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ISBN : 9791026235088
Éditeur : Librinova (04/06/2019)

Note moyenne : 4.65/5 (sur 43 notes)
Résumé :
« Saviez-vous que les petites filles naissent pour faire tourner leur jupon de princesse jusqu'à s'étourdir, pour massacrer les bâtons de rouge à lèvres en se tordant les chevilles sur les escarpins de leur mère, pour sauter sur les lits et s'admirer dans le grand miroir de l'entrée en récitant des poèmes ? La mienne aussi. Enfin, c’est ce que je croyais ». Au cours des heures suivant l’arrêt des soins qui maintiennent Rose en vie, ses parents croisent les héros de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  07 juillet 2019
« Saviez-vous que les petites filles naissent pour faire tourner leur jupon de princesse jusqu'à s'étourdir, pour massacrer les bâtons de rouge à lèvres en se tordant les chevilles sur les escarpins de leur mère, pour sauter sur les lits et s'admirer dans le grand miroir de l'entrée en récitant des poèmes ? »
Ce passage, premier d'une longue série qui m'aura serré la gorge jusqu'aux larmes témoigne du tableau idyllique que chaque parent peint pour ses enfants, pour sa princesse.
J'ai lu d'une traite ce roman qui m'aura captivée des premières pages jusqu'à la toute dernière. Une vraie claque.
Rose n'aura pas cette chance. Comme si tous les enfants ne naissaient pas tous sous la même étoile protectrice.
Rose n'était pas née pour cette vie. Même si Rose n'était que fécondité.
Un premier roman pour Hélène Machelon que je remercie du fond du coeur pour m'avoir adressé si gentiment son roman. du fond du coeur oui, car ce roman m'a émue et serrée le coeur comme jamais.
Sur la grande et triste scène de la mort grappillent des gens de l'ombre qui à leur façon raconte leur sollicitude, leur travail, leur malheur pour ceux qui regardent s'envoler les anges au ciel. Une infirmière, une bénévole déguisée en clown, une mère, une employée administrative, un aumônier, une tante, un thanatopracteur, le coeur sec ou bien mouillé, ils ont brodé avec ce qu'ils ont et ce que la vie a fait d'eux les ailes de Rose pour son grand départ. le malheur bat aux portes des parents sur le mauvais trottoir de la vie. On ne pourra pas t'enrober tes cheveux dans un beau chignon, toi Rose qui les perdais par poignée. Rose dans un petit tiroir de la morgue au milieu d'autres voisins fantômes. Rose dans un minuscule cercueil blanc.
Le malheur frappe à coups de massue quand un enfant lâche ses derniers battements de coeur après des mois de traitement. Même à son pire ennemi, on ne lui souhaite pareil malheur.
L'infirmière fera ce qu'elle peut en ayant conscience qu'elle ne peut avaler toute la misère de ces parents déchus. Prendre de la distance, se blinder. Un constat réaliste quand on sait la réalité harassante qui fouette au quotidien en milieu hospitalier.
Une femme clown qui ne souhaite rien de mieux rien de plus que de rendre le sourire à ces enfants malades. Parce qu'ils sont enfant avant d'être malade.
Une employée qui ne supporte plus le malheur des autres car comme bon nombre, elle se suffit de son lot de malheurs et tourne le dos à celui des autres.
Tout un monde qui gravite autour des parents de Rose nous délivrant des messages forts.
Un roman qui parle au coeur, qui réveille notre humanité endolorie, pas de pathos, pas de pitié, non, l'écriture d'Hélène se boit, se gorge d'émotions, se fond sur le coeur. Pas un mot de trop. Une précision dans la construction et dans la qualité d'écriture qui mérite l'attention du plus grand nombre. Des mots qui entortillent le chagrin et le deuil pour qu'au seuil des lendemains viennent se chiffonner et danser la lumière d'un possible où les souvenirs auront tant à aimer qu'ils ne pourront habiller la vie que d'amour.
Rose, tu n'étais que fécondité et de toi la vie continue à battre là où tu l'as laissée. Tu ne souffres plus. Tu es en paix auprès des colombes qui sèment pour tes parents la promesse de jours meilleurs.
Bravo Hélène ! Pour votre courage, vos espérances, votre dévouement, votre premier roman digne des plus grands.
À vous mes amis, foncez, lisez ce roman, partagez cette histoire, approchez les colombes, écoutez les anges. Un roman auto-édité qui mérite vraiment un succès digne des plus grands. Vous l'aurez compris, c'est un franc coup de coeur.
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babounette
  12 juillet 2019
Trois petits tours - Hélène Machelon - Autofiction - Reçu par l'auteure en format PDF, lu ce 12 juillet 2019.
"Avertissements
Des portraits dépeints, seuls les nôtres,
du père et de la mère sont authentiques.
Les enfants-bulle ou bébés-bulle sont de petits patients
dont les défenses immunitaires sont fortement affaiblies,
voire inexistantes, si bien que pour leur survie, ils sont
placés sous une enveloppe de plastique en atmosphère
totalement stérile".
"Pour toi, Jeanne, mon enfant.
Tu n'étais pas née pour cette vie.
Pour Paul, Capucine et Olivia.
Pour Gilles"
Hôpital Necker, hôpital des enfants malades, service d'immunologie.
Rose, Victoire, Adrien...
Enfants dont le destin n'est pas celui de la plupart des enfants.
Ils sont malades, leur système immunitaire est très fragile, voire inexistant.
J'ai vécu le temps de cette lecture dans la chambre de Rose, dans la tête des parents de Rose, de la pédiatre en chef de ce service si particulier, de Margaux Montagne en
Mademoiselle Lilas Sardine, clown assermenté de l'hôpital, de deux infirmières tellement dévouées à ces petits malades, d'Aline, maman d'Adrien, l'amie de la maman de Rose, amitié née dans les couloirs de ce service d'immunologie, de la secrétaire administrative, peau de vache, de l'aumônier qui n'en peut plus, de Jean-François le thanatopracteur qui prépare les enfants avec tant de douceur, de la grand tante de Paul le papa de Rose.
Au travers de chacune de ces tranches de vie, j'ai côtoyé les pensées de chacun(e), j'ai côtoyé la souffrance, physique et morale, j'ai côtoyé la mort de Rose, et je viens de dire adieu à Rose. Sans mélodrame, mais avec son coeur de maman, Hélène Machelon, nous raconte la lente et douloureuse période entre l'entrée à l'hôpital de Rose et son envol vers un ailleurs sans souffrance. C'est beau, c'est doux, c'est triste, c'est poignant, c'est émouvant. Il n'y a pas de plus grande douleur que celle de perdre son enfant.
Comment appeler des parents ayant perdu un enfant ? Il n'y a pas de mot. le dictionnaire n'en a pas. C'est contre nature.
Rose laisse un message :

