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ISBN : 2226322825
Éditeur : Albin Michel (03/05/2017)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 33 notes)
Résumé :
" Je ne veux pas descendre à la rivière avec ma mère. Et pas non plus vivre à seize ans dans ce no man's land aux forêts mi-résineuses mi-caduques du Nord-Est américain où nous sommes nées toutes les deux : soixante-cinq kilomètres carrés de routes et de rivières qui se croisent à angle droit, d'exploitations agricoles en faillite et de crêtes rocheuses. Peuplés de fantômes, d'animaux et de femmes seules. " Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
llamy89
  21 juin 2017
11 voyages dans le Vermont : constitués de fermes qui partent à vau-l'eau, de retours accompagnés de remords ou de culpabilité, de trajets immobiles rêvés les fesses posées au creux d'une Karmann Ghia 1957, de paysages immuables décors de destins bousculés.
C'est tout cela le recueil de nouvelles de Robin MACARTHUR et bien plus encore... des atmosphères et des époques où l'on travaillait dur une terre indocile, rebelle, si belle... des rêves d'ailleurs, du droit à la différence, des regrets de ce qui aurait pu être à Silver Creek ou Round Montain, "là où les prés tentent d'exister".
Onze nouvelles, des photos sépias, instants de vies pour des femmes et des hommes qui tentent de s'intégrer dans des lieux qui s'efforcent de ne pas mourir. histoires racontées sans noirceur. Ma préférée : "Là où les prés tentent d'exister", mais les contrées sont aussi sauvages que les coeurs dans la narration de Robin Marcarthur.
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lucia-lilas
  26 juillet 2017
Magnifiques nouvelles, merveilleuses nouvelles, indispensables nouvelles… Et je pèse mes mots ! D'ailleurs je vais vous demander de me croire sur parole car je sens qu'il va m'être difficile de trouver les termes justes pour évoquer toute la beauté, la sensibilité et l'amour que renferment ces nouvelles. Lisez-les et vous verrez, vous allez adorer, c'est sûr  !
De quoi parlent-elles ?
Des lieux, des hommes et des femmes qui y vivent, d'un monde rural, sauvage, situé dans le Nord- Est des États-Unis : le Vermont, petit État très peu peuplé et recouvert essentiellement de forêts… Certains sont restés toute leur vie là où ils sont nés, d'autres sont partis, ont préféré continuer leur existence ailleurs, en quête d'un bonheur ou d'une réussite qu'ils pensaient ne jamais atteindre en restant sur ces terres sauvages.
Mais un jour, ils reviennent. Les parents ont vieilli ou sont morts, les champs étouffent sous les mauvaises herbes, les toits des fermes menacent à tout moment de s'écrouler, les mobil- homes et les cabanes de chasseur prennent l'eau, des bouteilles de bière ou de whisky jonchent le chemin principal et les bois vigoureux ont pris leurs aises.
« Il se passe quoi avec ces champs ? Cette façon qu'ils ont de rendre possibles toutes les directions . D'ouvrir des perspectives aux maisons, aux terrasses, aux voix. Cette façon dont le mot même - « champs »- te donne l'impression d'être à la fois domestiquée et sauvage, mi-loup mi-humain, capable de t'avancer vers cette terrasse avec sa fumée et ses rires, ou bien vers les bois, où tu pourrais tranquillement, sans bruit, commencer à marcher. »
Revenir sur ces terres, c'est retrouver l'enfance, les baignades nus dans les rivières glacées, les odeurs de pins, d'érables et de fougères, les promenades nocturnes dans les forêts mystérieuses où veillent le cerf, le lynx ou le puma, les cris des animaux sauvages.
