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ISBN : 2368260005
Éditeur : Les Artistes Fous Associés (01/11/2012)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Prévue le 21 décembre 2012 (selon les Mayas ou Hollywood) ou pour dans 3 milliards d’années (selon les astrophysiciens) ; consécutive à un désastre écologique (toujours Hollywood) ou à la collision de notre galaxie avec sa voisine (toujours les astrophysiciens) ; qu’elle soit d’origine humaine ou d’intervention divine... la fin du Monde a toujours été au cœur de nos fantasmes et de nos peurs.
Pour perpétuer la tradition, Les Artistes Fous Associés vous invite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Shenandoah
  08 juin 2014
À priori, il y a de quoi rester dubitatif devant un recueil de nouvelles écrites par d'illustres inconnus, et disponible gratuitement. Mais ce snobisme mal placé, dont j'avoue avoir fait preuve, est un sacrilège ici, car ce recueil est absolument excellent.
Comme son titre l'indique, il est question ici de fins du monde. Vingt fins du monde, toutes plus étonnantes les unes que les autres, et racontées tour à tour sur un ton humoristique, tragique, onirique, ou même en rimes. Bref, il y en a pour tous les goûts. le ton du recueil est ainsi bien équilibré, les récits déprimants alternant avec des textes plus légers.
Ce recueil est également très bien équilibré du point de vue qualitatif. Il n'y a pas de texte plus faible qu'un autre, et si deux ou trois m'ont moins emballé que les autres, c'est uniquement par goût personnel et non par manque de qualité. Tous ces auteurs possèdent un talent indéniable, en plus d'une imagination débordante, et méritent vraiment d'être connus.
Je ne vais pas faire une liste des nouvelles présentes ici, ça ne serait pas très intéressant, mais juste citer pêle-mêle celles qui m'ont le plus marqué pour vous donner une idée de leur variété. Je retiendrai ainsi :
– "Je meurs comme j'ai vécu", l'histoire d'un homme antipathique et machiste qui se retrouve en mauvaise posture lors d'une apocalypse zombie ;
– "De terre et de sang", l'agonie d'une vieille dame très particulière ;
– "Crises tentaculaires", étonnant par sa structure en rimes ;
– "La fin d'un monde", où des astronautes assistent impuissants à la destruction de la Terre par un météorite ;
– Et bien sûr les deux micro-nouvelles "Clic", peut-être bien être les hypothèses les plus probables sur la manière dont l'humanité pourrait disparaître...
Enfin, j'ai également été agréablement surprise par le soin accordé au livre en lui-même. le travail éditorial est d'une qualité exemplaire, je n'ai pas trouvé la moindre faute de frappe ou erreur typographique. Et ce n'est pas rien quand on voit le nombre de coquilles présentes dans les ebooks payants des maisons d'édition réputées…
En conclusion, si vous éprouvez ne serait-ce qu'une once d'intérêt pour les récits d'apocalypse, vous n'avez pas la moindre excuse pour ne pas vous jeter sur ce livre, dont le format numérique est gratuit sur le site des Artistes Fous Associés.
Pour ma part, je regrette que la version papier et payante de ce recueil ne soit plus disponible, parce que j'étais prête à l'acheter pour soutenir tous ces talents. Mais je me rattraperai peut-être sur l'un de leurs autres recueils, que je ne tarderai pas à lire, celui-ci m'ayant réellement enthousiasmé.
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mazuay
  20 septembre 2013
[...]
Cette anthologie est aussi folle que sa maison d'édition se prétend être. En réalité, elle est très éclectique. On y trouve de tout : de la politique, du sexe, de la poésie, de l'allégorie, de la folie, de l'anticipation et bien sûr de multiples fins du monde.
Mon sentiment final est assez mitigé. J'ai eu l'impression que certains auteurs voulaient provoquer plus que régaler ou faire frémir le lecteur. J'avoue que ce n'est pas trop ma tasse de thé. Il y a tout de même de bonnes trouvailles. L'écriture, chaque auteur dans son style, ne prête pas à reproches. Ce sont les propos tenus qui m'ont parfois choquée. Hé oui, que vouez-vous, je dois être une âme sensible.
Lu en version électronique, j'ai pu profiter d'un texte supplémentaire. Je regrette par ailleurs que les illustrations soient si petites (en particulier lorsqu'on lit avec l'écran en mode paysage). On n'en profite pas assez.

