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ISBN : 2266257609
Éditeur : Pocket (03/09/2015)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 79 notes)
Résumé :
1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d'Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements, ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S'ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours. C'est dans ce contexte ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  14 décembre 2016
Troisième ouvrage de Karen Maitland .
Cette fois, nous sommes en 1208 .
Suite à une brouille entre Jean d'Aquitaine d'Angleterre ( Jean Sans Terre ) et le pape Innocent III ,l'Angleterre voit fermer ses églises et ses cimetières, disparaître ses prêtres et donc ses sacrements salvateurs ;c'est un pays à la dérive privé de sa structure religieuse. A l'époque , la religion est la véritable colonne vertébrale d'une société sous le joug des puissants ,maintenue dans l'obscurantisme et, de ce fait, facile à manipuler par la crainte et la terreur.
C'est donc un peuple livré à lui-même, terrorisé, assuré de finir en enfer, un chaos !
Mais, c'est sans compter sur l'existence de quelques personnages atypiques, truculents, qui eux, ne vont pas rester sans réaction ! Et ,faute de guides spirituels, on en appelle à la sorcellerie : ainsi fait-on connaissance avec la " Mandragore" ...
Un roman où grande et petite histoire , fiction , chronique de moeurs et suspense s'entrelacent avec maestria pour former un récit palpitant livré par la très belle plume de Karen Maitland.
Vivement le prochain !
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spleen
  08 août 2016
Quoi de mieux pour oublier quelques instants les drames contemporains que de se plonger dans le Moyen-Age, non pas que l'époque soit plus sereine car entre les épidémies, les guerres , les croisades,les brigands , le servage etc... on avait peu de chance de mourir vieux et dans son lit .
En fait, les préoccupations sont tellement éloignés des nôtres , de prime abord , qu'on se croit transporter dans un autre monde .
1208 dans le Suffolk comme dans le reste de l'Angleterre , suite à un conflit entre le Pape et le Roi Jean , les églises sont fermées et il n'y a plus de prêtres donc plus de sacrements donc plus d'absolution des péchés ...
Elena, jeune femme serve , est engagée au château comme chambrière de la comtesse Anne dont le fils Gerard vient de mourir alors qu'il portait le lourd poids d'exactions en Terre Sainte .
Sa mort sans avoir pu se confesser est à l'origine de l'intrigue et va être la cause des tourments d'Elena . On baigne en plein dans l'ambiguïté d'une religion très présente, brimée par l'absence de ses messagers et l'empreinte encore très profonde des croyances païennes chez ces gens simples et influençables .
Les rebondissements sont nombreux et pour peu que l'on ne creuse pas trop la psychologie des personnages , on se laisse happer par le climat de tension même si on s'attache peu à eux, trop naïfs, trop manipulateurs ou trop pervers, ce qui nuit à une lecture parfaite mais ne boudons pas notre plaisir .
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belette2911
  31 mars 2016
Angleterre 1208. Suite à une grosse querelle entre le roi Jean d'Aquitaine-Angleterre (ex Jean Sans Terre) et le pape Innocent III, toute l'Angleterre est sans prêtres, sans curés, ses cimetières et églises sont fermées, plus d'offices célébrées… Plus rien, quoi ! RIEN !
Toute l'Angleterre ? Oui ! Ici, il n'y aura pas de "Un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur".
Nous, en 2016, dans le cas où ça arriverait, ce ne serait pas aussi grave qu'à cette époque puisque les mariages passent d'abord par l'officier d'état civil et je me demande qui pense encore à se confesser de nos jours.
Oui, mais en 1208, ce n'est pas le cas ! Les croyances sont fortes, les gens sont "simples", l'Église est toute puissante et si tu meurs sans confession, je ne te raconte pas les tourments de l'Enfer que l'on te promet ! Idem pour un enfant mort sans être baptisé : les limbes ! Eux, ils en ont encore la trouille de tout ça, ces gens pieux et simples.
Faut dire qu'on les a gavé pire que des oies, avec toutes ses choses sur les non-confessés et les non-baptisés. Comme si Dieu allait vraiment envoyer des enfants innocents dans des limbes ! Anybref…
C'est dans ce contexte tendu entre Jean et Innocent que nous faisons connaissance des différents personnages qui vont nous entrainer dans cette histoire médiévale. Ils sont nombreux mais impossible de les confondre ou d'en faire une soupe car chacun est bien distinct de l'autre.
Notons Elena, jeune serve, belle, rousse flamboyante, une fille de campagne qui vient de se faire déniaiser par son fiancé mais qui restera toujours un peu niaise, idiote et naïve au fil des pages.
