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ISBN : 2226322817
Éditeur : Albin Michel (30/01/2019)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 48 notes)
Résumé :
En 2011, la tempête tropicale Irene s'abat sur le Vermont dévastant tout sur son passage.
A la Nouvelle-Orléans, Vale reçoit un appel de sa tante et apprend que Bonnie, sa mère avec laquelle elle a coupé les ponts depuis longtemps, est portée disparue. Elle revient sur les lieux de son enfance pour retrouver sa trace et lève le voile sur un lourd secret de famille.
Premier roman.
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  19 juillet 2019
Lorsqu'en 2011, sa mère Bonnie est portée disparue suite à l'ouragan Irene qui vient de frapper la côte Est des Etats-Unis, Vale quitte précipitamment son travail de serveuse et de strip-teaseuse à la Nouvelle-Orléans pour revenir dans le Vermont, à Heart Spring Mountain, ce coin perdu de nature qui est le berceau de sa famille et où elle a passé toute son enfance. C'est la première fois depuis des années qu'elle revient dans ce lieu pauvre et rural, qu'elle a fui en même temps que la toxicomanie de sa mère. Alors qu'elle se lance désespérément sur les traces maternelles, c'est bientôt tout le passé familial qu'elle se retrouve à exhumer peu à peu, déterrant des secrets longtemps tus sur sa généalogie et se réconciliant finalement avec ses racines et sa terre d'origine.

Cette vaste saga sur trois générations de femmes se déploie lentement, alternant les époques au fil de courts chapitres qui viennent peu à peu dissiper les mystères de cette famille. Les hommes en sont les grands absents, presque tous disparus ou inconnus, alors que les femmes s'agrippent courageusement à leur indépendance et à leur mode de vie rude et sauvage, au contact de la terre et de la nature.

Il aura fallu ni plus ni moins qu'un dérèglement climatique pour qu'enfin Vale puisse mettre de l'ordre dans le passé, et trouver par là la possibilité de se construire qui aura tant fait défaut à sa mère. Car comment trouver son équilibre sans connaître ses origines, surtout lorsque les secrets s'empilent au fil des générations, depuis une lointaine et oubliée ascendance amérindienne, jusqu'au mystère de pères dont on ignore l'identité ?

Sur fond de désastre climatique, au moment où les violents et perturbants bouleversements qui s'annoncent nous amènent à nous interroger et à nous recentrer sur les vrais essentiels, cette histoire nous questionne sur notre identité profonde, insistant sur l'importance du sentiment d'appartenance et la transmission entre les générations. Il nous rappelle que nous faisons partie d'un tout, que sans conscience de nos origines et sans harmonie avec notre environnement, il nous est impossible de nous sentir légitimes, de nous construire en tant qu'individus, de vivre tout simplement.

Si ce récit puissant et choral est intelligemment construit autour de beaux portraits de femmes, il ne m'a pas captivée du début à la fin. Je me suis souvent sentie perdue dans les incessants sauts entre les personnage et les époques. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages et à leur marginalité un peu excentrique. J'ai eu un sentiment de longueur et de lassitude, et je n'ai pas compris l'utilité des références littéraires et cinématographiques qui m'ont semblé alourdir le récit plus qu'autre chose.

