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ISBN : 9791095718475
Éditeur : Agullo (30/08/2018)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 22 notes)
Résumé :
1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père, un inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  30 août 2018
Sale temps dans l'Indiana !
Jim Falls, le grand-père, le patron, veuf, octogénaire et vétéran de la guerre de Corée, survit plus qu'il ne vit dans sa ferme déclinante dédiée à l'élevage de poulets, entre factures impayées, avenir incertain et pensées métaphysico-noires.
Quentin, son petit-fils métisse, se languit le long d'un été sans fin à la ferme, entre coup de mains au patron et séances de jeu vidéo et casque de musique sur la tête enfermé dans sa chambre, en attendant un énième retour de sa mère junkie, un début de courage pour enfin emmener ses désirs de fugue plus loin que la grange, ou l'étincelle qui donnera enfin un sens à sa vie qui n'en a jamais eu.
Jusqu'à ce que le destin, ou le ciel, ou le diable tentateur, qui sait… leur livre un matin un pur sang exceptionnel à la robe immaculée qui va, le temps de quelques jours, redonner confiance, espoir et perspectives à cette petite communauté familiale. Sauf que deux frangins du coin accros à la meth la dérobe un soir, forçant Jim et Quentin à partir à leurs trousses vers le grand sud dans un périple vengeur et sanglant.
Joe Meno – traduit par Morgane Saysana - signe avec Prodiges et miracles un road trip bien noir, aux accents souvent poétiques, sociétaux et un brin philosophiques. Poétiques lorsqu'il décrit admirablement ces terres perdues du Midwest américain ; sociétaux lorsqu'il évoque leurs habitants, enfants oubliés de l'Amérique moderne ; philosophiques par son fil rouge métaphorique sur l'espoir, le divin, la rédemption, la succession, le racisme…
L'ensemble est plaisant, notamment pour la relation entre le grand-père et son petit-fils, très bien creusée, les rendant vite tous les deux très attachants. L'histoire est certes un peu décousue parfois, alternant les rythmes enlevés et quelques longueurs, mais aussi plusieurs « histoires dans l'histoire » sans que chacune aille toujours au bout. Mais l'écriture est belle, très belle, et permet à Joe Meno de jolies pages sur l'amour de la terre, l'angoisse de l'avenir ou la difficulté de la transmission lorsque la fin de vie s'annonce.
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encoredunoir
  23 août 2019
« Dans ses fantasmes les plus intimes, le garçon rêvait d'installer sur le cheval la selle anglaise brodée d'argent, la bride faite sur mesure, puis de glisser les étriers noirs et chromés pour se hisser sur le dos de la monture, et de parcourir ventre à terre, tel un éclair, la terre maculée de boue, l'animal et le garçon fonçant jusqu'à se muer en une tâche blanche et floue, tenace, une étincelle, une brume de pâleur incolore persistante, une unique chose dénuée de couleur.
Mais il avait peur, persuadé que l'animal était plus intelligent que lui. Dans les tréfonds esseulés de son imagination, il nourrissait une idée dont il n'avait osé faire part à personne (pas même à son grand-père) : peut-être que le cheval, dans toute sa splendeur, était en réalité le Saint-Esprit ; peut-être qu'il était Dieu en chair et en âme ; peut-être que, lancé ainsi au galop, ses yeux irradiant une lueur d'argent, il savait tout ce que faisait le garçon, il savait ce qui lui trottait dans la tête, il était le témoin de ses pensées, de ses péchés les mieux enfouis. le garçon gardait pour lui cette étrange intuition, il restait planté là, appuyé contre la clôture en bois, mutique, tel un pénitent devant une croix. »
Jim Falls et son petit-fils métis, Quentin, vivent dans une ferme de l'Indiana où Jim exploite un petit élevage de poulets. En cet été 1995, la mère de Quentin, alcoolique, droguée, s'est fait la malle et le vieil homme et l'adolescent restent là, séparés par un mur d'incompréhension. Jim ne comprend pas Quentin, enfant rêveur et solitaire, et le grand-père peine à lui dévoiler des sentiments que lui-même n'arrive pas à démêler. Et puis un matin – la faute à une erreur administrative dans l'exécution d'un héritage – un camion vient déposer dans la cour de la ferme un van et, à l'intérieur, une sublime et fougueuse jument blanche taillée pour la course. L'animal va changer leurs vies. D'autant plus que deux frères du coin dont l'un, tout juste sorti de prison est accro à la meth, décident de voler le cheval pour aller le vendre dans le Kentucky. S'engage alors entre les deux voleurs et le grand-père et le petit-fils une longue poursuite à travers le Midwest.
