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ISBN : 2290170216
Éditeur : J'ai Lu (29/08/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.84/5 (sur 3842 notes)
Résumé :
Quel est cet être impalpable et mystérieux, ce Horla tapi dans l'ombre, prêt à bondir pour posséder sa proie ? On cherche à le saisir mais il s'échappe sans cesse, on croit le dominer et c'est lui qui nous tient.

Alors, peu à peu, inexorablement, nous plongeons dans les abîmes insondables de la folie : la mort, ultime pulsion, n'est-elle pas la seule issue ?...

Au contraire, c'est le désir de vie, ou plutôt le besoin d'argent, qui unit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (232) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 juillet 2012
Voilà, c'est fait ! Il fallait bien que ça arrive un jour, le plus tard possible, mais non c'est tombé aujourd'hui. Je le gardais sous le coude pour les jours de grand froid, mais j'ai craqué avant, en plein été... « le Horla » était le dernier recueil de nouvelles De Maupassant qu'il me restait à découvrir. Je l'avais gardé exprès celui-là, jalousement, au chaud, dans le double fond de ma table de nuit. J'avais tout dévoré les autres, goulûment, à pleines bouchées, en m'en mettant plein la figure, sans en garder suffisamment dans le creux de mes poches. Et bien voilà, bien fait pour moi, je suis à sec maintenant, quelle tristesse. Il faut vite que je devienne amnésique pour remettre tout ça en route…
« le Horla » est une nouvelle très finement écrite, tout spécialement retravaillée pour la mise en recueil, avec le soupçon de lyrisme qui est propre au style de Guy de Maupassant et qui atteint un degré, parmi les plus élevés ici. Un homme, grand bourgeois ou châtelain normand, se construit une angoisse tenace qui finit par dévorer l'essentiel de son existence. Des éléments de surnaturel, qu'on ne sait dus aux événements mêmes ou aux défaillances de perception du narrateur, ponctuent les pages de son journal intime. Cette nouvelle est réellement parfaite dans son genre et dans sa catégorie de « contes de peur ou d'angoisse ». Mais il s'avère que, personnellement, ce n'est pas ce Maupassant-là que j'affectionne le plus. le régionaliste normand qu'il est me séduit souvent bien davantage et me procure de bien plus vifs plaisirs de lecture. Donc, si vous aimez la facette thriller de l'auteur, vous trouverez que c'est du grand art, pour ma part, j'aime bien mais sans plus.
La nouvelle suivante intitulée « amour », par exemple, bien que beaucoup plus modeste dans son développement et dans ses ambitions, étant typiquement dans la veine régionaliste normande, dans la droite ligne des « contes de la bécasse », m'a littéralement bouleversée. L'auteur y décrit dans son style sobre et efficace, en peu de mots, une scène de chasse et l'émouvant attachement d'un mâle sarcelle d'hiver pour sa femelle fraîchement abattue par les chasseurs. C'est du Maupassant pur jus, ou l'art de jouer juste, sur la corde de notre sensibilité.
« le trou » est l'une des fameuses comparutions devant le tribunal régional, dont il a le secret et où se traitent des différends aussi mesquins que tragiques, tels que l'attribution d'un emplacement de pêche à la ligne, avec les termes fleuris du patois local.
« Sauvée » nous raconte comment une femme s'y est prise pour obtenir son divorce, grâce aux bons soins d'une soubrette tout spécialement engagée pour créer l'adultère.
« Clochette » est encore le récit d'un de ces touchants destins de femmes, à l'instar de « La rempailleuse » dans les contes de la bécasse, qui ont sacrifié leur vie et leurs rêves à l'amour d'un seul homme.
« le marquis de Fumerol » nous présente les derniers instants d'un noble ayant rompu avec la religion et, ce faisant, ayant mené une vie libertine pas tout à fait du goût de sa famille.
Dans « le signe », Maupassant nous relate le piment qu'une femme "comme il faut" peut chercher à mettre dans son existence en "essayant", "juste une fois", de jouer à la dévergondée. Attention aux dommages collatéraux…
La nouvelle que je vous recommande tout particulièrement dans ce recueil est « le diable ». L'auteur nous remet le couvert de ces fins de vie des vieillards à la campagne, qui ne viennent jamais assez tôt et coûtent toujours un peu trop cher. C'est mon coup de coeur du recueil.
« Les rois » est une énième évocation de la guerre franco-prussienne de 1870, mais cette fois-ci sous un angle original. L'organisation d'un gueuleton à l'occasion de l'épiphanie. Vous imaginez bien qu'il faut que surgisse un petit malheur sinon Maupassant y perdrait sa réputation.