Emancipation - Southeast Jones
Un huit-clos savoureux à l'intensité croissante. L'auteur montre bien l'angoisse du personnage, sa peur, puis sa terreur, jusqu'au soulagement final.

Bibliophobia - Mathieu Fluxe
C'est ici un monde personnel qui s'écroule. L'auteur exploite très bien la culpabilité en face-à-face avec la naïveté. Un très bon récit, plausible.

Ma fin du monde - Vincent Leclercq
L'auteur décrit ici la fin d'un être intrinsèque. Tout en psychologie, du désespoir au renouveau, il invite au changement, à l'espoir. Ce texte m'a semblé sous-exploité. C'est dommage.

Canicule - Adam Roy
Un texte où le personnage principal bascule dans la folie au cours de cette fin de monde annoncée. Ici aussi le crescendo est bien mesuré. Même le changement de style au cours du texte, comme un durcissement du discours, y contribue. La violence est sous-jacente à la folie. le staccato des mots nous baigne parfaitement dans cette ambiance.

De terre et de sang - Herr Mad Doktor
Une belle allégorie de fin du monde. L'équilibre du texte est maintenu jusqu'à la chute qui conserve une belle sensibilité.

Clic ! - Souhteast Jones
Clin d'oeil à l'inattendu ou l'inattention... Au revoir, c'est déjà la fin.

La prophétesse - François Ali Wisard
Le cynisme dans toute sa splendeur, une rancoeur envers les femmes toute rafraîchissante. du cliché en veux-tu, en voilà. Un texte qui, vous l'avez maintenant deviné, ne m'a pas vraiment passionnée :-)

Noxos - Aurélien Clause
C'est mon coup de coeur de l'anthologie. C'est un mélange parfait de poésie, d'action et d'introspection, le tout sur un fond de fin de monde très convainquant. Seul point peut-être pas assez développé, la source de ce cataclysme. Une très bonne nouvelle.

Contrat - Southeast Jones
Je crois que je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir. Car si l'antagoniste disparait à la fin (ou en tous cas ses motivations), quel était son intérêt au départ à pactiser avec le protagoniste ??? Un problème de logique pour moi, dans cette nouvelle.

Je meurs comme j'ai vécu - Vincent Leclercq
Très bon texte, drôle et lucide. Que ceux qui aiment les zombies s'y penchent !

Le carnaval de cobalt - Ludovic Klein
Ce type de nouvelle est intéressant. On ne comprend le propos de l'auteur que dans les dernières pages. Les indices sont disséminés mais ne se regroupent inconsciemment qu'à l'évocation de noms et à l'apparition progressive d'une illustration que je n'avais pas comprise au départ. L'auteur a pris de nombreuses libertés avec son sujet, mais c'est assez plaisant. Reste le fameux sérum... qui ne sert, à mon sens, pas à grand chose. La thématique aurait pu s'en passer.

L'apocalypse selon le prince Jean - Vincent T.
Il était tout à fait inutile de donner ce Nom pour montrer du grotesque. J'ai bien accroché à la nouvelle, jusqu'à ce que l'auteur se fasse partisan. Je ne lis pas de la science-fiction pour retomber dans des joutes politiques. La presse quotidienne me suffit pour ça.

Souvenirs - Vincent T.
Un bon concept, une bonne approche de la lutte contre la solitude post-apocalyptique. Il manque juste un contexte, un environnement.

Youpi, on va tous mourir ! - Marie Latour
Une approche rigolote mais tellement loufoque que pas un seul aspect n'est crédible. Les personnages sont faux et n'ont d'autre attrait que de savoir lequel ira le plus dans la surenchère de la supercherie. Je n'ai pas accroché du tout.

Khao-Okh - Ana Minski
La fin d'un monde après une apocalypse. : une mise en abyme intéressante. La société est bien décrite et le propos intéressant. Je regrette juste une fin peut-être un peu précipitée. Présentée comme ça et pour caricaturer : la libération par la mort, c'est limite apologie du crime... une philosophie qui aurait méritée d'être un peu développée pour enrichir le propos qui, j'en suis persuadée, ne suivait pas cette ligne.

