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Dominique Fleur-Schulthess (Éditeur scientifique)Claudine Zenou-Grinstein (Éditeur scientifique)
ISBN : 2011678501
Éditeur : Hachette Education (28/11/2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.34/5 (sur 896 notes)
Résumé :
Une beauté merveilleuse... Un corps parfait, des contours si purs, des formes exquises et voluptueuses. Mais un visage... Un visage où l'incroyable beauté le dispute au dédain, à l'ironie, à la froide cruauté... C'est Vénus sortie de terre, l'idole redoutable et magnifique. Éternelle. Fascinante.
A quoi songeait l'impétueux jeune homme en lui passant l'anneau nuptial ? Le malheureux ! Quel infernal hymen vient-il de sceller ? Car c'est elle l'épousée. Elle qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
08 octobre 2015
Étrange comme, parfois, on se fait des idées ; on croit connaître une histoire et en fait, pas du tout. C'est exactement ce qui s'est passé pour moi avec "La Vénus d'Ille", un roman fantastique qui m'a fait froid dans le dos.
La narrateur, archéologue et antiquaire (il est assez facile de faire le lien avec l'auteur), se déplace de Paris à Perpignan pour mieux connaître le Roussillon et son patrimoine. A une époque où l'archéologie et l'Antiquité exercent un puissant magnétisme sur les intellectuels, on n'a aucune difficulté à se représenter le contexte. Son hôte, Mr de Peyrehorade, antiquaire enrichi, lui fait part dès son arrivée d'une trouvaille extraordinaire : la statue d'une Vénus en cuivre trouvée enterrée sous un vieil olivier. Ladite statue représente une femme à la plastique idéale, quasi surnaturelle, mais qui trahit dans son expression une insensibilité frôlant la cruauté. Or des "incidents" ont déjà frappé quelques unes des personnes ayant approché "l'Idole", comme la nomment les autochtones.
Au fil du récit, une atmosphère très particulière se met en place, faite de sensations paranormales, de mystère et d'érotisme. Le narrateur ignorait qu'en arrivant chez Mr de Peyrehorade, il débarquerait en pleine noce, car son hôte marie son fils, et d'étranges phénomènes se produisent, inquiétants et aptes à rendre superstitieux les esprits les plus cartésiens. Une tragédie antique pourrait bien avoir été déterrée en même temps que la Vénus...
J'ai enfin trouvé dans une oeuvre classique le "fantastique frisson fantastique" qu'on m'avait promis de trouver et que j'ai cherché en vain dans "Le Portrait de Dorian Gray" de Wilde et le "Horla" de Maupassant. De plus, le style de Prosper Mérimée est efficace et simple, parfaitement digeste.

