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EAN : 9782253079903
384 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/02/2021)
4.25/5   756 notes
Résumé :
Ce que la vie prend, elle le redonne aussi.
Amande ne pensait pas que l'on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l'ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s'attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (197) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  08 avril 2020
L'auteure de Tout le bleu du ciel signe ici avec son deuxième roman un hymne à la nature et à la renaissance.
Amande vient de perdre son mari ainsi que son bébé Manon mort née après le choc du décès de son mari. Elle s'en va au plus loin de son quotidien, dans une vieille maison perdue en pleine campagne. Seule avec ses démons, elle commencera par maudire le soleil et les papillons pour doucement faire corps avec son environnement. Dans la vieille maison, elle tombera sur les carnets de jardinage de la propriétaire Lucie Hughes.
Si la première partie de ce roman m'a semblé très triste et mélancolique, j'ai par contre été éblouie par la seconde partie quand la terre réveille ses trésors à cette jeune Amande fragilisée. C'est certainement ce que j'ai préféré dans ce roman, les rouges-gorges qui pépient, le chat gris bourré de puces, le pin sacré réceptacles des confidences d'Amande, les fleurs et les fraises qui poussent grâce à la patience et l'amour de la jeune femme.
C'est un roman né dans la souffrance et qui ressuscite dans la terre, transformant les larmes en colliers de fleurs.
Un roman qui nous donne envie d'embrasser le printemps, de remercier la nature, de la regarder frémir et frétiller les yeux grands ouverts, les mains brunies et calleuses d'avoir remué l'or de la terre mère.
On sait combien la terre est nourricière et capable d'enterrer dans ses couloirs nos chagrins et nos peurs. Je ne connaissais pas l'Amélanchier mais je n'ai qu'une hâte, m'en procurer un en souvenir de ces lendemains.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  09 mars 2020
Lorsque j'ouvre ce livre, j'hésite d'abord à le refermer.
Il me frappe au coeur. Il me bouleverse. Il me fait mal. Il tape dès les premières pages.
Pourtant, je continue. Et grand bien m'en prend !

J'ai découvert une plume. J'ai découvert une émotion. J'ai découvert une voix.
Il est question de lendemains. Ceux qui déchantent, ceux qu'on ne veut pas voir venir, ceux qu'on ne peut affronter.
Amande vient se cloîtrer dans une vieille maison auvergnate. Face aux deuils les plus terribles qui soient pour une femme heureuse et amoureuse.
Elle compte les soleils qui passent au-dehors sans jamais les voir. Jusqu'au jour où le battement d'une aile de papillon, littéralement, va laisser entrer ses rayons dans la maison, dans le cœur d'Amande …
Mélissa Da Costa murmure le deuil, l'abandon de vivre, et cette reconquête de soi, pas à pas, à force de silence. le chemin. Son chemin. Pour revenir vers la vie.
J'étais, pour quelques heures, dans cette maison. J'étais aux côtés de cette héroïne de la vie. J'étais là et tant d'émotions m'ont traversé. C'est une lecture, à la fois contemplative et bouleversante qui m'a étreint.
Ce roman est une rencontre. Entre le lecteur et cette héroïne abîmée. Comme rarement, j'ai eu le sentiment d'être plongé dans une sorte d'intimité, sans artifice, juste viscérale. Où les choses les plus simples revêtent les aspects les plus merveilleux.
Le cœur tremble, les yeux mouillent. Je n'ai pas honte de le dire.
Ce livre débute dans les larmes, puis se dévore d'espoir, l'espérance folle au cœur. Tout prend corps, tout reprend vie, au fil de ces pages écrites à l'encre d'une forme certaine de sincérité.
Vous l'aurez compris, je suis tombé complètement sous le charme. Follement. Comme seule la littérature sait réenchanter l'existence.

Je vais devoir très rapidement lire TOUT LE BLEU DU CIEL pour retrouver cette plume bouleversante. Mélissa Da Costa fait maintenant partie des auteurs que j'attendrai impatiemment …

Lien : https://labibliothequedejuju..
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qmike549
  20 janvier 2021
Vous avez perdu un ami, un parent, un proche. Une douleur d'autant plus vive que vous n'aviez jamais été confronté à la mort. Comment traverser cette épreuve ? le deuil fait partie de la vie. Pourtant, on se sent démuni perdu isolé face à la perte de nos proches, de ceux que nous aimons. Pour en sortir, il est vital de se ressourcer, lâcher prise, de rebondir. le dire est simple, l'accomplir est autre chose…
L'auteur Mélissa Dacosta nous confirme que notre vie est précieuse. Il s'agit d'un instant, d'une seconde, d'une milliseconde pour que tout bascule, pour que nos rêves s'effondrent, pour passer de vie à trépas… près la perte de celui ou celle qu'on a aimé, la reconstruction peut mettre plusieurs mois, plusieurs années.
