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Critiques sur Le Talon de fer (21)
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Gwen21
  08 août 2018
Je suis déçue d'avoir été déçue par ce roman d'anticipation car j'apprécie énormément Jack London et sa plume, et d'autre part plusieurs lecteurs me l'avait chaudement recommandé.

Pourtant, je me suis ennuyée tout au long de ma lecture. Nonobstant l'aspect visionnaire voire prémonitoire du récit, les théories politiques exposées ne m'ont pas appris grand-chose, je peux seulement louer l'esprit clairvoyant de cet auteur touche-à-tout capable de décrire les grands espaces nord-américains, comme de nous projeter dans des dystopies troublantes.

Je ne m'explique pas vraiment pourquoi je n'ai pas adhéré complètement au "Talon de fer" alors que j'ai adoré "La peste écarlate" que je relirai d'ailleurs avec plaisir dans quelques années. Sait-on pourquoi un livre nous échappe ? Bien sûr que non.

A découvrir toutefois, mais peut-être pas pendant les vacances d'été. Question de contexte, probablement.


Challenge XIXème siècle 2018
Challenge USA
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Allantvers
  11 juillet 2015
Voilà un Jack London pas très connu, c'est étonnant. Peut-être brûle-t-il un peu les doigts, sans doute son propos ne l'a pas aidé en son temps pour avoir la visibilité de « Croc Blanc », et probablement ce propos semble aujourd'hui trop daté pour qu'on s'y intéresse. Et pourtant…

Après « Martin Eden », « le Talon de fer » offre une belle occasion d'observer Jack London dans la mise en pratique de ses convictions socialistes (au sens originel du terme) sous la forme de la rhétorique dans laquelle il excelle, comme on a pu s'en régaler ailleurs comme dans « le Loup des mers ». Les passages dans lesquels Ernest Everhard, en conférences ou en petits comités de notables, assomme de ses thèses marxistes ses adversaires capitalistes ou oligarques sont savoureux.

J'ai particulièrement aimé la perspective qu'offre la mise en abîme dans laquelle est construit le récit (journal d'Avis, la femme d'Ernest retrouvé plusieurs siècles plus tard et abondamment annoté de commentaires historiques), qui m'a permis de mettre de côté les erreurs factuelles de vision historique de l'ami Jack pour me concentrer sur l'intemporalité de sa thèse (celle de Marx ?) dans laquelle l'organisation finira toujours par primer sur la concurrence.

Si j'ajoute à cela l'histoire d'amour qui lie les deux figures solides et résolues du couple Everhard (quel nom !), j'ai le plaisir d'avoir tenu là une nouvelle pépite de Jack London, un auteur que j'aime un peu plus à chaque nouvelle lecture.
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gill
  28 février 2012
Jack London, écrivain de convictions, nous livre ici un grand roman d'anticipation sociale.
C'est un livre fort, violent comme les luttes qu'il relate.
La commune est déclarée en 1917 à Chicago à la suite d'un guerre entre l'Allemagne et les États- Unis, guerre qui se termine en 1912 par une grève générale.
Le manuscrit qui raconte ces événements est découvert au 24ème siècle. Dans ce roman on a l'impression de rencontrer un peu HG Wells, mais aussi Orwell...
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Belem
  16 février 2013
Le talon de fer est un roman d'anticipation sociale, puisqu'il s'agit pour London de raconter la révolution prolétarienne socialiste et internationale. Ce livre a été salué par Anatole France, par Lénine et par Trotsky (dont on peut lire la lettre écrite à sa fille, Joan London, dans la préface de l'édition Phébus libretto).
Écrit en 1908, London « prévoit » une guerre mondiale démarrée entre l'Allemagne et les USA, « anticipe » une révolution en octobre 1917 (mais à Chicago), révolution qui dure jusqu'en 1932. Mais celle-ci est un échec, et la répression bourgeoise qui s'ensuit écrase le mouvement ouvrier sous un « talon de fer », une dictature qui va durer trois siècles !
Mais là encore, l'intuition de l'auteur est extraordinaire : cette dictature qu'il décrit ressemble étonnement à la réalité des régimes fascistes des années 1930 !
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IreneAdler
  17 février 2017
Challenge ABC 2016-2017
11/26

