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Note moyenne 3.87 /5 (sur 4267 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1970
Biographie :

Sandrine Collette est une romancière.

Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l'Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Elle décide de composer une fiction et adresse son manuscrit aux éditions Denoël. Il s’agit "Des nœuds d'acier", publié en 2013. Son premier roman rencontre un vif succès critique et public avec 20 000 exemplaires vendus. Il obtient le Grand Prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne.

En 2014, elle publie son second roman "Un vent de cendres" (chez Denoël) qui revisite le conte "La Belle et la Bête".

Devenue l'un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans "Six fourmis blanches" (2015).

"Il reste la poussière" (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît "Les larmes noires sur la terre".

Son huitième roman, "Et toujours les forêts", une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

page Facebook : https://www.facebook.com/Sandrine-Collette-431162406968932/
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Entretien avec Sandrine Collette, à propos de son ouvrage Animal


27/03/2019

Dans une précédente interview pour Babelio, vous nous expliquiez que vos peurs pouvaient être une source d’inspiration lorsque vous choisissez le sujet d’un roman. Est-ce que cela a été le cas cette fois encore ? Et si oui, quelle peur a guidé le récit de cette traque à l’ours dans une forêt du Kamtchatka ?

Non, cette fois, je ne me suis pas appuyée sur une peur mais sur plusieurs autres de mes thèmes de prédilection : les grands espaces et la frontière entre l’humanité et l’animalité. Une question de territoire, en quelque sorte, où les lignes ne sont jamais vraiment claires.



Comment choisissez-vous les lieux dans lesquels se déroulent vos livres – ici le Népal et le Kamtchatka ? J’ai cru comprendre que vous ne voyagez pas pour vous imprégner d’une atmosphère (pourtant très bien rendue), mais que votre approche était uniquement documentaire…

C’est vrai, je ne voyage pas (j’ai une peur panique de l’avion…) donc je me « contente » de recherche documentaire. L’intérêt, c’est qu’on ne trouve pas forcément tout ce que l’on cherche et qu’il reste une part pour l’imagination. Je choisis mes lieux en fonction de mon histoire ; mais aussi parce qu’ils font écho en moi, il n’y a pas de hasard : parce que je connais des gens qui sont allés y vivre, parce que c’était dans un livre pour enfant que j’ai aimé enfant, etc. On se rend compte que l’on utilise, même de manière infime, tout ce qu’il y a dans notre vie.


En découvrant cette histoire de traque acharnée, on ne peut s’empêcher de penser aux photos de chasseurs qui circulent sur les réseaux sociaux, le pied sur un animal abattu, fusil en main. Mais plutôt que de juger Lior la chasseresse, vous nous faites vivre de l’intérieur cette poursuite. Ne craignez-vous pas de scandaliser les défenseurs de la cause animale, qui ne comprendront pas forcément qu’Animal est l’histoire d’une résilience avant tout ?

Je ne veux pas trop en dire. C’est au lecteur de se faire son opinion, mais je crois qu’il apparaît assez vite que le roman n’est pas une ode à la chasse, bien au contraire : elle fait la part belle à l’animal et à la nature. En fait, j’ai suffisamment confiance dans mes lecteurs pour penser qu’ils pourront peut-être être déroutés par ce thème, en quelque sorte piégés. Et puis que nous nous retrouverons au fil du livre.


Alors que Lior révèle sa part d’animalité peu à peu, se fiant de plus en plus à son instinct, vous donnez également le point de vue de l’ours traqué. Aviez-vous dès le départ l’idée de faire se croiser ainsi une forme de bestialité humaine et d’intelligence animale, à travers ces deux regards ?

La frontière entre l’humanité et l’animalité, leur part en chacun de nous, fait partie de mes fascinations. Il y a un certain anthropomorphisme que j’assume dans ce livre, à travers le regard animal, mais j’essaie de traiter la chasseuse comme l’ours justement au niveau de ce regard, de l’instinct. C’est le moment où il y a moins de raisonnement et d’intelligence que de réflexe, là où pour arriver à survivre, il vaut mieux que la part animale prenne le dessus.


Je trouve qu’il y a quelque chose de l’ordre de l’animisme dans les situations que vous décrivez, ou au moins une vision mystique de la nature. Entretenez-vous un rapport de cet ordre avec celle-ci ?

