AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081314797
Éditeur : Flammarion (27/08/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.86/5 (sur 4427 notes)
Résumé :
Par une belle journée de printemps, depuis son jardin, un homme salue un superbe trois-mâts qui passe sur la Seine. Mais, rentré chez lui, il est saisi d'un étrange malaise. Bientôt surviennent des événements mystérieux. Chaque soir, de l'eau disparaît sans raison de la carafe posée sur sa table de chevet et son sommeil est interrompu par un même cauchemar : il croit sentir une créature invisible se pencher sur son corps et aspirer sa vie...

Confronta... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (268) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 juillet 2012
Voilà, c'est fait ! Il fallait bien que ça arrive un jour, le plus tard possible, mais non c'est tombé aujourd'hui. Je le gardais sous le coude pour les jours de grand froid, mais j'ai craqué avant, en plein été... « le Horla » était le dernier recueil de nouvelles De Maupassant qu'il me restait à découvrir. Je l'avais gardé exprès celui-là, jalousement, au chaud, dans le double fond de ma table de nuit. J'avais tout dévoré les autres, goulûment, à pleines bouchées, en m'en mettant plein la figure, sans en garder suffisamment dans le creux de mes poches. Et bien voilà, bien fait pour moi, je suis à sec maintenant, quelle tristesse. Il faut vite que je devienne amnésique pour remettre tout ça en route…
« le Horla » est une nouvelle très finement écrite, tout spécialement retravaillée pour la mise en recueil, avec le soupçon de lyrisme qui est propre au style de Guy de Maupassant et qui atteint un degré, parmi les plus élevés ici. Un homme, grand bourgeois ou châtelain normand, se construit une angoisse tenace qui finit par dévorer l'essentiel de son existence. Des éléments de surnaturel, qu'on ne sait dus aux événements mêmes ou aux défaillances de perception du narrateur, ponctuent les pages de son journal intime. Cette nouvelle est réellement parfaite dans son genre et dans sa catégorie de « contes de peur ou d'angoisse ». Mais il s'avère que, personnellement, ce n'est pas ce Maupassant-là que j'affectionne le plus. le régionaliste normand qu'il est me séduit souvent bien davantage et me procure de bien plus vifs plaisirs de lecture. Donc, si vous aimez la facette thriller de l'auteur, vous trouverez que c'est du grand art, pour ma part, j'aime bien mais sans plus.
La nouvelle suivante intitulée « amour », par exemple, bien que beaucoup plus modeste dans son développement et dans ses ambitions, étant typiquement dans la veine régionaliste normande, dans la droite ligne des « contes de la bécasse », m'a littéralement bouleversée. L'auteur y décrit dans son style sobre et efficace, en peu de mots, une scène de chasse et l'émouvant attachement d'un mâle sarcelle d'hiver pour sa femelle fraîchement abattue par les chasseurs. C'est du Maupassant pur jus, ou l'art de jouer juste, sur la corde de notre sensibilité.
« le trou » est l'une des fameuses comparutions devant le tribunal régional, dont il a le secret et où se traitent des différends aussi mesquins que tragiques, tels que l'attribution d'un emplacement de pêche à la ligne, avec les termes fleuris du patois local.
« Sauvée » nous raconte comment une femme s'y est prise pour obtenir son divorce, grâce aux bons soins d'une soubrette tout spécialement engagée pour créer l'adultère.
« Clochette » est encore le récit d'un de ces touchants destins de femmes, à l'instar de « La rempailleuse » dans les contes de la bécasse, qui ont sacrifié leur vie et leurs rêves à l'amour d'un seul homme.
« le marquis de Fumerol » nous présente les derniers instants d'un noble ayant rompu avec la religion et, ce faisant, ayant mené une vie libertine pas tout à fait du goût de sa famille.
Dans « le signe », Maupassant nous relate le piment qu'une femme "comme il faut" peut chercher à mettre dans son existence en "essayant", "juste une fois", de jouer à la dévergondée. Attention aux dommages collatéraux…
La nouvelle que je vous recommande tout particulièrement dans ce recueil est « le diable ». L'auteur nous remet le couvert de ces fins de vie des vieillards à la campagne, qui ne viennent jamais assez tôt et coûtent toujours un peu trop cher. C'est mon coup de coeur du recueil.
« Les rois » est une énième évocation de la guerre franco-prussienne de 1870, mais cette fois-ci sous un angle original. L'organisation d'un gueuleton à l'occasion de l'épiphanie. Vous imaginez bien qu'il faut que surgisse un petit malheur sinon Maupassant y perdrait sa réputation.
Les nouvelles « Au bois », « Une famille » et « Joseph » sont l'occasion pour l'auteur de retourner sur ses thèmes favoris, à savoir, respectivement les bonnes moeurs des honnêtes gens, la misère et le carcan de la vie familiale et un bon vieil adultère comme Maupassant les aime.
« L'auberge » est une étonnante scène de survenue de la démence dans un refuge alpin isolé.