Crises tentaculaires - Herr Mad Doktor
Poème ou avalanche de mots... Une suite d'idées, analogies cohérentes pour arriver à une chute incongrue. J'avoue ne pas réussir souvent à recaser le procédé de protase-apodose. Hommage au passage à ma chère professeur de français de 1ère (oui, c'est resté ancré dans ma mémoire). Un merveilleux exemple et en rime, je vous prie. Si je n'ai pas apprécié le sens du texte, la forme est superbe !
La deuxième partie est moins impressionnante.

Le club de la fin du monde - Maniak
Une fin du monde dans le stupre sur toile de fond de satanisme et messe noire. C'est très bien écrit, mais je suis passée totalement à côté du sens du texte. Quel était l'objectif, le message de l'auteur ? Je m'interroge encore. le personnage principal est assez peu crédible : il ne montre pas la moindre surprise. S'il était si "innocent", il pourrait au moins se poser quelques questions, ou s'effrayer à un moment ou un autre... Bizarre

Clic 2 : le gloublou - Ludovic Klein
Comment dire... Ca me rappelle l'histoire que ma fille (4 ans) me raconte, vous savez, l'histoire du petit roi : "C'est l'histoire d'un roi tellement petit, tellement minuscule, tellement microscopique, que l'histoire est déjà finie". Disons que cette fin du monde-ci est expéditive.

La fin d'un monde - Corvis
Du sexe encore et qui plus est totalement inutile. L'anticipation est intéressante, quoi que bien longue, mais est totalement gâchée par cet aspect. Pour le dire crument, la partie viol s'insère parfaitement dans le texte, mais la masturbation ne sert à rien du tout. L'atmosphère aurait été la même sans cette débauche d'orgasmes à tout-va. La chute m'a également un peu déçue. Elle est tellement précipitée que l'auteur oublie de nous donner son explication scientifique du phénomène. Comme d'autres avaient été fournies précédemment, elle manque vraiment, même s'il est assez facile au lecteur de se faire ses propres théories. Lire celle de l'auteur est toujours un plus, au dénouement au moins.

