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EAN : 9782226322821
Éditeur : Albin Michel (03/05/2017)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 57 notes)
Résumé :
" Je ne veux pas descendre à la rivière avec ma mère. Et pas non plus vivre à seize ans dans ce no man's land aux forêts mi-résineuses mi-caduques du Nord-Est américain où nous sommes nées toutes les deux : soixante-cinq kilomètres carrés de routes et de rivières qui se croisent à angle droit, d'exploitations agricoles en faillite et de crêtes rocheuses. Peuplés de fantômes, d'animaux et de femmes seules. " Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
kateginger63
  18 septembre 2018
Des nouvelles venues tout droit du Vermont
*
Comme vous le voyez, je lis peu de nouvelles. C'est un format qui pour l'instant m'est peu familier. Un type d'écriture qui demande à l'auteur une exigence, une difficulté et une certaine économie de mots. Pour captiver le lecteur, une bonne nouvelle doit séduire dès le premier paragraphe, sinon il le perd...
Un exercice difficile donc. Au final, peu de recueils sortent du lot.
Alors, pourquoi celui-ci? Tout d'abord, vous connaissez mon amour pour cette collection "Terres d'Amerique" , une sélection de roman nord-américains qui, chez moi, font mouche à chaque fois. Ensuite, les thèmes intéressants : le monde sauvage, les portraits d'américains esseulés et leur nature indocile.
*
11 nouvelles. Toutes se passent dans un même lieu : Silver Creek dans le Vermont. Cet état assez peu peuplé, rural, sauvage, où la nature rebelle domine encore le coeur des hommes. Une certaine intemporalité toutefois qui nous laisse penser que ce monde-ci restera à jamais figé dans la nostalgie, les souvenirs du bon temps où les habitants ne feraient plus qu'un avec la Nature.
*
Un véritable chant d'amour qui bat dans le coeur de tous ces Américains laissés-pour-compte, ces êtres en quête d'un ailleurs mais incapables de partir de cette force attractive qu'est Silver Creek.
*
Le fil conducteur est bien cette atmosphère particulière oscillant entre le désespoir et l'attachement tenace à la terre. Puis un sentiment d'émerveillement quand la Nature s'invite dans les pages.
Une puissance d'évocation assez rare, sensible et juste.
Bien sûr, j'en ai des préférées:
"Là où les prés tentent d'exister: l'histoire d'un homme de retour dans sa propriété familiale et qui regrette tellement ses actes qu'il finit par oublier d'aimer
"La longue route vers la joie" : Apple une mère anxieuse et éplorée attendant son fils militaire.
Des personnages abimés, paumés, marginaux avec des destins si tragiques, mais qui perçoivent encore cette lueur en eux. Cette sensibilité si particulière aux beautés que la Nature propose dans cette contrée encore sauvage.
*
Si vous tenez ce recueil dans la main, ouvrez-le, lisez une ou deux nouvelles, posez-le, savourez, puis revenez-y et chérissez ces doux moments passés entre ces pages.
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llamy89
  21 juin 2017
11 voyages dans le Vermont : constitués de fermes qui partent à vau-l'eau, de retours accompagnés de remords ou de culpabilité, de trajets immobiles rêvés les fesses posées au creux d'une Karmann Ghia 1957, de paysages immuables décors de destins bousculés.
C'est tout cela le recueil de nouvelles de Robin MACARTHUR et bien plus encore... des atmosphères et des époques où l'on travaillait dur une terre indocile, rebelle, si belle... des rêves d'ailleurs, du droit à la différence, des regrets de ce qui aurait pu être à Silver Creek ou Round Montain, "là où les prés tentent d'exister".
Onze nouvelles, des photos sépias, instants de vies pour des femmes et des hommes qui tentent de s'intégrer dans des lieux qui s'efforcent de ne pas mourir. histoires racontées sans noirceur. Ma préférée : "Là où les prés tentent d'exister", mais les contrées sont aussi sauvages que les coeurs dans la narration de Robin Marcarthur.
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artemisia02
  12 novembre 2020
Recueil de nouvelles lu dans le cadre d'un challenge. Je crois être passée à côté des intentions de l'auteure. J'ai trouvé les nouvelles inégales, seules trois ou quatre ont trouvé grâce à mes yeux.