Et enfin « le vagabond » est la dernière de mes favorites pour ce recueil, avec une dénonciation sociale forte et bien menée sur un charpentier, contraint de quitter son village natal faute de travail, qui se démène sur les routes pour trouver de l'ouvrage mais que les braves gens laissent crever de faim, et qui finalement, termine par se rendre coupable de tous les maux dont on l'accusait tandis qu'il était encore innocent et qui pour une journée de délits par moisir vingt ans en prison. Bel exemple de ce que la société peut produire comme délinquance quand elle est incapable de donner du travail et de la dignité à chacun.
Pour conclure, un bon recueil, solide, homogène, plaisant, mais pas mon préféré d'où mes quatre étoiles sur cinq, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1042
palamede
  16 décembre 2016
Angoisse…Hallucinations…Folie…
Un bourgeois, riverain de la Seine, raconte comment il a été saisi d'une angoisse grandissante à la découverte d'une présence invisible malfaisante qu'il a nommé le Horla.
« Attendez. L'Être ! Comment le nommerai-je ? L'Invisible. Non cela ne suffit pas. Je l'ai baptisé le Horla. Pourquoi ? Je ne sais point. Donc le Horla ne me quittait plus guère. J'avais jour et nuit la sensation, la certitude de la présence de cet insaisissable voisin, et la certitude aussi qu'il prenait ma vie, heure par heure, minute par minute. » Il le perçoit, il le sent, mais il ne le voit pas. D'où vient le Horla ? De son âme tourmentée ou de son corps consumé ? De son corps consumé qui tourmente son âme ?
Quelle force, quelle suggestion, merveilleux Maupassant qui exprime mieux que personne la déraison dans ce conte effrayant dont il a écrit, peu temps avant que la maladie le conduise à l'enfermement, trois versions pour parvenir à ce chef d'œuvre de la littérature fantastique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          886
LydiaB
  06 mai 2017
Maupassant est incontestablement le maître de la Nouvelle. Jonglant avec brio du texte réaliste ("Aux champs" ; "Le Papa de Simon") au texte fantastique ("Le Horla"), il surprend le lecteur par sa finesse et sa façon de mettre en relief ce qu'il veut dénoncer. Il est vrai que je l'apprécie tout particulièrement dans cet exercice.
"Le Horla" reste ma Nouvelle préférée (que je viens de relire pour la … fois… je ne compte plus). Cette façon de mettre en scène ce narrateur hanté par un être invisible qui l'obsède à tel point qu'il dépérit est sublime. Et ce qui est fascinant, je trouve, c'est de ne pas savoir si le narrateur est l'auteur. Certains pourront y voir une simple Nouvelle fantastique, d'autres y trouveront des indices autobiographiques donnant une autre dimension à cette histoire. Lorsqu'on sait que Maupassant commençait à être atteint de folie, cela peut donner à réfléchir.
Lien : https://promenadesculturelle..
Commenter  J’apprécie          7312
Krout
  16 décembre 2016
Qu'est-ce dont cela ? Hou-là ! le Horla. Que fait-il là, caché dans ma bibliothèque ? Curieux, j'ai pourtant arrêté la lecture des "classiques" pour oublier cette époque maudite. Celle-là même des lectures imposées ! Que dire des peurs engendrées aux élèves en souffrance, réelles ou fantasmées (mais y en a-t-il d'autres ?). Cette peur qui vous paralyse et vous empêche de répondre. Et cette rage qui vous envahi et vous submerge, à perdre la raison. Et pourtant en votre très fort intérieur vous le savez : la lecture devrait n'être que source de liberté et plaisir de découverte. Pas un carcan, pas une camisole ! Pas une dictée ! le contraire de la pensée unique. Conneries que ces analyses formatées, ces interprétations à apprendre servilement par coeur.
Je me suis vengé. Sauvagement ! Il faut dire que j'étais un peu fou alors. J'ai bravé la peur. Il faut voir le Balzac, ce tireur de pages à longueur de cafés, comme je l'ai descendu son "chef d'oeuvre inconnu". Eh bien, qu'il le reste ! Or ne voilà-t-il pas qu'il nous fut donné des nouvelles à analyser, je tirai (et non l'inverse, de la tenue SVP. ) "Les contes de la bécasse". Il se fait que j'appréciais ce passant au style concis et vivace qui contait allégrement d'innombrables faits divers, le plus souvent glanés au cours de longues promenades dans les bocages normands. Il n'était pas question de le démolir, celui que je prenais alors pour Mon passant, mais bien de ridiculiser la méthode obligée. Ce fut une démonstration mémorable : l'explication détaillée de ces contes sur base de leur seul titre partant du découpage 3, 6, 2, 2, 7 jusqu'au nombre et position des S. Pour enfin conclure qu'il ne fallait donc pas s'étonner d'en trouver sans ailes ! Murmures et chuchotements pendant tout l'exposé. "Il va se faire péter" disaient les uns "Il est complètement fou" disaient les autres. J'ai ramassé un 18 pour le reste, je m'interroge encore. "Sont-ils étranges, ces anciens souvenirs qui vous hantent sans qu'on puisse se défaire d'eux !"