Le grand lamento - Diane (texte bonus dans l'édition numérique)
Un kaléidoscope de petites folies / dégénérescences du quotidien. Il est difficile d'y trouver une trame. L'auteur annonce d'emblée que ce sont des extraits, mais je n'ai pas pu m'empêcher de chercher une logique... en vain. Les dernières pages donnent une explication et a posteriori je le regarde comme une sorte de press book. Une lecture intrigante.
[...]
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Thalyssa
  01 août 2013
Si fin 2012, le thème de la fin du monde a été surexploité, cette anthologie parvient toutefois à tirer son épingle du jeu. J'y ai trouvé une réelle recherche d'originalité, des paris audacieux, des textes parfois aussi déjantés que le label « Artistes Fous Associés ». Un ouvrage exploitant un thème commun de bien des façons, et pas forcément de la façon dont on s'y attendait ! Tout n'est pas toujours dit, les auteurs laissent l'esprit du lecteur vagabonder, réfléchir, établir ses propres théories, dresser ses propres conclusions. Sans pourtant laisser de goût d'inachevé. Je me suis ré-ga-lée et ai hâte de découvrir leur seconde anthologie parue.
le collectif a su jouer sur le dilemme « fin du monde ou fin d'un monde ? », qui a fait naître tant de débats en fin d'année dernière. Ainsi, dans Émancipation, on suit la vie recluse d'un ermite agoraphobe. Un blackout et il perd les rares repères qui l'aidaient à affronter son quotidien. Quelles en sont les causes ? La coupure de courant généralisée l'enterrera-t-il vivant comme il a toujours vécu ou y trouvera-t-il sa planche de salut ? D'autres nouvelles mettent ainsi un individu à l'honneur, dans un monde tel que nous le connaissons. Bibliophobia nous parle d'une secte, de manipulation et de points d'ancrage, tandis que Ma Fin du Monde opte pour les différents stades d'un cancer, dans un format très court pouvant s'adapter à de nombreux cas. L'Apocalypse selon le Prince Jean et Souvenirs vont de paire et nous présentent le combat de deux hommes face à une Terre désertée : le premier s'acharne à fuir cette nouvelle réalité tandis que l'autre cherche à tout prix à valoriser ce qui était hier mais qui n'est plus aujourd'hui.
On retrouve cette même manière d'aborder le sujet - avec cette fois une touche de scénario catastrophe - dans Youpi on va tous mourir, où Marie Latour illustre magnifiquement bien le français moyen, roi des râleurs. Face à l'arrivée d'une météorite, le pays détruit, reconstruit, fait la fête ou travaille non-stop. Les tensions se sont effacées face à l'apocalypse à venir, mais chassez le naturel et il revient au galop ! J'ai sincèrement adoré la fin et le joli pied de nez fait à notre société actuelle.
Une touche de science-fiction dans La Fin d'un Monde, dont la lecture m'a un peu pesé. Un groupe de scientifiques étudie les aurores boréales depuis l'espace et va assister, impuissant, à la destruction de la Terre depuis la station internationale. le côté huis-clos devient de plus en plus oppressant, il n'y a aucune place pour l'espoir, mais c'est plutôt le syndrome de Stockholm de l'héroïne qui m'a gênée, ainsi que la place trop grande donnée aux dérives sexuelles. le phénomène est plausible, mais je l'ai trouvé malgré tout trop envahissant. Je n'ai pas non plus trouvé très élégant de reléguer comme par hasard l'allemand au rôle du dictateur sanguinaire… La fin m'a cependant estomaquée de façon très positive. L'idée de base était excellente ; je n'ai simplement pas adhéré à la forme.
Une touche de fantastique dans la nouvelle La Prophétesse où François Ali Wisard joue habilement sur la dualité persécuteur / persécuté. Un de mes textes-chouchou : Crises Tentaculaires, dénonce le quotidien morose que bon nombre d'entre nous connaissons, ainsi que l'indifférence générale de toutes ces familles dînant tranquillement devant guerres et massacres à l'heure des journaux télévisés. Ce poème rythmé comme un slam peut se lire à deux niveaux : une histoire débridée mettant Cthulhu en scène, ou le symbole d'une génération ravagée par les burn-outs, source de bien des drames.
Qui dit fin du monde, dit souvent écologie. L'Homme ravage tout et gaspille les ressources naturelles. Trois nouvelles ont choisi cette approche. Canicule, où le protagoniste glisse peu à peu dans l'irrationnel à cause de la chaleur. Sa fixation sur la couleur bleue, sa façon de passer de sa femme à sa mère, et le rythme indolent de l'intrigue met le lecteur mal à l'aise. On voit quelque chose se profiler à l'horizon, mais on a du mal à savoir quoi. Et quand on comprend ce qu'il va se passer, la fin tombe comme un couperet ! On retrouve le même côté dérangeant dans Khao-Okh, où Ana Minski donne voix au Darwinisme et à la loi du plus fort. La société dépeinte dans cette nouvelle est élitiste et eugénique. Les plus faibles sont parqués dans des réserves pour servir de nourriture aux autres. Les parallèles à dresser sont nombreux : notre façon actuelle d'élever et considérer les animaux, ainsi que la légitimité du massacre des amérindiens par les colons. Enfin, de terre et de sang met en scène une étrange allégorie de la mort de notre belle planète, où la protection de l'environnement est autant débattue que la nuance à apporter entre soins palliatifs et acharnement thérapeutique.
Contrat et le Club de la Fin du Monde ont choisi de parler de démons. Dans le premier, un jeune homme de dix-huit ans veut vendre son âme au diable en échange de l'immortalité. Mais un pacte honnête est-il vraiment possible avec le Malin ? le second m'a fortement déplu. Je l'ai trouvé trop malsain et vulgaire. C'est une véritable orgie de sexe et d'effusions de sang, où les rituels sataniques sont mis en avant pour une morale à laquelle je n'ai pas accroché.
