AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782080725103
Éditeur : Flammarion (30/11/-1)
3.79/5   80 notes
Résumé :
De belles mortes ressuscitent par amour : des portraits, des tapisseries, des momies s'animent soudain pour venir perturber - ou égayer - l'existence d'innocents jeunes gens ; les époques, les morts et les vivants communiquent mystérieusement.
Rêve ou réalité?
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
djdri25
  02 septembre 2020
La morte amoureuse comme -La cafetière-, est un récit fantastique de Théophile Gautier écrit au 19 ème siècle, il paraît dans le recueil intitulé -Contes fantastiques-.
J'avais envie de relire quelques-unes de ces histoires, c'est tout naturellement vers ce conte qui m'avait laissé un bon souvenir de lecture que je me suis dirigée.
Le narrateur, un prêtre, y raconte les souvenirs de la vie qu'il a mené en rêve, « toutes les nuits » précise-t-il, et ce pendant 3 ans. Il a commis l'irréparable, il est tombé amoureux. Chaste le jour, il mène une vie de débauché la nuit. le Malin s'est immiscé en lui, pense-t-il, lui qui a mis toute son énergie pour entretenir sa vocation d'ecclésiaste
Pourtant, un jour à l'église il voit une femme belle comme « une déesse ». La description qu'il en fait n'est pas celle de la Vierge Marie… Lors de cette cérémonie il est pourtant submergé par l'angoisse du désir qui l'envahit lui le prêtre de campagne. Il est fasciné, attiré comme un aimant, déchiré entre le devoir et l'amour. C'est un chant de sirène qu'il entend. Comme Ulysse il doit être pieds et poings liés. C'est le coup de foudre entre eux. La jeune femme semble mourir lors de la cérémonie pourtant. Il sera obsédé par cette apparition et n'aura de cesse de vouloir la retrouver mais cette femme existe-t-elle ? le reste du récit est un peu comme Roméo et Juliette, la Béatrice de l'enfer de Dante ? Cléopâtre ? Une femme vampire ? Une courtisane ? avec le surnaturel en prime. Cette femme est le visage de l'amour et de la séduction. Toutes les amantes mythiques sont convoquées.
On se demande si ce sont des visions chimériques ou un amour réel. Rêve ou réalité ?
C'est un récit empreint d'angoisse mais aussi de lyrisme et de mysticisme, le vocabulaire de la douleur, de la blessure à vif et du déchirement parsème le texte, celui du désespoir aussi. On y voit beaucoup d'actions aussi. le conte interroge également la vocation religieuse et le paganisme, l'amour impossible, la mort, la frontière entre le réel et le surnaturel. C'est un très beau conte.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
Pitchval
  20 juillet 2021
Je ne comptais pas lire ce livre. Je suis en plein journal intégral de Julien Green. Mais mon fils est descendu un soir et m'a tendu le livre en me disant: « Lis ça, Maman, j'ai vraiment bien aimé! ». Cela m'a fait plaisir. Une sorte de balbutiement d'un futur lecteur peut-être ? Bon, ce livre lui a été imposé pas sa prof de français, certes. Pour autant, il a aimé et a semblé vouloir entamer une bribe de conversation à son sujet en me le prêtant. Je n'ai pas voulu étouffer dans l'oeuf ces premiers élans spontanés de partage de lectures. Ça s'appelle être mère: j'ai donc lu Théophile Gautier pour mon fils. Ce qui m'a rappelé que, durant les quatre années qu'il passât au collège, j'ai absolument lu tous les livres qu'il devait lire. Pour vérifier qu'il les lisait, entre autres. J'ai cessé depuis qu'il est au lycée, le considérant assez autonome. Mais je suis un peu contente qu'il m'y incite encore.
Il s'agit donc de quatre nouvelles fantastiques, plutôt inégales en qualité.
Les deux premières nouvelles se ressemblent assez.
Les tapisseries et les tableaux plaisent décidément à l'auteur. Les personnages - des femmes surtout- en sortent et s'animent comme en des songes.
Ces deux premières nouvelles me font songer à une grande immaturité amoureuse : l'homme vit toujours en songe des amours secrètes et chastes, comme idéalisées. Les femmes sont belles et délicates. D'apparat, car jamais profondes et toujours uniquement aimées par un physique agréable, fragile et délicat.