Ceci pour bien vous faire comprendre que ce livre n'a rien à faire dans ma bibliothèque. Car je ne veux plus revivre ces tourments honnis. Et plus troublant encore, des pages sont cornées. Ce que je ne fais jamais, et ne me rappelle avoir jamais fait. Mais les marques sont pourtant bien visibles. Comme l'est aussi ce soulignement inopportun de Invisible que je trouve complètement inutile au vu de la majuscule suffisamment explicite. Je n'ai jamais marqué mes livres. Alors, d'où vient cette accolade et ce triangle contenant un ! que j'utilisais dans mes cours ? Et justement en face de ce passage qui m'interpelle aujourd'hui : "Ceux qui le dirigent (le peuple, troupeau imbécile) sont aussi sots; mais au lieu d'obéir à des hommes, ils obéissent à des principes lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu'ils sont des principes, c'est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l'on est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion." Alors, qui ? Inquiétant, d'autant que le livre se trouve dans une armoire fermée. Tout près de ma chambre... et le plancher craque. Alors, comment ?
Les mains moites et tremblantes, les sursauts incontrôlables, les poils qui se hérissent, les ai-je connu. Et cette envie de se cogner aux murs... Bref ce qui fait vraiment peur dans cette courte nouvelle qui décrit si bien l'approche de la folie ce n'est pas tant son contenu, c'est, c'est ... eh bien, hélas c'est... de se retrouver en terrain connu.
"9 août - Rien, mais j'ai peur.
10 août - Rien ; mais qu'arrivera-t-il demain ?"
Je le connaissais fine gâchette et chaud lapin, une combinaison avouons le dangereuse pour l'esprit. Je ne le savais pas souffrant à ce point, c'est donc bien De Maupassant ;) Sur ce, je vais maintenant cacher cette clé et étaler de la farine sur le sol... Rira bien, qui rira le dernier.
Sinon parmi les autres nouvelles du recueil : mentions spéciales pour le signe (léger et primesautier) et le trou (Normand pour sûr, délectable).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          556
BazaR
  15 novembre 2018
Formidable premier contact avec Guy de Maupassant.
Je ne suis pas un grand fan des récits ayant pour thème la folie. Je crois que cela est lié à mon esprit profondément rationnel qui déteste manque de prises sur laquelle la raison puisse s'appuyer. C'est aussi probablement un écho d'une peur profonde d'un univers qui serait incontrôlable, non-analysable, chaotique. La raison et sa fille la science donnent une impression de maîtrise très rassurante de son environnement ; dans un univers que l'on peut comprendre et même prédire, on se sent plus en sécurité. Mais la folie ?
Eh bien sans le vouloir, je viens dans le paragraphe précédent de plagier le Maupassant du Horla (avec beaucoup moins de talent).
Nous avons un homme qui est le produit de sa civilisation issue des Lumières, qui aime que son cosmos fasse sens, et qui d'un coup se retrouve face à des phénomènes inexplicables dans sa maison et dans son propre corps, dans sa propre âme. La terreur l'envahit – la même que celle qui me prend à l'idée d'un univers qui rirait de la raison – et pourtant il l'approche avec une impeccable rationalité. Il cherche l'explication dans l'hypnose et le « magnétisme » tel que présentés par Mesmer. Il effectue des expériences avec ses bouteilles d'eau bues dans la nuit. Il pose des hypothèses et en déduit une stratégie de défense.
Le journal qu'il écrit montre un style remarquable (celui de Maupassant) qui n'évoque certainement pas la folie furieuse. Pourtant, ses phrases analytiques évoquent la terreur, la folie, la perte du sommeil, et l'existence d'être venus d'ailleurs dans l'univers pour lesquels nous ne serions que des scarabées. Lovecraft a-t-il lu Maupassant ?
Cet homme est-il fou ? Peut-être, mais d'une folie qui permet l'accès à la raison tout en l'emprisonnant dans un monde qui n'existe peut-être que dans son esprit. Ça me rappelle Shutter Island.
Le style littéraire de cette nouvelle est délicieux. C'est donc cela, lire Maupassant ? En dehors du thème principal, on se régale à lire ses regards en biais sur son époque et son amour de la nature proche de celui des Impressionnistes. J'ai appris que Guy de Maupassant avait écrit le Horla à une époque où lui-même était sous la coupe de stupéfiants. Il a visiblement réussi à faire émerger de son état une remarquable créativité.
Le recueil que j'ai lu contient quatre autres nouvelles fantastiques plus anciennes qui mettent chacune en avant un aspect de ce qui sera beaucoup plus élaboré dans le Horla. « Un Fou ? » décrit un homme doué de talents de magnétisme, « Lettre d'un Fou » l'effroi de savoir qu'une force indicible est présente dans sa maison. « Une Folle » et « La peur » s'éloignent un peu du sujet. Quoique de style agréable, aucune de ces nouvelles ne vaut devant le Horla.
Bon, à présent que j'y ai goûté, je reviendrai vers Maupassant. Cela au moins n'est pas une folie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5812
Citations et extraits (288) Voir plus Ajouter une citation
mongebmongeb   13 février 2020
Aucun changement ! Mon état, vraiment, est bizarre.