Alors, soudain, naît le sentiment que si la vie dans ces lieux est difficile, ailleurs elle est peut-être tout simplement impossible. Une question se pose : où se construire ? Ici ou là-bas ? Peut-on être d'ici et vivre là-bas sans souffrir, sans ressentir un manque ?
« Je m'arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d'une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l'endroit où je suis né, celui où trop de mes proches sont morts, et sous cet angle la maison et la grange paraissent curieusement moins solides, moins violentes, moins permanentes, leur semi-ruine laisse entrer une nouvelle sorte de lumière, et les rivières, qui à l'aube ressemblaient à des veines, ont maintenant l'air de rivières charriant leurs eaux froides vers un lieu plus vaste, encore à déterminer, où je me sentirais chez moi. »
Enfin, revenir, c'est surtout, bien sûr, revoir ceux qu'on aime. L'émotion est intense et Robin MacArthur peint de façon extrêmement subtile et délicate ces retours, les silences qui les accompagnent dans l'intimité d'une soirée de fin d'été, le surgissement d'un passé qui soudain affleure, affolant les pensées tellement l'amour est là, fort, puissant, au détour de chaque chemin, à la lisière des grands bois sombres, dans l'air vif des matins frais, dans les rires et les larmes des visages aimés, dans les rides de ceux que l'on n'a pas vus vieillir parce qu'on est parti. Alors, surgit, vaguement, une certaine nostalgie, une forme de culpabilité, même, que l'on noie dans l'alcool et les larmes.
J'aimerais tellement vous en dire plus pour vous persuader de lire ces nouvelles magnifiques dont l'écriture exprime si magistralement toute la complexité des sentiments des personnages, solitaires ou marginaux, un peu paumés, usés par la vie, déchirés par les séparations liées à la perte de l'être aimé ou simplement à son éloignement.
Par définition, une nouvelle est un texte court, concis et pour ma part, je suis toujours un peu frustrée lorsque j'en achève la lecture, mais les textes de Robin MacArthur ont une force, une puissance d'évocation telle qu'en quelques mots, elle bâtit toute une histoire, tout un passé et un avenir, nous rend ses personnages attachants, vivants, terriblement humains dans leur fragilité et leur vulnérabilité.
J'ai achevé la lecture de chacun de ces textes dans un état proche des larmes tellement l'émotion est intense, c'est dire à quel point j'ai été saisie par ces portraits magnifiques.
« Elles ressemblent à quoi les femmes de chez toi? » demande Matthew à Hannah.
« Les femmes de chez moi, en tout cas . Voilà ce que je réponds intérieurement à Matthew. Sauvages. Ridicules. Seules dans leur maison. Un vent frais s'engouffre sous le calicot de ma robe, me lèche les cuisses. Et moi ? A quelle maison j'appartiens ? A quel pré ? Les grillons stridulent de plus belle, partout. Toujours ce même vieux, très vieux chant d'amour. »
Surtout, surtout, ne passez pas à côté de ce petit chef-d'oeuvre !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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blandine5674
  17 décembre 2017
11 nouvelles tout en justesse, sensibilité, intelligence. La vie de gens simples dans la nature sauvage du Vermont. Une force d'écriture qui fait parfois monter les larmes aux yeux, mais peut aussi donner le sourire. Et toujours, en arrière fond, la rivière que l'on entend couler, comme coule les mots de Madame Robin MacArthur.
Un petit chef d'oeuvre, qui comme toujours dans ce cas-là, me laisse sans voix.
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Jazzynewyork
  31 mai 2017