Challenge 19ème siècle 2015
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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Eric76
17 décembre 2015
Après avoir réussi à traduire en tâtonnant la mystérieuse inscription latine gravée sur le socle de la statue de Vénus trouvée dans le petit village d'Ille, le gentil et serviable archéologue parisien aurait mieux fait de prendre ses jambes à son cou et de rentrer vite fait à la capitale.
« Prends garde à toi si elle t'aime. »
Propos peu rassurants pour celui qui veut vivre longtemps et en paix ! Surtout quand ils proviennent d'une Vénus unique par sa beauté resplendissante, mais aussi par son expression. Une expression si cruelle, si haineuse que, face à elle, on baisse le regard de crainte.
Le bas peuple, lui, a déjà tout compris : cette statue est maudite. Notre pimpant archéologue et la famille de Peyrehorade chez qui il est accueilli n'en croient rien. Ces scientifiques, ces érudits cartésiens balaient d'un revers de main méprisant ces sornettes d'ignorants et de superstitieux. Funeste erreur.
Il faut dire que de Peyrehorade père et fils sont deux véritables goujats. le fils qui va bientôt se marier méprise souverainement sa future épouse, ne songeant qu'à l'argent qu'elle va lui apporter. Quant au père, il se fiche comme d'une guigne de ce mariage et de sa bru. Insupportable pour Vénus, déesse de l'amour, qui s'en va derechef s'expliquer avec ces deux grossiers personnages d'une manière qu'on peut qualifier d'hétérodoxe et d'expéditive. Notre aimable archéologue parvient à rentrer à Paris, certes ébranlé dans certaines de ses certitudes, mais toujours vivant.
Une nouvelle à la lisière du fantastique qui se lit en une petite heure. L'écriture de Prosper Mérimée est simple et limpide, et pourtant d'une grande richesse. Un vrai et très grand plaisir.
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Rebus
21 décembre 2015
Le narrateur, archéologue parisien de son état, se rend dans le Roussillon, à Ille, rendre visite à Monsieur de Peyrehorade. Celui-ci a un trésor dans son jardin : une magnifique statue de cuivre, au corps parfait et voluptueux, à la mine cruelle et ironique, déterrée par hasard et érigée sous l'olivier. Une Vénus. Mais cette statue est maudite, à en croire les habitants du village d'Ille. La preuve, Jean Coll, un modeste ouvrier, s'est blessé en aidant à la déterrer…
Monsieur de Peyrehorade marie son fils 2 jours après l'arrivée de l'archéologue. le futur marié est un peu fat, un peu sot, donne un prix à tout, mais il est très habile au jeu de paume. le jour de son mariage, il fait d'ailleurs une partie, en prenant soin de passer au doigt de la Vénus la bague destinée à sa fiancée…
Un court roman, mené d'une main de maître. Tout est dans la suggestion, le fantastique est ancré dans l'imagination, le malheur pèse sur le récit, inexorablement. L'écriture est limpide, précise, sans fioriture. Une jolie redécouverte.
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PiertyM
17 janvier 2015
Une curieuse nouvelle fantastique! Une statue de venus faite de cuivre est découverte sous l'olivier M. de Peyrehorade, elle va d'un seul coup enfiévrer des ragots parce que, lors de son transport, survient un accident par lequel Jean Coll va perdre sa jambe, mauvais signe pour des villageois d'Ille....depuis lors, la statue est devenue causes des événements de malheur, surtout quand surviendra la mort mystérieuse du fils de son propriétaire, M. de Peyrehorade pendant sa nuit nuptiale...
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colimasson
02 décembre 2013
La Vénus d'Ille fait partie de ces nouvelles qui traînent à leurs basques une réputation telle qu'il ne semble plus utile de les lire pour les connaître. Les commentaires, résumés et explications issus de la Vénus sont si nombreux qu'on imagine un récit à rallonge tenant davantage du roman court que de la nouvelle. En réalité, La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée est très courte et peu loquace.

Le narrateur, un archéologue parisien, se rend en province dans la commune d'Ille auprès de la famille de Peyrehorade afin d'observer une antiquité mise à jour récemment –la fameuse Vénus. Véritable arlésienne, celle-ci tarde à faire son apparition. le narrateur fait bon voyage, rencontre les Peyrehorade, observe ses hôtes, partage un repas avec eux, parle à des autochtones, s'attendrissant presque de l'aura de superstition qui tourne autour de la figure de la statue. Elle a blessé le pauvre Jean Coll après que celui-ci lui a malencontreusement asséné un coup de pelle et cela suffit pour déchaîner les fureurs et les passions. Finalement, le narrateur finit par découvrir la fameuse Vénus. Tout se joue à ce moment-là du texte et Prosper Mérimée espère développer le sentiment de fantastique de sa nouvelle en quelques courtes pages de descriptions, parsemées d'impressions fugaces et incertaines. Comme un burineur, l'écrivain martèle par endroits, ébauchant une sensation et l'abandonnant à l'inspiration d'une autre forme. Son écriture noble et soignée constitue son seul outil ; d'ailleurs, la Vénus d'Ille ressemble à un défi personnel que se serait lancé Prosper Mérimée afin d'observer jusqu'à quel point sa littérature, en se contentant de suggérer, peut provoquer le malaise. Les finitions achevées, les parures posées sur les phrases de la Vénus, reste ensuite au lecteur d'achever le travail de contemplation pour se fondre avec l'oeuvre créée par l'artiste. Si la bonne volonté ne se manifeste pas, rien n'y fera : la Vénus d'Ille se contentera d'être un objet pompeux et sans intérêt.

