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EAN : 9782253103691
256 pages
Le Livre de Poche (26/10/2022)
3.61/5   93 notes
Résumé :
Cet été-là, Solène a treize ans et elle déteste son père. Jérôme a obligé sa famille à s’installer à la campagne pour réaliser son rêve : devenir propriétaire d’une ferme. Cet ancien ingénieur, lui, est fier de sa nouvelle vie : au plus proche de l’écosystème, les mains dans la terre à planter des haricots et des tomates de saison, l’œil à veiller sur la traite de ses vaches. Mais les temps se durcissent, et la désillusion grignote son esprit.
Alors que les m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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Bienvenue donc à Levroux, village où Jérôme, ingénieur agronome a décidé un jour de s'installer avec sa femme Marion, ses enfants Solène et Gabin le petit dernier après avoir lâché son travail en ville pour vivre en fonction de leurs aspirations : cultures biologiques, respect de la nature, élevage raisonné de vaches, fabrication de fromages que Marion va vendre au marché.

Bien-sûr, il a fallu s'endetter pour faire des travaux, acheter du matériel et il faut économiser pour joindre les deux bouts au grand dam de Solène qui rêve smartphones, cinéma, sorties avec les copains et refuse de donner un coup de main : « elle n'a pas demandé à venir s'enterrer ici » …

Un jour Marion se blesse méchamment la main avec une machine récalcitrante, plaie de la main, coupure des tendons, chirurgie réparatrice et c'est le repos forcé, alors ils font appel à un woofer, Théo qui veut parcourir le monde, et apprendre une culture raisonnée sinon raisonnable. Et, cela va entraîner des réactions en cascades sur toute la famille.

On plonge dans les théories de Gaspard Steiner, la cité expérimentale d'Auroville au nord de Pondichéry, créée par un architecte français, « où on retrouve des gens venus des quatre coins de la planète » où viennent se mêler la spiritualité ou la religion…

J'ai aimé les colères de Jérôme, son intolérance à la contradiction, son besoin d'être rassuré, la manière bancale dont il gère sa ferme, ses combats avec les « exploitants agricoles, aux bottes de la FNSEA » qui ont réussir à faire rayer de la carte le mot paysan que je trouve tellement plus noble et respectueux de la nature, les champs inondés de pesticides, glyphosate et autres produits fort sympathiques… les positions pessimistes, de Jérôme autant que celles de Théo, les collapsologues etc. etc.

J'ai bien aimé la manière dont l'auteur parle des ados, de la découverte de la sexualité, de leurs angoisses, et la dureté de leurs échanges, qui flirtent parfois avec le harcèlement.

Florent Marchet décrit très bien le cercle vicieux infernal dans lequel certains se sont enfermés, les subventions agricoles qui ne servent finalement qu'à rembourser les crédits qu'on les a poussés à faire, les suicides avec des méthodes imparables.

Par contre, trop de détails, de l'histoire du colibri trop ressassée, aux discussions sans fin et souvent stériles, et l'opposition tranchée entre ceux qui veulent consommer et les autres, les comportements des ados tellement tranchés qu'ils en deviennent caricaturaux, je peux vous assurer qu'on en sort le moral dans les chaussettes.

Je me sens concernée depuis très longtemps par l'avenir de la Planète, ou son absence d'avenir, on ne sait plus trop à quoi s'attendre, mais avec ce roman on a vraiment l'impression que c'est fichu.

Florent Marchet évoque au passage un film que j'ai adoré autrefois « Soleil vert » qu'on revoit trop peu souvent à la télévision : la Terre dans les années 2020 justement qui est complètement brûlée, l'eau devenue rare, la nourriture se limitant à une tablette protéinée, où l'on propose le suicide assisté aux anciens qui ont connu la Terre avant la catastrophe en leur montrant des images d'avant, quand il y avait des fleurs, de la végétation…

Pour un premier roman, c'est intéressant et s'il peut convaincre quelques climatosceptiques, je préfère climato-négationnistes qu'il est encore temps de se bouger, ce sera une réussite…

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Stock qui m'ont permis de découvrir ce roman ainsi que la plume de son auteur, à suivre…

#Lemondeduvivant #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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J'aime bien les chansons de Florent Marchet, et j'étais curieuse de le découvrir en tant qu'écrivain ; il ne m'a pas déçue.
Il y a huit ans, Jérôme, ingénieur agronome, a repris une ferme dans
le Berry pour y développer une agriculture biologique. Si son épouse et son fils se sont adaptés à cette nouvelle vie, sa fille Solène, désormais âgée de 14 ans, préférerait mener une vie d'ado normale, sans devoir cueillir des haricots ou vendre des fromages avant de retrouver ses copines -et surtout le beau Baptiste. Cet été-là, alors que ses hormones s'affolent et que la révolte gronde en elle, un wwoofer trop cool et sexy débarque dans la ferme familiale, la tête farcie de collapsologie. Peu à peu, la tension monte en même temps que la température, et quelque chose va arriver, forcément....

