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EAN : 9782253004332
264 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1972)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 1613 notes)
Résumé :
Et ici, par une bravade frénétique, je frappai fortement avec une canne que j'avais à la main juste sur la partie du briquetage derrière laquelle se tenait le cadavre de l'épouse de mon cœur...
Pendant un moment, les officiers placés sur les marches restèrent immobiles, stupéfiés par la terreur. Un instant après, une douzaine de bras robustes s'acharnaient sur le mur. Il tomba tout d'une pièce. Le corps déjà grandement délabré et souillé de sang grumelé, se t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Aelinel
  03 décembre 2015
Lorsque j'étais adolescente, j'avais lu le Scarabée d'Or d'Edgar Allan Poe mais j'avoue que je n'avais pas été touchée par la nouvelle et je n'en garde même aujourd'hui aucun souvenir.
En poursuivant ma découverte de la littérature gothique, j'ai fait une belle rencontre au travers des Nouvelles histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe. J'ai été subjuguée par l'écriture poétique de l'auteur ainsi que par la magnifique traduction de Charles Baudelaire qui retranscrit toute la force et la beauté du texte original. Lire ce recueil a été pour moi un enchantement qui m'a permis d'égayer la monotonie de mes trajets quotidiens, dans le tramway : un vrai régal!
Néanmoins, toutes les nouvelles ne m'ont pas touché de manière égale : parmi toutes, je garderai surtout en mémoire le chat noir, William Wilson, la Chûte de la Maison Usher, le puits et le pendule, Hop Frog et le Portrait ovale. Certaines sont macabres, voire dérangeantes mais Edgar Allan Poe a une manière sans précédent de faire rentrer le lecteur dans son récit et de le faire intéragir avec le narrateur. Dans le Chat noir, je l'ai détesté littéralement et je n'avais de cesse qu'il soit puni pour ses odieux crimes. Dans le puits et le pendule, je tremblais pour le personnage principal, au point d'avoir de l'empathie pour lui et je voulais avec force qu'il se sorte de ses épreuves imposées par l'Inquisition. Dans la Chûte de la maison Usher ou dans Bérénice, les scènes finales ont fait émerger en moi un sentiment d'effroi et d'horreur.
Bref, je ne peux que recommander la lecture de ce recueil en espérant que d'autres lecteurs prennent autant de plaisir que moi à lire ces nouvelles. D'ici peu, je pense re-découvrir le Scarabée d'or et lire un autre recueil de cet extraordinaire auteur.
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batlamb
  04 juillet 2020
Les histoires d'Edgar Allan Poe se parent en français de la plume exquise du traducteur Charles Baudelaire. Ce dernier, auteur de l'Héautontimoroumenos (« le bourreau de soi-même ») dans les Fleurs du mal, voit son alter ego américain entrer en correspondance avec lui via le texte inaugural "Le démon de la perversité". Poe y livre un manifeste littéraire pessimiste, voire masochiste, anticipant la pulsion de mort freudienne : programme prometteur s'il en est.
S'ouvre alors un florilège de crimes morbides commis par les narrateurs à l'encontre de leur bonheur insupportable, comme si leur pire ennemi se manifestait en eux : inquiétante étrangeté... Les lecteurs sensibles auront le droit de se sentir caressés à rebrousse-poil par les images glaçantes de ces nouvelles inaugurales emplies d'une cruauté à la lisière du surnaturel.
L'altérité des narrateurs se retrouve finalement projetée à l'extérieur sous la forme d'un doppelgänger dans le magistral "William Wilson"... Mais une part d'ambigüité demeure : le double du narrateur ne semble exister que dans sa tête, et pourtant certains éléments lui confèrent une existence objective. La folie schizophrène n'isole-t-elle pas irrémédiablement du réel ?
"La chute de la maison Usher" repose sur cette incertitude, tant elle ressemble au paysage intérieur d'un esprit malade, et je me demande si le narrateur ne s'observe pas lui même en contemplant la famille Usher, réunie dans une embrassade fraternelle d'outre-tombe, illustrant sa propre ruine. Dans ce texte et les précédents, le style de Poe m'a impressionné par son sens aigu de la gradation, une horreur allant crescendo jusqu'au paroxysme de la chute, parfois littérale.