Ce temps est propre à chacun en fonction de sa personnalité et de son histoire. Il existe autant de chemin de reconstruction que de personne.
Chaque deuil est unique. Cela dit, perdre son conjoint signifie pour tous la fin des projets communs et un vide immense.
« Les Lendemains » est un endroit, une ville : Lyon.
« Les Lendemains » est Amande, une jeune femme partage sa vie avec Benjamin et se réjouit de partager bientôt avec lui la naissance de leur enfant……
« Les Lendemains » est Benjamin…sa passion son métier, pour les jeunes, pour la PJC, pour sa famille… Benjamin rêvait d'une fille, il avait monté le lit à barreaux et la table à langer. Les meubles étaient d'un joli blanc. Au-dessus du lit, j'avais collé un sticker représentant un poussin….
Elle devait s'appeler Manon/ Manin Luzin. Nous avions parié sur un duvet blond et les yeux noisette de Benjamin. Elle aurait dû naître le 20 août. Elle est décédée le 22 juin à 05 h 58. (Page 35)….
« Les Lendemains » est la mort de Benjamin….Je prends une douche, on pourra partir après. Son téléphone portable avait sonné.
Il était question des gamins du club de musique et d'armoire de rangement, de clé perdue. Il m'avait embrassé en répétant qu'il serait de retour dans moins d'une heure…puis il a pris la moto, c'est plus rapide.
« Les Lendemains » est la période plus ou moins longue de Deuil…et puis la découverte de la Solitude…C'est pire maintenant que je vis seule, au milieu des pins, sans aucune bonne raison de me lever le matin. (Page 174).
Mon ficus est bien trop silencieux pour me tenir en vie…J'ai commencé à prendre des somnifères…Il ne reste de moi plus qu'une grande carcasse bien inutile
« Les Lendemains » est ne compter que sur soi-même…Grandir avec un mère égoïste. Ce n'est pourtant pas difficile, il suffit de s'y habituer. Ma mère veut le beurre et l'argent du beurre…Oui, enfin comme beaucoup… !
« Les Lendemains » est les agendas et calendriers de madame Hugues qui aident au retour vers la lumière…J'accroche chacun des dix calendriers de madame Hugues sur les murs de mon salon. Ils forment une frise…. (Page 287).
« Les Lendemains » est le chiffre douze : un chiffre parfait : les douze mois de l'année, les douze apôtres,
« Les Lendemains » est un chemin, un parcours vers la Lumière…
« Les Lendemains » est un titre : l'auteur affirme que chaque Lendemain est un Lendemain de gagné, sur la mort, sur la vie…
L'auteur confirme qu'il faut du temps pour se reconstruire après de telles épreuves.
« Les Lendemain » est roman sincère, un roman est touchant, un roman percutant bouleversant. Tout lecteur est un lecteur qui attend les Lendemains…pour survivre…pour vivre…
Je retiens de cet ouvrage, le message fort diffusé par l'auteur Mélissa Daccosta, notre vie est précieuse, il faut se battre en toutes circonstances pour la sauvegarder.
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celine85
  04 mars 2020
L'an dernier j'ai découvert Mélissa Da Costa avec son premier roman « Tout le bleu du ciel » (il existe en version poche), un réel coup de coeur pour moi (mais aussi mon entourage). Je mettais donc la barre haute pour ce deuxième roman dont je surveillais la sortie. Je ne suis absolument pas déçue, il m'a confirmé qu'elle avait un réel talent. Elle arrive à apporter l'espoir, le positif dans des situations difficiles. Au début du roman, j'avais limite les larmes aux yeux tellement l'épreuve vécue par le personnage d'Amande doit être difficile à vivre, la douleur est inimaginable. Et finalement, comme le personnage, on évolue, on reprend gout à la vie, pas à pas, on s'accroche à des petites choses et on finit par se reconstruire. Quelle belle leçon de vie, quel beau message transmis par ce livre ! le style est délicat, toujours dans la bienveillance. Il me reste juste à surveiller la sortie du prochain !
