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EAN : 9782081314795
160 pages
Éditeur : Flammarion (27/08/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.87/5 (sur 4878 notes)
Résumé :
Par une belle journée de printemps, depuis son jardin, un homme salue un superbe trois-mâts qui passe sur la Seine. Mais, rentré chez lui, il est saisi d'un étrange malaise. Bientôt surviennent des événements mystérieux. Chaque soir, de l'eau disparaît sans raison de la carafe posée sur sa table de chevet et son sommeil est interrompu par un même cauchemar : il croit sentir une créature invisible se pencher sur son corps et aspirer sa vie...

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Critiques, Analyses et Avis (292) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 juillet 2012
Voilà, c'est fait ! Il fallait bien que ça arrive un jour, le plus tard possible, mais non c'est tombé aujourd'hui. Je le gardais sous le coude pour les jours de grand froid, mais j'ai craqué avant, en plein été... « le Horla » était le dernier recueil de nouvelles De Maupassant qu'il me restait à découvrir. Je l'avais gardé exprès celui-là, jalousement, au chaud, dans le double fond de ma table de nuit. J'avais tout dévoré les autres, goulûment, à pleines bouchées, en m'en mettant plein la figure, sans en garder suffisamment dans le creux de mes poches. Et bien voilà, bien fait pour moi, je suis à sec maintenant, quelle tristesse. Il faut vite que je devienne amnésique pour remettre tout ça en route…
« le Horla » est une nouvelle très finement écrite, tout spécialement retravaillée pour la mise en recueil, avec le soupçon de lyrisme qui est propre au style de Guy de Maupassant et qui atteint un degré, parmi les plus élevés ici. Un homme, grand bourgeois ou châtelain normand, se construit une angoisse tenace qui finit par dévorer l'essentiel de son existence. Des éléments de surnaturel, qu'on ne sait dus aux événements mêmes ou aux défaillances de perception du narrateur, ponctuent les pages de son journal intime. Cette nouvelle est réellement parfaite dans son genre et dans sa catégorie de « contes de peur ou d'angoisse ». Mais il s'avère que, personnellement, ce n'est pas ce Maupassant-là que j'affectionne le plus. le régionaliste normand qu'il est me séduit souvent bien davantage et me procure de bien plus vifs plaisirs de lecture. Donc, si vous aimez la facette thriller de l'auteur, vous trouverez que c'est du grand art, pour ma part, j'aime bien mais sans plus.
La nouvelle suivante intitulée « amour », par exemple, bien que beaucoup plus modeste dans son développement et dans ses ambitions, étant typiquement dans la veine régionaliste normande, dans la droite ligne des « contes de la bécasse », m'a littéralement bouleversée. L'auteur y décrit dans son style sobre et efficace, en peu de mots, une scène de chasse et l'émouvant attachement d'un mâle sarcelle d'hiver pour sa femelle fraîchement abattue par les chasseurs. C'est du Maupassant pur jus, ou l'art de jouer juste, sur la corde de notre sensibilité.
« le trou » est l'une des fameuses comparutions devant le tribunal régional, dont il a le secret et où se traitent des différends aussi mesquins que tragiques, tels que l'attribution d'un emplacement de pêche à la ligne, avec les termes fleuris du patois local.
« Sauvée » nous raconte comment une femme s'y est prise pour obtenir son divorce, grâce aux bons soins d'une soubrette tout spécialement engagée pour créer l'adultère.
« Clochette » est encore le récit d'un de ces touchants destins de femmes, à l'instar de « La rempailleuse » dans les contes de la bécasse, qui ont sacrifié leur vie et leurs rêves à l'amour d'un seul homme.
« le marquis de Fumerol » nous présente les derniers instants d'un noble ayant rompu avec la religion et, ce faisant, ayant mené une vie libertine pas tout à fait du goût de sa famille.
Dans « le signe », Maupassant nous relate le piment qu'une femme "comme il faut" peut chercher à mettre dans son existence en "essayant", "juste une fois", de jouer à la dévergondée. Attention aux dommages collatéraux…
La nouvelle que je vous recommande tout particulièrement dans ce recueil est « le diable ». L'auteur nous remet le couvert de ces fins de vie des vieillards à la campagne, qui ne viennent jamais assez tôt et coûtent toujours un peu trop cher. C'est mon coup de coeur du recueil.
« Les rois » est une énième évocation de la guerre franco-prussienne de 1870, mais cette fois-ci sous un angle original. L'organisation d'un gueuleton à l'occasion de l'épiphanie. Vous imaginez bien qu'il faut que surgisse un petit malheur sinon Maupassant y perdrait sa réputation.
Les nouvelles « Au bois », « Une famille » et « Joseph » sont l'occasion pour l'auteur de retourner sur ses thèmes favoris, à savoir, respectivement les bonnes moeurs des honnêtes gens, la misère et le carcan de la vie familiale et un bon vieil adultère comme Maupassant les aime.
« L'auberge » est une étonnante scène de survenue de la démence dans un refuge alpin isolé.
Et enfin « le vagabond » est la dernière de mes favorites pour ce recueil, avec une dénonciation sociale forte et bien menée sur un charpentier, contraint de quitter son village natal faute de travail, qui se démène sur les routes pour trouver de l'ouvrage mais que les braves gens laissent crever de faim, et qui finalement, termine par se rendre coupable de tous les maux dont on l'accusait tandis qu'il était encore innocent et qui pour une journée de délits par moisir vingt ans en prison. Bel exemple de ce que la société peut produire comme délinquance quand elle est incapable de donner du travail et de la dignité à chacun.
Pour conclure, un bon recueil, solide, homogène, plaisant, mais pas mon préféré d'où mes quatre étoiles sur cinq, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire pas grand-chose.
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ninosairosse
  02 juin 2020
♫N'allez pas croire à ces histoires, d'esprits qui tapent dans les placards
Il n'existe rien de la sorte, ni corbeau cloué sur les portes
Ni sorcières aux cris de hiboux, ni vampires qui vous tiennent par le cou, n'y croyez pas non
N'y croyez pas non♫
le Fantôme-Le Soldat Rose2-Francis Cabrel- 2013-
N'importe Nawak qu'est ce que c'est que ce mic-mac !?
Kezako ! même pas encore dans le dico !
Le Horla tu n'existes pas
Moi j'ai même pas peur de toi !
Comme il est profond ce mister invisible
paroxysme mort, face cachée et l'envers du décor
le double est déchirement, l'âme engourdit notre corps
Je ne me vois plus dans la glace, un double a pris ma place
mon image n'était pas dedans et j'étais en face
que vouliez vous que je fasse, en cas de danger.... briser la glace
Dépossession de soi, avoir été et être un autre à la fois.....
Matérialiser la folie par la ponctuation, tous les points se bousculent laissent place aux points virgules
suspension, exclamation et interrogation remplacent l'ultime identification
Cette Edition utilise le calque pour matérialiser cet être opaque voire transparent....
C'est comme pour le vent,
jamais tu ne le vois
mais pourtant tu l'entends.....🌬





