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Paul Gruyer (Traducteur)Louis Postif (Traducteur)
EAN : 9782859406813
400 pages
Phébus (23/09/2000)
4.33/5   339 notes
Résumé :
Traduction de l’américain par Paul Gruyère et Louis Postif revue par François Postif
Préface de Francis Lacassin

Confiné dans l'espace le plus surveillé d'une prison, Darrell Standing, sorte d'alter ego de London (lui-même incarcéré en 1894), va réussir l'exploit de s'évader ! Il le fait magistralement en revivant par la pensée ce que furent ses vies antérieures : naufragé sur une île déserte, légionnaire en Palestine, viking à bord d'un vais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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sur 339 notes
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Eric76
  31 juillet 2016
« Alors, tu te souviendras peut-être, en lisant ces lignes, de choses oubliées (car l'oubli t'est venu depuis), de visions indécises et brumeuses, qui ont passé devant tes yeux d'enfant et qui, aujourd'hui, ne t'apparaissent plus que comme des rêves… »
Darrel Standing est sans haine, car il a rejoint l'immensité des siècles grâce au sadisme et à la méchanceté imbécile de ses geôliers. Oh ! Ils peuvent le laisser croupir une éternité dans les ténèbres d'un cachot, le torturer encore et encore en le ficelant dans une camisole… L'esprit de Darrel est ailleurs ! Pour échapper à cet enfermement, à toute cette souffrance endurée, il a quitté depuis belles lurettes son misérable corps, cette enveloppe charnelle martyrisée devenue inutile, pour vagabonder parmi ses vies antérieures, picorer de-ci de-là dans ces existences qui furent les siennes ; des existences flamboyantes ou ternes, trop brèves ou trop longues, toutes emplies de joies, de haine et d'amour, avec comme unique fil directeur cette « colère noire », désobéissante, immaîtrisable, qui valut à Darrel une condamnation à la prison à vie pour crime passionnel…
Un roman plein d'espérances malgré la violence quotidienne subie par notre héros. A n'en pas douter, Jack London a raconté l'histoire d'un Saint (si peu chrétien…). Darrel a compris que sa vie n'était que la somme de toutes celles de ses innombrables aïeux. Après maints tâtonnements, son esprit s'est affranchi de son corps pour les rejoindre, et atteindre l'immortalité.
Un roman fort, lumineux, sombre, brutal, qui m'a laissé pantois…
C'est aussi une dénonciation implacable de l'univers carcéral américain en ce début du XXème siècle (Jack London qui fut emprisonné pour vagabondage le connut). A sa parution, le livre eut un tel retentissement que l'administration pénitentiaire américaine fut contrainte d'interdire l'effroyable pratique de la camisole.
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Allantvers
  21 juin 2013
Ce roman magistral porte les plus belles lignes que j'ai jamais lues sur la liberté.
Au début du XXième siècle aux Etats-Unis, Darell Standing est interné dans un pénitencier et subit en prison, parce qu'il est rebelle de nature, une torture épouvantable qu'aucune loi ne semble interdire :
On l'isole dans un cachot dans lequel on l'enserre jusqu'à l'étouffement dans une camisole qui meurtrit chaque parcelle de son corps. Chaque jour un peu plus à chaque fois qu'il dit "non".
Darell résiste à cette volonté d'anéantir sa personne par l'avilissement monstrueux infligé à son corps en s'en évadant, s'en dissociant, et parvient à vivre en être libre en se projetant mentalement dans différents personnages en butte à des situations extrêmes.
L'exemple qui m'a le plus touchée est cet enfant agenouillé derrière un cercle de caravanes attaquées par des Indiens lors de la conquête du Far West.
Toutes ses autres constructions mentales sont également riches de sens.
Un roman inoubliable!


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Unhomosapiens
  23 janvier 2020
Que puis-je ajouter aux déjà nombreuses et élogieuses critiques de ce livre ? Je n'ai quasiment pas pu le lâcher. C'est très puissant ! Outre la dénonciation du traitement infâme des prisonniers en Californie, c'est un formidable éloge à l'Homme, à sa capacité de résilience, à la force de son imaginaire. Les multiples vies que Darrell Standing, nous narre avant de subir la peine capitale, de l'étroitesse oppressante de sa camisole, sont tout simplement incroyables d'imagination. C'est de la grande aventure. Il nous fait franchir toutes les étapes, depuis l'émergence de Sapiens au paléolithique, jusqu'au 19è siècle. En plus c'est écrit avec une grande poésie (merci aux traducteurs). On est littéralement transportés dans la vie et le monde de ses différents personnages. de London, je n'avais lu jusqu'ici que « L'appel de la forêt » et « Croc-Blanc ». Ce livre est d'une toute autre portée.
A lire absolument.
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Bruidelo
  18 août 2019
Fascinant contraste entre l'existence sordide du prisonnier, la dénonciation des traitements ignobles qui ont libre cours dans l'univers carcéral dépeint par London, et l'exaltation du pouvoir de l'esprit, libérateur, triomphant de l'incarcération, de la maltraitance et de la mort.