À mesure qu’approche le soir, une inquiétude incompréhensible m’envahit, comme si la nuit cachait pour moi une menace terrible. Je dîne vite, puis j’essaye de lire ; mais je ne comprends pas les mots ; je distingue à peine les lettres. Je marche alors dans mon salon de long en large, sous l’oppression d’une crainte confuse et irrésistible, la crainte du sommeil et la crainte du lit. Vers dix heures, je monte donc dans ma chambre. À peine entré, je donne deux tours de clef, et je pousse les verrous ; j’ai peur… de quoi ?… Je ne redoutais rien jusque ici… j’ouvre mes armoires, je regarde sous mon lit ; j’écoute… j’écoute… quoi ?… Est-ce étrange qu’un simple malaise, un trouble de la circulation peut-être, l’irritation d’un filet nerveux, un peu de congestion, une toute petite perturbation dans le fonctionnement si imparfait et si délicat de notre machine vivante, puisse faire un mélancolique du plus joyeux des hommes, et un poltron du plus brave ? Puis, je me couche, et j’attends le sommeil comme on attendrait le bourreau.

Je l’attends avec l’épouvante de sa venue ; et mon cœur bat, et mes jambes frémissent ; et tout mon corps tressaille dans la chaleur des draps, jusqu’au moment où je tombe tout à coup dans le repos, comme on tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau stagnante. Je ne le sens pas venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m’anéantir.

Je dors — longtemps — deux ou trois heures — puis un rêve — non — un cauchemar m’étreint. Je sens bien que je suis couché et que je dors,… je le sens et je le sais… et je sens aussi que quelqu’un s’approche de moi, me regarde, me palpe, monte sur mon lit, s’agenouille sur ma poitrine, me prend le cou entre ses mains et serre… serre… de toute sa force pour m’étrangler.

Moi, je me débats, lié par cette impuissance atroce, qui nous paralyse dans les songes ; je veux crier, — je ne peux pas ; — je veux remuer, — je ne peux pas ; — j’essaye, avec des efforts affreux, en haletant, de me tourner, de rejeter cet être qui m’écrase et qui m’étouffe,— je ne peux pas !.

Et soudain, je m’éveille, affolé, couvert de sueur, J’allume une bougie. Je suis seul.

Après cette crise, qui se renouvelle toutes les nuits, je dors enfin, avec calme, jusqu’à l’aurore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ralbolralbol   30 octobre 2010
Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2003
Nastasia-BNastasia-B   15 août 2012
Sur le perron, une dame apparut, parée pour la visite, coiffée pour la visite, avec des phrases prêtes pour la visite. Ce n’était plus la fillette blonde et fade que j’avais vue à l’église quinze ans plus tôt, mais une grosse dame à falbalas et à frisons, une de ces dames sans âge, sans caractère, sans élégance, sans esprit, sans rien de ce qui constitue une femme. C’était une mère, enfin, une grosse mère banale, la pondeuse, la poulinière humaine, la machine de chair qui procrée sans autre préoccupation dans l’âme que ses enfants et son livre de cuisine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
LuniverLuniver   29 octobre 2012
» Tu ne me comprends pas ? Écoute. Deux corps se heurtent. L'air vibre. Ces vibrations sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins rapides, plus ou moins fortes, selon la nature du choc. Or, nous avons dans l'oreille une petite peau qui reçoit ces vibrations de l'air et les transmet au cerveau sous forme de son. Imagine qu'un verre d'eau se change en vin dans ta bouche. Le tympan accomplit cette incroyable métamorphose, ce surprenant miracle de changer le mouvement en son. Voilà.

