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EAN : 9782360121205
208 pages
La ville brûle (17/01/2020)
4.15/5   393 notes
Résumé :
Très attendue, C’est comme ça que je disparais est la première fiction de Mirion Malle, bien connue pour ses BD didactiques féministes, engagées et aussi percutantes qu’hilarantes.

C’est comme ça que je disparais est une tranche de vie douce-amère, pop et très « nouvelle vague ». Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, au plus près aussi du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne.

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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Niché dans la bulle glaciale du village de Montréal, "C'est comme ça que je disparais" de Mirion Malle nous entraîne dans un périple émotionnel au coeur de la vie complexe de Clara. L'auteure, déjà renommée pour ses BD donnant place et parole à la femme, nous immerge dans une tranche de vie douce-amère, subtilement teintée de mélancolie, qui aborde la dépression et le mal-être avec sensibilité et réalisme.

En tournant chaque page, on suit le parcours de Clara, une jeune québécoise dont le quotidien se fait peu à peu avaler par l'ombre de la dépression. La dépression est une maladie réelle que l'on n'invente pas, qui prends aux tripes, notre corps même nous dit « stop, je ne peux pas continuer à tout porter. L'esprit est dépassé et on se perd en nous-même. Les dessins épurés et émouvants captent l'écheveau complexe d'émotions qui étreignent Clara alors qu'elle jongle avec les crises d'angoisse, les moments d'épuisement profond, et la difficulté croissante d'apprécier les éléments censés apporter du réconfort. J'ai aimé la douceur du trait, je me suis reconnue dans beaucoup de planches.

Ce roman graphique établit cette connexion profonde entre le lecteur et l'héroïne. Qu'on ait personnellement fait l'expérience de la dépression ou que l'on cherche à la comprendre, les pages de "C'est comme ça que je disparais" résonnent d'une authenticité qui fait écho à une réalité délicate : il est difficile de parler de cette maladie, car il ne s'agit pas de « juste faire un effort », « regarder les choses du bon côté », « s'occuper pour aller mieux »… La maladie est bien plus complexe et propre à chacun dans son expérience. Il y a aussi ces dépressions où l'on sourit parce qu'on a appris à le faire, mais à l'intérieur, le vide, la douleur, l'incompréhension, l'épuisement… L'auteure évite adroitement les écueils du cliché et du stéréotype, plongeant au plus profond de l'expérience intérieure de Clara, entre les hauts et les bas, l'envie de s'ouvrir et l'instinct de se replier.

Mirion Malle explore avec une acuité émouvante le sentiment lancinant de solitude découlant de la dépression, le fardeau de l'isolement involontaire, et l'importance de l'entourage. Elle dépeint avec justesse l'épuisement mental et physique, l'angoissante sensation de vide incessant. L'oeuvre aborde également des thèmes importants pour l'auteure tels que le féminisme, la communication, la sororité, les années 2000, et les médias sociaux, tout en saisissant la vie à Montréal.

Si le récit propose une plongée profonde et compatissante dans la dépression, quelques nuances méritent d'être signalées. le cheminement de Clara pour trouver un thérapeute : il n'est pas facile de trouver quelqu'un qui nous convient, avec qui ça « matche » et la maladie mentale est souvent vue comme quelque chose qu'il faut cacher. Je pense qu'en abordant de façon plus conséquente cet aspect, cela peut apporter une dimension supplémentaire. Y a-t-il une raison, un élément déclencheur, ou un cadenas que l'on peut ouvrir pour tout comprendre de la dépression ? Cela dépend de chacun et des parcours de vie. En cela, je suis plus sujet à dire qu'il y a des possibilités, mais parfois, à chercher la raison, on dévie du chemin pour retrouver goût à notre vie.