"La vue est belle d'ici, elle vaut la peine de prendre de la
hauteur.
Ce vieux couple avait raison lorsqu'il disait le jour de
mon enterrement que « de tout ce chagrin sortirait de la
lumière et des fleurs, que je n'avais pas donné ma vie pour
rien ! ».
"Vous comprenez maintenant.
Vous m'avez bercée. Vous m'avez soignée. Vous m'avez
rendu la vie belle. Vous m'êtes fidèles. Vous m'aimez d'un
amour inconditionnel et éternel. Ne doutez pas, je suis dans
chacun de vos pas.
Séchez vos larmes, je n'étais pas née pour cette vie".
Si le thème ne vous effraie pas, lisez ce petit livre qui nous fait comprendre
qu'il faut vivre chaque instant de sa vie le mieux possible, que rien n'est acquis, que la vie peut être très courte et donc qu'il faut dire sans compter, sans pudeur à ceux qui nous sont proches que nous les aimons.
C'est le message que j'en retire.

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Kittiwake
  04 juillet 2019
Difficile de juger ce récit sur ses qualités littéraires, pourtant bien présentes : comment dire l'indicible, de partager l'indécente douleur qui accompagne l'une des plus injustes peines que nous vaut la faculté d'être mère, lorsque Dieu ou diable, ou est-ce la cruelle fatalité de notre destin de mortel, vous ravissent le petit être qui vous a été pour un court moment confié?
C'est avec délicatesse et mesure qu'Helene Machelon donne la parole à tous ceux qui furent les témoins éphémères de ce chemin de croix : la pédiatre qui ouvre le récit, l'infirmière, le clown qui vient chercher les sourires, et même la « punaise » de l'administration, maladroite s'il en fût. Les parents enfin, pris dans un cataclysme qui les dépasse, les broie sans indulgence.
Loin de toute rancoeur, c'est plutôt un hommage rendu à tous ceux qui ont accompagné, écouté, pris soin, soulagé et qui se sont unis pour croire jusqu'à la fin au miracle.
Le temps est loin où, avant de me lancer avec passion dans ces longues années d'études, je me délectais des romans de Soubiran, Journal d'une femme en blanc, vivant comme autant de promesses les cas désespérés qui créaient le pathos de cette série naïve. Quelques décennies plus tard, ce sont des prénoms gravés à jamais qui surgissent au fil des pages, des prénoms d'enfants réels, dont les histoires font parfois douter de soi. C'est pourquoi ce récit me touche beaucoup, plus sans doute que ne pouvait l'imaginer l'auteur en me proposant la lecture de ce récit.
Merci à elle pour la délicatesse et la justesse , et pour ce vibrant hommage à la petite Rose, qui a cessé de souffrir mais qui quelque part perçoit peut-être combien elle a été aimée.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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NathalC
  07 août 2019
Un très joli texte.
Rose est le fil conducteur, Rose est cependant absente, déjà partie et pourtant tellement présente.
Tout en douceur, tout en délicatesse, ce livre exprime le décès d'une enfant. On ne connait vraiment pas son âge, pas vraiment sa maladie. On découvre quelques personnes dans l'entourage, non pas de l'enfant ou de la mère, mais dans l'entourage de cette mort. Alors, effectivement, la mort est aussi synonyme de tristesse, de perte, d'abandon, de descente aux enfers, mais au-delà, il y a la vie. Chaque personne autour de Rose a sa propre histoire, ses propres réactions, ses pourquoi et comment si personnels.
Et oui... la vie continue... Mais Rose, et chaque personne décédée, font et feront toujours partie de la vie des survivants, dans les souvenirs et par ces souvenirs. Rose est vivante et a transformé la vie des personnes croisées.
Un très bel hommage...
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AudreyT
  07 juillet 2019
*****
Rose a cessé de lutter... L'hôpital Necker est en deuil aujourd'hui... Rose s'en est allée... Tout le personnel soignant s'accordera à dire que cette petite fille était belle, sage, courageuse. Qu'elle ne méritait pas ça, comme n'importe lequel de ces enfants qui sont ici, au service d'immunologie pédiatrique...