Par contre j'ai bien aimé le côté sauvage du livre, la forêt qui prend beaucoup de place dans les histoires, les personnages féminins aussi , elles sont vaillantes et combattantes, sensibles et fortes. Certaines nouvelles semblent être liées entre elles, il ne faut pas louper les quelques indices disséminés par ci par là.
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lucia-lilas
  26 juillet 2017
Magnifiques nouvelles, merveilleuses nouvelles, indispensables nouvelles… Et je pèse mes mots ! D'ailleurs je vais vous demander de me croire sur parole car je sens qu'il va m'être difficile de trouver les termes justes pour évoquer toute la beauté, la sensibilité et l'amour que renferment ces nouvelles. Lisez-les et vous verrez, vous allez adorer, c'est sûr  !
De quoi parlent-elles ?
Des lieux, des hommes et des femmes qui y vivent, d'un monde rural, sauvage, situé dans le Nord- Est des États-Unis : le Vermont, petit État très peu peuplé et recouvert essentiellement de forêts… Certains sont restés toute leur vie là où ils sont nés, d'autres sont partis, ont préféré continuer leur existence ailleurs, en quête d'un bonheur ou d'une réussite qu'ils pensaient ne jamais atteindre en restant sur ces terres sauvages.
Mais un jour, ils reviennent. Les parents ont vieilli ou sont morts, les champs étouffent sous les mauvaises herbes, les toits des fermes menacent à tout moment de s'écrouler, les mobil- homes et les cabanes de chasseur prennent l'eau, des bouteilles de bière ou de whisky jonchent le chemin principal et les bois vigoureux ont pris leurs aises.
« Il se passe quoi avec ces champs ? Cette façon qu'ils ont de rendre possibles toutes les directions . D'ouvrir des perspectives aux maisons, aux terrasses, aux voix. Cette façon dont le mot même - « champs »- te donne l'impression d'être à la fois domestiquée et sauvage, mi-loup mi-humain, capable de t'avancer vers cette terrasse avec sa fumée et ses rires, ou bien vers les bois, où tu pourrais tranquillement, sans bruit, commencer à marcher. »
Revenir sur ces terres, c'est retrouver l'enfance, les baignades nus dans les rivières glacées, les odeurs de pins, d'érables et de fougères, les promenades nocturnes dans les forêts mystérieuses où veillent le cerf, le lynx ou le puma, les cris des animaux sauvages.
Alors, soudain, naît le sentiment que si la vie dans ces lieux est difficile, ailleurs elle est peut-être tout simplement impossible. Une question se pose : où se construire ? Ici ou là-bas ? Peut-on être d'ici et vivre là-bas sans souffrir, sans ressentir un manque ?
« Je m'arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d'une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l'endroit où je suis né, celui où trop de mes proches sont morts, et sous cet angle la maison et la grange paraissent curieusement moins solides, moins violentes, moins permanentes, leur semi-ruine laisse entrer une nouvelle sorte de lumière, et les rivières, qui à l'aube ressemblaient à des veines, ont maintenant l'air de rivières charriant leurs eaux froides vers un lieu plus vaste, encore à déterminer, où je me sentirais chez moi. »
Enfin, revenir, c'est surtout, bien sûr, revoir ceux qu'on aime. L'émotion est intense et Robin MacArthur peint de façon extrêmement subtile et délicate ces retours, les silences qui les accompagnent dans l'intimité d'une soirée de fin d'été, le surgissement d'un passé qui soudain affleure, affolant les pensées tellement l'amour est là, fort, puissant, au détour de chaque chemin, à la lisière des grands bois sombres, dans l'air vif des matins frais, dans les rires et les larmes des visages aimés, dans les rides de ceux que l'on n'a pas vus vieillir parce qu'on est parti. Alors, surgit, vaguement, une certaine nostalgie, une forme de culpabilité, même, que l'on noie dans l'alcool et les larmes.
J'aimerais tellement vous en dire plus pour vous persuader de lire ces nouvelles magnifiques dont l'écriture exprime si magistralement toute la complexité des sentiments des personnages, solitaires ou marginaux, un peu paumés, usés par la vie, déchirés par les séparations liées à la perte de l'être aimé ou simplement à son éloignement.