Livre de combat pour un monde meilleur, le roman de London s'inspire bien sûr de faits réels dans sa terrible mise en scène de la vie cellulaire, et suscitera un mouvement d'opinion qui aboutira à l'abrogation de certains traitements atroces et à une réforme des prisons en Californie - le gros pouvoir de l'esprit, on vous disait :)
Malgré cette dimension militante, l'ouvrage échappe à un côté trop plombant, trop étouffant, en faisant une grande place à l'imaginaire et en chantant l'invincible puissance de l'esprit. Il nous donne ce plaisir de voir notre condamné à mort, Darrel Standing, placé pendant des jours entiers en camisole, damer le pion à ses tortionnaires en parvenant à libérer son esprit de son corps, à pratiquer une forme d'évasion dans laquelle il revit ses vies antérieures. Un joli retournement, une belle revanche en forme de réjouissant pied-de-nez: alors que ses geôliers, ces «rats étrangleurs», lui semblaient avoir déchiqueté tout ce qu'il y avait en lui d'intelligence vivante, annihilé tout courage pour la lutte, Standing découvrira qu'ils lui ont paradoxalement offert, sans le vouloir, «l'immensité des siècles», la prison et les mauvais traitements lui ayant ouvert la porte d'un fabuleux vagabondage dans l'espace et dans le temps.
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lafilledepassage
  29 février 2020
Dernier roman de Jack London, écrit peu de temps avant sa mort, ce vagabond des étoiles est à mettre à part dans la production de cet auteur. On y retrouve quelques thèmes chers à ce socialiste convaincu, cet homme de gauche, comme la critique de la société américaine du début du XXème siècle, l'accusation du système carcéral où les droits élémentaires humains sont bafoués. Ainsi les directeurs de prison ont droit de vie ou de mort sur les prisonniers, qui sont encouragés à la délation en échange d'une relaxe anticipée. Les choses ont-elles seulement changé ? J'en doute quand je pense à Guantanamo. C'est aussi et surtout un plaidoyer contre la peine de mort, et une affirmation de son antimilitarisme et de son anticolonialisme.
C'est encore un roman fantastique, métaphorique, avec ce prisonnier qui réussit à s'échapper par l'esprit de la prison, tant institutionnelle que la prison du corps. Un homme qui par la force de son esprit retrouve sa liberté, loin de sa matérialité, de ses pulsions, et voyage dans le temps pour découvrir que la vie est bien plus grande que la vie humaine. Un roman qui célèbre la résistance et la force de la volonté et des idées.
Ça me fait penser d'ailleurs aux très beaux vers de Nazim Hikmet, prisonnier politique turc, qui écrivait : « Être captif, là n'est pas la question. Il s'agit de ne pas se rendre, voilà ! »
On y lit aussi un très bel hymne aux femmes, très légèrement teintée de misogynie, assez inattendu pour l'époque et de la part de ce vieux baroudeur de Jack, que j'imagine en vrai mec, aventurier, alcoolo, fort en gueule et qui roule des mécaniques mais qui reste sensible et très fragile derrière cette carapace. Bon fantasme de lectrice, probablement …
Enfin, je salue le formidable talent de conteur de London, un talent que je ne lui avais pas encore découvert à travers ses autres ouvrages. En peu de mots nous sommes plongés dans des univers et des époques complétement différents, happés par les aventures de son héros. Certes je n'ai pas encore tout lu de ce monument de la littérature mondiale, et je m'en réjouis …
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critiques presse (4)
SciFiUniverse   27 octobre 2020
Librement inspiré de Jack London, comme le clame la couverture, Le Vagabond des étoiles dépeint une fresque immobile et pourtant mouvante.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
BDGest   23 octobre 2020
L'évasion mentale comme seule échappatoire à la folie et aux châtiments corporels, ce diptyque le démontre avec talent, autant sur le fond que la forme.

Lire la critique sur le site : BDGest
LigneClaire   30 septembre 2020
Un réquisitoire contre l’administration pénitentiaire américaine, sur une justice à sens unique contre laquelle seule le rêve d’un condamné va pouvoir lutter même si la fin ne fait pas de doute.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
SciFiUniverse   04 novembre 2019
Le roman est engagé, une ode à la liberté et un pamphlet contre le système carcéral américain. Le travail de Riff Reb's sublime l'œuvre originale, renforce l'aspect fantastique et onirique, la souffrance du héros et sa délivrance par l'imaginaire. Une première partie fabuleuse, vivement la fin !
