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EAN : 9782882505484
160 pages
Éditeur : Noir sur blanc (03/01/2019)
3.7/5   10 notes
Résumé :
Dans ses nouvelles, Vladimir Maramzine fait preuve d'une grande inventivité stylistique, marquée par l'ironie et l'absurde, dans la tradition de la littérature russe du XXe siècle (Zochtchenko, Platonov). C'est un petit garçon qui s'offusque d'être jeté sans ménagement dans une rivière pour apprendre à nager ; c'est une journée dans la vie d'un frotteur de parquet ; ce sont des métiers disparus et des portraits mémorables, dressés à partir de détails surprenants (un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
vibrelivre
  21 juin 2020
Un tramway long comme la vie
Vladimir Maramzine
nouvelles
traduites du russe par Anne-Marie Tatsis-Botton
janvier 2019, les Editions Noir sur Blanc, 160p

Je me disais : pourquoi ne pas lire de nouvelles ? Pour voir comment écrire des textes plutôt courts, s'intéresser à l'agencement de l'histoire, au traitement des dialogues, à la survenue de la chute, à l'écriture.
Voilà que je tombe sur la couverture, et le tramway, dans une lumière légèrement voilée, receleuse de mystères, m'invite à me prendre. Un tramway nommé désir, dans lequel j'ai toujours eu un vif plaisir à monter dans la ville de Lisbonne.
Rien à voir avec la quiétude de la capitale Portugaise, ni avec la touffeur de la Nouvelle-Orléans. Je suis perdue dans une atmosphère slave, et j'ai du mal à m'accrocher aux personnages. Je décide d'écrire quelques mots sur l'ouvrage parce que très vite je vais oublier le nom et ce que racontent les nouvelles, qui déjà m'échappe. La nouvelle la plus longue donne son titre au livre. le tramway sert de métaphore à la vie. Les nouvelles se lisent bien, la lecture est agréable même, vivante, mais rien ne me retient, je peux laisser le livre, il ne me manque pas.
On est à Leningrad, après-guerre. le narrateur est contre le régime, attaque la bourgeoisie et les membres du clergé, dénonce la misère du pays, les groupes mafieux qui font régner la peur chez leurs victimes. Un pope refuse à une jeune fille qu'elle fasse des études de médecine et lui propose d'être call-girl. C'est dit ainsi sans commentaire, au fil de l'histoire. L'écriture est incisive, ironique, caustique. le narrateur, gamin, s'est amusé à vider les poches des gens qui empruntaient le tramway. Il n'a pas fait fortune, les gens n'ayant rien. Dans le tramway, comme encore aujourd'hui, des malappris profitent de la presse pour peloter les femmes, jeunes ou non, jolies ou pas, détrousser les voyageurs, et même pis, les tuer s'ils trouvent porteur de reproches le regard d'un passager. le tramway, de toutes manières, est un transport dangereux. Si l'on veut faire saucisson, c'est à dire se tenir sur la plateforme sans avoir à payer, ou en descendre sans que le tramway s'arrête, on risque des accidents, comme perdre une ou deux jambes. En revanche, le tramway est un moyen de rencontres, de lier connaissance avec un peintre, des filles...
le narrateur a choisi son parti : celui des gens qui ont connu la prison, font quand il est interdit dans la rue, le geste de la figue avec leurs doigts de pied, pour exprimer leur refus catégorique. C'est un iconoclaste.
Ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, c'est le style. le narrateur s'adresse à quelqu'un, à qui il conte ses histoires, et il est ardent à les conter, il s'exclame, se répète, cite les auteurs qu'il aime, textuellement ou en les déformant. Platonov, sceptique envers la collectivisation et la politique stalinienne, et Soljenitsyne, grand dénonciateur du régime et pourtant rentré au pays, sont les plus cités.