Les nouvelles « Au bois », « Une famille » et « Joseph » sont l'occasion pour l'auteur de retourner sur ses thèmes favoris, à savoir, respectivement les bonnes moeurs des honnêtes gens, la misère et le carcan de la vie familiale et un bon vieil adultère comme Maupassant les aime.
« L'auberge » est une étonnante scène de survenue de la démence dans un refuge alpin isolé.
Et enfin « le vagabond » est la dernière de mes favorites pour ce recueil, avec une dénonciation sociale forte et bien menée sur un charpentier, contraint de quitter son village natal faute de travail, qui se démène sur les routes pour trouver de l'ouvrage mais que les braves gens laissent crever de faim, et qui finalement, termine par se rendre coupable de tous les maux dont on l'accusait tandis qu'il était encore innocent et qui pour une journée de délits par moisir vingt ans en prison. Bel exemple de ce que la société peut produire comme délinquance quand elle est incapable de donner du travail et de la dignité à chacun.
Pour conclure, un bon recueil, solide, homogène, plaisant, mais pas mon préféré d'où mes quatre étoiles sur cinq, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire pas grand-chose.
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DanD
  02 août 2018
Relisant – encore une fois – ce petit conte, j'ai soudain pris conscience du titre: “Le horla”. Cela m'a decide a ajouter mon grain de sel a toutes les critiques deja publiees sur ce site.
Le horla. Un petit chef-d'oeuvre de la literature fantastique. Ou un petit conte sur la folie. Qu'est-ce que le horla? Un personnage, ou une image, ou une hallucination, quelque chose d'insaisissable qui attaque le narrateur. Insaisissable parce que quand on le croit la, il est hors, et quand on le croit hors il est la. Quand on le voit ici il est en fait ailleurs, et quand on le croit ailleurs il est ici. Il est partout: ici et ailleurs. Il n'est nulle part: ni ici ni ailleurs. Il reste donc a tous moments la hantise du narrateur. Hors-la. Hors du monde mais present dans la conscience du narrateur.
Qu'est-ce donc ce petit conte? Un conte fantastique? Un recit de la folie ordinaire? Un petit chef-d'oeuvre en tous cas, comme l'ont deja note tant d'autres.
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palamede
  16 décembre 2016
Angoisse…Hallucinations…Folie…
Un bourgeois, riverain de la Seine, raconte comment il a été saisi d'une angoisse grandissante à la découverte d'une présence invisible malfaisante qu'il a nommé le Horla.
« Attendez. L'Être ! Comment le nommerai-je ? L'Invisible. Non cela ne suffit pas. Je l'ai baptisé le Horla. Pourquoi ? Je ne sais point. Donc le Horla ne me quittait plus guère. J'avais jour et nuit la sensation, la certitude de la présence de cet insaisissable voisin, et la certitude aussi qu'il prenait ma vie, heure par heure, minute par minute. » Il le perçoit, il le sent, mais il ne le voit pas. D'où vient le Horla ? De son âme tourmentée ou de son corps consumé ? De son corps consumé qui tourmente son âme ?
Quelle force, quelle suggestion, merveilleux Maupassant qui exprime mieux que personne la déraison dans ce conte effrayant dont il a écrit, peu temps avant que la maladie le conduise à l'enfermement, trois versions pour parvenir à ce chef d'œuvre de la littérature fantastique.
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BazaR
  15 novembre 2018
Formidable premier contact avec Guy de Maupassant.
Je ne suis pas un grand fan des récits ayant pour thème la folie. Je crois que cela est lié à mon esprit profondément rationnel qui déteste manque de prises sur laquelle la raison puisse s'appuyer. C'est aussi probablement un écho d'une peur profonde d'un univers qui serait incontrôlable, non-analysable, chaotique. La raison et sa fille la science donnent une impression de maîtrise très rassurante de son environnement ; dans un univers que l'on peut comprendre et même prédire, on se sent plus en sécurité. Mais la folie ?
Eh bien sans le vouloir, je viens dans le paragraphe précédent de plagier le Maupassant du Horla (avec beaucoup moins de talent).
Nous avons un homme qui est le produit de sa civilisation issue des Lumières, qui aime que son cosmos fasse sens, et qui d'un coup se retrouve face à des phénomènes inexplicables dans sa maison et dans son propre corps, dans sa propre âme. La terreur l'envahit – la même que celle qui me prend à l'idée d'un univers qui rirait de la raison – et pourtant il l'approche avec une impeccable rationalité. Il cherche l'explication dans l'hypnose et le « magnétisme » tel que présentés par Mesmer. Il effectue des expériences avec ses bouteilles d'eau bues dans la nuit. Il pose des hypothèses et en déduit une stratégie de défense.