Je parlais précédemment du côté déjanté de l'ouvrage. Clic ! et Clic 2 en sont un parfait exemple. C'est une véritable farce, une pluie de charabia, tournant autour de ces enfants qui s'amusent à jour-nuit près d'un interrupteur. le Carnaval de Cobalt se la joue geek et nous présente une fin du monde d'origine extraterrestre, avec une lutte pour la survie à la Mario Bros.
Comme à mon habitude, je garde le meilleur pour la fin ! Je meurs comme j'ai vécu relate les aventures d'un survivant de l'apocalypse zombie, particulièrement macho et homophobe. En un mot : détestable ! Mais la narration est pleine de sarcasme, d'humour noir et de questions existentielles un brin cyniques. On voit la situation à travers les yeux des deux camps ; je me suis vraiment amusée ! le Grand Lamento, nouvelle-bonus offerte dans la version numérique de l'anthologie, est d'une originalité criante. Les différents personnages sont dévoilés dans une série de « flashs ». le monde a volé en éclats et le lecteur essaie de rassembler les pièces du puzzle pour comprendre ce qui a bien pu se passer. le plus beau chef d'oeuvre reste tout de même Noxos, où le monde post-apocalyptique se fait fantasmagorique. le héros fait des rêves étranges entre deux luttes pour échapper aux goules. Mais Noxos n'est-elle vraiment qu'une chimère ? Un espoir refoulé ? Ne serait-elle pas plutôt la solution, la clé de l'énigme ? Ou bien le narrateur est-il tout simplement en train de perdre la raison ? Dans une prose très imagée, poétique et mélancolique, Aurélien Clause nous fait nous interroger sur la notion d'humanité. Qui peut vraiment être considéré comme rescapé dans un tel monde ?
Je ne m'attendais pas à un tel bijou en m'attaquant à cette anthologie. Si vous n'avez pas peur des textes parfois engagés, parfois loufoques ; si vous rêvez de lectures unilatérales ou à plusieurs niveaux ; si vous cherchez des textes très bien écrits dans une anthologie sans coquilles, je ne peux que vous conseiller Fin(s) du Monde !
Lien : https://dragonlyre.wordpress..
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AmandineMM
  23 mars 2013
De temps à autre, je m'aventure hors de mes habitudes littéraires et tente à nouveau des genres qui ne m'attirent pas au premier abord ou auxquels j'ai eu du mal à adhérer. Ce fut le cas avec ce recueil de nouvelles publié par les Artistes Fous associés : comme son nom l'indique, ce groupe revendique une certaine folie et volonté de choquer dans ses textes, que le thème imposé oriente vers la science-fiction et le fantastique d'anticipation. On retrouve donc dans ce recueil quelques monstres et zombies, des projections dans un futur encore fort proche de nous, des préoccupations écologiques et des scénarios-catastrophes, entre autres. Autant dire que ça partait plutôt mal avec moi… Malgré tout cela, j'ai globalement apprécié ma lecture, ainsi que la plupart des illustrations, elles aussi réalisées par divers artistes, et plus particulièrement trois nouvelles que j'évoquerai davantage ci-dessous.
Chacun des auteurs du recueil a su s'approprier le thème de la fin du monde et en a proposé sa vision, contribuant à l'hétéroclisme de l'ensemble : cela donne autant lieu à quelques inégalités qu'à la possibilité de toucher un public très large. J'ai personnellement préféré les écritures les plus classiques et ai été dérangée par le style (trop) familier de Bibliophobia de Mathieu Flux, qui séduira peut-être d'autres lecteurs, de même que le poème très rythmé (un slam ?) de Herr Mad Doktor, Crises tentaculaires. Je suis également certaine que d'autres que moi seront sensibles aux petits jeux stylistiques, comme les deux Clic ! (Southeast Jones et Ludovic Klein) ou … de Southeast Jones, tandis que je l'ai davantage été aux nouvelles plus longues et prenant le temps de construire un monde ou une ambiance. Les trois textes que j'ai retenus parmi les vingt proposés correspondent justement à cette caractéristique.
Mon premier coup de coeur a été pour de terre et de sang de Herr Mad Doktor. Après les premiers textes au style très « oral », j'ai été agréablement surprise de trouver un texte plus « écrit ». J'ai ensuite été séduite par la façon qu'a l'auteur d'amener la chute de son récit : sans en faire trop, ni tenter de lui conférer une originalité qu'elle n'a pas forcément. Je n'en dirai guère plus, sinon que la métaphore y est très bien filée et la fin parfaitement juste (avec ce qu'il faut d'émotion).
Le second texte à avoir retenu mon attention n'est pas forcément celui qu'on pourrait considérer comme le meilleur de l'auteur dans ce recueil, mais le thème tranchait avec les précédents et m'a plu. Dans Contrat, Southeast Jones revisite le mythe de la tentation de Satan et du contrat avec le démon. Celui requis par le narrateur est assez inédit et aura des conséquences qu'il n'avait sans doute pas envisagées…
Enfin, le dernier, mais non le moindre, de mes textes préférés est La fin d'un monde de Corvis. L'auteur s'interroge, comme Vincent T. (L'apocalypse selon le prince Jean et Souvenirs) entre autres, sur la figure du/des survivants, de façon très réaliste. Il met en scène un groupe d'astronautes assistant, impuissant, à la destruction de toute vie sur terre, suite à la collision avec un astéroïde. Cette dernière communauté humaine tente ensuite de survivre et de s'organiser. Les personnalités des uns et des autres vont se révéler, ainsi que la part de bestialité de l'être humain. Cette nouvelle m'a semblé éprouvante, par le réalisme de son scénario, loin de l'idéalisation héroïco-morbide observée ailleurs, avant de se terminer sur une touche humoristique et presque moqueuse dans la chute.
En conclusion, je conseille sans hésitation ce recueil aux amateurs de ce type de littérature, qui y trouveront certainement leur bonheur parmi toutes les variantes apocalyptiques proposées.