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Jeanfrancoislemoine
  28 mai 2021
Après m'être délecté, comme beaucoup de monde , du superbe " Tout le bleu du ciel ", c'est en " pleine confiance " que j'ai tourné les premières pages des " Lendemains " . Inutile de le nier , ça commence par une véritable " descente aux enfers " , un destin brisé , la solitude de celui qui reste .. Terrible ...De quoi refermer le roman et se projeter vers une lecture plus " légère " ....Pourtant , quelque chose vous retient , vous pousse à prendre les pas d'Amande. Voyeurisme ? Compassion ? Empathie ? Un peu de tout ça peut - être tant nous sommes souvent , les uns et les autres , tellement empruntés, souvent maladroits envers ceux et celles qui traversent une telle épreuve si douloureuse . Et puis , ce qui vous " tient " aussi c'est cette extraordinaire faculté que Mélissa Da Costa , cette douceur des mots , cette beauté dans les images et puis cette patience qui accompagne , soutient , on n'entre qu'au compte gouttes , progressivement , dans ce monde dévasté qu'est devenu l'univers d'Amande . Prendre son temps , écouter, observer , revenir à des valeurs simples , et , surtout , surtout , se laisser guider par ces si belles phrases sans pathos et poétiques.
Peu de personnages mais des personnages " forts " , attachants , de " belles personnes " dépeintes avec un soin particulièrement minutieux et un charisme incroyable . La lenteur du propos traduit parfaitement la difficulté de la reconstruction mais chaque page lue nous fait " grandir " avec Amande .
Et puis , cette maison . Que dire ? Plus qu'un havre de paix , le véritable " ventre d'une maman " où tout commence , où tout recommence . La maison de Julie où plane encore la belle âme disparue de Lucie et de Paul ....C'est magnifique . Pas d'oubli , ça non , mais un bel " appui " sur le passé pour mieux appréhender les lendemains , ces lendemains de tragédie , une tragédie qui , si elle laisse épouvantables blessures , cèdera peu à peu la place à l'apaisement , lentement , douloureusement , jour après jour , pas à pas ,là- bas , dans la maison isolée au bout du chemin des Lendemains ....
Pour la trouver la maison .?..Ah ben , c'est facile , y'a un chat , un nid de rouges - gorges , un beau jardin fleuri ....Et puis l'arbre de Paul ....C'est quoi l'arbre de Paul ? Ou là , c'est une longue histoire , vous devriez lire le roman , ça sera bien mieux raconté ....Le mouchoir ? Ben oui , un peu , nous ne sommes pas " de marbre " ....
Pour moi , Mélissa Da Costa est devenue ...incontournable !!!! Bravo et ...merci .
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
aurelievdmaurelievdm   09 juin 2021
J ai laisser entrer
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Christopher13Christopher13   30 mai 2021
La mélancolie c’est le bonheur d’être triste.
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hcdahlemhcdahlem   02 juin 2020
INCIPIT
La serrure rouillée cède difficilement. L’homme est obligé de forcer, de retirer la clé, d’essayer encore. Ici aussi il fait terriblement chaud. Pas aussi chaud qu’en ville ou qu’en plaine, mais tout de même. La température avoisine les trente degrés. L’homme souffle, semble réfléchir une seconde, puis donne un léger coup d’épaule contre le bois de la porte, en même temps que la clé tourne. Un déclic : le lourd panneau de bois à la peinture écaillée cède et bascule vers l’intérieur, vers l’obscurité, la fraîcheur.
La maison n’a pas dû être ouverte depuis des mois. Une légère odeur rance y flotte, mais l’impression désagréable est balayée par la fraîcheur qui y règne. Vingt-deux degrés : j’ai le temps d’estimer la température intérieure. Pas plus. Parfait. J’entends l’homme qui s’active à côté de moi, pose sur le sol sa pochette professionnelle en similicuir. Des clés tintent. Il les range dans sa poche de pantalon.
« Je cherche l’interrupteur », précise-t-il.
J’attends sagement, debout dans l’entrée sombre. Je n’ai rien de mieux à faire. Attendre est devenu ma seconde nature depuis ce soir du 21 juin. Mon unique occupation. Il souffle. La chaleur ? La difficulté de chercher à tâtons ? Je ne l’aide pas. Je n’y pense pas. J’attends.
Un temps indéterminé s’écoule entre les murs épais de la vieille maison. Je note l’absence de voisinage et le silence. Ça aussi, c’est une bonne chose.