Les cauchemars de Poe s'apparentent ainsi à une mécanique de précision, et cet art narratif est bien illustré dans le récit en huis-clos "Le Puits et la Pendule", où le héros se retrouve confronté à une Inquisition espagnole invisible en dehors de ses pièges automatisés aux allures d'uchronie. Je ne m'attendais pas à cette nouvelle là - mais qui donc peut s'attendre à l'Inquisition espagnole ?
De même, dans "Le Masque de la Mort Rouge", le récit et son enfilade de salles extravagantes ressemblent à une machinerie théâtrale raffinée, un paradis artificiel débouchant sur une noirceur infernale. Ce cadre baroque semble taillé sur-mesure pour faire briller Baudelaire. Et il s'en donne d'ailleurs à coeur joie dans sa traduction riche en couleurs.
Avec tout cet entremêlement de mécanique et de vivant, on n'est jamais très loin du rire, et l'on peut déjà s'en rendre compte lors du climax de "La chute de la maison Usher", où la montée de la terreur s'accompagne d'une mise en abyme parodique. Cette tendance ne cessera de s'affirmer, par exemple à travers l'incroyable galeries de portraits du Roi Peste et de sa cour, des personnages vivides réunis dans un tableau macabre et empli d'humour grotesque - qu'est-ce que j'ai pu penser à Mervyn Peake en lisant cette nouvelle ! A ce stade du recueil, la comédie prend de plus en plus l'ascendant sur l'horreur, avec les mise à mort bouffonnes de "La barrique d'Amontillado" et de "Hop Frog", ou encore la cacophonie farcesque du "Diable dans le beffroi".
Dans cette riche variété de récits, la mort demeure constamment un objet de fascination, qui excite toutes les émotions… y compris le rêve, comme on le voit à fin du recueil, où on trouve d'étonnants dialogues post-mortem, voire post-embaumement et post-apocalyptiques. Poe y poursuit son exploration obsessionnelle de l'au-delà, à l'instar son personnage envoûté par "le portrait ovale" de celle qu'il espère rencontrer dans l'après-vie.
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CallieTourneLesPages
  24 janvier 2019
En relisant ce recueil je me suis rendue compte que je découvrais bon nombre de nouvelles pour la première fois. Souvent étudié en cours d'anglais, mon piètre niveau ne m'a jamais permis d'apprécier par moi-même le texte.
Chaque nouvelle ou presque par son rythme, la progression narrative, l'accumulation de détails installe un mystère qui se transforme en horreur. La prose de Poe donne à entendre le son discordant qui sonne la fin du personnage comme le grain de sable qui fait dérailler le rouage. Je ne sais pas si c'est la plume de Poe ou la traduction de Baudelaire mais je trouve aux textes une musicalité dans le choix des mots qui participe à l'étrangeté et à l'horreur des situations.
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Suzie-Buchan
  08 septembre 2014
Edgar Allan Poe est un homme fascinant, doté d'un univers fantastiquement sombre.
Que ce soit dans ce recueil de nouvelles, ou les autres, je suis toujours autant admirative envers sa plume et ses histoires tout aussi fantastiques, sombre, cruelle et intelligentes.
Il avait une très bonne et belle observation des êtres humains qui met très bien en valeur de manière assez sombre, mais on l'aura bien compris, l'univers de Edgar est (vraiment à mes yeux) de la fantaisie obscure.
Il met très bien aussi en valeur les sentiments profonds que l'on peut ressentir, que ce soit dans la mort, dans la nature, dans le silence (qui d'ailleurs, cette nouvelle est magnifique), dans la foule, dans la solitude, dans les folies et rêveries. du moins, pour ma part, je trouve quelques parties de moi, des souvenirs, des pensées que je pensais enfouis.
Il avait pour moi, un humour noir très bien prononcé, et qui me fait vraiment rire. Il y'a aussi beaucoup de sens cachés dans ce qu'il dit, des fois tellement cachés que certaines personnes n'ont pas su et en sont, quelque fois déçus. En tout les cas, pour ceux qui ne connaissent pas ou n'ont pas lu Edgar Allan Poe, je le conseille vivement. Et si les nouvelles ne plaisent pas, il y'a les poèmes qui sont tout à fait fabuleux.
Toutes les nouvelles dans ce livre m'ont plu, et je n'ai pas de préférence,elles sont tout aussi bien.