Ce que j'ai bien aimé dans ce roman, c'est qu'il embrasse tous les points de vue : celui du père, de la mère, de la fille. Aucun des personnages n'est véritablement sympathique, Florent Marchet ne cède à aucune concession, il ne leur épargne rien mais les rend suffisamment humains pour que l'on s'attache à eux. En ce sens, j'ai été particulièrement touchée par Jérôme, ses doutes et sa détermination.
J'ai également aimé les descriptions de la vie en province, avec ses petits notables et ses grandes gueules. J'y ai trouvé beaucoup de justesse, et une salutaire absence de cynisme et de méchanceté qui m'a un peu fait penser à Nicolas Mathieu. En outre, j'ai découvert avec plus de détails la vie à la ferme, entre agriculture conventionnelle et agriculture bio, les problèmes financiers, les soucis mécaniques, les contraintes météorologiques, les soins animaliers, les théories radicales aussi ; l'auteur égratigne au passage Pierre Rabhi sans le nommer, et ça m'a bien plu. C'est un monde que je connais peu, et à travers l'histoire de ce citadin venu s'installer en pleine campagne, le récit propose une bonne approche de ce milieu et de ses contradictions, sans sombrer dans la caricature.
C'est plaisant à lire, l'écriture est sobre et ça fourmille de réflexions sur la vie, le sens, le désir, la terre, le rêve, le travail, la désillusion..., et même si ce n'est pas le roman de l'année, au moins est-il honnête et écrit avec amour et intelligence.

C'est donc une jolie découverte, qui me permet d'apprécier Florent Marchet dans un autre domaine que musical (et de mesurer son talent discret et extensible), et je ne peux que vous inviter à l'écouter et le lire à votre tour.
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L'été de tous les dangers. Alors qu'elle aide son mari à la ferme, Marion se blesse assez sévèrement à la main. Jérôme, qui ne se voit pas travailler seulement avec l'aide de Solène et Gabin, ses enfants de 14 et 8 ans, fait appel à Theo un wooffer pour participer aux travaux du quotidien : nourrir le bétail, faire la traite des vaches, réparer les bâtiments, cultiver le potager, moissonner. Mais faire entrer dans sa maison un jeune homme de 24 ans, bourré d'idées et de préjugés, c'est faire entrer le loup dans la bergerie. C'est surtout se confronter à tous ses renoncements et désillusions...Un roman intéressant qui narre avec beaucoup de rectitude et de passion la difficulté à subsister en travaillant la terre et en élevant des bêtes, ainsi que le bouleversement hormonal que peut être l'adolescence, avec le portrait (très réussi) de Solène. le style est assez simple mais efficace : j'ai ressenti tout au long de ma lecture la torpeur de cet été incandescent. Merci à Netgalley et à l'éditeur pour l'envoi de ce texte. #Lemondeduvivant #NetGalleyFrance
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Jérôme, ancien ingénieur, a décidé de tout lâcher pour mener une vie plus en accord avec ses convictions et devenir agriculteur dans le centre de la France en entraînant sa famille dans son rêve. Mais la ferme est loin d'être rentable, le travail harassant s'accumule et sa fille, Solène, 13 ans, ne partage pas ses rêves de mise au vert. Et en ce mois de juillet caniculaire où Solène a l'impression de grandir d'un coup, les événements vont s'enchaîner jusqu'au drame final.

Tout d'abord ce roman frappe par la justesse avec laquelle il décrit la vie de la campagne, la nature, les conditions météo avec cette chaleur presque palpable, accablante. Les sentiments et les actions des personnages sont également très bien rendus et on ressent l'épuisement et le découragement de Jérôme face à la surcharge de travail et au manque d'argent chronique, la révolte de Solène qui ne comprend pas le choix de ses parents et rêve d'une vie citadine confortable avec des loisirs et des sorties à portée de main. En peu de mots, sans descriptions inutiles, l'auteur réussit à installer une atmosphère lourde, faite de colère rentrée, de révolte adolescente, de fatigue accumulée avec toujours cette chaleur qui épuise et exacerbe les sentiments.

Ce roman est aussi une belle réflexion sur les choix de vie, ce qui pousse une famille à la vie somme toute confortable à tout quitter pour être plus en accord avec ses convictions : faut-il suivre ses rêves ou sont-ils juste des chimères ? Faut-il prendre des risques ou au contraire préserver son confort ? En filigrane, l'auteur dénonce la difficulté pour les petits agriculteurs de vivre décemment de leur travail, l'endettement qui peut très vite être fatal, la faillite qui menace. L'arrivée à la ferme de Théo, un jeune woofeur, nourri et logé en échange de son travail, sera l'occasion de débats intéressants sur l'écologie, la meilleure manière de changer le monde ou de lutter contre les dérives actuelles, même si cette partie du roman est un peu moins réussie et sonne légèrement artificielle.