L'aveu ne tarde jamais: soit la femme se livre, ou bien le narrateur, armé d'un grand courage, se dévoile sans crainte.
Ainsi, une jeune fille morte des suites d'un bal sort d'un portrait et revient danser la nuit avec le narrateur. Dans la nouvelle suivante, une marquise en costume d'Omphale sort d'une tapisserie, lui montre un sein et lui avoue son amour.
Dans chacune des nouvelles , l'amour est dépeint comme une force occulte et supérieure, presque diabolique tant la femme est enchanteresse, et à laquelle l'homme ne peut résister. Une sorte de mythe, en somme.
« La Morte Amoureuse », la plus longue nouvelle des quatre, est l'histoire d'un vieux prêtre qui se confie sur un amour de jeunesse, qu'il rencontra le jour même de son ordination.
Il tombe amoureux d'une jeune courtisane morte, puis ressuscitée, et en est tout à fait subjugué. Cette morte vient le hanter toutes les nuits.
Tandis que le jour, le jeune prêtre tient sa cure de campagne, la nuit il devient un gentilhomme beau et débauché, vivant à Venise. Cette double vie fait que bientôt, il croit être le seigneur vénitien et rêver toutes les nuits qu'il est curé. Il ne distingue plus le songe de la réalité, presque jusqu'à la folie.
J'ai aimé , dans « La morte amoureuse », le passage de l'ordination du prêtre, qui est comparé au mariage. le jeune prêtre marche vers l'hôtel avec l'envie ferme de dire « non », d'opposer un refus éclatant, mais il n'ose causer un scandale devant toute l'assemblée. Et il suppose que les jeunes femmes ressentent la même chose au moment de s'unir avec un mari dont elles ne veulent pas.
La dernière nouvelle est plus surprenante. Elle raconte comment un homme achète un pied momifié égyptien, celui d'une princesse, et l'utilise comme serre-papier sur son bureau. Dans cette nouvelle, l'auteur use d'une ironie appréciable, bien dosée.
Le n'est pas désagréable. C'est même très bien écrit. Très propre. Pour autant, les histoires fantastiques se ressemblent assez (toujours des femmes qui viennent hanter un homme la nuit, en ses songes), et n'ont rien de bien original ni même de recherché. Les chutes sont décevantes et comme bâclées, parfois.
Néanmoins, l'ensemble est convenable. C'est nettement moins bon que Maupassant, par exemple.
Mais je suis tout de même satisfaite d'avoir pris une heure pour lire ce recueil, parce qu'enfin, c'est de la littérature, comme il se doit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Aurel82
  18 février 2017
Des nouvelles mêlant amour et fantastique. Et toutes plaisantes à lire. Je trouve que Théophile Gautier mériterait un plus grand succès et une plus grande reconnaissance. Son aptitude à mélanger parfaitement les genres et un vocabulaire riche font de ce recueil de nouvelles, un des meilleurs que j'ai lu jusqu'à présent.
Commenter  J’apprécie          110
Coyotetired
  18 avril 2020
En cherchant du fantastique, je suis tombé sur une belle nouvelle de Théophile : La Morte amoureuse. Il eût pu l'intituler également le curé nécrophile ou le prêtre somnambule. Moins vendeur sans doute, mais plus précis. Cette lecture m'a évoqué le titre « Astrid » du grand groupe Odeurs, du punk-rock français de 1980 qui fouettait sacrément. Revenons au texte, Clarimonde la goule immonde est beaucoup plus belle et sympathique que le vieil abbé Sérapion qui a la constance du morpion pour sauver l'âme de Romuald. Si j'en crois la conclusion, Gautier se moque de la religion en feignant de l'appuyer : « Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d'une minute pour vous faire perdre l'éternité.»