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palamede
  16 décembre 2016
Angoisse…Hallucinations…Folie…
Un bourgeois, riverain de la Seine, raconte comment il a été saisi d'une angoisse grandissante à la découverte d'une présence invisible malfaisante qu'il a nommé le Horla.
« Attendez. L'Être ! Comment le nommerai-je ? L'Invisible. Non cela ne suffit pas. Je l'ai baptisé le Horla. Pourquoi ? Je ne sais point. Donc le Horla ne me quittait plus guère. J'avais jour et nuit la sensation, la certitude de la présence de cet insaisissable voisin, et la certitude aussi qu'il prenait ma vie, heure par heure, minute par minute. » Il le perçoit, il le sent, mais il ne le voit pas. D'où vient le Horla ? De son âme tourmentée ou de son corps consumé ? De son corps consumé qui tourmente son âme ?
Quelle force, quelle suggestion, merveilleux Maupassant qui exprime mieux que personne la déraison dans ce conte effrayant dont il a écrit, peu temps avant que la maladie le conduise à l'enfermement, trois versions pour parvenir à ce chef d'œuvre de la littérature fantastique.
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LydiaB
  06 mai 2017
Maupassant est incontestablement le maître de la Nouvelle. Jonglant avec brio du texte réaliste ("Aux champs" ; "Le Papa de Simon") au texte fantastique ("Le Horla"), il surprend le lecteur par sa finesse et sa façon de mettre en relief ce qu'il veut dénoncer. Il est vrai que je l'apprécie tout particulièrement dans cet exercice.
"Le Horla" reste ma Nouvelle préférée (que je viens de relire pour la … fois… je ne compte plus). Cette façon de mettre en scène ce narrateur hanté par un être invisible qui l'obsède à tel point qu'il dépérit est sublime. Et ce qui est fascinant, je trouve, c'est de ne pas savoir si le narrateur est l'auteur. Certains pourront y voir une simple Nouvelle fantastique, d'autres y trouveront des indices autobiographiques donnant une autre dimension à cette histoire. Lorsqu'on sait que Maupassant commençait à être atteint de folie, cela peut donner à réfléchir.
Lien : https://promenadesculturelle..
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valsing
  25 mars 2018
Dites-moi ce qu'il fait là
Ce Hors'la-loi
Débarrassez-m'en
C'est mon Tourment
Tel un Amant
Il me suit je le fuis
Il me fuit je le suis
Débarrassez-m'en
Tel un Aimant
Il m'aspire je m'extirpe
Il m'extirpe je l'inspire
Le Horla
C'est Lui
C'est Moi
Affronter le trépas
Sera-ce notre Ultime Combat ?
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Citations et extraits (293) Voir plus Ajouter une citation
ralbolralbol   30 octobre 2010
Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
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Nastasia-BNastasia-B   15 août 2012
Sur le perron, une dame apparut, parée pour la visite, coiffée pour la visite, avec des phrases prêtes pour la visite. Ce n’était plus la fillette blonde et fade que j’avais vue à l’église quinze ans plus tôt, mais une grosse dame à falbalas et à frisons, une de ces dames sans âge, sans caractère, sans élégance, sans esprit, sans rien de ce qui constitue une femme. C’était une mère, enfin, une grosse mère banale, la pondeuse, la poulinière humaine, la machine de chair qui procrée sans autre préoccupation dans l’âme que ses enfants et son livre de cuisine.
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LuniverLuniver   29 octobre 2012
» Tu ne me comprends pas ? Écoute. Deux corps se heurtent. L'air vibre. Ces vibrations sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins rapides, plus ou moins fortes, selon la nature du choc. Or, nous avons dans l'oreille une petite peau qui reçoit ces vibrations de l'air et les transmet au cerveau sous forme de son. Imagine qu'un verre d'eau se change en vin dans ta bouche. Le tympan accomplit cette incroyable métamorphose, ce surprenant miracle de changer le mouvement en son. Voilà.