" La longue route conduit vers la joie. "
Comme j'aimerais me retrouver en Amérique sur la route 100 dans le fin fond du Vermont, vers Silver Creek, et connaître la suite de ces fragments de vie croisés au détour de ces Nouvelles à l'atmosphère si particulière.


" Il se passe quoi, avec les champs ? Cette façon qu'ils ont de rendre possibles toutes les directions. D'ouvrir des perspectives aux maisons, aux terrasses, aux voix. Cette façon dont le mot même - "champ" - te donne l'impression d'être à la fois domestiquée et sauvage, mi-loup mi-humain, capable de t'avancer vers cette terrasse avec sa fumée et ses rires, ou bien vers les bois, où tu pourrais tranquillement, sans bruit, commencer à marcher. "

Je pourrais avoir des nouvelles d'Ange, retrouver Sally au coeur de la forêt, regarder Katie prendre son envol , partager une bière avec Pete et l'écouter me conter les souvenirs de ses amours perdus . Puis monter avec Annie et Clare dans leur Karmann Ghia et foncer sur leur route imaginaire créée par leurs rêves d'adolescentes rebelles à l'heure des premières fois .Puis je m'arrêterais à la ferme de Cora et je goûterais une tartine de pain beurrée en compagnie de Kevin son petit- fils en caressant Tony son chat. Plus tard je passerais prendre Vale à sa caravane derrière chez sa grand - tante pour faire un tour à Marlboro, histoire d'y étrenner ses bottes de cow-boy la clope au bec, puis au retour tard dans la nuit, on attendrait Jimmy en écoutant hululer la chouette rayée.


"La chouette rayée Hulule à nouveau, et son cri vient mourrir entre mes jambes. Je me demande si Hazel l'entend là-haut sur la colline - Hazel qui m'a un jour raconté que les chouettes annoncent la mort de quelque-chose de vieux et le début de quelque-chose de neuf..."
Le lendemain j'irais à la rencontre de cet homme de retour dans la maison familiale dont il est le nouveau propriétaire. Je l'écouterais me conter ses souvenirs tellement chargés de regrets qu'ils l'empêchent d'aimer vraiment.


" Et je leur envie leur liberté, à elle comme à eux, tout en me demandant qui je serais, et ce que je penserais du monde, si je n'étais pas d'ici. Je me demande également si cette liberté me rendrait plus jovial, plus insouciant, plus à même d'aimer.
Mais qui en a quoi que ce soit à foutre ? Je regarde ces deux malheureux rouges-gorges qui tentent de copuler, et je me dis qu'à tout prendre, je choisirais cet attachement, tout comme je choisirais d'aimer malgré les souffrances causées par l'amour. Et c'est lorsque j'ai ce genre de pensées - la plupart du temps, cela m'arrive loin de chez moi, après plusieurs verres de Malbec argentin ou de bourbon haut de gamme - que je suis victime des mensonges de la nostalgie, qu'ils s'insinuent au plus profond de moi et baignent mes souvenirs de cet endroit dans une jolie lumière gris perle. "


En repartant je m'arrêterais au mobile- home d'Apple qui attend patiemment le retour de son fils Sparrow qui s'est engagé chez les marines. Mon voyage toucherait à sa fin , j'aurais eu encore la chance de croiser deux tourtereaux qui s'aimèrent pour le meilleur et pour le pire jusqu'à la mort et même au-delà. Ma route s'achéverait avec Joan et Hannah mère et fille à nouveau réuni pour s'aimer encore un peu avant le grand départ ...


" Il y a deux mondes auquels je n'appartiendrai jamais. Chez moi et ailleurs."
J'ai pourtant l'impression de l'avoir fait ce voyage, de les avoir croisé ces taiseux, sauvages et énigmatiques. L'impression de les avoir entendu ces coyotes hurler sur la ligne de crête assise sur l'une de ces terrasses, une bière bien fraîche à la main en regardant le soleil se coucher derrière Whiskey Mountain. Cette Amérique que j'aime, où les coeurs sauvages battent à l'unisson, où les lucioles brillent de mille feux, après le coucher du soleil capturé par la terre et libéré chaque matin pour une nouvelle journée pleine d'espoir. Une balade chez les culs-terreux à Plouc-City dans l'Amérique profonde, loin des paillettes et des strass.

En effet, je l'ai fait ce voyage, à travers ce magnifique recueil de nouvelles qui les unes après les autres donnent naissance à un sublime roman. Un véritable chant d'Amour où bat "Le coeur sauvage" des âmes américaines. Un sentiment profond d'émerveillement m'a envahi et c'est avec regret que je referme ce livre en espérant retrouver très vite la plume de Robin Macarthur avec d'aussi excellentes nouvelles ou pourquoi pas un beau roman, une belle histoire.
Une nouvelle étoile Américaine, une nouvelle voix, un énorme coup de coeur.