Après le Blues de la Harpie, les éditions Agullo ont choisi de traduire ce texte plus tardif de Joe Meno – le plus récent en fait – qui apparaît par bien des aspects comme une variation sur des thèmes que l'auteur abordait déjà dans ce précédent roman : pertes de repères d'une Amérique rurale laissée à l'abandon, mysticisme et solitude. de fait, on retrouve dans Prodiges et miracles, à travers l'irruption quasiment miraculeuse de cette jument qui apparaît aussi prodigieuse que spectrale, la manière dont Meno aime à emmener son lecteur aux frontières du surnaturel. Son roman, d'ailleurs tient souvent du conte, dans sa construction comme dans l'exploitation des personnages et de la manière dont ils évoluent. Un conte noir et initiatique dans lequel, confrontés à une adversité qui revêt des aspects presque monstrueux, le garçon et son grand-père qui étaient jusque-là deux solitudes qui se côtoyaient sans se rencontrer forgent une relation qui permettra à l'un de trouver une forme de rédemption, à l'autre de grandir.
On ne peut qu'être impressionné par la manière dont Meno réussit à la fois à ancrer son histoire dans une époque donnée – ces années 1990 qui voient l'économie américaine s'envoler dans les grands centres urbains tandis que les marges continuent de dépérir et que la fabrication artisanale et la consommation de crystal-meth explose – et à lui donner un aspect intemporel. Par celle aussi dont il habille ce récit noir, ce road-trip littéraire âpre et violent mais néanmoins tendre, avec une prose extrêmement poétique.
Émouvant, palpitant, Prodiges et miracles peint des paysages, des situations et des personnages à la beauté ambigüe qui font de ce roman une riche expérience de lecture.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Ogrimoire
  25 septembre 2018
Ce livre est celui de la dégénérescence, de la décrépitude, de la déliquescence. Joe Meno nous décrit une zone rurale du fin fond de l'Amérique qui essaye de survivre mais qui se retrouve de plus en plus en marge. Chaque jour est un combat, perdu d'avance. L'exploitation ne permet plus de vivre. Les factures s'accumulent. Tout part à vau-l'eau. La loge maçonnique de la ville voisine a, un temps, porté l'espoir, mais même elle est sur le point de fermer, faute de combattants. Et les vieilles espérances sont toutes déçues, l'une après l'autre.
Il ne lui reste, pour trouver une raison de se battre, que ses souvenirs d'ancien combattant en Corée. Sa fille est une fille sans avenir : après une longue disparition, elle est revenue un beau jour, son fils métis sous le bras. le père du petit ? Jamais vu, et, de toute façon, elle n'est même pas capable de dire avec certitude qui il est…
Quentin, le garçon, navigue entre sa musique et ses jeux vidéos. Il sniffe de la colle, pour passer le temps. Et il se passionne pour les reptiles. de l'espoir ? Il n'est même pas certain de savoir ce que c'est. En tout cas, rien ne semble lui donner la motivation d'essayer de s'en sortir. Pourtant, c'est un bon gamin, soucieux des animaux.
Dans cette vie morne, l'arrivée de la jument blanche est un électro-choc. Il faut s'en occuper, elle est visiblement prête à accorder sa confiance. Quentin en a autant peur qu'il est attiré.
Le style est à la fois poétique et brutal. Sec et coloré – tout en teintes de gris -. Triste, aussi : chacun des personnages, dans son désespoir, parvient même à être touchant – même les plus odieux personnages. Ils se débattent avec leurs pauvres armes, leurs aigreurs, leurs angoisses. Les filles sont perdues, les garçons sont violents, parce que rien d'autre n'existe autour d'eux. Au début du livre, plusieurs descriptions sous forme d'énumération m'ont fait tiquer (p. 43, énumération des routes empruntées ; p. 97, énumération de sex-shops et cabarets ; p. 120, énumération de films pornos ; p. 126, énumération d'entreprises pyrotechniques). Mais j'ai fini par parvenir à me laisser porter par ces listes qui, finalement, m'ont évoqué le côté répétitif de ces trajets en voiture, avec des publicités toujours identiques, et qui en deviennent presque rassurantes dans leur uniformité.