J'ai lu ce livre rapidement et l'ai apprécié pour toutes les raisons qui précèdent mais il m'a manqué un petit quelque chose pour qu'il soit un véritable coup de coeur. Tout sonne juste mais il manque le petit grain de folie, la petite touche personnelle pour que les personnages existent vraiment et ne soient pas juste des archétypes auxquels on peine un peu à s'attacher. J'ai eu l'impression parfois de rester en dehors du roman même si le thème m'intéressait et si les pages se tournaient facilement. Pour un premier roman, cela reste une belle lecture sur des thèmes forts et finalement assez peu présents en littérature. Je serai curieuse de lire le prochain livre de Florent Marchet si celui-ci persévère dans cette voie... ou d'écouter son prochain album s'il se remet à la chanson.
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Jérôme , ancien ingénieur à Orléans décide de se reconvertir en agriculteur et s'installe avec Marion son épouse et leurs deux enfants dans la ferme qu'il ont acheté.

Solène, qui passe le brevet en fin d'année n'en peut plus de cette vie d'autant plus qu'elle est de plus en plus sollicitée pour remplacer sa mère dans les champs.

Auteur, de plusieurs albums, dont le formidable Courchevel en 2010 , Florent Marchet s'est révélé l'une des plumes les plus attachantes de ce qu'on avait appellé "la nouvelle vague de la chanson française" apparue dans les années 2000 qui n'a pas forcément la reconnaissance qu'il mérite.

Berrichon exilé dans la capitale, Marchet s'essaie en cette rentrée littéraire au roman et cela lui réussit vraiment bien affichant une même qualité de plume que dans ses chansons.

En nous racontant la vie d'une famille à la campagne, suite à la reconversion d'un ancien ingénieur agronome qui a quitté la ville, c'est une jolie plongée dans un monde rural aussi impirtoyable que bienveillant qui nous est proposé,

Le projet professionnel de Jérome et ses rapports compliqués avec ses enfants fait un un peu penser au film au nom de la terre d'Edouard Bergeron mais en moins sombre et plus militant.
On sent que Florent Marchet est très partisan d'une industrie engagée en faveur de l'environnement mais ne nous asseène pas son discours à la truelle à travers cette génération d'agriculteurs qui essaie d'être plus productif et plus responsable du monde qui l'entoure .

Un bien bel hommage rendu par Florent Marchet à sa terre natale et au monde des paysans d'où il vient.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique
24 août 2020
Dans "Le monde du vivant", son premier roman, l'auteur, compositeur et interprète Florent Marchet parle particulièrement bien du monde agricole. Ce n’est pas un hasard. il est petit-fils d’agriculteurs.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique
24 août 2020
"Le monde du vivant" de Florent Marchet est aussi un état des lieux du monde agricole. Un premier roman qui puise aux sources de son histoire familiale. Une belle réussite.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Théo oublie que ceux qui seraient prêts à accepter la révolution écologique ne sont pas nombreux, y compris au sortir d’une pandémie. Jérôme l’affirme souvent lors de ses interminables débats avec Marion : les pauvres veulent désormais jouer aux riches. Même en France, ils ne manifesteront jamais pour un changement radical de société. S’ils bloquent le pays, ce sera pour réclamer plus de consommation, plus de McDo, de centres commerciaux et d’écrans 4 K . Sans le savoir, ils manifesteront pour ce monde ultra-libéral, pour le droit à en être, à faire partie de l’élite qui se gave, qui profite, qui dépense sans compter, qui gaspille des ressources à l’infini dans un monde fini.
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Ces éternels poncifs de fumeur de joints qui découvre l’eau tiède en affirmant avec courage que le monde est trop superficiel, qu’il faut le réenchanter. Que la vie est précieuse et belle, que la seule croissance qui vaille, c’est la croissance du cœur, de la beauté et de l’entraide. Reste le principe de réalité. Jérôme sait bien que le mode de vie occidental est impactant. Il n’est pas dupe : peu d’Occidentaux seront capables de suivre le chemin de l’ascétisme et peu accepteront de ne posséder que trois vêtements, de renoncer au bœuf Charal en promotion, de vendre leur voiture, de se priver des fast-foods et des plats préparés, de préférer deux jours de train à une heure d’avion , de fermer les yeux sur le dernier smartphone ou la nouvelle collection jetable H&M. Théo oublie que ceux qui seraient prêts à accepter la révolution écologique ne sont pas nombreux, y compris au sortir d’une pandémie.
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- Dans la nature il n'existe pas de sols nus, à part les déserts de sable ou les terres de glace. Alors pourquoi ces champs débarrassés du moindre brin d'herbe ? On tue les sols. Même toi, Jérôme, avec un labour à trente centimètres, tu tasses la terre, tu l'asphyxies. (…) Il n'y a plus de vivant dans les terres labourées au tracteur. Il faudrait revenir à l'écosystème forestier, sans irrigation, avec des microfermes en permaculture.
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"En perdant sa ferme, Patureau perdait son identité et éteignait une longue lignée d'agriculteurs. Il avait prévenu ce jour-là à la chasse : il fallait que ça cesse, sinon ils allaient bien voir."
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Ils sont du même monde, ils vont dans le même sens et chaussent les mêmes lunettes, celles qui ne déforment pas, qui ne montrent pas la vie sous l'unique angle du profit, de la domination, de la concurrence et de l'apparence. Celles qui autorisent à vivre avec des chaussures boueuses sans se sentir inutile ni inculte.
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