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EAN : 9782723480338
72 pages
Glénat (07/03/2012)
3.65/5   23 notes
Résumé :
Paris, en 1951. Paul Claudel est interrogé par des journalistes à propos du destin exceptionnel de sa sœur disparue huit ans plus tôt, la sculptrice Camille Claudel. Sa sculpture d'avant-garde fut une métaphore de sa vie, à l'image de son génial talent : une vague irréprésible qui l'a surprise, puis brisée de toute sa hauteur pour l'abandonner… Paul Claudel nous replonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Une capitale débordant d'énergie artistique. Il évoque l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  30 juillet 2014
"Que tremblent les familles chez qui se déclare cet affreux malheur qu'est la vocation artistique...et surtout dans la sculpture"
Affirmation choc attribué à Paul Claudel concernant sa soeur Camille, dans la Bande Dessinée d'Eric Liberge et Vincent Gravé.
En utilisant la voix et les souvenirs du dramaturge et poète, cette biographie retrace la vie créatrice et tourmentée de l'artiste, élève de Gustave Rodin avec qui elle vivra une passion tumultueuse. Les rapports difficiles avec la famille Claudel sont aussi au coeur du récit, la rivalité artistique avec un frère à la fois attentif et exaspéré par un tempérament immaîtrisable jusqu'à la folie et l'internement.
Eric Liberge en fait donc un récit vivant et énergique, à défaut d'être nouveau. Il replace aussi l'artiste dans son époque, dans le Paris de l'exposition universelle de 1889, des salons artistiques dominés par la gente masculine, de la mentalité du tournant du 20ème siècle encore si peu favorable à l'émancipation des femmes.
J'ai été moins conquise par les planches de dessin de Vincent Gravé, proches de la caricature. Elles sont en revanche très travaillées, fourmillent de détails, vibrent de couleurs. Elles s'adaptent en cela parfaitement au propos.
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meyeleb
  06 octobre 2012
"Comment n'exister que pour son art dans un monde d'hommes, quand on était une femme au caractère difficile et au talent si effrayant?" C'est l'enjeu que se sont donné Eric Liberge et Vincent Gravé dans cette BD sur la vie de Camille Claudel, dont le génie a dû se débattre, aux prises avec un autre génie et non des moindres : Rodin. Son défaut aura-t-il été d'égaler le maître ?
Le scénario est intéressant, puisque qu'il propose de partir d'une interview du frère de Camille, Paul Claudel, qui retrace les débuts prometteurs d'une soeur au caractère tranché, puis sa liaison houleuse avec Rodin, pour finir par évoquer comment Camille a peu à peu sombré dans la paranoïa, internée et oubliée.
Les dessins sont plutôt sombres, inspirent une certaine violence par le jeu des traits. Certaines vignettes particulièrement réussies occupent une demie page, expriment les angoisses de Camille, telle cette vague qui s'apprête à ensevelir Camille, seule et toute petite, référence implicite à la vague d'Hokusaï.
Il y a de la recherche donc, mais l'ensemble n'emporte pas une adhésion enthousiaste, sans doute parce que la part obscure du personnage occupe un peu trop de place.
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Plumefil
  19 mai 2021
Je ne suis plus une lectrice friande de BD comme j'ai pu l'être autrefois. Mais il ne me déplaît pas de parcourir parfois les cases colorées d'un album si le sujet me tente. Lors d'une visite en médiathèque, mon regard s'est arrêté sur la couverture rouge-mordorée, reconnaissant immédiatement le portrait de Camille Claudel. Admirative de cette artiste depuis aussi longtemps qu'il m'en souvienne, je ne pouvais laisser ce livre derrière moi! J'ai beaucoup lu sur cette sculptrice et connais assez bien sa vie mouvementée et son oeuvre extraordinaire de vie et de finesse. Pouvoir à nouveau replonger dans son univers à l'aide de dessins m'a totalement séduite.
