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EAN : 9782207301296
192 pages
Éditeur : Denoël (25/10/1973)
3.6/5   5 notes
Résumé :
Elles en meurent toutes... et toutes sont frappées ! Il suffit qu'elles aient l'âge de la puberté pour que le virus qui ravage la terre entière atteigne les femmes capables de procréer.

Ce monde de l'an 2000 ne peut plus avoir de mères ! Ce monde sans femmes, qui sombre dans la décadance, appartient désormais aux misogynes et aux célibataires involontaires. Mais pour combien de temps ?
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nowowak
  28 février 2021
Ils ont le teint brun rosé. Les yeux rieurs et coquins. L'air nonchalant et aimable des inconnus. Des sensations adorables lui parcourent le corps. Son coeur dévalise ses sentiments et part en croisade, ses poumons se rétractent, ses jambes s'absentent à l'idée d'un rendez-vous érotique. Son esprit est au summum de l'excitation. Ils sont si charmants. Ses pulsions se dérobent à toutes entraves. le frémissement de la nouveauté l'emmène vers des territoires charnels familiers. La fièvre brûle son front et incendie le rose de ses joues.
Dans la rue, les hommes sont tellement beaux. Attirants et tentants. Idéalement dessinés. Doués d'une anatomie sans défauts ou alors cette petite imperfection qui renforce le degré de concupiscence. Leur sourire dévoile toute la poésie du monde. D'admirables créatures conçues pour le bonheur lascif et la curiosité infinie. le prix de la victoire. Fantasmant sur l'instant où elles seraient déshabillées, où la quête deviendra conquête. le passant éprouve un vrai supplice en allant et venant sur le trottoir, comme si de rien n'était. le but de la vie n'est-il pas de succomber à ses sens ?
Quelle hâte de partager leur parfum délicat, leur corps sain, leur trouble, leurs efforts ! Quel appétit de sentir leurs mains fines, leurs doigts experts sur la peau, de goûter à leurs lèvres douces et charnues. Lequel installer sans tarder dans son lit ? Lequel inonder de ses bienfaits et vite lui offrir une langue impatiente ou une fessée voluptueuse ? Les contemplant, on peut qu'imaginer les étreintes, les caresses, les baisers, la magie de la rencontre. Leur épiderme chaud et sucré rêve autant que le sien d'être effleuré, soumis aux désirs, passionné par une soif inextinguible.
« — L'embarras du choix… quel tourment délicieux… », pense-t-il avec fascination. Il se redresse, marche avec légèreté, observe le ciel, feint de ne rien chercher. Il ralentit le pas tandis que sa langue tente vainement d'humidifier une salive aussi sèche que du bois. Ses membres tremblent et impriment une vive démangeaison. Son ventre gargouille. Tout son être est ébranlé à la vue merveilleuse du spectacle offert. Des partenaires disposés et disponibles. Il sent quelques regards qui se posent sur ses fesses et sa nuque. Ses paupières jouent les essuie-glaces. Son âme fléchit. Son sexe durcit. La fidélité et la laideur ayant été rayées de la carte, il sait qu'aucun de ces corps superbes ne refusera ses avances.
Tout ce qui est donné est reçu. Dans ce monde novateur, la perversité a été abolie depuis longtemps et l'ivresse repose davantage sur ces échanges grivois permanents. Notre homme ne perd pas une miette de ces solides gaillards dont la silhouette élancée et le regard de braise le rendent tendu et nerveux. de séduisants individus imposant de tendres exercices mêlés à des postures acrobatiques qui vous empêchent de bouger le lendemain. de doux compagnons de jeux dont les lèvres pulpeuses sont des promesses. Des garçons tous plus mignons les uns que les autres qui suggèrent une seule devise : « Frappez et l'on vous ouvrira ».
Dans ce monde pudique où les femmes ont disparu, où les valeurs ont changé, où l'égalité a été chèrement acquise, tout a été revu et corrigé pour aboutir à une société pondérée, bien gérée et efficiente. À l'intérieur de ce macrocosme essentiellement masculin, où l'accession d'un virus étrange et malfaisant a tout bouleversé, les mâles sont devenus soudainement les seuls représentants de l'espèce humaine. Il a fallu s'adapter. Loin d'être désespéré quand il se promène, désormais l'homme de la rue ne sait plus à quels saints se vouer.