Je ne connaissais pas du tout l'auteur, qui est encore vivant et vit à Paris. Il est né en 1934 à Leningrad. Il a édité les premières oeuvres de Joseph Brodsky. Il a été arrêté en 1974 pour édition clandestine, et contraint à l'exil.
C'est sûrement un homme et un auteur intéressant mais les atomes ont manqué de crochets.
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Deltak
  21 octobre 2019
Maramzine est l'un des derniers auteurs de la troisième vague de l'émigration russe en France. Ce recueil de nouvelles intègre des nouvelles très courtes et une nouvelle plus longue, un tramway long comme la vie (titre de l'ouvrage). J'ai nettement préféré cette dernière aux autres textes que j'ai trouvé plus originale et déliée dans l'écriture. Léningrad après-guerre : le personnage principal y narre sa vie, se servant du tramway comme fil rouge ou prétexte : il y rencontre des filles puis des femmes, observe les autres passagers, s'improvise pickpocket, se trouve mêlé dans des rixes. A travers les yeux du narrateur, c'est la Russie d'après-guerre qui défile devant nos yeux et on voit le personnage principal évoluer dans le temps. C'est aussi le pays tout entier qui change en même temps. La construction de l'intrigue est très habile. Notons également le travail de traduction remarquable de la traductrice et la couverture de ce livre, illustrée par l'artiste polonais Chudy. Un texte à découvrir.
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Zoile
  11 septembre 2020
Auteur russe exilé en France, définitivement fâché avec son pays, au point de refuser qu'on y publie ses oeuvres, rares, par ailleurs. le recueil comporte quelques brèves nouvelles. « Un tramway », la plus longue, est inspirée par l'enfance et la jeunesse de l'auteur à St-Pétersbourg dans les années 60. le texte est habilement construit sur des anecdotes de voyages dans les tramways de la ville. Chaque événement de sa vie y est rattaché d'une manière ou d'une autre. L'épisode le plus touchant est sa rencontre d'une jeune fille dans le tram avec laquelle il entretient une relation enflammée. On dirait, cependant, que le tram devient peu à peu, pour une raison inexplicable, le point de rupture entre elle et le narrateur, comme si une rencontre dans un tram était nécessairement indigne d'intérêt. du grand art.
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RevigBreizh
  12 juillet 2019
Il s'agit d'un recueil de nouvelles très courtes, pour la première partie du livre, puis d'une plus longue pour la deuxième moitié, qui donne son titre à l'ensemble.
Le style de Maramzine est digne des plus grands auteurs russes du XXe siècle, avec un goût pour l'absurde et pour l'auto-dérision. J'adore ! On dirait du Platonov.
Si vous ne connaissez pas l'humour russe soviétique et post-soviétique, ne passez pas à côté de ce petit bijou.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
robertkonigrobertkonig   17 décembre 2019
Guimmelman était lui-même la superposition de plusieurs personnages.
- Ce visage que j'ai..., se plaignait-il. Si je coupe ma moustache plus court, ça donne Hitler. Plus long, ça donne Staline.
- Et sans moustache ?
- Sans moustache c'est encore pire : Néron tout craché ! Ils étaient peut-être tous juifs, comme moi ?
P. 115
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robertkonigrobertkonig   17 décembre 2019
Cette histoire sur Tchapaïev, quand l'a-t-on inventée ? Sans doute beaucoup plus tard. Tchapaïev attend le trame et compte : trente-trois, trente-quatre, trente-cinq... On lui a dit de prendre le quarante-trois.
P. 98
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robertkonigrobertkonig   16 décembre 2019
Nous ne sommes pas antisémites, bien sûr, mais il n'y a qu'un juif à pouvoir être avocat, ils ne savent rien faire d'autre, enfin si, docteur ou commerçant. Mais commerçant, c'est laid.
P. 56
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robertkonigrobertkonig   15 décembre 2019
De mon temps, ceux qui allaient à l'église étaient un petit peu meilleurs que ceux qui n'y allaient jamais - maintenant c'est tout le contraire.
P. 26
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