Énervante, Elena le sera souvent. Grosse envie de la baffer, parfois, mais nous sommes en 1208 et l'Éducation Nationale pour tous n'est encore que de la SF à cette époque. Alors, on lui pardonne son imbécilité et ses croyances qu'on lui a bourrée dans le crâne. C'est pas de sa faute…
Un qui mérite le détour, c'est Raffaele qui pourrait être aussi savoureux qu'une friandise de chez Ferrero à la noix de coco sauf que le pauvre n'a plus ses bonbons…
Au milieu de tout ces étalons ou, au pire, de ces « entiers » (puceau), notre Raffaele est un hongre ! On n'oubliera pas de dire merci à sa maman – la salope – qui l'a offert à l'Église (encore Elle !) pour qu'elle en fasse un Petit Chanteur À La Croix de Bois version castrat.
Hélas, Raffaele n'ayant pas le talent d'un Farinelli et il est finalement renvoyé à ses chers parents et sa chance viendra en devenant l'écuyer, l'ami et l'intendant de sire Gerard de Gastmere lorsqu'ils en auront terminé avec les Croisades. Raffaele, stature imposante et voix de fillette, la vie ne fut pas facile pour lui et ne l'est toujours pas.
Son passé en Terre Sainte recèlera quelques récits sanglants qu'il nous contera au fur et à mesure du récit, tout en nous gardant du suspense, le vieux bougre ! le final de son récit m'a serré les tripes.
Ce roman de 528 pages se lit tout seul, les entrées de chapitre nous dévoilant une partie de l'herbier de la mandragore (instructif et amusant), les personnages sont travaillés, les deux méchants – Osborn et Hugh de Roxham – sont de vrais salauds bien torchés, comme on les aime. Cruels, sadiques, jamais avares de répliques cinglantes et d'insultes bien senties. Et dans ces contrées, la Justice était expéditive et la torture normale.
En plus de posséder du mystère, une enquête, des meurtres et des complots, le récit nous parle de la misère des gens de cette époque et met bien en avant la différence énorme entre les serfs, les gens nés « libres » et ceux dit « de noble extraction ».
Entre nous, on est tous extrait du même endroit, sauf peut-être les frères Roxham qui durent être extrait hors d'un cul de basse-fosse… Je pense qu'ils ne sont pas les seuls…
L'enfer étant pavé des meilleurs intentions possibles, notre pauvre Elena va en voir de toutes les couleurs et n'est pas encore sortie de l'auberge.
Quant à Raffaele, il a beau être un hongre qui a mal vieilli (ça fait souvent ça quand on les coupe), il est un personnage fort, puissant, tenace, têtu et il m'a conquis. Tout comme les personnages ô combien étrange de Ma la mère maquerelle et de Talbot.
Un excellent roman historique, une belle plume, une narratrice hors du commun pour certains passages, une grosse louche de croyances, de bigoterie, des complots, du sang, de l'intrigue, du suspense, des retournements de situation, la vie dans un lupanar et le tout sans vous rendre l'Histoire – celle avec un grand H – indigeste.
Quelques passages m'ont serré le coeur car je me suis dit que les exactions commises par certains n'ont rien à envier avec celles commises par d'autres… Autre temps, même moeurs et imbécilités commises par des Hommes et ça me révulse. Et ce n'est pas à Lui que j'en veux, mais à eux !
La vie est comme une roue, elle tourne et revient toujours à son point de départ, mais ils sont nombreux ceux qui ne l'ont pas encore compris…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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MarieC
  15 septembre 2015
Episode méconnu (au moins pour moi) de l'histoire anglaise, l'interdit prononcé par le pape Innocent III contre le royaume d'Angleterre, en 1208. Pendant plusieurs années, les églises sont fermées, on ne célèbre plus de mariage, d'enterrement, on ne se confesse plus... Pour des populations superstitieuses et attachées à la religion, c'est la catastrophe. Alors, on recourt à des expédients...
C'est ainsi que la jeune Elena se trouve, à son insu, chargée des péchés d'un défunt, par le rituel du "mangeur de mort". Mais hélas, les précautions prises pour qu'elle n'en souffre pas ne sont pas suffisantes. Voici Elena harcelée par des cauchemars, qui lui font rejeter son enfant et se précipiter dans les manipulations d'un amoureux frustré et d'une sorcière en quête de vengeance... le tout raconté du point de vue d'une mandragore, et entrecoupé d'un herbier magique digne du Grand Albert.
Magie, superstition, motivations troubles, maison close médiévale, justice expéditive... la description du Moyen-Age est chargée,mais originale, réaliste et très convaincante. Les motivations troubles des personnages sont très bien rendus, ainsi qu'une ambiance sombre, où les tentatives de faire le bien n'aboutissent qu'à faire davantage de mal...
J'ai beaucoup aimé ce livre, malgré ce pessimisme que j'ai trouvé parfois un peu étouffant et assez improbable sur la fin.
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Didier_Tr
  28 janvier 2016
Roman historique, roman policier, roman fantastique, difficile à cataloguer ou à caractériser "La malédiction du Norfolk". Disons qu'au temps des croisades, c'est à dire un temps où il ne faisait pas bon vivre pour tout le monde, le conflit entre la papauté et l'Angleterre a conduit à une grève prolongée du clergé d'outre manche.