Le scénario de l'album est basé sur l'entretien qu'aurait accordé Paul Claudel à un journaliste pour évoquer la vie de sa soeur. Belle idée mais qui ne m'a pas emballée plus que ça. J'ai un regard très critique vis à vis de cet écrivain pour son comportement envers Camille. Elle l'a aidé avec ses maigres moyens depuis le tout début de sa carrière. Il lui a rendu visite 3 ou 4 fois en ... 30 ans d'internement! Il est vrai que la maladie mentale fait peur; encore plus au début du siècle dernier où la neurologie en était à ses balbutiements. Les convenances et l'angoisse du "quand dira-t-on" dictaient la vie des Claudel; alors une fille et une soeur fantasque, quelle malédiction! Il est vrai que la carrière de diplomate de Paul l'a tenu à des lieues de sa terre natale pendant de nombreuses années et ses retours en France étaient relativement courts mais ceci n'explique pas tout. Humblement je reconnais qu'il est très facile de juger une situation que l'on ne vit pas soi-même mais dont on n'a qu'un regard extérieur. C'est donc sur la réserve que j'ai commencé cette bande dessinée.
Rapidement, j'ai retrouvé l'enthousiasme de la jeune Camille, sa frénésie créatrice et sa passion pour la vie et son art. La tragique histoire de sa vie est relatée avec beaucoup de soin; ses débuts insouciants, sa passion amoureuse avec Auguste Rodin qui a fini par la consumer jusqu'à la folie. Les dessins apportent du poids au récit avec couleurs ou noirceur selon le moment vécu par la jeune artiste. Tout comme le trait, net et clair ou embrouillé et confus, se calquant à merveille avec l'état d'esprit de la sculptrice et l'évolution de sa maladie. Quelle idée ingénieuse de glisser un ruban rouge dans ses cheveux facilement repérable qui la suit de sa jeunesse jusqu'à la fin de sa vie.
En résumé, j'ai adhéré totalement à la façon de traiter ce sujet difficile tant sur le fond que sur la forme. Les auteurs ont su éviter les pièges de la représentation des oeuvres de Camille. Ils ont choisi de mettre l'accent sur l'énergie de l'artiste; celle qu'elle utilisait pour façonner la glaise; celle qu'elle déployait pour obtenir la reconnaissance de ses pairs, à une époque où il était impensable qu'une femme puisse être considérée l'égale des hommes dans quelque domaine que ce soit.
Toutefois, j'ai quelques réserves quant au choix des auteurs de présenter un Paul Claudel repentant. Heureusement, le vrai sujet est ailleurs. de la collaboration d'Éric Liberge avec Vincent Gravé est né un travail remarquable, à la portée de tout lecteur ne connaissant pas le destin tragique de cette immense artiste qu'est Camille Claudel et qui voudrait découvrir sa vie tumultueuse sans plonger dans un pavé de plusieurs centaines de pages.
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Liliealu
  20 novembre 2014
C'est à l'occasion du passage d'une exposition des oeuvres de Camille Claudel dans ma région (Nord) que je me suis penchée sur cette biographie en image.
C'est avec délectation que j'ai suivi l'incroyable et décadente vie de Camille Claudel.
On ne peut qu'éprouver un infini respect pour cette artiste qui aura combattu toute sa vie pour, être reconnue et vivre de son art. Combat d'autant plus méritant quand il est mené par une femme qui doit chaque jour s'imposer et faire ses preuves dans une société où l'homme règne en maître.
Du génie à la folie : destin prodigieux et tragique qui façonne l'immortalité de grands artistes.
Je salue le travail remarquable de Vincent gravé et Eric Liberge qui livrent à travers cette biographie un bel hommage à l'artiste que fût Camille Claudel.
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MonsieurHyacinthe
  07 décembre 2017
Clairement, je ne connaissais Camille Claudel que de nom et encore (je l'aurais volontiers appelée Isabelle Adjani), avais eu vent de sa relation avec Auguste Rodin (en lisant Gala ou Entrevue certainement), en dehors de ça, rien, pas même l'idée d'une de ces oeuvres, peut-être le souvenir d'une rue portant son nom (parallèle à Aristide Maillot, près de la place Degas en passant par Bourdelle, mais c'est tout). Quelle réception donc, un néophyte peut faire de cette bande dessinée ?