Je garde donc une impression mitigée de ce livre aux qualités indéniables, mais que j'ai plus apprécié intellectuellement que véritablement aimé.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Zakuro
  09 juin 2019
Comme j'ai adoré ce roman de Robin MacArthur ! J'ai arpenté les montagnes du Vermont en me laissant porter par la très belle histoire de trois générations de femmes, Lena, Bonnie et Vale. J'ai marché au même rythme que j'ai tourné les pages du livre chapitre après chapitre, près de la rivière et des bois, le long des champs et de la maison. le Heart Spring Mountain, la source du coeur, est là, toute proche. J'ai entendu l'écho de ces femmes par-dessus la fureur de l'ouragan qui s'abat en ce mois d'aôut 2011 durant lequel Bonnie disparaît. Pour tenter de la retrouver, sa fille Vale partie en Louisane revient au pays en s'installant dans la cabane de sa grand-mère Léna où elle découvre ses carnets cachés écrits en 1956.
L'histoire familiale nourrie de césures et d'amour en complète communion avec la beauté fissurée d'une nature en danger m'a conquise. Je vivais au rythme des confidences de Léna et des recherches de Vale pour retrouver Bonnie. J'ai aimé se dessiner petit à petit l'arbre de vie d'une famille qui remonte jusqu'aux premiers Abénakis malgré le refoulement de l'identité amérindienne. Un arbre généalogique un peu bancal, où l'absence des hommes le plus souvent partis à la guerre est une cicatrice dans la nervure mais leur présence reste profondément ancrée dans le coeur de ces femmes courageuses et aimantes. Vale coud les plaies de
la femme anti-conformiste marginalisée, de l'épouse bafouée et de la mère défaillante dépendante aux drogues pour nouer l'écorce de cet arbre d'origine. Sur une terre à aimer et à préserver pour que chacun puisse continuer à l'arpenter et à l'admirer. A y vivre.
J'ai aimé la délicatesse de Vale à respecter ce qui est, à sauver aussi ce qui peut l'être encore sur la fine branche de l'arbre qui est la sienne pour irriguer à nouveau les liens de sa famille.
L'écriture de Robin Mac Arthur est rayonnante, belle et optimiste malgré le contexte assez terrifiant. J'ai trouvé ce roman moins sombre que les nouvelles « le coeur sauvage » . Son écriture est sincère sans être alarmiste, elle dit notre vigilance à prendre soin de notre environnement comme s'il s'agissait d'un membre de notre famille avant que des catastrophes sanitaires ou environnementales aient totalement raison de nous. C'est un très beau roman aux accents métaphysiques sur les origines et notre place sur la planète. Absolument adoré !
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montmartin
  19 juin 2019
Un ouragan ! Les infos l'ont annoncé, il est là. Et bien là. Dean tend la seringue à Bonnie, Bonnie sourit, elle redevient une jeune mère, sa fille Vale dans ses bras. Au même moment Vale est en train de servir dans un bar de la Nouvelle-Orléans. Elle reçoit un appel de sa tante Deb. Bonnie est partie se promener en pleine tempête. Elle a été aperçue marchant vers un pont qui s'est effondré. Elle n'est toujours pas rentrée. Vale va retourner dans le berceau de sa famille pour tenter de retrouver sa mère disparue et aussi ses racines.
Un récit fait de courts chapitres, où l'on suit trois générations de femmes sans père, de 1956 à 2011. Des femmes dévastées par la drogue, la solitude ou la passion et qui trouvent refuge dans cette montagne, vivant dans des cabanons déglingués au milieu des bois, des rivières, des marécages et des secrets enfouis.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui accorde une grande place à la nature et à l'héritage de ses ancêtres. Un récit accompagné tout au long par les chansons de Léonard Cohen, Billie Holiday, Nina Simone, Elvis Presley et les autres. Même si je me suis un peu égaré dans les aller-retour entre passé et présent, et dans l'arbre généalogique de Vale. L'écriture est belle, et l'auteur nous dresse le portrait émouvant de ces femmes fortes qui ont appris à vivre sans homme.
« Tu sais comment on trouve de l'amour ? Quand tu es dans le ventre de ta maman, tu entends son coeur. C'est ça qui fabrique ton coeur à toi. Et quand tu sors de son ventre, tu as cet amour à l'intérieur de toi. Une maman est une usine à fabriquer de l'amour. »
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JIEMDE
  09 juin 2019
Dans sa chronique enthousiaste, Leatouchbook nous a « confié ce livre », alors autant vous dire que je compte en prendre soin !
En 2011, les ouragans étaient encore exclusivement féminins, et Irène s'abattait sur la côte est des États-Unis, n'épargnant pas le Vermont et la région des Heart Spring Mountains, laissant derrière lui destructions et disparus. Dont Bonnie ; ce qui conduit Vale, sa fille, à débarquer de la Nouvelle Orléans pour la retrouver.
Dans Les femmes de Heart Spring Mountain de Robin MacArthur – traduit par France Camus-Pichon – on plonge dans le gynécée fondateur de cette incroyable saga familiale dont Vale va remonter un pan d'histoire.