Et pourtant, dans toute cette noirceur, un cheval – blanc – apporte de la lumière. Une lumière qui rassemble – Jim et Quentin -, une lumière qui brûle – la médiocrité, la grisaille, la noirceur -, une lumière, aussi, qui révèle – les zones d'ombre, les renoncements -. Une apparition, donc, un brûlot.
Ce genre de road-movie un peu halluciné n'est pas forcément mon style de prédilection. Mais, ici, je n'ai pas eu de mal à rentrer dans l'histoire, à m'attacher à Jim et à Quentin. Sans être forcément mon coup de coeur de la rentrée littéraire, j'ai tout de même passé un excellent moment avec ce livre !
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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MadameTapioca
  08 décembre 2018
Brutal et poétique.

Décidemment les belles lectures en littérature américaine s'enchainent pour moi.
Séduite par la plume de Joe Meno que j'avais découvert avec « le blues de la harpie » l'an passé, je suis désormais totalement conquise par cet auteur.
Si j'aime les romans noirs, je sais que ceux qui me chamboulent ont un petit truc en plus.
Finalement le noir pour le noir, ne m'intéresse pas tant que ça.
Ici, il y a de la mélancolie, de la poésie, de la lumière et beaucoup d'amour.

Eté 95, Jim Falls, agriculteur veuf de 70 ans, se bat pour élever son petit-fils métis, Quentin, 16 ans.
La mère du gamin, droguée et irresponsable, rarement à la maison, disparait pour revenir toujours plus défaillante.
Au fond de l'Indiana dans sa ferme au bord de la faillite, la communication avec cet ado étrange est difficile pour Jim.
Quentin ne s'intéresse qu'aux reptiles qu'il a choisi comme animaux de compagnie, aux jeux vidéo et à la colle qu'il renifle occasionnellement.
Au milieu de cette vie familiale sombre et de cette situation financière catastrophique, un miracle va se produire.
Ce miracle surgit sous la forme d'un cheval de course que Jim reçoit en héritage suite à une erreur dans une succession.
C'est une erreur, mais le cheval leur appartient bel et bien.
L'atmosphère de la ferme insidieusement change comme si cet animal blanc était l'archange Gabriel, messager céleste, envoyé par on ne sait qui.
Mais dans cette Amérique rurale, ce cheval hors norme se fait vite remarquer ; la bête est volée.
Commence alors pour Jim et Quentin un road-trip à travers le coeur sombre du pays pour tenter de retrouver l'animal.
Tout au long de ce voyage insensé et dangereux, Jim et Quentin vont croiser des personnages perdus, des paumés, des drogués, des brutes.
Ils vont continuer à se découvrir et tenter de trouver les mots.

Si le suspense, la noirceur et la violence sont bien présents tout au long du livre, la lumière reste toujours tapie dans un coin.
Cet auteur a l'esprit et l'âme d'un poète.
C'est un livre remarquable: une méditation mélancolique et chargée de symboles sur le coeur de l'Amérique mourante, sur l'amour entre un grand-père et son petit-fils, sur un cheval « magique ».
Je suis restée accrochée de bout en bout, à nouveau frappée par cette écriture très cinématographique, limite magnétique.

Le talentueux Joe Meno a écrit une histoire ou le pire et le meilleur de l'homme se mélangent, imbibée d'amour pudique, de loyauté et de courage.
Vous l'aurez compris, j'attends d'ores et déjà le prochain roman de l'auteur.