Je fais comme si, parce que cela donne une puissance extrême à la nature. Au fond, je sais qu’il n’y a pas de volonté de la nature, même si on peut avoir des impressions différentes (par exemple quand des pompiers racontent qu’ils ont la sensation que le feu est vivant, qu’il les contourne, qu’il les encercle, qu’il essaie de leur échapper). Mais c’est tellement fascinant d’imaginer le contraire !


Selon vous, l’être humain est-il à ce point déconnecté de la nature qu’il la voit seulement comme quelque chose à exploiter ou à malmener ?

C’est une autre question, mais je crois qu’une grande partie du monde ne traduit plus la nature qu’en argent, soit en l’exploitant directement, soit en la détruisant indirectement à coups de pollution et autres. Et une toute petite partie a pris conscience du fait que nous faisons partie intégrante de la nature : qu’en la détruisant, nous finirons par nous détruire nous-mêmes. Pour l’instant, le combat est trop inégal, même si on a vu tout récemment les jeunes manifester pour la planète dans le monde entier. Animal est aussi le récit d’une immersion dans la nature, d’une sorte de retrouvailles peut-être.


Animal est aussi et surtout une histoire familiale douloureuse, un fil rouge que l’on retrouve dans beaucoup de vos romans. Qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement dans les rapports familiaux ? Comment avez-vous abordé cette question dans ce livre ?

La famille est notre premier environnement. Par le sang, elle est indéfectible, même si nous la refusons. Elle est le premier lieu de nos joies comme de nos douleurs, elle nous façonne aux trois-quarts pour notre vie d’adulte. Ce qui m’intéresse, c’est de voir les liens qui s’y sont tissés, d’amour comme de haine, mais aussi comment l’enfance a créé ces adultes que nous sommes aujourd’hui. Y compris dans les moments que nous avons oubliés.



Sandrine Collette à propos de ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Je ne sais plus vraiment. Il faut choisir entre L’Etalon noir de Walter Farley (dans la célèbre bibliothèque verte) et Les Cavaliers de Joseph Kessel.



Quel est le livre que vous auriez rêvé écrire ?

Peut-être un fabuleux roman de Lucette Desvignes, Les Nœuds d’argile.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Les Cavaliers de Joseph Kessel…



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Je ne relis pas les livres…



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Aucun, je finirai bien par le lire…



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

L’Attente du soir de Tatiana Arfel.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

C’est trop personnel pour y répondre. Et c’est tellement de travail d’écrire un livre que ce serait affreux de répondre à cela.



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Zut, non…



Et en ce moment que lisez-vous ?

Né d’aucune femme de Franck Bouysse.



Découvrez Animal de Sandrine Collette aux éditions Denoël :




Entretien réalisé par Nicolas Hecht.






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LydiaB   14 mars 2014
Des noeuds d'acier de Sandrine Collette
J’ai bu mon café à petites gorgées, heureux qu’il soit trop chaud, heureux de prendre mon temps. J’ai déplié la carte sur la table en teck. Mme Mignon m’a montré un trajet insoupçonnable. Je ne voyais aucun chemin et je le lui ai dit ; elle a répondu qu’il y avait une sente, et que si je réussissais à la trouver, j’arriverais dans une sorte de crevasse qui permettait de monter jusqu’en haut du petit mont. Et là, la vue était à couper le souffle. Elle a précisé qu’il y avait un panneau « privé » mais que je pouvais passer, ça appartenait à sa famille. Elle a tracé le chemin au crayon, elle a dit : À peu près, hein. Elle m’a montré où laisser la BM. Elle a souri.



Quand je lui ai demandé si je pouvais appeler Lil, elle a dit : Sans problème. Mais après. Après cette belle promenade. Sinon vous allez partir trop tard.

Je n’ai pas remarqué la petite lueur dans son regard.



Oh, comme j’aurais dû.
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marina53   11 février 2016
Il reste la poussière de Sandrine Collette
C'est le mot qui l'interpelle, un mot qu'il n'a jamais entendu. Le bonheur.

