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EAN : 9782895160137
Trois (01/09/2005)
4.12/5   13 notes
Résumé :
Le premier roman de Catherine Mavrikakis est un texte sauvage où les morts et les condamnés ont tous le même prénom, Hevé. Bons morts, mauvais morts, sidéens, suicidés, accidentés s'y ramassent à la pelle. Escortée de ses Hervé morts qui ne la quittent pas d'une semelle, Catherine, jeune femme animée d'une indémontable vitalité, traverse les vicissitudes et la médiocrité des bien-portants.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Hervé est mort.

Hervé est mort, c'est Catherine Mavrikakis qui me l'a dit.

Hervé est mort du Sida.

Hervé est mort d'un attentat dans le métro de Londres.

Hervé est mort dans un terrible accident d'auto.

Hervé s'est suicidé en se jetant par la fenêtre.

Catherine ne le savait pas lorsqu'elle a écrit son livre, mais Hervé est mort dimanche dans une mosquée de Québec comme Hervé était mort au Bataclan de Paris.

Une lecture éprouvante sur les morts dont on porte le poids…

Une lecture difficile lorsqu'au souvenir du drame l'eau monte aux yeux…

Un livre tragique, parfois cynique ou ironique, sur notre inéluctable destination…
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Dans un premier roman percutant et mordant, Catherine Mavrikakis nous dresse la liste de ses morts, tous ses Hervés qu'elle a connu et qui ont, pour la plupart d'entre eux, eu un impact sur sa vie, sa façon de penser, sa façon d'être... Et tout le monde y passe : la famille, les voisins, les amis, et même de parfaits inconnus passent sous le microscope de cette femme hors du commun ! "Ce n'est pas seulement la mort qui m'obsède. C'est plutôt que je me mets à penser comme les morts, à comprendre la colère de certains d'entre eux [...] je me mets à l'affût de leurs présences. Je pense que c'est ce devenir-mort qui m'accroche à la vie"
En abordant le thème de la mort, c'est tour à tour un flot continu d'émotions qui nous submergent, nous bouleversent et nous font aussi rire!
La mort est inévitable, elle nous suit, nous talonne, nous guette, nous rit parfois au nez et l'auteure parvient ici à démystifier cette peur viscérale de la mort et elle nous en donne l'antidote : l'écriture !
Catherine Mavrikakis nous réconcilie avec cette image de la mort, qu'elle soit religieuse ou dantesque, un fardeau ou une délivrance, car nous avons tous nos "Hervés" derrière nous, que nous ne saurons jamais oublier ...
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Une façon d'évoquer la mort et le deuil de manière frontale. le fait de nommer toutes les personnes de son entourage mourant du sida de la même manière les rend indistincts, comme d'une même entité. C'est par le développement de souvenirs que la narratrice partage avec eux qu'ils retrouvent leurs individualités, comme si la maladie les effaçait pour ne finir que par former un numéro.

Des chapitres très courts, peu de dialogues et d'échanges, souvent des monologues internes descriptifs. Chaque chapitre s'attarde sur un souvenir rattaché à un proche décédé.

Une narratrice qui tantôt suscite la compassion, tantôt le dégout ou la désapprobation. Elle semble très cynique sur l'espèce humaine et semble presque préférer les gens lorsqu'iels décèdent plutôt que de leur vivant.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
l y a ceux qui s’en veulent de ne pas l’avoir aidé. Il y a ceux qui disent qu’il faut être lâche pour quitter la vie. Il y a ceux qui déclarent qu’on ne pouvait rien y faire. La vérité est quelque part, là où je n’ai pas prise.

(Héliotrope, p. 115)
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La littérature à appris à mes anciens étudiants comme à tout le monde qu’il faut parler de la mort avec des métaphores. Lorsqu’on emploie pas de figures de style, ils peinent décontenancés. La mort… Ils en ont tellement peur qu’ils l’apprivoisent à l’avance pour ne pas y penser lorsqu’elle arrivera.

(Héliotrope, p. 71)
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Ce livre lui-même est contaminé par la mort et si on le traite comme un paria, je comprendrai. (p.172)
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Il n'est de conversation qu'avec les morts, qu'avec Mahler ou qu'avec ceux qui se sont tus. J'espère que de ton vivant j'ai été une morte pour toi avec laquelle tu bavardais parfois (...)
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Il faut penser à l'inconscient non pas comme un mécanisme exclusivement tourné vers la répétition du passé, mais comme un processus de la connaissance de l'avenir.
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Vidéo de Catherine Mavrikakis
#SalonDuLivreDeMontreal #slm2022 Catherine Mavrikakis présente Niagara
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