« Et voilà, excusez-moi. »
Soudainement la lumière éclaire l’entrée. L’agent immobilier essuie son front, m’adresse un sourire désolé. Il est persuadé que je vais m’enfuir en courant. La faible luminosité de l’ampoule, l’odeur rance de l’intérieur, la porte qui peine à s’ouvrir – le bois a gonflé sans doute… Pourtant je ne me sauve pas en courant. J’observe le couloir où je me tiens. Un couloir sombre sans fenêtre. Un carrelage d’un marron cuivré. Des murs blancs. Des plinthes en bois foncé. Un tableau représentant une église en pierre.
Des bruits de feuilles qu’on extrait. Il relit ses notes. Il n’est pas au point. Il essuie encore son front moite. Je ne bouge pas. Je ne demande rien. Il va y venir. Ou pas. Peu importe.
« Une maison de 1940. La façade a été ravalée il y a dix ans. Le toit a été isolé l’hiver dernier. »
Je crois noter une lueur de satisfaction dans son regard. Un argument de choc sans doute. Je fixe sans vraiment le voir le tableau représentant l’église.
« Une surface de soixante mètres carrés. La porte sur votre droite mène à la chambre et celle de gauche à la salle de bain. »
Il tend une main, me scrute. Il me faut plusieurs secondes pour comprendre qu’il m’invite à avancer, à faire quelques pas et à pousser la porte de droite. Mon esprit est lent. L’homme finit par me précéder avec un nouveau sourire désolé.
Cette porte-ci s’ouvre plus facilement. À part un léger grincement, rien de notable. Ses pas disparaissent, s’étouffent. J’en déduis la présence de moquette.
« Je vais ouvrir les volets. »
J’attends. Le bruit d’une poignée qu’on active. Un grincement rauque. Un rai de lumière faiblard. Une poussée plus franche qui provoque un grincement affirmé, celui-ci. La seconde d’après, la lumière pénètre dans la pièce. Un rayon de soleil percé de grains de poussière qui volent nonchalamment. Je distingue une moquette, effectivement, du même marron cuivré que le carrelage du couloir. Un lit également. Grand. Une tête de lit en bois massif et lourd, sombre. Une armoire à l’ancienne, bois brut, haute. Rien de plus. L’essentiel. Ça me va. Je ne demande rien. Du silence, de la fraîcheur et moins de soleil.
« La fenêtre donne à l’est. Vous pourrez voir le lever du soleil sur la forêt si vous êtes une lève-tôt. »
Il ne sait pas, lui, que je ne compte pas ouvrir les volets. Rester dans le noir.
« Vous avez des questions ?
– Non. »
Surpris, pas surpris ? Je ne m’attarde pas sur son visage. J’attends juste. La fin de la visite. Les clés. M’enfermer.
On repart en direction du couloir. Porte de gauche cette fois. Même manège. Volets qui grincent. Lumière qui entre. Une baignoire à l’ancienne, d’un affreux saumon. Un bidet. Qui utilise encore ça ? Un lavabo. Quelques rangements.
« Il faudra laisser couler l’eau un petit moment… Elle a été coupée depuis un bout de temps. J’imagine qu’elle sera un peu jaune au départ. »
De l’eau jaune. De l’eau transparente. De l’eau, en somme.
La lumière tremblote quand nous reprenons le couloir. L’ampoule sera à changer. Il pousse la dernière porte, toussote. La pièce est poussiéreuse sans doute. Quelques secondes sont nécessaires entre l’activation de l’interrupteur et l’apparition d’une lumière blafarde. La pièce est dans le même goût que les précédentes : un carrelage sombre, une cuisine équipée en bois foncé, un papier peint saumon orné de motifs de bambous blancs. Une fenêtre s’écarte, les volets suivent pour permettre à un air plus pur d’entrer. La luminosité m’oblige à plisser les yeux. Ce soleil m’insupporte. Ce ciel bleu est une insulte. L’homme parle et je me détourne de la fenêtre. Je recherche la fraîcheur, l’obscurité de nouveau.
« Comme vous pouvez le voir, l’ancienne propriétaire avait un jardin. Il est laissé à l’abandon, mais quelques coups de pioche permettront de le réhabiliter si l’envie vous en prend. »
Il s’interrompt. Il me fixe, je crois.
« Vous ne regardez pas ? Tout va bien, madame ? Vous craignez la lumière ?
– Une migraine.