Souvent, pour maudire le sort, la mère, devant une bête morte, une récolte gâtée par le mauvais temps ou trop de factures à la fois, s'écrie: Malheur ! Cela, il connaît. Une patte cassée, malheur. Une charogne tombée dans la réserve d'eau, malheur. Et malheur encore, les fils qui tardent à finir leur ouvrage ou le vent qui couche les clôtures, laissant échapper le bétail. Toute sa vie baigne dans ce mélange de résignation et de poing levé au ciel, s'étrangle de peur devant les éléments déchaînés, de rage face au monde qui n'est ni juste ni beau.
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palamede   23 septembre 2019
Animal de Sandrine Collette
Quand on rêve, on n’entend que ce qu'on veut.
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marina53   12 février 2015
Six fourmis blanches de Sandrine Collette
Quelle horrible impression, celle de nos propres limites: jamais, dans la vie ordinaire, nous n'avons besoin d'aller aux frontières de ce dont nous sommes capables, à l'extrême de nos forces. Le sentiment d'arriver au bout nous est étranger. Nous nous croyons invincibles, quand nous n'avons simplement pas à utiliser nos réserves. Nous sommes des protégés, des assistés qui s'ignorent. Des faibles. (..) Devant l'immensité des éléments, dans des situations extrêmes, nous ne sommes plus rien.

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Yggdrasila   24 septembre 2014
Des noeuds d'acier de Sandrine Collette
Un homme mourait et, depuis le ciel, il contemplait sa vie qui se matérialisait comme une immense plage sur laquelle il voyait cheminer les marques de ses propres pas. À côté, il y avait d'autres traces de pas: celles de Dieu, qui l'accompagnait. Mais aux moments les plus difficiles de son existence, il n'y avait plus qu'une seule marque de pas. Alors l'homme demandait à Dieu pourquoi il l'avait abandonné quand il avait le plus besoin de lui. Et Dieu répondait: Je ne t'ai pas abandonné. Dans ces moments-là, c'est moi qui te portais.
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NathalC   24 mai 2017
Il reste la poussière de Sandrine Collette
La mère est son avenir, l'estancia sa destinée et son tombeau. Il ne veut ni réfléchir ni répondre. Cela abîmerait trop de choses. Seul le bétail est important, et le travail de chaque instant, l'infinie répétition, lassante et rassurante, et même le galop des chevaux se ressemble de jour en jour, et le souffle des bêtes, et la lumière de l'aube sur la plaine. Envisagée ainsi, la vie n'a pas lieu de changer. Elle peut durer le temps de l'humanité, le temps de l'univers et des certitudes.
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Ladybirdy   23 avril 2020
Animal de Sandrine Collette
Le silence, c’est la mort. Tout ce qui vit bruit, frissonne, miaule, craque, frôle, siffle, ronfle. Les cimetières, eux, sont peuplés de silence – et de chats qui ne disent rien. 
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Yggdrasila   24 avril 2019
Animal de Sandrine Collette
Les mains moites, il prend le fusil à pleines mains, engage les balles de la façon que Vlad lui a montrée. Le claquement métallique de la culasse le saisit et le rassure, le verrouillage du loquet, l’arme est prête. D’un coup, il comprend le sentiment de puissance des hommes lorsqu’ils tiennent une de ces carabines avec l’intention de s’en servir, la certitude d’être à l’abri, intouchables, increvables.
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NathalC   13 novembre 2019
Animal de Sandrine Collette
Le destin, ça tourne dans n'importe quel sens.

Le destin, cela vous endort comme si tout allait bien - pour mieux vous surprendre ensuite.
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mesrives   19 avril 2017
Il reste la poussière de Sandrine Collette
La mère dévisage la femme qui l'implore. Bien sûr que c'est elle la meilleure solution, elle la mère pauvre et déjà vieillie, à qui on peut demander quand on ne veut pas se salir les mains. Jamais la bourgeoise ne l'aurait appelée madame si elle n'avait le couteau sous la gorge, mais elle est bien contente de la trouver cette nuit-là, et elle y ajoutera une bourse pleine s'il le faut, pour peu que la mère hoche la tête, pour peu qu'elle dise oui. De tous temps il en été ainsi, et les riches ont fait laver leurs fautes aux miséreux, rejetant sur eux la honte et le sang, parce que les pauvres s'en foutent, et qu'à leur tour ils transforment la saleté en argent. Cela ne les gêne pas de tendre la main; ils y sont habitués depuis des siècles, c'est comme rincer la merde, et peut-être ils se pincent le nez mais ils finissent par le faire et c'est toujours assez bon pour eux.
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