Le journal qu'il écrit montre un style remarquable (celui de Maupassant) qui n'évoque certainement pas la folie furieuse. Pourtant, ses phrases analytiques évoquent la terreur, la folie, la perte du sommeil, et l'existence d'être venus d'ailleurs dans l'univers pour lesquels nous ne serions que des scarabées. Lovecraft a-t-il lu Maupassant ?
Cet homme est-il fou ? Peut-être, mais d'une folie qui permet l'accès à la raison tout en l'emprisonnant dans un monde qui n'existe peut-être que dans son esprit. Ça me rappelle Shutter Island.
Le style littéraire de cette nouvelle est délicieux. C'est donc cela, lire Maupassant ? En dehors du thème principal, on se régale à lire ses regards en biais sur son époque et son amour de la nature proche de celui des Impressionnistes. J'ai appris que Guy de Maupassant avait écrit le Horla à une époque où lui-même était sous la coupe de stupéfiants. Il a visiblement réussi à faire émerger de son état une remarquable créativité.
Le recueil que j'ai lu contient quatre autres nouvelles fantastiques plus anciennes qui mettent chacune en avant un aspect de ce qui sera beaucoup plus élaboré dans le Horla. « Un Fou ? » décrit un homme doué de talents de magnétisme, « Lettre d'un Fou » l'effroi de savoir qu'une force indicible est présente dans sa maison. « Une Folle » et « La peur » s'éloignent un peu du sujet. Quoique de style agréable, aucune de ces nouvelles ne vaut devant le Horla.
Bon, à présent que j'y ai goûté, je reviendrai vers Maupassant. Cela au moins n'est pas une folie.
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Krout
  16 décembre 2016
Qu'est-ce dont cela ? Hou-là ! le Horla. Que fait-il là, caché dans ma bibliothèque ? Curieux, j'ai pourtant arrêté la lecture des "classiques" pour oublier cette époque maudite. Celle-là même des lectures imposées ! Que dire des peurs engendrées aux élèves en souffrance, réelles ou fantasmées (mais y en a-t-il d'autres ?). Cette peur qui vous paralyse et vous empêche de répondre. Et cette rage qui vous envahi et vous submerge, à perdre la raison. Et pourtant en votre très fort intérieur vous le savez : la lecture devrait n'être que source de liberté et plaisir de découverte. Pas un carcan, pas une camisole ! Pas une dictée ! le contraire de la pensée unique. Conneries que ces analyses formatées, ces interprétations à apprendre servilement par coeur.
Je me suis vengé. Sauvagement ! Il faut dire que j'étais un peu fou alors. J'ai bravé la peur. Il faut voir le Balzac, ce tireur de pages à longueur de cafés, comme je l'ai descendu son "chef d'oeuvre inconnu". Eh bien, qu'il le reste ! Or ne voilà-t-il pas qu'il nous fut donné des nouvelles à analyser, je tirai (et non l'inverse, de la tenue SVP. ) "Les contes de la bécasse". Il se fait que j'appréciais ce passant au style concis et vivace qui contait allégrement d'innombrables faits divers, le plus souvent glanés au cours de longues promenades dans les bocages normands. Il n'était pas question de le démolir, celui que je prenais alors pour Mon passant, mais bien de ridiculiser la méthode obligée. Ce fut une démonstration mémorable : l'explication détaillée de ces contes sur base de leur seul titre partant du découpage 3, 6, 2, 2, 7 jusqu'au nombre et position des S. Pour enfin conclure qu'il ne fallait donc pas s'étonner d'en trouver sans ailes ! Murmures et chuchotements pendant tout l'exposé. "Il va se faire péter" disaient les uns "Il est complètement fou" disaient les autres. J'ai ramassé un 18 pour le reste, je m'interroge encore. "Sont-ils étranges, ces anciens souvenirs qui vous hantent sans qu'on puisse se défaire d'eux !"
Ceci pour bien vous faire comprendre que ce livre n'a rien à faire dans ma bibliothèque. Car je ne veux plus revivre ces tourments honnis. Et plus troublant encore, des pages sont cornées. Ce que je ne fais jamais, et ne me rappelle avoir jamais fait. Mais les marques sont pourtant bien visibles. Comme l'est aussi ce soulignement inopportun de Invisible que je trouve complètement inutile au vu de la majuscule suffisamment explicite. Je n'ai jamais marqué mes livres. Alors, d'où vient cette accolade et ce triangle contenant un ! que j'utilisais dans mes cours ? Et justement en face de ce passage qui m'interpelle aujourd'hui : "Ceux qui le dirigent (le peuple, troupeau imbécile) sont aussi sots; mais au lieu d'obéir à des hommes, ils obéissent à des principes lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu'ils sont des principes, c'est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l'on est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion." Alors, qui ? Inquiétant, d'autant que le livre se trouve dans une armoire fermée. Tout près de ma chambre... et le plancher craque. Alors, comment ?