– Pardon. Je vais refermer. »
Je lui en suis reconnaissante. Il poursuit, persuadé qu’il faut tout ça pour signer le bail aujourd’hui :
« La précédente propriétaire était une vieille dame. Elle est décédée il y a trois ans. La maison est restée inhabitée depuis… Non qu’elle ne soit pas en bon état, bien au contraire, elle a été parfaitement conservée par la fille de cette dame, qui vit à l’autre bout de la France, mais qui revient ici une fois par an pour faire un peu d’entretien. L’isolation du toit l’an dernier, notamment… »
Je n’écoute plus vraiment. Il ne s’en aperçoit pas.
« Non, le problème c’est que les gens fuient les zones rurales. C’est partout pareil. L’Auvergne, ça ne fait plus rêver grand monde.
– Les meubles resteront ? »
Il acquiesce, pas plus vexé que cela d’avoir été interrompu.
« Bien sûr. Tout restera. La fille de madame Hugues, la précédente propriétaire, a voulu conserver l’intérieur ainsi que les effets personnels. Elle envisage peut-être de s’y installer un jour… Pour la retraite par exemple. Les affaires personnelles sont dans le grenier, à l’étage. Elles sont bien ordonnées, dans des cartons, mais si elles vous gênent, je peux éventuellement la contacter…
– Ça ne me gênera pas. »
Il se frotte les mains avec satisfaction.
« Je vous laisse peut-être faire un deuxième tour de la maison à votre guise ?
– Non. Ça ira.
– Le jardin peut-être…
– C’est que je suis pressée.
– Ah…
– On pourrait signer les papiers maintenant ? »
Il tombe des nues, je le vois. Il ne s’attendait pas à l’emporter aussi facilement. Une maison qu’il a sur les bras depuis trois ans. Une seule visite et l’affaire est conclue.
« Vous êtes sûre de vous ? »
Il se surprend lui-même à le demander, je le lis sur son visage.
« Oui.
– Bon, alors… Oui, j’ai les papiers dans ma voiture mais… il va me falloir des pièces justificatives. »
Je n’attends pas la fin de sa phrase pour me mettre à fouiller dans mon sac à main. J’ai tout préparé, soigneusement rangé dans une pochette en plastique chacun des documents demandés. L’avis d’imposition, mes derniers bulletins de salaire, le papier du notaire concernant le testament et la somme d’argent me revenant, ma pièce d’identité.
« Oh… Tout est là ? C’est parfait ! »
Nous nous installons à la table de la cuisine pour remplir le bail et procéder aux différentes formalités.
« Vous attisez ma curiosité. »
Il me faut quelques secondes pour comprendre qu’il s’adresse à moi, et constater qu’il a terminé de ranger les pièces justificatives et m’observe, les deux mains à plat sur la table.
« Pardon ?
– Vous êtes de la région ?
– Non. Je vivais en région lyonnaise.
– Pas de famille dans le coin ? »
Je secoue la tête. Il émet un bruit de succion censé traduire son étonnement.
« C’est une drôle d’idée pour une femme seule de venir s’installer dans un coin si isolé. »
Il n’obtiendra aucune réponse de moi, ce qui clôt notre conversation. Je lui rends le bail signé en deux exemplaires, le stylo Bic bleu.
« Bien, alors on peut passer à l’état des lieux.
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qmike549qmike549   16 janvier 2021
Autrefois, on observait le deuil pendant des semaines, voire des mois.
Les femmes portaient du noir pour exprimer leur douleur, un long voile de crêpe couvrait leur visage et tout bijou était interdit....

Les hommes fixaient un ruban de crêpe noir autour de leur chapeau ou un bandeau noir autour du bras.....

Aujourd'hui, à peine l'enterrement passé, le quotidien doit reprendre : le travail, les factures à payer...

La société n'a plus le temps pour le deuil...
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hcdahlemhcdahlem   02 juin 2020
Comment font les gens? Comment peuvent-ils voir leur univers s’écrouler et reprendre leur vie à l’identique? Retourner au travail au bout de quelques jours, continuer de vivre dans le même appartement, fréquenter le même quartier… C’est au-dessus de mes forces. Ils ont quitté mon monde brutalement, tous les deux, durant cette même nuit, et à partir de ce moment-là ce monde-là, celui dans lequel j’évoluais, je respirais, je me réveillais depuis vingt-neuf ans, ce monde-là a cessé d’exister. (…) Tout ce que je souhaitais, à la sortie de l’hôpital, c’était fuir l’été, ses rayons brûlants et ses foules joyeuses sur les bords du Rhône. J’aurais préféré qu’ils meurent en hiver, un soir de pluie torrentielle, sous un ciel gris-noir. Pas au son des orchestres, des pétards et des rires, pas ce premier jour de l’été. p. 15-16
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