Par définition, une nouvelle est un texte court, concis et pour ma part, je suis toujours un peu frustrée lorsque j'en achève la lecture, mais les textes de Robin MacArthur ont une force, une puissance d'évocation telle qu'en quelques mots, elle bâtit toute une histoire, tout un passé et un avenir, nous rend ses personnages attachants, vivants, terriblement humains dans leur fragilité et leur vulnérabilité.
J'ai achevé la lecture de chacun de ces textes dans un état proche des larmes tellement l'émotion est intense, c'est dire à quel point j'ai été saisie par ces portraits magnifiques.
« Elles ressemblent à quoi les femmes de chez toi? » demande Matthew à Hannah.
« Les femmes de chez moi, en tout cas . Voilà ce que je réponds intérieurement à Matthew. Sauvages. Ridicules. Seules dans leur maison. Un vent frais s'engouffre sous le calicot de ma robe, me lèche les cuisses. Et moi ? A quelle maison j'appartiens ? A quel pré ? Les grillons stridulent de plus belle, partout. Toujours ce même vieux, très vieux chant d'amour. »
Surtout, surtout, ne passez pas à côté de ce petit chef-d'oeuvre !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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blandine5674
  17 décembre 2017
11 nouvelles tout en justesse, sensibilité, intelligence. La vie de gens simples dans la nature sauvage du Vermont. Une force d'écriture qui fait parfois monter les larmes aux yeux, mais peut aussi donner le sourire. Et toujours, en arrière fond, la rivière que l'on entend couler, comme coule les mots de Madame Robin MacArthur.
Un petit chef d'oeuvre, qui comme toujours dans ce cas-là, me laisse sans voix.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   14 juin 2017
Tissés avec grâce et humanité, ces textes délicats touchent au plus sensible de l’expérience humaine.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   14 juin 2017
Dans ce premier ouvrage, l'écrivaine décrit avec sobriété et une pudique mélancolie un Vermont ignoré, où survivent marginaux et solitaires.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   09 juin 2017
La prose de Robin MacArthur est animée d'une telle force tellurique et d'une telle humanité que chaque nouvelle nous laisse les larmes aux yeux et un sourire aux lèvres. La pluie et le soleil en même temps, c'est la promesse d'un arc-en-ciel.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
isanneisanne   08 novembre 2019
Encore une tasse de café. Dehors deux rouges-gorges se posent sur la terre humide du jardin, puis se poursuivent dans l'érable en se courtisant bruyamment. La lumière éclaire le bois gris de la grange, le délave. Me sentir chez moi : une facette de mon existence aussi essentielle que l'ont été l'amour et le travail. Cet endroit que je tente sans cesse de quitter ou de retrouver, et qui ne veut pas me lâcher. ( ... ) Tout le monde n'éprouve pas un tel attachement à son lieu de naissance. ( ... ) Et je leur envie leur liberté à elle (sa compagne) comme à eux (ses collègues), tout en me demandant qui je serais, et ce que je penserais du monde, si je n'étais pas d'ici. Je me demande également si cette liberté me rendrait plus jovial, plus insouciant, plus à même d'aimer.
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llamy89llamy89   21 juin 2017
"J'aime bien venir ici et faire comme si le monde continuait sans moi, reprend sa mère. Comme si j'étais un petit bout de néant, nulle part".

"Foutaises, Joan, dis-je calmement. Tu n'es pas le néant, ni nulle part." Je ne veux surtout pas lui ressembler. Je veux faire partie du monde.
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blandine5674blandine5674   17 décembre 2017
Une vieille femme, que tout le monde appelle Grand-Maman, a vécu ici toute sa vie. Quatre-vingt ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu’elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu’elle a vu et que le reste du monde a raté. Personne ne peut tout avoir, quel que soit l’endroit où il se trouve.
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isanneisanne   05 novembre 2019
Il se passe quoi avec les maisons ? Cette façon dont les matériaux contiennent ce qu'on est, dont ils parlent de nous.
( ... )
Il se passe quoi avec les champs ? Cette façon qu'ils ont de rendre possibles toutes les directions. D'ouvrir des perspectives aux maisons, aux terrasses, aux voix.
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kathelkathel   06 janvier 2018
Je m’arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d’une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l’endroit où je suis né.
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