Les mains moites et tremblantes, les sursauts incontrôlables, les poils qui se hérissent, les ai-je connu. Et cette envie de se cogner aux murs... Bref ce qui fait vraiment peur dans cette courte nouvelle qui décrit si bien l'approche de la folie ce n'est pas tant son contenu, c'est, c'est ... eh bien, hélas c'est... de se retrouver en terrain connu.
"9 août - Rien, mais j'ai peur.
10 août - Rien ; mais qu'arrivera-t-il demain ?"
Je le connaissais fine gâchette et chaud lapin, une combinaison avouons le dangereuse pour l'esprit. Je ne le savais pas souffrant à ce point, c'est donc bien De Maupassant ;) Sur ce, je vais maintenant cacher cette clé et étaler de la farine sur le sol... Rira bien, qui rira le dernier.
Sinon parmi les autres nouvelles du recueil : mentions spéciales pour le signe (léger et primesautier) et le trou (Normand pour sûr, délectable).
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Citations et extraits (261) Voir plus Ajouter une citation
ralbolralbol   30 octobre 2010
Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
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Nastasia-BNastasia-B   15 août 2012
Sur le perron, une dame apparut, parée pour la visite, coiffée pour la visite, avec des phrases prêtes pour la visite. Ce n’était plus la fillette blonde et fade que j’avais vue à l’église quinze ans plus tôt, mais une grosse dame à falbalas et à frisons, une de ces dames sans âge, sans caractère, sans élégance, sans esprit, sans rien de ce qui constitue une femme. C’était une mère, enfin, une grosse mère banale, la pondeuse, la poulinière humaine, la machine de chair qui procrée sans autre préoccupation dans l’âme que ses enfants et son livre de cuisine.
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Nastasia-BNastasia-B   18 août 2012
Il s’indignait de l’injustice du sort et s’en prenait aux hommes, à tous les hommes, de ce que la nature, la grande mère aveugle, est inéquitable, féroce et perfide.
Il répétait, les dents serrées : « Tas de cochons ! » en regardant la mince fumée grise qui sortait des toits, à cette heure du dîner. Et, sans réfléchir à cette autre injustice, humaine, celle-là, qui se nomme violence et vol, il avait envie d’entrer dans une de ces demeures, d’assommer les habitants et de se mettre à table, à leur place.
Il disait : « J’ai pas le droit de vivre, maintenant… puisqu’on me laisse crever de faim… je ne demande qu’à travailler, pourtant… tas de cochons ! » Et la souffrance de ses membres, la souffrance de son ventre, la souffrance de son cœur lui montaient à la tête comme une ivresse redoutable, et faisaient naître, en son cerveau, cette idée simple : « J’ai le droit de vivre, puisque je respire, puisque l’air est à tout le monde. Alors, donc, on n’a pas le droit de me laisser sans pain ! »
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LuniverLuniver   29 octobre 2012
» Tu ne me comprends pas ? Écoute. Deux corps se heurtent. L'air vibre. Ces vibrations sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins rapides, plus ou moins fortes, selon la nature du choc. Or, nous avons dans l'oreille une petite peau qui reçoit ces vibrations de l'air et les transmet au cerveau sous forme de son. Imagine qu'un verre d'eau se change en vin dans ta bouche. Le tympan accomplit cette incroyable métamorphose, ce surprenant miracle de changer le mouvement en son. Voilà.

» La musique, cet art complexe et mystérieux, précis comme l'algèbre et vague comme un rêve, ne vient donc que de la propriété étrange d'une petite peau. Elle n'existerait point, cette peau, que le son n'existerait pas, puisque par lui-même, il n'est qu'une vibration. Sans l'oreille, devinerait-on la musique ? Non. Et bien ! nous sommes entourés de choses que nous ne soupçonnerons jamais, parce que les organes nous manquent qui nous les révéleraient.
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LydiaBLydiaB   03 décembre 2010
12 mai. - J'ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste.
D'où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l'air, l'air invisible est plein d'inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m'éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. - Pourquoi ? - Je descends le long de l'eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m'attendait chez moi. - Pourquoi ? - Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ?
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