Trois petits tours est un magnifique roman... Et avant d'évoquer son sujet, c'est avant tout pour son auteur et son talentueux travail d'écriture que l'on remarque ce livre.
Hélène Machelon a un ton juste, ni larmoyant ni détaché, avec toute l'émotion que l'on peut mettre sur des mots.
Elle couche sur le papier avec pudeur et poésie, tout l'amour d'une mère, sa tendresse et son désespoir. Mais aussi le sentiment d'impuissance d'un pédiatre, le détachement d'une secrétaire, la culpabilité d'un clown triste ou encore la compassion d'un thanatopracteur...
La maladie et la mort d'un enfant est des sujets sensibles. Mais la construction du récit, alternant les mots des professionnels et de la mère, rendent ce roman humain...
J'ai refermé trois petits tours cette nuit, et c'est en pensant à toutes les belles petites Rose du monde, à leurs parents, que je suis allée embrasser mes enfants, appréciant un peu plus intensément ma chance et mon bonheur...
Merci Hélène de nous rappeler avec talent que nous sommes si petits dans ce monde, que le temps nous est compté et qu'il faut savourer chaque seconde...
Merci à Netgalley et à Librinova pour leur confiance...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2019..
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
marieduboisdemarieduboisde   19 août 2019
Coup de coeur
Je viens viens vous remercier car c'est grâce à vous tous et à vos critiques sur Babelio que j'ai mis ce livre dans ma liste de l'été. Je suis fraîchement inscrite sur Babelio mais je viens glaner des idées depuis des années.
J'ai adoré Réparer les vivants et avec Trois petits tours, j'ai senti un peu les mêmes émotions brutes et délicates à la fois. Je me suis sentie vivante, embarquée sur le même navire que tous les personnages. J'avais envie de rester avec eux.
Et il faut dire que l'auteur a une très belle écriture et que jamais on ne décroche. Je souhaite beaucoup de succès à ce petit livre si réussi. Bravo.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 août 2019
Je n’avais jamais croisé la mort, même de loin, brièvement. Aujourd’hui, je l’embrasse ou plutôt, c’est elle qui m’embrasse dans un long baiser subi. Elle me force, elle me viole, elle fait de moi ce qu’elle veut…

… Qu’allons-nous devenir ? Qu’avons-nous fait de mal ? Je n’ai ni faim, ni soif, ni sommeil. Je n’ai plus peur, le pire est arrivé. Le vide que Rose nous laisse est abyssal, je ne sais pas quoi faire de mes mains, de mes bras, de ma tête. Je me sens tellement inutile.
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Eve-YesheEve-Yeshe   18 août 2019
e ressentais, mêlée d’impatience et d’appréhension, l’envie frénétique de me mettre au travail sur le champ, pour tout comprendre. Chercher et trouver des solutions au nom de la vie, noircir au plus vite la page blanche face à l’immensité du problème. C’est mon boulot : réparer des gènes défectueux, emmêlés ou endormis.

J’avais pour défi de faire vivre et grandir cette enfant. Puis une fois sauvée, la remettre entière à ses parents pour qu’elle devienne comme les autres.
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marieduboisdemarieduboisde   19 août 2019
Je dois vider ta chambre et je ne sais pas comment m'y prendre. J'imagine qu'un remplaçant s'annonce et qu'un autre enfant y dormira ce soir. Les places sont chères à cet étage et les lits jamais vacants.
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marieduboisdemarieduboisde   19 août 2019
C'est très étrange de se réveiller chaque matin, de chercher ce qui pourrait aller mal et de ne pas trouver parce que, oui, et c'est à peine croyable, mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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