» La musique, cet art complexe et mystérieux, précis comme l'algèbre et vague comme un rêve, ne vient donc que de la propriété étrange d'une petite peau. Elle n'existerait point, cette peau, que le son n'existerait pas, puisque par lui-même, il n'est qu'une vibration. Sans l'oreille, devinerait-on la musique ? Non. Et bien ! nous sommes entourés de choses que nous ne soupçonnerons jamais, parce que les organes nous manquent qui nous les révéleraient.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
Nastasia-BNastasia-B   18 août 2012
Il s’indignait de l’injustice du sort et s’en prenait aux hommes, à tous les hommes, de ce que la nature, la grande mère aveugle, est inéquitable, féroce et perfide.
Il répétait, les dents serrées : « Tas de cochons ! » en regardant la mince fumée grise qui sortait des toits, à cette heure du dîner. Et, sans réfléchir à cette autre injustice, humaine, celle-là, qui se nomme violence et vol, il avait envie d’entrer dans une de ces demeures, d’assommer les habitants et de se mettre à table, à leur place.
Il disait : « J’ai pas le droit de vivre, maintenant… puisqu’on me laisse crever de faim… je ne demande qu’à travailler, pourtant… tas de cochons ! » Et la souffrance de ses membres, la souffrance de son ventre, la souffrance de son cœur lui montaient à la tête comme une ivresse redoutable, et faisaient naître, en son cerveau, cette idée simple : « J’ai le droit de vivre, puisque je respire, puisque l’air est à tout le monde. Alors, donc, on n’a pas le droit de me laisser sans pain ! »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Videos de Guy de Maupassant (104) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy de Maupassant
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com//emission/victoria-mas-le-bal-des-folles-51653.html
Elle est l'une des révélations littéraires de cette fin d'année 2019. Avec son « Bal des folles », Victoria Mas a su se faire un prénom. Evoluant depuis sa naissance dans un univers artistique auprès de sa mère, la chanteuse Jeanne Mas, la jeune Victoria découvre la littérature à l'adolescence avec Maupassant puis Marguerite Duras. Son envie d'écrire la pousse à des études littéraires même si ses premiers pas professionnels seront dans le cinéma en tant qu'assistante de production. S'intéressant à la place de la femme et à l'évolution de la société à la fin du XIXème siècle, elle découvre ce fameux bal des folles que Jean-Martin Charcot avait instauré pour les femmes internées à l'hôpital de la Salpêtrière. Là, une fois par an, la bonne société parisienne venait danser avec ces démentes, costumées et grimées. Comble du voyeurisme mais aussi véritable exercice thérapeutique, ce bal était l'occasion pour ces pauvres femmes de sortir de leur isolement au cours d'une soirée mais aussi lors des semaines la précédant. Prenant prétexte de ce fait authentique, Victoria Mas a su plonger au coeur de la personnalité de ses personnages, se focalisant sur trois femmes, Eugénie, Louise et Geneviève, chacune avec son histoire, ses fragilités et ses résistances. S'appuyant sur une documentation sérieuse sans sacrifier à la qualité de l'écriture, la jeune primo-romancière nous offre un livre très abouti, qui résonne étrangement avec notre époque contemporaine. Dans ce Paris des années 1885 en pleine évolution, où les plus faibles sont laissés de côté, le roman interpelle sur la place des femmes et le rôle de la médecine, à une époque où les asiles étaient aussi la possibilité de se débarrasser de ceux que l'on jugeait différents. Un sujet passionnant et un livre très réussi. « Le bal des folles » de Victoria Mas est publié chez Albin Michel.
+ Lire la suite
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Maupassant es-tu là?

Quel écrivain Maupassant eut-il pour maître d'écriture?

Charles Baudelaire
Gustave Flaubert
Barbey d'Aurévilly
Tourgueneff

7 questions
250 lecteurs ont répondu
Thème : Guy de MaupassantCréer un quiz sur ce livre
.. ..