En bref : Ce roman graphique est une oeuvre artistique et narrative qui brille par sa capacité à traduire la complexité de la dépression en des mots et des images. Mirion Malle use de son art pour ouvrir une fenêtre sur la réalité intérieure de ceux qui luttent contre cette maladie silencieuse. Empreinte d'émotion et de réflexion, elle offre une perspective authentique et dénuée de jugement, invitant les lecteurs à écouter, à comprendre et à se connecter avec ceux qui vivent cette réalité. Une oeuvre qui, par ses illustrations sincères et son exploration empathique, apporte une lumière nécessaire à un sujet trop souvent occulté.
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Elle souffre. Elle pleure. Elle se sent vide. Des appels à l'aide. Des idéations suicidaires. Elle se perd, elle s'efface, elle disparaît peu à peu. Des amies qui ne comprennent pas, qui ne comprennent plus. Qui s'inquiètent. Clara a subi une agression sexuelle. Il y a 7 ans. Et depuis, elle ne s'en remet pas. Injustice, colère, rage, peine, incompréhension. Autant de sentiments qui l'habitent. Elle tente de se reconstruire, mais n'y arrive pas. Les journées sont longues, les nuits trop courtes. La fatigue. La dépression. Un sujet important d'aborder. Parce que trop de gens souffrent en silence. Gardent pour eux cette douleur. Mais il ne faut pas. Il faut s'ouvrir. Pleurer. Crier. Pour enfin sourire. La route n'est pas simple vers la guérison. Mais quand le soleil se mets à briller et que les yeux s'ouvrent enfin à la douceur, c'est juste merveilleux. Un roman graphique nécessaire. Qui a eu un impact évident sur moi. Et donc je vais me souvenir. Un merveilleux ouvrage.
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Ce roman graphique parle avec une extrême justesse de dépression, sujet délicat et ô combien difficile à expliquer: rien que pour ça, elle vaut le coup d'être lue, partagée, discutée.

Le sentiment de solitude extrême, l'isolement qu'on provoque malgré soi, l'épuisement moral et physique, l'impression d'être vide, et que cela ne finira jamais… et surtout, surtout, l'importance de l'entourage.

L'auteure raconte tout cela très bien, avec des dessins simples et très touchants. On suit Clara, québécoise dans la vingtaine (trentaine), qui sombre inexorablement dans un état dépressif malgré l'inquiétude de ses proches et ses propres efforts pour en sortir. Entre crises d'angoisse et périodes d'épuisement profond, Clara essaie de gérer sa difficulté de plus en plus grande à être en groupe, à travailler, à être créative, à apprécier les moments qui devraient lui faire du bien… Elle disparait à elle-même, tout doucement.

Si on a connu ou qu'on connaît la dépression, on se sent compris en lisant cette histoire comme trop peu souvent et on a envie de l'offrir à son entourage. Si on ne l'a pas vécue soi-même mais qu'on connaît des personnes concernées ou qu'on est juste intéressé par le sujet, c'est une extrêmement bonne entrée pour essayer de comprendre.

Seuls petits bémols à mon sens : l'héroïne ne trouve pas de thérapeute, donc on ne peut pas mesurer le bien que cela aurait pu lui faire un vrai suivi ; et la conclusion m'a un peu laissée sur ma faim car cela donne un peu l'impression qu'il y a une « clé », un événement qui expliquerait sa dépression, alors qu'il n'y en avait pas besoin je trouve. Mais on ne peut pas tout traiter dans une bd! Et celle-ci fait déjà beaucoup pour la cause de la maladie mentale. 
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Cette bande dessinée raconte la dépression à travers le portrait de Clara, une jeune femme qui travaille dans une maison d'édition et dont le projet est de publier tout bientôt un recueil de poésies inspirées de sa dernière rupture en date. le récit commence directement dans le vif du sujet, à travers une séance avec sa psy, où elle raconte son goût de mourir, avec l'air très détaché, comme si ça n'était pas si important, avec une psy qui semble sans empathie, qui l'enferme encore plus dans son isolement. Au début, Clara s'accroche et continue de s'entourer, de voir ses amies, et on la voit même s'occuper beaucoup des autres, les aider à surmonter leurs problèmes quand elle-même se voit couler petit à petit. Au fil du temps, la situation devient de plus en plus compliquée, et on voit Clara faire sa descente dans son enfer personnel, ne pas réussir à se concentrer sur son projet, refuser toute sortie, toute présence, jusqu'à finir par toucher le fond et trouver la cause de sa dépression.

Le récit s'attarde beaucoup sur la réaction de l'entourage face à la dépression et aux crises d'angoisse, sur la difficulté de s'ouvrir, par peur de ne pas réussir à expliquer, par peur de voir la peur de l'autre, par lassitude de recevoir des conseils inappropriés ou de ne pas être entendue. On y voit la difficulté de trouver un suivi psychologique adéquat, que ce soit à cause du coût financier ou parce qu'il est compliqué de trouver la personne idéale pour nous accompagner. Et puis il y a l'impunité, de ceux qui nous ont fait du mal, qui s'en sortiront toujours, un sujet très présent dans l'oeuvre de Mirion Malle, qui fait echo à la mouvance #MeToo ; il y a la blessure affective de Clara, qui se cache derrière la rupture dont il est question au début, cette rupture qui finalement paraît si peu insurmontable, par rapport à cette sensation d'avoir été souillée à vie, qu'elle exprime ainsi : "c'est moi la victime, mais c'est moi qui suis punie ?"

