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ISBN : 236308201X
Éditeur : Arléa (12/09/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Eugénie, jeune Parisienne cultivée dont les parents craignent qu’elle ne devienne vieille fille, est engagée comme préceptrice au château de L’Islette, en Touraine. Dans ce décor enchanteur, elle s’attache aussitôt à Marguerite, sa petite élève. Entre deux leçons, Eugénie et l’enfant profitent de ce huis clos champêtre propice au repos et à l’insouciance. Mais lorsque Camille Claudel arrive à L’Islette pour en faire son atelier estival, l’artiste devient l’objet de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  08 octobre 2019
Dans l'intimité artistique d'une sculptrice
*
Je rentre dans ce tout petit livre sans rien connaître du sujet. Je sais juste que des faits historiques se mélangent à un souffle romanesque. Peut importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, me suis-je dit. Est-ce que cette histoire a réellement existé? Je veux juste m'évader et passer également un été aux bords de l'Indre et rencontrer ces charmantes personnes.
Mais qui sont-ils ? Je vous les présente: tout d'abord la châtelaine ainsi que la préceptrice Eugénie et son élève Marguerite. Puis arrive en grande pompe , la très renommée Camille Claudel, sculptrice et son cher et tendre Auguste Rodin. N'oublions pas en filigrane Claude Debussy, un compositeur musicien, star du 19eme siècle. Que du beau monde.
*
Durant l'été 1892, dans un domaine seigneurial en Touraine, nous accompagnerons donc Eugénie, jeune parisienne au travers de ses lettres souvenirs, dans son aventure artistique peu commune. Quelle chance a eu Eugénie de rencontrer ce couple mythique.
l'art est au centre de toutes les pulsions, où il imprègne chaque geste. Camille va esquisser puis réaliser une de ses plus grandes oeuvres, La Valse. Pour cela, elle utilisera Eugénie comme modèle. Fascinant! Son amant torturé la rejoindra un temps (on entrevoit là une de leurs disputes légendaires). Camille correspondra également avec son cher ami Debussy , auquel elle confiera ses joies et peines.
La Nature est également très présente et l'ensemble nous ravit, nous lecteurs.
*
Malgré le format très court, je me suis régalée dans cette parenthèse enchanteresse. J'ai vraiment eu l'impression d'être résidente au château.
La plume est poétique, légère et douce. Durant ma lecture, j'ai écouté "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Debussy, pour me sentir en résonance avec les habitants du lieu.
*
Romanesque, virevoltant, en tous points charmant.
*
Lu dans le cadre des #68premieresfois
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hcdahlem
  16 octobre 2019
Auguste Rodin, Camille Claudel et moi
La narratrice du second roman de Géraldine Jeffroy est engagée comme préceptrice durant «Un été à L'Islette». Elle y côtoiera Auguste Rodin et Camille Claudel. Une rencontre que va changer sa vie.
Nous sommes en 1916. Une institutrice se retrouve seule. Son mari est parti à la guerre et ses élèves sont rentrés chez eux. Elle prend alors la plume pour raconter son histoire, pour expliquer à son mari pourquoi elle a choisi de l'épouser. Sous la plume de Géraldine Jeffroy, d'un clacissisme parfait pour ce roman qui nous entraine sur les terres De Balzac, on va très vite comprendre qu'il suffira d'«Un été à l'Islette» pour changer une vie.
Fille d'un couple de parisiens petits-bourgeois – ils tiennent une chapellerie dans le IXe arrondissement –, Eugénie est destinée à devenir institutrice. Afin de la préparer à son futur métier, elle est envoyée en juin 1892 comme préceptrice dans une belle propriété du Val de Loire pour s'occuper de Marguerite, une enfant de six ans.
Réticente à faire ce voyage, elle va toutefois vite tomber sous le charme du lieu et de ses habitants, apprivoiser le personnel, les châtelains et son élève, mais surtout faire la connaissance d'une artiste qui vient s'installer pour l'été.
Ce n'est que progressivement que le lecteur découvre que la «barbe sur socle» qui accompagne cette artiste jusqu'à la propriété avant de filer à Paris est Auguste Rodin et qu'Eugénie va séjourner à l'Islette en compagnie de Camille Claudel.
Pour la sculptrice qui se donne corps et âme à son art, il ne s'agit pas de villégiature. La sculpture sur laquelle elle travaille, représentant des jeunes danseuses, accapare tout son temps. Il lui faut toutefois composer avec une santé fragile et essaie de trouver de l'aide auprès d'Eugénie. Cette dernière accepte de l'aider en échange de cours de dessin pour son élève qui va aussi servir de modèle.