Le problème, c'est que les mourants ne pouvaient pas expier leurs pêchés, et comme la liste en était trèèèèèèèèèèèèèèèèèès longue, ça posait problème à leur entourage pour assurer la vie éternelle à leurs proches.
Du coup, dans ce roman, passons sur les détails, Elena, jeune servante, mais ma foi (!), pas si bête qu'elle en a l'air (quoique) va se retrouver dans la peau de l'éponge à pêchés. Et (cf la longue liste), comme une éponge gorgée d'eau, ça pose un gros souci.
Des personnages intéressants, quoique peu fréquentables, une histoire robuste, avec ce qu'il faut de surprises, très bien documenté, très bien écrit.
Pas très joyeux sinon. On est parfois tenté de regarder les bons et les méchants, mais là, les bons, on en a très vite fait le tour.
A lire si on aime le roman historique, c'est plutôt très très bien dans le genre. Et surtout, lire la post-face "un peu d'histoire" où l'auteur donne quelques détails sur ses recherches et se projettent aussi sur notre époque dite "moderne". En revanche, je me suis abstenu de lire le glossaire.
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Citations & extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Luna456Luna456   13 octobre 2017
« parce que tu crois savoir, toi, ce que c'est qu'avoir mal et souffrir? Rétorqua brutalement Ma. J'ai vu plus de souffrance et connu plus de douleur que n'importe quel soldat sur un champ de bataille. » p405

« et souviens toi de ce que je t'ai dit, ma chérie. Si tu survis, tu trouveras toujours l'occasion de te venger.» p406
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akhesaakhesa   31 janvier 2016
Le fait que les hommes ejaculent quand ils sont dans les affres de l'agonie reste un mystere.Peut-etre la mort est-elle en fait l'accomplissement supreme de la vie ou peut-etre n'est-ce la que le dernier acte d'un corps aspirant a transmettre une vie qui se poursuivra alors meme que la sienne retourne au neant.Pour ma part,j'aime a croire que c'est le l'ultime defi des hommes a l'adresse de leurs bourreaux,le seul geste obscene qui leur soit permis puisqu'ils ont les mains liees dans le dos
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Didier_TrDidier_Tr   15 janvier 2016
Qu'un homme mange le sel d'un autre et, leurs âmes à jamais liées l'une à l'autre, ils se devront protection mutuelle. Qu'un serment prêté sur le sel s'avère faux, et son auteur est certain de mourir. Une prière faite à côté d'un peu de sel sera exaucée.
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Lilou08Lilou08   29 janvier 2017
Quand le sceau fut brisé et que le prêtre eut ôté les bandages, la plaie à vif et suppurante la déclara coupable. La peine encourue était la mort sur le bûcher, assortie, si elle avouait, d’une strangulation miséricordieuse avant que les flammes ne l’atteignent.
Elle avoua effectivement. Le mensonge n’avait plus guère d’importance ; puisqu’elle ne pouvait plus sauver sa vie, pourquoi mourir dans la souffrance ? Elle ne craignait pas d’aborder l’au-delà avec un mensonge pesant sur son âme immortelle, car ni elle ni son enfant en larmes ne croyaient en ce Dieu plein de miséricorde au nom duquel ces hommes l’assassinaient. Gunilda avait foi dans les anciennes coutumes, les anciennes divinités de la terre et de l’eau, du feu et du sang, et c’est en leur nom à toutes que, dans son dernier souffle, elle maudit Warren et l’enfant à naître que portait sa maîtresse, maudit toute la descendance qu’il pourrait jamais engendrer.
Sa fille, désormais seule au monde, vit le corps de sa mère réduit en cendres et sentit l’odeur de sa chair brûlée. Les yeux secs à présent, embrasée par la haine, elle regarda la poussière blanche soulevée par le vent retomber comme de doux flocons sur sa chevelure noire.
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cheyenne-talacheyenne-tala   20 avril 2015
Les mortels sont d'étranges créatures; ils s'accrochent à la vie même quand elle n'est pour eux que souffrance et malheur, et pourtant ils sont prêts à la gaspiller pour un mot, une idée, voire un étendard.
Les loups pissent pour marquer leur territoire; mais s'ils sentent l'odeur d'une autre bande, et ils se retirent en silence.
Pourquoi risquer un combat qui peut vous mutiler ou vous tuer?
Mais les humains, eux, vont se déchaîner et massacrer leurs semblables par milliers dans le seul but d'aller planter leur petit bout d'étoffe au sommet d'une colline ou d'un rempart.
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Videos de Karen Maitland (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karen Maitland
The Book Channel visits Lowdham Book Festival and presenter Tina Bettison talks to author Karen Maitland about her lataest book The Owl Killers. The Book Channel is broadcast on Sky 166 and Freesat 402 and all programmes can be viewed on the Book Channel website, http://www.thebookchannel.tv (2009/07)
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