Contre toute attente, un triple plaisir :
1. celui de retrouver la science précieuse d'Eric Liberge (cette fois au scénario) dont je suis les travaux avec boulimie,
2. la trouvaille des dessins chargés, colorés, résolument instables mais toujours lisibles de Vincent Gravé qui m'ont de suite enchantés,
3. et la découverte du sujet - Camille Claudel - de son tempérament bouillonnant face au machisme de l'époque, d'un pan de culture ignoré et rendu vigoureux par la paire d'auteurs aux manettes.
Adepte des biographies en BD mais souvent déçu par leur didactique maniérée ou lourdingue, celle-ci m'a littéralement emporté, captivé et révélé un personnage précurseur dans la lutte pour l'égalité des femmes. On ne se colle pas seulement à la mémoire de Camille, mais aussi au portrait sans concession de son frère Paul Claudel et de Rodin. Beaucoup de trouvailles dans la mise en page, au service de l'histoire, mêlant correspondance et articles de journaux sans jamais étouffer le lecteur, avec énergie, vitalité. La mise en abîme via le témoignage de Paul est finement trouvée et permet des respirations et un autre éclairage. C'est tout bonnement brillant et copieux, une belle collation pour un destin tragique, qui remue notre glaise.
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critiques presse (2)
BoDoi   17 avril 2012
Le halo glauque d’Eric Liberge (scénariste, mais aussi coloriste de l’album) et le trait foisonnant, parfois étouffant, de Vincent Gravé illustrent à merveille les démons de Camille et l’âpreté de son monde. Quelques trouées de lumière – la très belle vague d’Hokusai comme une métaphore de la vie de la sculptrice – permettent parfois de remonter à la surface.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario   12 mars 2012
Biographie-roman graphique, hommage au relief couché sur le papier, Camille Claudel est une bande dessinée concentrant ce qu'il faut savoir sur celle qu'Isabelle Adjani a incarné à l'écran.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ZilizZiliz   29 novembre 2015
Camille prenait sa vocation très au sérieux. Elle a acquis sa science du modelé par un travail acharné d'après nature. A copier en terre tous les os du corps humain. A passer des mois d'études anatomiques, de dissection. Tout comme le geste animal. Pendant longtemps, elle ne s'est pas séparée d'un crâne de rhinocéros qu'elle étudiait , et qu'elle emportait avec elle comme une valise.
(p. 2)
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MonsieurHyacintheMonsieurHyacinthe   07 décembre 2017
"(...) - Je suis le Directeur des Beaux-Arts ! En ce sens, je défends les restrictions officielles imposées aux femmes artistes ! (...)
- Mlle Claudel nous fait des œuvres qui dépassent par l'invention et la puissance tout ce qu'on peut attendre d'une femme. Une poésie si profonde, une pensée si mâle, qu'il faut la récompenser !
- Je n'y vois aucun génie !! C'est même sexuellement très ambigu ! Une femme qui sculpte comme un homme... à ce train-là, je ne serais point surpris qu'elle eut un clitoris parent de nos verges !!! Euh... pardon. Ce n'était pas ce que je voulais dire..."
(...)
Eric LIBERGE & Vincent GRAVE, Camille Claudel, 2012, Glénat (p. 38).
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robert7robert7   30 novembre 2015
De tous les arts, au-delà de la musique elle-même, la sculpture est celui qui promet le moins de succès temporels, et toutes les probabilités sont que l'avenir verra tomber en désuétude cette vocation ingrate.
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MonsieurHyacintheMonsieurHyacinthe   06 décembre 2017
"(...) De tous les arts, la sculpture est celui qui promet le moins de succès temporel ! C'est une vocation très ingrate, irrémédiablement promise à la désuétude !(...)"
Eric LIBERGE & Vincent GRAVE, Camille Claudel, 2012, Glénat (p. 2).
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MonsieurHyacintheMonsieurHyacinthe   07 décembre 2017
"(...) Aussi je risque fort de ne jamais récolter le fruit de tous mes efforts... de m'éteindre dans l'ombre des calomnies et des mauvais soupçons ! (...)"
Eric LIBERGE & Vincent GRAVE, Camille Claudel, 2012, Glénat (p. 47).
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