Je ne sais pas trop comment aborder cette chronique. C'est un roman d'anticipation sociale, l'histoire d'une révolution. S'il y a une histoire, il me semble que ce n'est pas le plus important. Ce roman, ces mémoires plutôt, sont écrites par Avis Everhard, épouse d'un des chefs de la révolution et révolutionnaire elle-même, en 1932 et découvertes en 2368, après 3 siècles de domination du talon de fer, système oligarchique où l'argent est tout, le peuple rien et réduit en esclavage. Il n'est pas considéré comme humain. Pour bien le faire comprendre, l'historien de 2368 met des notes de bas de page pour situer les évènements pour ses contemporains. Il s'agit à la fois d'un manifeste politique et de mémoires de lutte.
London a sans doute été inspiré par sa propre expérience dans la classe laborieuse puis par les observations qu'il a pu faire en Amérique du Nord et dans certaines villes européennes. Il a observé les conditions de vie de ceux qu'il appelle "le peuple de l'abîme" (nommé ainsi dans le talon de fer également). Il a mélangé tout cela avec des convictions marxistes (les siennes ?), a extrapolé. C'est l'histoire d'une révolte longue et douloureuse, mais qui portera ses fruits dans le temps long.
Tout au long de ma lecture, j'ai pensé à plusieurs autres ouvrages : Promenades dans Londres de Flora Tristan et Dans la Dèche à Paris et à Londres de Georges Orwell. L'une fut journaliste et l'autre parle de son vécu. Mais aussi La Servante Écarlate de Margaret Atwood pour la forme puisque qu'il s'agit d'un journal découvert des siècles plus tard (mais non pris au sérieux par les historiens) et que dans les 2 cas, une femme en est la narratrice et la protagoniste. Et je crois que c'est suffisamment rare pour être souligné. le talon de fer est un livre politique à bien des égards.
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CeCedille
  08 octobre 2012
Jack London n'est pas seulement l'écrivain des grandes aventures destinées aux lecteurs adolescents (L'Appel de la forêt ; Croc-Blanc '), ou un grand écrivain de la mer, grâce à son expérience sur la goélette Sophia Sutherland , amateur et propriétaire de bateaux (le sloop Razzle-Dazzle , le Snark, dont il a relaté la croisière autour du monde en 1901) . C'est aussi l'un des rares romancier américain du socialisme, dans un curieux récit d'anticipation paru en 1908 sous le titre « le talon de fer » ( The iron heel).

L'Uchronie est ce genre littéraire particulier qui consiste à réécrire L Histoire à partir de la modification d'un événement du passé. Par exemple à prendre au mot la suggestion de Blaise Pascal ((Pensées, 90) « le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ».

Jack London imagine donc, dans son roman, que les États-Unis connaissent, au début du XXème siècle, une aggravation de leur situation sociale. La montée des revendications affole le grand capital qui réagit brutalement. Il prive les élus socialistes des sièges conquis régulièrement aux élections, corrompt et débauche les leaders syndicaux, engage une répression féroce et sanglante contre la classe ouvrière, en utilisant une armée de miliciens-mercenaires. le rêve du grand soir tourne au désastre, le prolétariat réduit à l'esclave sous « le talon de fer » (iron heel) de l'oligarchie.

Le procédé narratif est original. Un manuscrit autobiographique est retrouvé en 2368, écrit par Avis Everhard l'épouse d'un leader syndical, Ernest, héros de la classe ouvrière qui raconte à la fois son histoire personnelle et l'histoire des États-Unis, de 1912 à 1932 date à laquelle son mari est tué. Pour donner de la profondeur historique au récit, le texte est publié, accompagné de nombreuses notes, par une historienne du XXIVème siècle. Enchâssé dans sa présentation universitaire, quelquefois un peu chargée, l'imagination de Jack London laisse libre cours au récit horrifique du naufrage sublime et exemplaire de la « théorie du grand soir » et de la mise en place, dans le monde entier, d'une dictature ploutocratique.

Le roman est salué par des nom illustres. En 1923, c'est Anatole France qui préface sa première édition en français. Il analyse « la prophétie de l'Américain, disciple de Marx ». Il évoque, pour les lecteurs français incrédules « l'exemple des journées de Juin et la répression de la Commune de 1870, qui ... rappellent que tout est permis contre les pauvres ». Si Anatole France est plus optimiste que Jack London, et croit qu'en fin de compte, la ploutocratie périra, il sait que ce ne sera pas sans luttes : « Sa dernière guerre sera peut-être longue et aura des fortunes diverses ». « London a raison de nous tendre le miroir prophétique de nos fautes et de nos imprudences » ajoute-t-il, car « il faut que ceux qui ont le don précieux et rare de prévoir, publient les dangers qu'ils pressentent ». En 1932, c'est Paul Vaillant-Couturier qui fait une introduction à l'édition définitive « le livre, dans son ensemble, représente la fresque la plus puissante qui ait jamais été brossée par un écrivain, d'une anticipation révolutionnaire » affirme-t-il. le 16 octobre 1937, c'est Léon Trotski qui écrit à Joan London qu'il considère l'ouvrage de son père comme le seul roman politique réussi de la littérature.