« Cette expression d'ironie infernale était augmentée peut-être par le contraste de ses yeux incrustés d'argent et très brillants avec la patine d'un ver noirâtre que le temps avait donnée à toute la statue. Ces yeux brillants produisaient une certaine illusion qui rappelait la réalité, la vie. Je me souvins de ce que m'avait dit mon guide, qu'elle faisait baisser les yeux à ceux qui la regardaient. Cela était presque vrai, et je ne pus me défendre d'un mouvement de colère contre moi-même en me sentant un peu mal à mon aise devant cette figure de bronze. »

Le narrateur s'éloigne. En réalité, il ne saura rien de la poursuite exacte des événements. Alphonse de Peyrehorade et la Vénus semblent liés par un pacte qui n'a rien à envier au serment diabolique mais que vaut cette supposition ? L'imagination a un pouvoir puissant et interprète les bruits et les visions –surtout lorsqu'elles surviennent dans l'imprécision nocturne- de façon à ce qu'elles puissent alimenter n'importe quelle légende. Et si Alphonse de Peyrehorade est seulement fou, alors sa folie est aussi mystérieuse et inquiétante qu'un pacte diabolique. Mais nous n'en saurons pas davantage, et Prosper Mérimée nous abandonne au doute. A nous de croire ce que nous préférons…

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric7614 décembre 2015
La chevelure, relevée sur le front, paraissait avoir été dorée autrefois. La tête, petite comme celle de presque toutes les statues grecques, était légèrement inclinée en avant. Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d'aucune statue antique dont il me souvienne. Ce n'était point cette beauté calme et sévère des sculpteurs grecs, qui, par système, donnaient à tous les traits une majestueuse immobilité. Ici, au contraire, j'observais avec surprise l'intention marquée de l'artiste de rendre la malice arrivant jusqu'à la méchanceté. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté, se lisaient sur ce visage d'une incroyable beauté cependant.
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Gwen21Gwen2110 octobre 2015
Sa femme, un peu trop grasse, comme la plupart des Catalanes lorsqu’elles ont passé quarante ans, me parut une provinciale renforcée, uniquement occupée des soins de son ménage. Bien que le souper fût suffisant pour six personnes au moins, elle courut à la cuisine, fit tuer des pigeons, frire des miliasses, ouvrit je ne sais combien de pots de confitures. En un instant la table fut encombrée de plats et de bouteilles, et je serais certainement mort d’indigestion si j’avais goûté seulement à tout ce qu’on m’offrait. Cependant, à chaque plat que je refusais, c’étaient de nouvelles excuses. On craignait que je ne me trouvasse bien mal à Ille. Dans la province on a peu de ressources, et les Parisiens sont si difficiles !
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Gwen21Gwen2111 octobre 2015
Je me couchai ; mais le sommeil fut long à venir. Toutes les scènes de la journée se représentaient à mon esprit. Je pensais à cette jeune fille si belle et si pure abandonnée à un ivrogne brutal. Quelle odieuse chose, me disais-je, qu’un mariage de convenance ! Un maire revêt une écharpe tricolore, un curé une étole, et voilà la plus honnête fille du monde livrée au Minotaure ! Deux êtres qui ne s’aiment pas, que peuvent-ils se dire dans un pareil moment, que deux amants achèteraient au prix de leur existence ? Une femme peut-elle jamais aimer un homme qu’elle aura vu grossier une fois ? Les premières impressions ne s’effacent pas, et j’en suis sûr ce M. Alphonse méritera bien d’être haï…
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annieannie07 septembre 2013
« ...C'était bien une Vénus, et d'une merveilleuse beauté. Elle avait le haut du corps nu, comme les anciens représentaient d'ordinaire les grandes divinités. Rien de plus suave, de plus voluptueux que ses contours ; rien de plus élégant et de plus noble que sa draperie.
Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d'aucune statue antique dont il me souvienne. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté se lisaient sur son visage.
En vérité, plus on regardait cette admirable statue, et plus on éprouvait le sentiment pénible qu'une si merveilleuse beauté pût s'allier à l'absence de toute sensibilité.

- Si le modèle a jamais existé, dis-je à M. de Peyreho-rade, que je plains ses amants ! Elle a dû se complaire à les faire mourir de désespoir. Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais vu rien de si beau »...
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Eric76Eric7617 décembre 2015
Toutes les scènes de la journée se représentaient à mon esprit. Je pensais à cette jeune fille si belle et si pure abandonnée à un ivrogne brutal. Quelle odieuse chose, me disais-je qu’un mariage de convenance ! Un maire revêt une écharpe tricolore, un curé une étole, et voilà la plus honnête fille du monde livrée au Minotaure ! Deux êtres qui ne s’aiment pas, que peuvent-ils se dire dans un pareil moment, que deux amants achèteraient au prix de leur existence ? Une femme peut-elle jamais aimer un homme qu’elle aura vu grossier une fois ? Les premières impressions ne s’effacent pas, et j’en suis sûr ce M. Alphonse méritera bien d’être haï…


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