Nowowak

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jamiK
  07 juin 2020
C'est un récit de science fiction écrit par un italien dans les années 30. Virgilio Martini imagine une épidémie qui ne touche que les femmes pubères. L'humanité va irrémédiablement se retrouver sans femmes. le récit est raconté sur un ton neutre, comme un témoignage d'histoire, ne s'attachant qu'aux faits, aux évènements. Mais derrière cette neutralité, il y a beaucoup d'ironie, de sarcasmes, notre pauvre espèce humaine en prend pour son grade, nos travers y sont présenté froidement, sans concession. Sans le clamer ouvertement, à travers les différents dirigeants décrits dans cette histoire, Mussolini se retrouve épinglé, non ouvertement, le livre a d'ailleurs été censuré à l'époque. Mais en ces temps de pandémie mondiale, un lecteur d'aujourd'hui y reconnaîtra bien plus un certain Donald Trump, il y a quelques petits détails assez étonnants. C'est un récit court, au ton neutre, en apparence, mais très ironique dans le fond, j'ai parfois éclaté de rire. Ce n'est pas très valorisant pour la nature humaine, mais l'écho que cet ancien texte (1935) peut avoir sur notre époque est à la fois sombre et pessimiste, et en même temps réjouissant par son humour cinglant. J'ai été étonné par la modernité de ce texte, par sa résonance toujours actuelle, c'est une petite perle à découvrir et à dévorer sans retenue.
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Vadaeme
  22 septembre 2013
Voilà un des livres que je souhaitais dénicher plus que certains, pour la simple et bonne raison que je ne croyais pas mettre la main dessus. Je n'ai donc pus résister très longtemps et, mettant de coté ma lecture en cours, je me suis jeté à corps perdus dans le monde sans femmes ( sans jeu de mot).
Pour commencer, il est bon de préciser qu'il s'agit d'un livre conçu dans les années 1930, et que pour des raisons d'éthiques, l'auteur l'a remanié à plusieurs reprises, censurant de plus en plus au fil de ses nombreuses relectures.
Le monde sans femmes nous offre une vision de ce que pourrait devenir l'humanité si une étrange maladie tuait peu à peu toutes les femmes.( voilà pour le résumé).
Certes le livre date un peu et cela se ressent sur certains passages où expressions. Mais il reste étrangement d'actualité quant aux questions de politiques, communications ( ha! nos chers médias), religions par exemple. J'aurai bien aimé voir la première version, non-remaniée.
L'auteur semble avoir opté pour un style presque journalistique; des faits, peu d'opinion, presque pas d'émotion. Sur ce point, je n'ai pû m'empêcher de repenser à Ravage, de Barjavel, que j'avais détesté à cause des personnages ( enfin, DU personnage, les autres étant inexistants). Ici, les personnages, principaux ou secondaires sont mieux traités, sans être ni sympathique, ni antipathique, ni même, après réflexion, très développés. Ils font ce qu'ils ont à faire, parce qu'il faut le faire.
Le monde sans femmes est une curiosité ( pour l'époque) que je suis très heureux d'avoir trouvé et lu.
Donc dans "Le monde sans femmes", Virgilio Martini part d'une idée relativement simple; que deviendraient les hommes si les femmes disparaissaient? Oui, j'entends déjà certaines femmes y aller de leur petit commentaire, mais je laisse de coté les rapports homme-femme ainsi que les considérations sociologiques pour aborder le sujet qui m'aura le plus intrigué; la sexualité... [pour la suite: http://vadaeme.blogspot.be/p/voiles-et-vapeurs.html ]
Lien : http://vadaeme.blogspot.be/2..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
VadaemeVadaeme   22 septembre 2013
Mais en général, l'humanité ne prit pas l'affaire au sérieux. Les mêmes journaux radiophoniques et les mêmes revues commencèrent à tourner en plaisanterie ce qu'ils semblaient d'abord avoir traité avec sérieux. Puis ils en parlèrent moins. En mars, il n'en était presque plus question ; et ceux qu'il avaient donné tout ou partie de leurs biens aux sociétés religieuses commencèrent à le regretter. En avril, avec l'ouverture des Superolympiades de Honolulu qui captèrent l'attention universelle, concentrant entièrement les possibilités de l'intelligence humaine sur la métaphysique du football, sur la transcendance du saut en longueur et sur les développements culturels et spirituels de la brasse, tout le monde oublia la menace de fin du monde.
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jamiKjamiK   06 juin 2020
Il est prouvé qu’a l’époque préfallopique il existait des individus incroyablement idiots, au point d’accepter et même de désirer les médailles et diplômes du mérite du travail.
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VadaemeVadaeme   22 septembre 2013
Le premier janvier de l'an 2000 certains journaux parlés et quelques revues religieuses annoncèrent à leurs auditeurs et à leurs lecteurs que la fin du monde était proche. Puis d'autres postes de radio et d'autres revues commencèrent à en parler ou à écrire sur ce sujet. Et cela se poursuivit tous les jours pendant deux mois.
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