Traduit par Morgane Saysana
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Commenter  J’apprécie          102
elodiekretz
  22 novembre 2018
1995, Indiana. Un grand-père, Jim Falls (au nom métaphorique très bien trouvé), veuf depuis peu, peine à faire tourner son élevage de poulets, sa fille, ex reine de beauté, cumule son addiction à la drogue et son penchant pour les mauvaises rencontres et son petit fils, Quentin, un ado métis, ne parvient pas à détester sa mère et cherche sa place à la ferme ou ailleurs. L'avenir est bien sombre, bouché même. Jusqu'à ce qu'un miracle se produise, inexpliqué comme tout les miracles, puisque suite à une confusion, une jument de course de toute beauté leur est livrée. Au-delà de l'oxygène financier qu'elle redonne au duo grand-père-petite-fils, elle est pour eux, pour Quentin surtout, une source d'espoir et de lumière. Sa beauté est remarquablement décrite. Lorsqu'elle leur sera dérobée par deux frères complètement paumés, ils ne pourront se résoudre à la perdre. Ce sera le début d'un road trip sanglant à la poursuite des deux frères dans lequel seront impliqués un caïd sans scrupules, une héritière rebelle, un DJ en conflit avec son ex...
L'écriture de Joe Meno est un prodige (sans jeu de mots). Je l'avais découvert dans "le blues de la harpie" et le miracle (décidément) se renouvelle ici. Il excelle tant dans le nature writing (les paysages désolés de l'Indiana, les sites traversés par la route sont transmis plus que décrits) que dans le roman intimiste (la relation pudique et touchante entre le grand-père et son petit-fils, l'amour que porte le grand-père à sa femme décédée et à sa fille qui lui fait tant de mal et la place que prendra progressivement la jument pour Quentin). Les noms ont beaucoup d'importance ici : JIm Falls, son groupe d'amis dans lequel tout le monde se nomme Jim( village sans issue)... et la jument n'en a pas, comme pour mieux signifier toute sa portée symbolique.
Ce livre contient deux histoires : avant et après le vol de la jument et j'ai nettement préféré la première, celle de la vie à la ferme, languissante, bousculée par l'arrivée de la jument, cet espoir inouï auquel le grand-père et le petit fils ne peuvent s'habituer tant elle est magique. La partie "road trip" est intéressante et on y croise des personnages hauts en couleur mais trop justement et sans se perdre, on se déconcentre quand même un peu, d'autant que les personnages sont juste croisés justement. La deuxième partie est donc parfois (mais parfois seulement) un peu décousue. Jim et Quentin n'en restent pas moins attachants et l'évolution de leur relation est remarquablement restituée. Les dialogues sont de toute beauté.
J'ai donc une préférence pour le blues de la harpie, le premier Joe Meno, que je trouve plus immersif, ramassé, "compact" mais ce deuxième ouvrage confirme tout le talent de l'auteur. Son écriture est lancinante, toute en retenue, éblouissante !
Et la bonne nouvelle est qu'il y a un nouveau Joe Meno en 2019 !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   26 août 2018
Putain. C'est stupéfiant. C'est pour ça qu'ils ont perdu la guerre de Sécession. Y a un truc dans leur façon de penser. Regarde-moi ça. Franchement, ils ont une prédisposition psychologique pour la tragédie. Y a pas de panneaux de signalisation dignes de ce nom. Nulle part, putain. En même temps, pourquoi se casser le cul à installer des panneaux si on sait d'avance qu'on va se paumer avant d'arriver où que ce soit ?
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JIEMDEJIEMDE   25 août 2018
Et donc, je te raconte tout ça parce que c'est pas grave d'avoir peur. Avoir peur, ça veut dire que t'es intelligent. Avoir peur, c'est ce qui te maintient en vie. On ne peut rien contre la peur. Mais avoir la peur au ventre en permanence, ce n'est pas une vie.
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MadameTapiocaMadameTapioca   27 novembre 2018
Il avait ses jeux vidéo, les animaux exotiques qu'il tentait d'élever - des serpents, des lézards, un hérisson confinés dans une douzaine de vivariums à demi-éclairés disposés sur des étagères basses aux quatre coins de la pièce -, sa solitude infinie et sa colle à sniffer.
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elodiekretzelodiekretz   18 novembre 2018
Avoir peur, ça veut dire que t'es intelligent. Avoir peur, c'est ce qui te maintient en vie. On ne peut rien contre la peur. Mais avoir la peur au ventre en permanence ce n'est pas une vie.
Commenter  J’apprécie          30
OgrimoireOgrimoire   25 septembre 2018
En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais…
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