Dans la bande dessinée, on alterne entre les pages pleines de dialogues, avec une forte présence féminine, des élans de solidarité, un besoin de perdre son vide dans le trop plein, l'omniprésence des réseaux sociaux, du téléphone et du web pour les personnes qui ont du mal à faire du lien "en réel". Et puis il y a ces pages où la solitude suinte, où l'on ressent à la fois tout d'un coup un grand vide comme un trou noir qui aspire le trop plein d'émotions, sur lesquelles on n'arrive pas forcément à mettre de mots mais qui s'expriment en grand fracas.

C'est le premier livre de Mirion Malle que je lis, mais ça fait longtemps que je suis son travail sur son blog Commando Culotte, où vous pouvez d'ailleurs retrouver un extrait de C'est comme ça que je disparais. J'y ai retrouvé une forme d'intimité, qui fait echo aux blogs et aux journaux intimes, une grande sensibilité, un besoin d'extérioriser, de parler des choses qui ne sont pas toujours faciles à exprimer à son entourage ; il y a aussi, outre l'aspect très important de la santé mentale, l'aspect féministe, le besoin de sororité, et tout plein de petites références culturelles qu'on a déjà beaucoup vues sur son blog et qui sont recensées à la fin du livre : un travail "beaucoup inspiré du travail d'Éric Rohmer et d'Agnès Varda".
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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Clara souffre de dépression. Depuis sept ans, des pensées suicidaires, l'idée d'en finir nourrissent son esprit. Malgré qu'elle soit entourée par ses amies, elle n'arrive pas à sortir la tête de l'eau, les écarte malgré elle et disparaît à petit feu. Son quotidien est rythmé par les crises de larmes, le mal être profond qui l'habite, les pensées négatives et parfois une colère qui prend le dessus. Par moment, la vie s'éclaircit, elle arrive à s'amuser, à prendre le dessus mais la dépression revient toujours.

Avec ce roman graphique Mirion Malle parle avec beaucoup de justesse de cette maladie qui peut toucher tout le monde à un moment de sa vie, d'autant plus, je trouve, dans la société actuelle qui est tellement anxiogène.
Le trait est simple, sans fioriture, le tout en noir et blanc pour démontrer toute la complexité des sentiments qui habitent Clara. L'autrice démontre bien la sensation de vide qui habite la jeune femme et cette fatigue qui ne la quitte pas, l'isolement et l'incompréhension des proches.
Une lecture bienveillante, empathique et poétique sur un sujet universel.
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critiques presse (1)
BoDoi
12 février 2020
Le livre est d’une vraie modernité dans les événements narrés, s’appuyant notamment sur des publications sur les réseaux sociaux comme ressorts narratifs, sans faire de cette idée un simple gadget à la mode.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Je suis déjà absente
De mon corps, de ma tête
J’ai les yeux mi-clos qui ne s’ouvrent plus
Je pleure comme un ruisseau qui doit forcément couler.
Je suis une petite coquille dure qui se brise doucement
Ce qui était à l’intérieur a disparu
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Peut-être que mourir c’est pas si pire si ça permet de dire à tout le monde toutes les façons dont tu m’as brisée sans avoir peur des conséquences.
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Je suis déjà absente
De mon corps, de ma tête
J'ai les yeux mi-clos qui ne s'ouvrent plus
Je pleure comme un ruisseau qui doit forcément couleur.
Je suis
Une petite coquille dure
Qui se brise doucement
Ce qui était à l'intérieur a disparu
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En ce moment tout est juste trop vide et trop plein en même temps.
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"Tu vois... j'avais peur de creuser sous le vide parce que, quand ça explose, il y a tout ça, la rage, la colère, la détresse, l'impuissance... parce que c'est INJUSTE. C'est trop injuste. C'est insupportable. Et puis, dessous... j'ai de la peine... J'ai vraiment beaucoup de peine. J'aurais aimé... j'aurais tellement aimé profiter de ma vie. Profiter de ma vingtaine. Finir mon adolescence doucement. J'aurais voulu avoir ce droit-là."
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Videos de Mirion Malle (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mirion Malle
L'autrice Mirion Malle a quitté Montréal pour rejoindre la France le temps du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême 2022. Nous avons saisi l'occasion pour lui proposer interview. Elle s'est ainsi livrée sur sa façon de travailler, et nous en a dit un peu plus sur son dernier ouvrage "Adieu triste amour", qu'elle présente en avant-première sur le festival.
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