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EAN : 9782360121205
208 pages
Éditeur : La ville brûle (17/01/2020)
Résumé :
Très attendue, C’est comme ça que je disparais est la première fiction de Mirion Malle, bien connue pour ses BD didactiques féministes, engagées et aussi percutantes qu’hilarantes.

C’est comme ça que je disparais est une tranche de vie douce-amère, pop et très « nouvelle vague ». Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, au plus près aussi du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne.

Cette BD,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LeCombatOculaire
  26 mars 2020
Cette bande dessinée raconte la dépression à travers le portrait de Clara, une jeune femme qui travaille dans une maison d'édition et dont le projet est de publier tout bientôt un recueil de poésies inspirées de sa dernière rupture en date. le récit commence directement dans le vif du sujet, à travers une séance avec sa psy, où elle raconte son goût de mourir, avec l'air très détaché, comme si ça n'était pas si important, avec une psy qui semble sans empathie, qui l'enferme encore plus dans son isolement. Au début, Clara s'accroche et continue de s'entourer, de voir ses amies, et on la voit même s'occuper beaucoup des autres, les aider à surmonter leurs problèmes quand elle-même se voit couler petit à petit. Au fil du temps, la situation devient de plus en plus compliquée, et on voit Clara faire sa descente dans son enfer personnel, ne pas réussir à se concentrer sur son projet, refuser toute sortie, toute présence, jusqu'à finir par toucher le fond et trouver la cause de sa dépression.
Le récit s'attarde beaucoup sur la réaction de l'entourage face à la dépression et aux crises d'angoisse, sur la difficulté de s'ouvrir, par peur de ne pas réussir à expliquer, par peur de voir la peur de l'autre, par lassitude de recevoir des conseils inappropriés ou de ne pas être entendue. On y voit la difficulté de trouver un suivi psychologique adéquat, que ce soit à cause du coût financier ou parce qu'il est compliqué de trouver la personne idéale pour nous accompagner. Et puis il y a l'impunité, de ceux qui nous ont fait du mal, qui s'en sortiront toujours, un sujet très présent dans l'oeuvre de Mirion Malle, qui fait echo à la mouvance #MeToo ; il y a la blessure affective de Clara, qui se cache derrière la rupture dont il est question au début, cette rupture qui finalement paraît si peu insurmontable, par rapport à cette sensation d'avoir été souillée à vie, qu'elle exprime ainsi : "c'est moi la victime, mais c'est moi qui suis punie ?"
Dans la bande dessinée, on alterne entre les pages pleines de dialogues, avec une forte présence féminine, des élans de solidarité, un besoin de perdre son vide dans le trop plein, l'omniprésence des réseaux sociaux, du téléphone et du web pour les personnes qui ont du mal à faire du lien "en réel". Et puis il y a ces pages où la solitude suinte, où l'on ressent à la fois tout d'un coup un grand vide comme un trou noir qui aspire le trop plein d'émotions, sur lesquelles on n'arrive pas forcément à mettre de mots mais qui s'expriment en grand fracas.
C'est le premier livre de Mirion Malle que je lis, mais ça fait longtemps que je suis son travail sur son blog Commando Culotte, où vous pouvez d'ailleurs retrouver un extrait de C'est comme ça que je disparais. J'y ai retrouvé une forme d'intimité, qui fait echo aux blogs et aux journaux intimes, une grande sensibilité, un besoin d'extérioriser, de parler des choses qui ne sont pas toujours faciles à exprimer à son entourage ; il y a aussi, outre l'aspect très important de la santé mentale, l'aspect féministe, le besoin de sororité, et tout plein de petites références culturelles qu'on a déjà beaucoup vues sur son blog et qui sont recensées à la fin du livre : un travail "beaucoup inspiré du travail d'Éric Rohmer et d'Agnès Varda".
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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TheFunkyFreshLibrary
  11 avril 2020
Ce roman graphique parle avec une extrême justesse de dépression, sujet délicat et ô combien difficile à expliquer: rien que pour ça, elle vaut le coup d'être lue, partagée, discutée.
Le sentiment de solitude extrême, l'isolement qu'on provoque malgré soi, l'épuisement moral et physique, l'impression d'être vide, et que cela ne finira jamais… et surtout, surtout, l'importance de l'entourage.
L'auteure raconte tout cela très bien, avec des dessins simples et très touchants. On suit Clara, québécoise dans la vingtaine (trentaine), qui sombre inexorablement dans un état dépressif malgré l'inquiétude de ses proches et ses propres efforts pour en sortir. Entre crises d'angoisse et périodes d'épuisement profond, Clara essaie de gérer sa difficulté de plus en plus grande à être en groupe, à travailler, à être créative, à apprécier les moments qui devraient lui faire du bien… Elle disparait à elle-même, tout doucement.
Si on a connu ou qu'on connaît la dépression, on se sent compris en lisant cette histoire comme trop peu souvent et on a envie de l'offrir à son entourage. Si on ne l'a pas vécue soi-même mais qu'on connaît des personnes concernées ou qu'on est juste intéressé par le sujet, c'est une extrêmement bonne entrée pour essayer de comprendre.