Lien : http://minoualu.blogspot.be/..
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Skritt
  23 novembre 2012
Fin(s) du monde est un recueil de nouvelles et comme son titre l'indique,toutes les fins possibles du monde y sont relatées, du moins les plus créatives.Un virus décimant la population ne laissant que quelques humains seulement survivants, ou alors un virus, plus bizarre,faisant que les gens contaminés deviennent des zombies « morts »de faim. Mais la fin du monde, c'est aussi la fin d'un jeu vidéo dans lequel héros plombier parvient à sauver sa princesse des griffes d'un monstre bête en traversant plusieurs mondes jusqu'au huitième et dernier qu'il détruit. C'est aussi la fin annoncée,proclamée mais qui n'arrive pas, une erreur de calcul, et la fin vue par des astronautes dans l'espace lorsque la Terre est percutée par un astéroïde détruisant toute vie sur la surface.
Les nouvelles recueillies ont toutes un point commun, leur originalité. Mais certaines utilisent la vague du zombie, très à la mode en ce moment, avec aisance. D'autres poussent la réflexion sur la réaction de ces survivants, leur comportement. Je suis impressionné par cet employé qui récolte les souvenirs des gens disparus mais non connus, ou dans cette station orbitale où avec une grande crédibilité la loi du plus fort s'impose au détriment des plus faibles et de la seule femme de l'équipage.
Les textes sont illustrées par des oeuvres d'artistes différents. J'ai été sensible à certaine de ses illustrations, à d'autres un peu moins. Un travail a été accompli avec énergie et passion. Mais malheureusement, elles ne sont qu'en noir et blanc.
J'ai apprécié, pour des récits amateurs, sans être péjoratif bien sûr, de découvrir des pages à la syntaxe irréprochable et sans coquille (fautes d'orthographe ou de frappe). L'atout n'est pas négligeable et prouve le sérieux de cette jeune association qui publie donc un premier recueil de qualité.
Un recueil donc fort intéressant qui propose des récits visionnaires d'une fin du monde hypothétique ou bien réelle. A découvrir pour la qualité de ces textes et leur originalité.
Lien : http://skritt.over-blog.fr/a..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ShenandoahShenandoah   07 juin 2014
Être humain c’est « je pense donc je suis », être un zombie c’est « je ne pense pas donc je te suis ».
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Mollat Underground 4 - Spécial SF .Invasion extraterrestre avec l'écrivain Laurent Queyssi et le collectif, Les Artistes Fous Associés, à l'I.Boat. http://www.mollat.com/livres/queyssi-laurent-comme-automate-dement-reprogramme-temps-9782917689318.html Notes de Musiques : "Stance Gives You Power" by Hogan Grip (www.tonyhiggins.org)
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