Géraldine Jeffroy, en choisissant de nous faire part de la correspondance qu'elle entretient avec Claude Debussy vient tout à la fois donner davantage de relief à son récit et souligner combien le processus créatif est pour les deux artistes, une recherche éperdue vers une certaine perfection.
Quand Auguste Rodin s'invite à son tour, Eugénie croit avoir perdu le lien privilégié qu'elle a pu construire avec Camile. Mais Rodin a aussi besoin d'elle et l'engage comme secrétaire durant son séjour. Une nouvelle aventure commence, plus brève mais plus orageuse, alors que des oeuvres majeures se créent, La Valse et La Petite Châtelaine pour Camille Claudel, le Balzac de Rodin et L'Après-midi d'un faune pour Debussy.
Soulignons ici le talent de la romancière qui réussit parfaitement à imbriquer la fiction à la réalité historique, à rendre tout à fait plausible cette rencontre et les parcours respectifs de ces artistes qui marqueront à tout jamais la future institutrice.
Ce court – et beau – roman peut se lire comme un chemin vers l'émancipation d'une jeune femme, comme un manuel de création artistique, comme un nouvel épisode des relations tumultueuses entre Camille Claudel et Auguste Rodin. Mais il est avant tout la confirmation du joli talent de Géraldine Jeffroy !

« Vous ne pouvez vous figurer comme il fait bon à l'Islette… et c'est si joli là ! …
Si vous êtes gentil à tenir votre promesse, nous connaîtrons le paradis. » Camille Claudel à Rodin

Lien : https://collectiondelivres.w..
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AudreyT
  15 octobre 2019
***
Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les Éditions Arléa pour l'envoi de ce roman.
L'été à l'Islette est celui qu'Eugénie, jeune parisienne, passera en 1892 au château de Madame de Courcelles, en Touraine. Alors que ses parents désespèrent de lui trouver un mari, elle deviendra le temps d'un été la préceptrice de Marguerite, mais surtout l'amie de Mademoiselle Camille, toute jeune sculpteur. Car c'est bien aux côtés de Rodin, Debussy et Camille Claudel qu'Eugénie va passer quelques mois...
Géraldine Jeffroy signe ici un premier roman tout en douceur et poésie.
Malgré le caractère impétueux et dépressif de Camille Claudel, on sent à travers les mots de l'auteur toute la sérénité de ce paysage de Touraine.
On partage avec les personnages, toute la force, l'énergie et la fatigue que demande la création artistique et on ne peut s'empêcher de voir naître sous nos yeux, les premiers succès de cette artiste tourmentée.
Une écriture posée, où tout est image, son et odeur. Un roman court mais intense, bien écrit et qui présage une belle aventure à l'auteur...
Merci aux 68 pour ce beau voyage...
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Nuageuse
  15 octobre 2019
Un joli roman qui m'a transporté dans ce château d'Islette. Eugénie, préceptrice de Marguerite, la petite châtelaine, croise Camille Claudel et Auguste Rodin. Je ne savais pas que ces deux là s'aimaient.
Autour de ce duo, il y a la présence de Claude Dubussy, avec qui Camille correspond.
La naissance d'une oeuvre (le Balzac pour Rodin, La Valse et la petite Châtelaine pour Camille Claudel et l'Après-midi d'un faune pour Debussy) est sensiblement décrite : nous assistons aux tourments de ces trois grands artistes et à leur joie.
Le seul bémol est que ce livre soit trop court. J'aurais aimé passer plus de temps avec tous ces personnages.
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Arwen78
  10 octobre 2019
Une institutrice écrit une longue lettre à un soldat pour lui dire les liens qui les rattachent.
En 1892, Eugénie est placée comme perceptrice chez la Châtelaine Madame Courcelle pour s'occuper de sa fille Marguerite.
Quelques jours plus tard arrive Camille Claudel qui vient tous les ans pour la période estivale. Elle passera ses journées le carnet à la main pour dessiner et la nuit, elle sculptera ses danseurs, oeuvre intitulée La valse jusqu'à ne plus tenir debout. Pendant ce temps, elle entretient une relation épistolaire avec Claude Debussy, celui-ci prépare L'après-midi d'un fauve pour Mallarmé.
Rodin vient également rejoindre Camille, pour y sculpter son Balzac.
L'histoire mêle le roman et le vécu de ces artistes ainsi que leurs sentiments.