Et j'ajoute quelque chose d'autre : il avait aussi une très grande sensibilité ce bon cher Edgar. Car je remarque que quelque personnes le cataloguent de quelqu'un de sordide et grotesque, pas du tout, loin de là même. Il faut juste accepter son côté très sombre, qui quelque fois ne fait pas de mal du tout.
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chartel
  01 octobre 2014
Certains se lassent de l'unité thématique de ces Nouvelles histoires extraordinaires, mais ne seraient-ils pas les premiers à pester contre un recueil trop disparate et manquant de cohérence ? Et à y regarder d'un peu plus près, en essayant de lire avec un peu plus d'attention et un peu moins d'empressement, ne pouvons-nous pas distinguer une infinie variété de tons, de styles et de formes dans ces nouvelles qui vont du récit macabre au conte drolatique, qui cheminent entre fait divers et dialogue philosophique ? Bien sûr la mort comme obsession est bien présente de la première à la dernière ligne de ce recueil, la perversité originelle de l'humanité répand son ombre d'atrocités sur toute l'oeuvre, mais quand on en parle aussi finement, avec cynisme ou fantaisie, on ne peut que rester ébahi devant la beauté de ces fleurs du mal…
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Hatem_GharsalliHatem_Gharsalli   14 août 2019
" C'était aussi dans cette salle que s'élevait, contre le mur de l'ouest, une gigantesque horloge d'ébène. Son pendule se balançait avec un tic-tac sourd, lourd, monotone; et quand l'aiguille des minutes avait fait le circuit du cadran et que l'heure allait sonner, il s'élevait des poumons d'airain de la machine un son clair, éclatant, profond et excessivement musical, mais d'une note si particulière et d'une énergie telle, que d'heure en heure, les musiciens de l'orchestre étaient contraints d'interrompre un instant leurs accords pour écouter la musique de l'heure; les valseurs alors cessaient forcément leurs évolutions; un trouble momentané courait dans toute la joyeuse compagnie; et, tant que vibrait le carillon, remarquait que les plus fous devenaient pâles, et que les plus âgés et les plus rassis passaient leurs mains sur leurs fronts, comme dans une méditation ou une rêverie délirante. Mais, quand l'écho s'était tout à fait évanoui, une légère hilarité circulait par toute l'assemblée; les musiciens s’entre-regardaient et souriaient de leurs nerfs et de leur folie, et se juraient tout bas, les uns aux autres, que la prochaine sonnerie ne produirait pas en eux la même émotion; et puis; après la fuite des soixante minutes qui comprennent les trois mille six cents secondes de l'heure disparue, arrivait une nouvelle sonnerie de la fatale horloge, et c'était le même trouble, le même frisson, les mêmes rêveries.
Mais, en dépit de tout cela, c'était une joyeuse et magnifique orgie."
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ssstellassstella   28 novembre 2013
PETITE DISCUSSION AVEC UNE MOMIE
...
- Eh bien, c'était la coutume générale en Égypte, avant d'embaumer un cadavre, de lui enlever les intestins et la cervelle ; la race des Scarabées seule n'était pas sujette à cette coutume. Si donc je n'avais pas été un Scarabée, j'eusse été privé de mes boyaux et de ma cervelle, et sans ces deux viscères, vivre n'est pas chose commode.
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GODONGODON   11 avril 2015
LE PUITS ET LE PENDULE

Toujours plus bas ! – Incessamment, – Inévitablement plus bas! Je respirais douloureusement, et je me débattais à chaque balancement. Je me rapetissais convulsivement à chaque vibration. Mes yeux le suivaient dans sa volée ascendante et descendante, avec l’ardeur du désespoir le plus insensé; Ils se refermaient spasmodiquement au moment de la descente. Quoique la mort eût été un soulagement, – Oh! Quel indicible soulagement! Cependant, tous mes nerfs me faisaient trembler, quand je pensais qu'il suffirait que la machine descendît d'un cran pour précipiter sur ma poitrine cette hache aiguisée, étincelante. C'était l’espérance qui me faisait ainsi trembler, et qui faisait se rétrécir tout mon être. C'était l'espérance, – l'espérance qui triomphe même sur le chevalet, – qui chuchote à l'oreille des condamnés à mort, même dans les cachots de l'Inquisition.

