même quand la vie s'acharne contre soi...

Dans cet émouvant roman, l'auteur aborde un thème peu courant. On a l'habitude de lire ou d'entendre des témoignages de femmes qui élèvent seules leur(s) enfant(s) après que le géniteur soit parti mais c'est beaucoup plus rare de donner la parole à ceux dont le désir de paternité est plus fort que tout...

Un roman qui prend encore une autre tournure quand la maladie vient frapper à la porte de Sacha...

Malgré les sujets très lourds, l'auteur ne tombe jamais dans le pathos. Son écriture percutante m'a même très souvent fait sourire ! Un roman très sensible que j'ai beaucoup apprécié.
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Je remercie Babelio et les éditions Daphnis et Chloé pour cet ouvrage.

Nous débutons l'histoire avec les yeux de Sacha, notre narrateur de 33 ans, qui cloîtré dans son lit à la suite d'une maladie orpheline le tuant à petit feu, décide de se remémorer les parcelles de sa vie qui ont fait de lui ce qu'il est aujourd'hui.
Bercé par des parents peu soucieux de lui ou de son avenir, Sacha se forgera un caractère bien trempé et provocant, se sentant majoritairement impuissant.
Il n'a pas eu la vie facile, tentant à chaque fois de s'en sortir comme il pouvait.
Il rencontrera deux femmes qui changeront sa vie.

Françoise, cette femme au tempérament de feu, patronne d'un bar un peu chaud, lui permet de se relever et d'offrir à Sacha un semblant de maternité. Chose qui lui a souvent manqué.
J'ai apprécié ce personnage pour sa façon d'être, et le sentiment de sécurité qu'elle procure.

Betty, cette jeune artiste de Montmartre... Si l'auteur a voulu en faire un portrait totalement antipathique, arrogante et névrosée, c'est totalement réussi.
J'ai détesté son personnage, et pas par la faute d'un manque d'explication ou de psychologie, au contraire. Je l'ai détesté pour ce qu'elle était et représentait.
Sur ce point, Eric le Guilloux a fait fort. Il a offert au personnage de Betty une grande consistance, grâce à son écriture, et ses dialogues.

En ce qui concerne l'écriture global du roman, je dois avouer avoir parfois eu du mal avec certains passages, que je trouvais peut-être inutiles ou exagérés.
Les détails sont forts et quelque peu écoeurants par moment. Toutefois, un usage trop poussé de vulgarité (sans réel utilité), me fait quelque peu grincer des dents.

J'ai eu du mal à me plonger totalement dans le roman...
Il est intéressant de découvrir la paternité, comment celle-ci est géré par ce jeune homme qui était tant perdu avant. Voir un père élever seul son enfant.
Toutefois, j'ai trouvé que le début du roman traînait. le sujet principal a mis, à mon goût, trop de temps à s'installer.

Et quant à la fin, je n'ai pas vraiment compris…
J'ai trouvé que cette fin n'avait pas sa place dans le contexte. C'est un événement qui arrive de façon brutal et de façon incompréhensible.
Peut-être n'ai-je pas su lire entre les lignes, ou peut-être n'ai-je pas été assez touché pour accepter cette fin improbable.


Lien : http://esquissedesmots.fr/in..
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En lisant la première page de ce roman, je m'attendais à un livre traitant de la maladie. Que nenni!!
Bien que Sacha soit atteint d'une maladie orpheline incurable, c'est son passé qui est abordé; de son enfance jusqu'au moment de la narration. de temps en temps, le récit revient au moment présent mais cela est de courte durée car Sacha indique qu'il préfère se remémorer le passé pour tenter d'oublier le présent. La vie de Sacha n'a pas été un long fleuve tranquille. Heureusement, il y a eu de belles rencontres (je pense à Georges et Françoise) qui lui ont permis de donner un autre sens à sa vie, de prendre un nouveau tournant.
Bien que ce soit son premier roman, Éric le Guilloux m'a convaincu et séduite. J'ai beaucoup apprécié son écriture ainsi que la façon d'aborder le récit. J'ai trouvé les personnages principaux attachants.
Et que dire de la fin ... Je ne m'y attendais pas. Elle m'a bouleversé.
Je remercie Babelio pour cette belle découverte grâce à la masse critique de septembre. Cela m'a permis aussi de découvrir une nouvelle maison d'édition dont j'aime beaucoup les choix de couverture des romans publiés.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Je sors bientôt de l'hosto. Les blouses blanches se sont mises en tête de me filer un auxiliaire. Il va falloir qu'il se bouge sacrément le cul cet auxiliaire. Lui qui est utilisé depuis toujours pour accompagner le passé composé, il va falloir qu'il m'aide à conjuguer le verbe vivre à mon présent décomposé et peut-être même au futur que je sais conditionnel et loin d'être simple.
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Ça c'est mon papa 😌
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Video de Eric Le Guilloux (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric Le Guilloux
Éditions Daphnis et Chloé "Une littérature sur un monde qui change"
Une rencontre avec les éditions DC Daphnis et Chloé, avec une interview de leur Président-Fondateur Olivier Milliès-Lacroix, ainsi que deux de leurs auteurs, Eric le Guilloux et Arnaud Delporte-Fontaine.
Eric le Guilloux I Les haines en moins
« Papa? J?ai toujours trouvé ce mot étrange. Ça sonne un peu comme une double détonation : « Pan Pan ! », les haines en moins? »
C?est de son lit d?hôpital que Sacha nous confie son histoire, le meilleur comme le pire? Celle d?un jeune homme ordinaire abîmé par la vie qui rencontre au hasard des rues parisiennes deux femmes : la première, patronne de bar de nuit haute en couleurs, fera de lui un fils. La seconde, jeune artiste de Montmartre, fera de lui un père. Enfin, Zadig, son fils, fera de lui un homme?
Une ode à la paternité tout en amour et en subtilité. Un magnifique premier roman d?une grande tendresse qui nous fait passer du rire aux larmes et nous hante encore longtemps une fois la dernière page tournée.
Rochelais d?adoption, Eric le Guilloux est éducateur spécialisé. Les haines en moins est son premier roman.
Lien Gibert Joseph : http://www.gibertjoseph.com/les-haines-en-moins-6359751.html
Arnaud Delporte-Fontaine I Système A
« Si vous pensez avoir l?âme parisienne, les Affreux en possèdent son c?ur. Si vous avez le sentiment que la ville vous appartient, détrompez-vous, vous n?en êtes que locataires. »
Du chômage à la rue, il n?y a qu?un pas. Surtout pour Arsène, jeune antihéros libertaire en quête d?Aventures dans un Paris désenchanté, celui des fleurs du pavé, des gargotes chaude-pisse, des poètes trépassés. Entre déchéance sociale et vol dans les grandes surfaces, vers frelatés et chasse à la gourgandine, il écrit « Système A », un brûlot à l?attention de tous les Affamés du bitume. Son système de pensée va, malgré lui, déchaîner les passions, entraîner la révolte et marquer l?avènement de toute une génération.
Une véritable ode aux bas-fonds de la capitale portée par une écriture aussi gouailleuse que ses personnages.
Lien Gibert Joseph : http://www.gibertjoseph.com/systeme-a-6066584.html
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