Seuls petits bémols à mon sens : l'héroïne ne trouve pas de thérapeute, donc on ne peut pas mesurer le bien que cela aurait pu lui faire un vrai suivi ; et la conclusion m'a un peu laissée sur ma faim car cela donne un peu l'impression qu'il y a une « clé », un événement qui expliquerait sa dépression, alors qu'il n'y en avait pas besoin je trouve. Mais on ne peut pas tout traiter dans une bd! Et celle-ci fait déjà beaucoup pour la cause de la maladie mentale. 
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LiliLee
  06 février 2020
Clara est attachée de presse dans une maison d'édition et elle s'investit beaucoup dans son travail. Elle écrit aussi un livre, qu'elle a du mal à terminer, et ses amis la sollicitent beaucoup pour des sorties. Pourtant, la jeune femme vit repliée sur elle-même et elle a du mal à s'extraire de la dépression dans laquelle elle s'est enfoncée depuis des années. Cette BD qui aborde le thème de la dépression, est sensible et juste. On voit à quel point il est difficile pour les personnes souffrant de ce mal de parler à leurs proches, et de leur confier leur souffrance. Un sentiment de honte ou de pudeur pousse le dépressif à masquer ou minimiser sa douleur ce qui ne fait que l'exclure davantage de ses pairs. J'ai aimé le dessin en noir et blanc et le trait de Mirion Malle qui souligne bien le propos. Certaines planches sont parfois peut-être un peu chargées mais l'ensemble reste agréable à lire. L'histoire se déroulant au Québec, on peut être aussi dérouté par certaines tournures de phrases, mais cela ajoute un certai charme à cette BD.
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Gobbolino
  11 février 2020
Ce livre prend aux tripes. le titre, déjà, interpelle. Comment disparaît-on, et qui d'abord ?
Lorsqu'on l'ouvre, on se trouve invité dans le quotidien morose du personnal principal, souffrant, on le réalise assez rapidement, d'un épisode dépressif.
Au point de ne plus supporter certaines interactions. Au point de se demander si finalement, il ne vaudrait pas mieux mourir.
L'oeuvre croque de manière délicate et extrêmement réaliste les détails de cet état. Des réactions des proches aux petits riens soudains insurmontables.
Très bonne lecture, à lire absolument, (surtout) quand on est déprimé.
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Giusy01
  23 avril 2020
Lecture coup de poing, lecture coup de coeur sur le thème du mal-être et de la dépression abordé avec retenue, mais aussi beaucoup de douceur et de bienveillance.
Juste, sensible, triste, parfois douloureuse, mais, résolument nécessaire.
Un moment lecture douce-amère qui, évidemment, fait écho en moi.
Je n'ai pas pu m'empêcher de m'identifier au personnage principal qui, tout comme moi, souffre d'angoisse et d'anxiété et se sent souvent complètement débordée par certaines de ses émotions.
Ce roman graphique est une lueur d'espoir, une main tendue pour ceux qui parfois ne trouvent plus de sens à leur existence jusqu'à en oublier qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils ne l'ont jamais été.
Je me suis sentie comprise, entendue.
Un pas de plus vers la résilience.
Merci Mirion Malle.
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critiques presse (1)
BoDoi   12 février 2020
Le livre est d’une vraie modernité dans les événements narrés, s’appuyant notamment sur des publications sur les réseaux sociaux comme ressorts narratifs, sans faire de cette idée un simple gadget à la mode.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AbyssiniaAbyssinia   09 février 2020
Peut-être que mourir c’est pas si pire si ça permet de dire à tout le monde toutes les façons dont tu m’as brisée sans avoir peur des conséquences.
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EstelleebEstelleeb   22 février 2020
En ce moment tout est juste trop vide et trop plein en même temps.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   26 mars 2020
Je suis déjà absente
De mon corps, de ma tête
J'ai les yeux mi-clos qui ne s'ouvrent plus
Je pleure comme un ruisseau qui doit forcément couleur.
Je suis
Une petite coquille dure
Qui se brise doucement
Ce qui était à l'intérieur a disparu
Commenter  J’apprécie          10
AbyssiniaAbyssinia   09 mars 2020
Je suis déjà absente,
De mon corps, de ma tête

J’ai les yeux mi-clos qui ne s’ouvrent plus
Je pleure comme un ruisseau qui doit
forcément couler

Je suis
Une petit coquille dure
Qui se brise doucement
Ce qui était à l’intérieur a disparu
Commenter  J’apprécie          10
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   26 mars 2020
"Tu vois... j'avais peur de creuser sous le vide parce que, quand ça explose, il y a tout ça, la rage, la colère, la détresse, l'impuissance... parce que c'est INJUSTE. C'est trop injuste. C'est insupportable. Et puis, dessous... j'ai de la peine... J'ai vraiment beaucoup de peine. J'aurais aimé... j'aurais tellement aimé profiter de ma vie. Profiter de ma vingtaine. Finir mon adolescence doucement. J'aurais voulu avoir ce droit-là."
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