» La musique, cet art complexe et mystérieux, précis comme l'algèbre et vague comme un rêve, ne vient donc que de la propriété étrange d'une petite peau. Elle n'existerait point, cette peau, que le son n'existerait pas, puisque par lui-même, il n'est qu'une vibration. Sans l'oreille, devinerait-on la musique ? Non. Et bien ! nous sommes entourés de choses que nous ne soupçonnerons jamais, parce que les organes nous manquent qui nous les révéleraient.
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MoonBearMoonBear   25 novembre 2018
12 mai. - J'ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste.

D'où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l'air, l'air invisible est plein d'inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m'éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. - Pourquoi ? - Je descends le long de l'eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m'attendait chez moi. - Pourquoi ? - Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables.

Comme il est profond, ce mystère de l'Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d'une étoile, ni les habitants d'une goutte d'eau... avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l'air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l'agitation muette de la nature... avec notre odorat, plus faible que celui du chien... avec notre goût, qui peut à peine discerner l'âge d'un vin !

Ah ! si nous avions d'autres organes qui accompliraient en notre faveur d'autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !
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Nastasia-BNastasia-B   18 août 2012
Il s’indignait de l’injustice du sort et s’en prenait aux hommes, à tous les hommes, de ce que la nature, la grande mère aveugle, est inéquitable, féroce et perfide.
Il répétait, les dents serrées : « Tas de cochons ! » en regardant la mince fumée grise qui sortait des toits, à cette heure du dîner. Et, sans réfléchir à cette autre injustice, humaine, celle-là, qui se nomme violence et vol, il avait envie d’entrer dans une de ces demeures, d’assommer les habitants et de se mettre à table, à leur place.
Il disait : « J’ai pas le droit de vivre, maintenant… puisqu’on me laisse crever de faim… je ne demande qu’à travailler, pourtant… tas de cochons ! » Et la souffrance de ses membres, la souffrance de son ventre, la souffrance de son cœur lui montaient à la tête comme une ivresse redoutable, et faisaient naître, en son cerveau, cette idée simple : « J’ai le droit de vivre, puisque je respire, puisque l’air est à tout le monde. Alors, donc, on n’a pas le droit de me laisser sans pain ! »
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Vidéo de Guy de Maupassant
Alors que nous célébrons cette année le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, Véronique Bui, maître de conférences en Littérature française du XIXe siècle à l'Université le Havre Normandie, évoque la correspondance entre deux écrivains normands, Flaubert et Maupassant. Cette correspondance fait l'objet d'un livre qui vient de paraître, "La terre a des limites, mais la bêtise humaine est infinie", dont Véronique Bui a signé la préface.
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