C'est en effet un roman « de classes » au sens où tous les éléments de l'intrigue sont soumis à l'application de loi d'airain de leur lutte mutuelle, selon le schéma du « Manifeste du parti communiste ». Avis Everhard, fille d'un professeur d'université libéral, est chassée, comme son père, de sa classe sociale.comme quiconque adopte la cause du prolétariat, serait-il évêque (l'évêque Morehouse).

On trouve, derrière l'éloquence militante d'Ernest Everhard, redoutable tribun dialecticien, une fidèle transcription des théories de Karl Marx sur l'aliénation, la valeur travail, la plus-value. A la même date Georges Sorel publiait ses thèses sur le mythe de la grève générale, dans ses «Réflexions sur la violence » parues dès 1906 en revue. On devine même, dans « le talon de fer » l'intuition des théories d'Antonio Gramsci sur l'hégémonie culturelle, dans la mise en place par l'oligarchie d'un appareil idéologique de propagande pour susciter le consentement du prolétariat à sa soumission. On y découvre enfin une critique prémonitoire du capitalisme financier générateur de crises.

A l'origine du récit, il y a l'exemple de l'accident du travail emblématique de l'ouvrier Jackson, la bras broyé dans une cardeuse, aussitôt renvoyé sans indemnité et réduit à la misère. C'est le levier de l'indignation et de la dénonciation. Mais on doit se souvenir que, dans le même temps, naissent les dispositifs juridiques pour y remédier : le Chancelier Bismarck fait voter les premières lois sociales dans les années 1880. Les États-Unis suivront, au début du XXème siècle, avant la publication du roman.

Le pire n'étant pas sûr, en tous les cas dans les formes prévues par Jack London, le lecteur peut fermer le livre avec soulagement, à condition d'oublier que deux guerres mondiales et un certain nombres de conflits localisés, dont la liste n'est pas close, auront imposé leur scénario meurtrier (plus de 100 millions de morts) à la place de celui imaginé par l'auteur.

Mais, « c'est une autre histoire », comme dirait un autre romancier, contemporain de London, anglophone et tout aussi apprécié de la jeunesse !
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Nadouch
  15 décembre 2017
Attirée par le côté dystopique et très peu connu de ce roman du grand London, j'ai pourtant énormément peiné à la lecture. Certes visionnaire et très précis au niveau politique et sociologique, ce roman m'a surtout paru très ennuyeux et bavard. La narratrice, très amoureuse de son révolutionnaire de mari, raconte dans le détail les changements de la société, mais aussi son changement à elle, petite bourgeoise qui découvre soudain la réalité du monde qui l'entoure, la pauvreté, les différences sociales, la misère, la violence.
Très long, bien trop précis à mon goût sur des données sociales répétitives, un roman que j'oublierai vite...
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ErnestLONDON
  18 novembre 2016
Jack London utilise ici la dystopie, procédé littéraire jouant sur la modification du déroulement d'événements historiques, pour frapper les esprits, livrer son analyse du système capitalisme et de ses conséquences à venir. (...)
Roman visionnaire qu'il faut lire sans plus attendre pour comprendre les jours sombres qui semblent approcher à grands pas.

Article complet en suivant le lien
Lien : http://bibliothequefahrenhei..
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solpoin
  06 juillet 2012
Assez perturbant comme livre. Tellement crédible! Les humains sont tout à fait capables de ce genre d'actes et, si un jour, on m'avait dit que London ferait un roman d'anticipation je ne l'aurait pas cru mais il l'a fait, et c'en est un bon.
On y retrouve néanmoins toutes ses petites ficelles déja vues dans Martin Eden par exemple: le socialiste rebelle qui vient mettre un coup de pied dans la fourmilière des capitalistes bien pensants; la jeune fille qui s'en éprend et devient socialiste... La fin tragique. Classique mais très bien fait.
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London16
  09 avril 2017
Encore une démonstration du maître, qui semble à l'aise dans tous les domaines qu'il juge pertinent de traiter. Un roman d'anticipation sur fond de trame amoureuse, ou l'inverse; à vous de juger! Manifeste "communiste" d'un homme qui sa vie durant fût déchiré entre ses convictions socialistes et sa conception idéal du surhomme. Un autre bijou de cet auteur qui fait glisser les mots, à tel point que livre semble se lire tout seul.
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