Robin MacArthur est originaire du Vermont, où elle vit toujours aujourd'hui. Elle a créé avec son mari un groupe de musique folk baptisé Red Heart the Ticker, et ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires au cours des dernières années.
Je remercie Ophélie et les Éditions Albin Michel pour ce merveilleux voyage en Terres d'Amérique.

Lien : https://dealerdelignes.wordp..
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kathel
  06 janvier 2018
Le coeur sauvage est un recueil de nouvelles situées dans un coin du Vermont, cet état rural du nord-est des États-Unis coincé entre l'état de New York, le Massachusetts et le New Hampshire. Zone rurale sans grand attrait, semble-t-il, qui donne l'impression de ne pas avoir été choisie par ses habitants, mais plutôt de s'être imposée à eux. Racontées à la première personne, les textes du premier recueil de Robin MacArthur mettent en scène des individus de sexes et d'âges variables, qui à moment ou un autre ressentent le besoin de mettre des mots sur une période de leur vie, plus difficile, plus forte, plus troublante.
Il faut lire deux ou trois nouvelles au moins pour se mettre davantage dans l'ambiance, qui reste un peu la même à chaque fois, le milieu de vie de villageois un peu marginaux du Vermont, anciens hippies, chômeurs et désoeuvrés divers, mères de famille qui peinent à joindre les deux bouts… La caravane semble l'habitat le plus répandu parmi ses paumés, et l'alcool le moyen le plus sûr de ne pas ressasser à longueur de soirée ses problèmes. Pourtant, le désespoir ne recouvre pas tout, et n'empêche pas les personnages qui dérivent dans ces nouvelles d'être sensibles aux beautés de la nature, aux couchers de soleil et aux petits matins givrés, aux moments de bonheur en famille, aux tiraillements de l'amour ou de l'amitié.
Les moments choisis par Robin MacArthur, son don pour les dialogues et les descriptions vivantes, font de cette lecture un beau moment, à condition d'aimer le format nouvelles. Sachez qu'elles ne sont pas trop courtes, une dizaine de nouvelles pour plus de 200 pages, et que l'auteure réussit à installer avec rapidité et finesse décor et personnages, de manière à ce qu'on ne perde pas une miette de ses textes, denses et bien traduits, ce qui ne gâche rien.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   14 juin 2017
Tissés avec grâce et humanité, ces textes délicats touchent au plus sensible de l’expérience humaine.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   14 juin 2017
Dans ce premier ouvrage, l'écrivaine décrit avec sobriété et une pudique mélancolie un Vermont ignoré, où survivent marginaux et solitaires.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   09 juin 2017
La prose de Robin MacArthur est animée d'une telle force tellurique et d'une telle humanité que chaque nouvelle nous laisse les larmes aux yeux et un sourire aux lèvres. La pluie et le soleil en même temps, c'est la promesse d'un arc-en-ciel.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
llamy89llamy89   21 juin 2017
"J'aime bien venir ici et faire comme si le monde continuait sans moi, reprend sa mère. Comme si j'étais un petit bout de néant, nulle part".

"Foutaises, Joan, dis-je calmement. Tu n'es pas le néant, ni nulle part." Je ne veux surtout pas lui ressembler. Je veux faire partie du monde.
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blandine5674blandine5674   17 décembre 2017
Une vieille femme, que tout le monde appelle Grand-Maman, a vécu ici toute sa vie. Quatre-vingt ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu’elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu’elle a vu et que le reste du monde a raté. Personne ne peut tout avoir, quel que soit l’endroit où il se trouve.
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kathelkathel   06 janvier 2018
Je m’arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d’une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l’endroit où je suis né.
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blandine5674blandine5674   17 décembre 2017
-Il y a deux mondes auxquels je n’appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs.
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cathulucathulu   12 juin 2017
-Il y a deux mondes auxquels je n’appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs."
Il a souri, cligné des yeux, totalement perplexe.
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