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (101) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   20 juillet 2016
Juché tout en haut des grands mâts qui oscillaient à me donner le vertige au-dessus du pont des navires, j'ai contemplé l'eau illuminée par le soleil : des profondeurs de turquoise surgissaient des coraux irisés. J'ai commandé la manœuvre qui devait mettre les navires à l'abri dans les lagons limpides comme des miroirs, où les ancres descendaient tout près de plages de corail ombragées de palmiers. Je me suis battu furieusement sur les champs de bataille du temps passé : même quand le soleil était au terme de sa course, le carnage ne cessait pas ; il se continuait pendant la nuit, sous les étoiles qui brûlaient au ciel. Et la fraîcheur du vent nocturne, refroidi aux lointains pics neigeux sur lesquels il avait passé, n'arrivait pas à sécher la sueur de la bataille : et puis je redevenais le petit Darell Standing qui à la ferme paternelle courait pieds nus dans l'herbe humide de la rosée printanière. Où, comme aux froids matins d'hiver, j'allais, de mes mains couvertes d'engelures, porter le foin aux bestiaux dans la tiède étable qu'emplissaient leurs haleines fumantes.
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Eric76Eric76   26 juillet 2016
Je viens de subir - je dis bien "subir" - une visite du directeur de la prison. Il est tout à fait différent du directeur Atherton de San Quentin. Récemment promu dans sa fonction, il était très ému, très énervé, et c'est moi qui ai dû l'inviter à parler. C'est sa première pendaison. Il me l'a franchement avoué. Moi, pour tâcher de le dérider de mon mieux, je lui ai spirituellement répondu que c'est aussi la première fois qu'on me pendait. Mais j'en fus pour mes frais : il m'opposa un visage fermé.
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fredhofredho   23 décembre 2015
J'ai vécu d'innombrables existences tout au long de temps infinis. L'homme, individuellement, n'a fait aucun progrès moral depuis les dix derniers milliers d'années, je l'affirme solennellement. La seule différence entre le poulain sauvage et le cheval de trait patient n'est qu'une différence de dressage. L'éducation est la seule différence morale qui existe entre l'homme d'aujourd'hui et celui d'il y a dix mille ans. Sous le faible vernis de moralité dont il a enduit sa peau, il est resté le même sauvage qu'il était il y a cent siècles. La moralité est une création sociale, qui s'est agglomérée au cours des âges. Mais le nourrisson deviendra un sauvage si on ne l'éduque, si on ne lui donne un certain vernis de cette moralité abstraite qui s'est accumulée le long des siècles.
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lafilledepassagelafilledepassage   23 janvier 2020
J’ai vécu d’innombrables existences tout au long de temps infinis. L’homme, individuellement, n’a fait aucun progrès moral depuis les dix derniers milliers d’années, je l’affirme solennellement. La seule différence entre le poulain sauvage et le cheval de trait patient n’est qu’une différence de dressage. L’éducation est la seule différence morale qui existe entre l’homme d’aujourd’hui et celui d’il y a dix mille ans. Sous le faible vernis de moralité dont il a enduit sa peau, il est resté le même sauvage qu’il était il y a cent siècles. La moralité est une création sociale, qui s’est agglomérée au cours des âges. Mais le nourrisson deviendra un sauvage si on ne l’éduque, si on ne lui donne un certain vernis de cette moralité abstraite qui s’est accumulée le long des siècles.
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beauscoopbeauscoop   03 juin 2019
chaque être humain actuellement en vie sur la planète porte en soi l’incorruptible histoire de la vie depuis le commencement de la vie. Cette histoire est inscrite dans nos tissus et dans nos os, dans nos fonctions et nos organes, dans les cellules de notre cerveau, dans nos humeurs, dans toutes sortes de besoins et de pulsions ataviques d’ordre physique et psychique. Il fut un temps, cher lecteur, où toi et moi, nous étions poissons, et nous avons rampé hors de la mer pour nous lancer dans la grande aventure de la terre ferme, au plus fort de laquelle nous nous trouvons actuellement. Les marques laissées par la mer sont encore sur nous, de même qu’y persistent les traces du serpent, datant d’avant que le serpent ne devienne serpent et que nous ne devenions nous, lorsque le serpent primitif et notre être primitif ne faisaient qu’un. Jadis nous avons volé dans les airs, jadis nous avons habité les arbres, et nous avons eu peur dans le noir. Les vestiges subsistent, gravés en toi et en moi, gravés dans nos cellules reproductrices pour subsister après nous jusqu’à la fin des temps impartis à notre espèce sur la terre.
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Vidéo de Jack London
Janine Mossuz-Lavau a établi et dirigé "Désir de nuit, de Virgile à Jean Genet" (Editions Bouquins) une anthologie de textes littéraires sur la nuit. On passe par Alfred de Vigny, on croise Jack London, Proust bien sûr, Rilke forcément, Virginia Woolf, Stefan Zweig, George Sand, il y a même du Dylan, du Audiard, Homère et la Bible.
L'anthologie "Désir de nuit" est divisé en huit grande parties qui correspondent à huit paysages nocturnes différents : celui des odes à la nuit, du sommeil, de l'amour, de la fête, de la liberté, du crime, de la mélancolie et enfin du fantastique. Janine Mossuz-Lavau rappelle d'ailleurs que la nuit a toujours été un sujet d'inspiration pour l'art, mais que le genre littéraire se l'est davantage approprié au fil du temps, comme si les écrivains avaient toujours voulu combler par les mots l'obscurité qui tombe à chaque soir.
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