On s'attache à ce récit qui est vraiment étincelant et poétique.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   16 octobre 2019
INCIPIT
Millou, ce que tu me racontes du front m’afflige… L’interminable attente dans le froid et la boue, l’ennui mêlé de peur… Et à présent le bruit incessant des bombardements, la terre gelée qui tremble, la terre qui vous avale…
Mon dieu, dans quel marasme sordide vous a-t-on jetés? Dire qu’ici les enfants jouent à être soldats, ignorant l’angoisse dans les yeux de leur mère, certains que c’est dans les batailles que naissent les héros. Ce n’est pourtant pas cela que je leur enseigne, non, je ne suis pas une bonne patriote. Mais donne-leur raison mon adoré et reviens-moi, si ce n’est en héros, du moins en vie. Bats-toi, puisqu’il le faut; tue pour ne pas être tué et seulement pour cela, je me moque de la victoire et de la France à présent. Peu m’importe l’issue de cette guerre, je veux que tu sois à nouveau ici, à mes côtés, pour que je puisse répondre à tes questions, car tu en auras. Longtemps je t’ai raconté une fable. Pour ton honneur et pour le mien. Puisque les hommes s’obstinent à tracer malgré elles le destin des femmes, j’ai très tôt décidé d’emprunter un autre chemin avant d’inventer librement ma vie.
Mes élèves ont quitté la classe il y a une heure, j’ai fermé l’école et je me suis installée à mon pupitre. J’y passerai certainement la nuit à t’écrire. Tu me liras avant ce Proust que tu me réclames et que tu recevras avec ma prochaine lettre. C’est ainsi, la guerre change les priorités et je n’ai que trop repoussé le moment. Lis donc sans attendre et si tu le peux ne t’interromps pas. Il est temps que tu saches quelle est vraiment mon histoire et pourquoi j’ai lié mon existence à la tienne.
Tout commença par l’irritation de ma mère à mon égard. Je suis née à Paris dans une famille d’artisans-commerçants. Ma mère confectionnait des chapeaux, mon père les vendait dans une petite boutique-atelier du 9e arrondissement qui faisait toute leur fierté. L’enseigne «chapelier-modiste Farnoux» attirait une clientèle exigeante et fidèle. Petits-bourgeois méritants, catholiques juste ce qu’il faut et même républicains débutants, mes parents n’eurent pas d’autre enfant que moi, tout occupés qu’ils étaient à la prospérité de leur affaire. Je fus une fillette facile, discrète
et très vite autonome. Devenue adolescente je restai une jeune fille sans histoires, curieuse de tout ou presque; à la grande déception de mes parents je montrais peu de dispositions pour la couture; j’étais une piètre vendeuse et je poussais l’affront jusqu’à ne pas avoir de «tête à chapeau». C’est ainsi qu’ils avaient souhaité que je fasse de études et que j’apprenne un peu le piano car tête à chapeau ou non, il faudrait, le temps venu me trouver un mari à la hauteur de ma «condition». On espéra que la nature opérerait sa par de travail, on attendit longtemps que les traits de mon visage s’affinent, que mon corps s’allonge… mais à l’âge où les morphologies n’évoluent plus guère, ma mère comprit que les prétendants ne se bousculeraient pas. Pragmatique, elle décida alors que je deviendrais institutrice afin d’assurer mon indépendance économique. Sur ce plan-là au moins je pensais pouvoir la satisfaire. Je trouvais dans mes lectures tout l’épanouissement nécessaire à mon bien-être et je ne pensais pas qu’un homme puisse me donner plus de satisfactions que celles que me procuraient les livres et la musique à laquelle j’avais pris, très tôt, énormément de goût.
Pour asseoir mes dispositions pour l’enseignement, ma mère trouva à me placer comme préceptrice tout un été au service d’une châtelaine tourangelle.
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hcdahlemhcdahlem   16 octobre 2019
C’est à ce moment-là que je pris réellement conscience de ma solitude. J’avais eu à l’IsIette l’illusion d’avoir une famille, ou du moins une place non négligeable. p. 117
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hcdahlemhcdahlem   16 octobre 2019
Ainsi j’assistai à quelques séances de poses pendant lesquelles je devais noter les réflexions du maître. Les études de tête plongèrent Rodin dans de longs silences de perplexité. Il tournait, concentré, autour de son modèle et de son bloc de terre, allant de l’un à l’autre, collant ses yeux de myope sur le nez d’Estager, passant d’un profil à l’autre, il tournait tel un toréador, les yeux injectés de sang, modelant de ses grosses mains la boule informe et brune sur sa selle: la naissance du poignet pour tasser, la paume pour aplatir, le pouce pour modeler… petit à petit il tirait un sens de ces bosses et de ces creux, petit à petit de la terre et de l’eau naissait une expression. p. 69
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Arwen78Arwen78   10 octobre 2019
Je les trouve très tristes, dit-elle sans détacher son regard des danseurs.
Mademoiselle Camille parut satisfaite de cette réponse et la fillette reprit :
- Car la danse est finie et la danseuse, elle est fatiguée.
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Arwen78Arwen78   10 octobre 2019
Je ne puis travailler qu'avec un modèle. La vie des formes humaines m'alimente et me réconforte.
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