Comment se construire quand on a des origines indiennes rejetées ? Des ascendants au passé hippie version communautaire ? Un penchant pour les vies marginales et solitaires ? Un entourage extra-familial bienveillant mais enfermant ? Des secrets cachés qui resurgissent au bon moment pour apporter des débuts d'explications ? Pour y arriver, il faut un jour partir, ce que Vale, Lena ou Bonnie ont un jour fait chacune à leur manière. Pour mieux se retrouver un jour…
En prenant son temps, en traversant les époques, en variant les narratrices, Robin MacArthur réussit à nous rendre incroyablement attachante ces femmes libres, fières et réunies par ce lien indescriptible qu'est la lignée. Un livre de femmes, mais pas que pour elles !
PS : je suis toujours frappé à travers mes lectures d'auteurs américains de l'importance et du poids de leur culture littéraire ou cinématographique dans leur oeuvre. À nouveau ici avec les références empruntées au si beau Sans toit ni loi d'Agnès Varda ou au Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.
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belette2911
  30 juillet 2019
Si Patrick Juvet lit ce roman, il chantera ♫ Où sont les hommes ? ♪ car dans ces pages, les hommes sont les grands absents.
Bon, ils sont passés un jour, puisque les femmes ont eu des enfants, mais ensuite, ils ont disparu de la vie de ses femmes.
Il est des livres que l'on fluore dès leur sortie, se disant que lui, il est fait pour nous.
Il est des livres dont les thématiques sont emballantes car intégrées parfaitement au récit.
Imaginez une saga familiale sur plusieurs générations qui en même temps aborderait les origines Amérindiennes, les origines, l'identité, l'héritage de ses ancêtres, les secrets de famille, la planète et son avenir, ou plutôt, le nôtre (parce que la Terre, elle s'en sortira très bien, merci pour elle), la nature et ses dérèglements.
Et pourtant, je suis passée royalement à côté de ce roman ! Oui, ce roman qui m'avait mise l'eau à la bouche m'a noyé dans les nombreux portraits des différentes femmes qui le composent et m'a endormie car pas moyen de rester concentrée dessus, même pas trop envie de revenir plonger dedans.
Pourtant, le roman est composé de courts chapitres, ça aurait dû lui donner du rythme mais non, pas moyen d'entrer dans récit qui suivait ces trois générations de femmes ayant grandi sans père et explorant les années 1956 à 2011.
C'est donc avec une pointe de regret que j'ai posé ce roman qui avait tout pour lui, qui me semblait fait pour moi, composé de ce genre de portraits comme je les affectionne, qui explorait cette Amérique que j'aime découvrir, celle des petites gens.
Non, ce roman n'est pas un mauvais roman, pas du tout, c'est un grand roman, sans aucun doute, mais nous n'étions pas fait l'un pour l'autre, ou alors, pas maintenant.
J'aurais peut-être dû le laisser mûrir un an de plus en bibliothèque de chêne…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   23 avril 2019
Un beau roman qui accorde une grande place à la nature, à l’héritage de ses ancêtres et aux secrets de famille profondément enfouis.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   19 juillet 2019
Le violoneux, c’est Lex. L’homme aux yeux couleur de fougère, à peine bordés de noir. Quand il joue, on dirait que son corps se détache du sol, seulement relié à la terre par un fil électrique courant de son orteil gauche au sommet de son crâne. Il tournoie autour de ce fil, tanguant légèrement, tremblant, se baissant, transporté, épanoui. La plupart du temps, ses yeux sont fermés, mais il lui arrive de regarder les danseurs et là il sourit, un sourire pareil à l’explosion d’une ampoule électrique dans cette salle tout en bois où nous dansons, où les hommes sont si tendus et les femmes si raides, le visage impassible, mais quand l’ampoule explose, l’espace d’un instant on a tous l’air tellement beaux que j’ai l’impression de pouvoir me métamorphoser en quelque chose que je n’étais pas auparavant : un faucon, une braise, les pétales épars d’une rose du Venezuela.
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Heloise7163Heloise7163   04 août 2019
Dans quel vide culturel on vit, hein? dit-il au bout de quelques minutes. Chacun doit chercher sa voie. Trouver tout seul un sens au monde. Quel travail ça représente, quand on y réfléchit...
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kathelkathel   31 janvier 2019
Et les enfants de Danny, ceux de Vale : qui seront-ils et de quel monde hériteront-ils ? Y aura-t-il des fruits pour les petits-enfants, encore à naître, de Deb, dans cette région où les hivers sont devenus si imprévisibles ?
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missmolko1missmolko1   30 janvier 2019
Chacun doit chercher sa voie. Trouver tout seul un sens au monde. Quel travail cela représente, quand on y réfléchit….
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armand7000armand7000   22 juin 2019
« Heart Spring, le source de la rivière Silver Creek : c’est de là que viennent ces trente centimètres de pluie, là qu’ils se sont formés, qu’ils sont nés. La source à l’origine de la rivière où Bonnie a été vue pour la dernière fois. Heart Spring Mountain. Parce que le cœur a sa source éternelle dans cette montagne, s’était dit Hazel petite fille, puis jeune femme, puis femme mûre. Mais était-ce vrai ? »
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