THE PIT AND THE PENDULUM

Down – still unceasingly – still inevitably down! I gasped and struggled at each vibration. I shrunk convulsively at its every sweep. My eyes followed its outward or upward whirls with the eagerness of the most unmeaning despair; they closed themselves spasmodically at the descent, although death would have been a relief, oh! how unspeakable! Still I quivered in every nerve to think how slight a sinking of the machinery would precipitate that keen, glistening axe upon my bosom. It was hope that prompted the nerve to quiver – the frame to shrink. It was hope – the hope that triumphs on the rack – that whispers to the death-condemned even in the dungeons of the Inquisition.
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chartelchartel   01 octobre 2014
Mais la maison ! — quelle curieuse vieille bâtisse cela faisait ! — Pour moi, quel véritable palais d’enchantements ! Il n’y avait réellement pas de fin à ses détours, — à ses incompréhensibles subdivisions. Il était difficile à n’importe quel moment donné, de dire avec certitude si l’on se trouvait au premier ou au second étage. D’une pièce à l’autre, on était toujours sûr de trouver trois ou quatre marches à monter ou à descendre. Puis les subdivisions latérales étaient innombrables, inconcevables, tournaient et retournaient si bien sur elles-mêmes, que nos idées les plus exactes relativement à l’ensemble du bâtiment n’étaient pas très différentes de celles à travers lesquelles nous envisagions l’infini. [William Wilson]
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aur4li4aur4li4   21 novembre 2010
-Insensé! Je vous dis qu'elle est maintenant derrière la porte!
A l'instant même, comme si l'énergie surhumaine de sa parole eût acquis la toute-puissance d'un charme, les vastes et antiques panneaux que désignait Usher entrouvrirent lentement leurs lourdes mâchoires d'ébène. C'était l'oeuvre d'un furieux coup de vent; - mais derrière cette porte se tenait alors la haute figure de lady Madeline Usher, enveloppée de son suaire.
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Videos de Edgar Allan Poe (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edgar Allan Poe
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/joseph-denize-quand-on-parle-du-diable-51689.html
Voilà un auteur prometteur. Franco-italien de naissance, installé à Florence en Toscane, depuis plus de vingt ans, Joseph Denize, après des études littéraires, s'est spécialisé dans l'écriture publicitaire et cinématographique. Mais l'envie du roman était là depuis longtemps. Et c'est dans le fantastique qu'il a choisi d'ancrer son premier livre, « Quand on parle du diable ».
Nous voici donc à Paris, en 1917. Dans cette période charnière de la première guerre mondiale, nous allons suivre un jeune homme, Aimé Grandin, dont l'oncle, fantasque artiste peintre faussaire, est mort dans des conditions bien énigmatiques. Et notre jeune homme d'être embarqué dans un imbroglio où un tableau sème la mort, où les personnalités se dédoublent, où des sociétés secrètes cherchent à prendre le pouvoir quand les hommes meurent au front par milliers.
Allégorie de la guerre, ce roman à énigmes, foisonnant s'inscrit dans la tradition des grands feuilletonistes de la littérature tels Edgar Alan Poe mais aussi Oscar Wilde et son « Portrait de Dorian Gray », Balzac et sa « Peau de chagrin » ou Boulgakov avec son oeuvre maitresse « le maître et Marguerite » lu et relu par Joseph Denize au fil des années.
Si je cite volontairement ces grands noms de la littérature, c'est, qu'au-delà de l'intrigue, des rebondissements, de la fantasmagorie imaginée par l'auteur, on est aussi enthousiasmé par sa plume. Une écriture soignée, riche, travaillée sans être ampoulée, ne s'interdisant pas quelques traits d'humour et ne cédant pas à la facilité des dialogues à outrance.
Dans ce Paris de 1917, parfaitement dépeint dans les moindres détails, les forces du mal mènent un combat à faire froid dans le dos. Sur les pas du jeune Aimé, du prestidigitateur Vikto Tombo et de la belle mais énigmatique Mérie, nous sommes embarqués avec délice dans une histoire cauchemardesque à souhait qui nous entrainera dans les entrailles de la Ville-lumière.
Amateurs de fantastique, voilà l'une des pépites de ce début d'année, « Quand on parle du diable », le premier roman de Joseph Denize, publié chez Julliard.
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