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   20 juin 2017
Vous me demandez, frère, si j’ai aimé ; oui. — C’est une histoire singulière et terrible, et, quoique j’aie soixante-six ans, j’ose à peine remuer la cendre de ce souvenir. Je ne veux rien vous refuser, mais je ne ferais pas à une âme moins éprouvée un pareil récit. Ce sont des événements si étranges, que je ne puis croire qu’ils me soient arrivés. J’ai été pendant plus de trois ans le jouet d’une illusion singulière et diabolique. Moi, pauvre prêtre de campagne, j’ai mené en rêve toutes les nuits (Dieu veuille que ce soit un rêve !) une vie de damné, une vie de mondain et de Sardanapale. Un seul regard trop plein de complaisance jeté sur une femme pensa causer la perte de mon âme ; mais enfin, avec l’aide de Dieu et de mon saint patron, je suis parvenu à chasser l’esprit malin qui s’était emparé de moi. Mon existence s’était compliquée d’une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j’étais un prêtre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes ; la nuit, dès que j’avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant ; et lorsqu’au lever de l’aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m’endormais et que je rêvais que j’étais prêtre. De cette vie somnambulique il m’est resté des souvenirs d’objets et de mots dont je ne puis pas me défendre, et, quoique je ne sois jamais sorti des murs de mon presbytère, on dirait plutôt, à m’entendre, un homme ayant usé de tout et revenu du monde, qui est entré en religion et qui veut finir dans le sein de Dieu des jours trop agités, qu’un humble séminariste qui a vieilli dans une cure ignorée, au fond d’un bois et sans aucun rapport avec les choses du siècle.

Oui, j’ai aimé comme personne au monde n’a aimé, d’un amour insensé et furieux, si violent que je suis étonné qu’il n’ait pas fait éclater mon cœur. Ah ! quelles nuits ! quelles nuits !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
djdri25djdri25   02 septembre 2020
"Si tu veux être à moi, je te ferai plus heureux que Dieu
lui-même dans son paradis; les anges te jalouseront.
Déchire ce funèbre linceul où tu vas t'envelopper; je suis
la beauté, je suis la jeunesse, je suis la vie ; viens à moi,
nous serons l'amour...
Commenter  J’apprécie          90
CoyotetiredCoyotetired   18 avril 2020
« Si tu veux être à moi, je te ferai plus heureux que Dieu lui-même dans son paradis ; les anges te jalouseront. Déchire ce funèbre linceul où tu vas t’envelopper ; je suis la beauté, je suis la jeunesse, je suis la vie ; viens à moi, nous serons l’amour. Que pourrait t’offrir Jéhovah pour compensation ? Notre existence coulera comme un rêve et ne sera qu’un baiser éternel.
« Répands le vin de ce calice, et tu es libre. Je t’emmènerai vers les îles inconnues ; tu dormiras sur mon sein, dans un lit d’or massif et sous un pavillon d’argent ; car je t’aime et je veux te prendre à ton Dieu, devant qui tant de nobles cœurs répandent des flots d’amour qui n’arrivent pas jusqu’à lui. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
PiertyMPiertyM   09 juillet 2014
L’épreuve est nécessaire à la vertu et l’or sort plus fin de la coupelle. Ne vous effrayez ni ne vous découragez ; les âmes les mieux gardées et les plus affermies ont eu de ces moments.
Commenter  J’apprécie          20
SNT59SNT59   28 janvier 2013
Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d'une minute pour vous faire perdre l'éternité.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Théophile Gautier (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Théophile Gautier
Trop souvent confondue avec son homonyme révolutionnaire Olympe de Gouges ou tout simplement oubliée, Olympe Audouard est pourtant une figure de proue du féminisme sous Napoléon III, qui n'a cessé de transgresser les normes en vigueur en franchissant la frontière de la sphère privée, seul espace autorisé aux femmes. Au coeur de la vie intellectuelle du Second Empire, elle a fondé pas moins de trois quotidiens, écrit une trentaine de livres et ferraillé avec la plupart des intellectuels et hommes de pouvoir contemporains, de Barbey d'Aurevilly à Zola en passant par le préfet Haussmann. Maîtresse d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo, protégée de Théophile Gautier, ses combats contre « le sexe barbu », notamment pour le droit au divorce, résonnent encore aujourd'hui. Celle que l'on surnomme la « Papillonne », du nom de son premier journal, est également une aventurière chevronnée : juchée sur les premiers chemins de fer, elle a observé de près la conquête de l'Ouest américain, les mouvements nihilistes russes, failli périr noyée dans un naufrage entre Alger et Marseille, affronté une tempête dans le désert avec Abd el-Kader… Un destin hors du commun, une figure qui a marqué son époque et que la nôtre gagnera à redécouvrir.
+ Lire la suite
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Le pied de momie

Le narrateur de la nouvelle est :

un parisien
un marchand
un prince

10 questions
290 lecteurs ont répondu
Thème : Le pied de momie et autres récits fantastiques de Théophile GautierCréer un quiz sur ce livre