AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Claudine Richetin (Traducteur)
EAN : 9782253145134
252 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)
4/5   65 notes
Résumé :
Je suis née en 1940 dans un harem à Fès." Ainsi commence le récit de Fatima Mernissi, évocation d'une enfance dans la médina d'une des cités les plus prestigieuses du Maroc.

À travers le regard curieux et volontiers frondeur d'une petite fille, c'est à une plongée dans l'univers clos des femmes que nous convie l'auteur. Des plus traditionnelles aux déjà féministes, anciennes esclaves ou combattantes contre les Français ou les Espagnols, conteuses pui... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
4

sur 65 notes
5
4 avis
4
4 avis
3
2 avis
2
0 avis
1
0 avis

Pchabannes
  03 août 2010
Courte, dense, passionnante, fiction et réalité, histoire d'une femme, histoire d'une famille, histoire du Maroc vers l'indépendance et le nationalisme apportant dans ses bagages, un combat en entraînant un autre, l'éducation et sa conséquence l'émancipation des femmes et l'ouverture d'une société vers ce qui n'était pas là hier. Des yeux d'une petite fille décrivant son monde, le livre devient lutte contre une société luttant contre les droits de la personne, commencé comme un conte avec Shéhérazade, l'ouvrage devient instrument de combat contre le pouvoir caché derrière la tradition.
Pour raconter cette période, Fatima Mernissi ( فاطمة مرنيسي), née à Fès dans un harem au sein d'une famille de la haute bourgeoisie marocaine, universitaire et sociologue reconnue internationalement autant de par ses ouvrages que par son action civique. Tout, dans sa délicate écriture, démontre son amour et son respect pour sa famille, le Maroc, son histoire et sa religion.
Mais l'amour se nourrit de liberté. Cet appel à la liberté individuelle, liberté de choix devient un combat lorsque la société refuse à l'amour, la liberté, et lui offre l'enfermement. La magie des mots portera son rêve : “Je me ferai magicienne. Je cisèlerai les mots, pour partager les rêves avec les autres et rendre les frontières inutiles”.
Fatima Mernissi nous prend par la main nous entraînant dans un monde inconnu et pourtant aujourd'hui si proche. Il faudra de l'attention au lecteur occidental pour ne pas caricaturer de par ses propres grilles de lecture les propos et les situations.
Ce livre est un ouvrage incontournable pour tous les européens qui voudraient tenter de comprendre nos voisins.
Lire l'article complet sur le blog.

Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
smeknassi
  28 mai 2019
C'est un livre débordant d'intelligence, d'humour et de sensibilité commençant par « je jouais à I-msaria b-Iglass, un jeu que j'ai inventé à cette époque et que je trouve encore très utile à présent »
C'est un livre qui qui transmet non seulement le quotidien des femmes qui entourèrent l'enfance de Fatema Mernissi , mais aussi et surtout leurs rêves, leurs espérances.
Elle montre magnifiquement les conditions de vie des femmes, les couleurs, les parfums, les rites, le poids des traditions, et surtout les rêves des femmes qui tentent, par le rêve, d'abattre les murs que les hommes ont élevés pour les enfermer.
Sans oublier qu'Elle fait aussi allusion à la situation historique des années 40: la partition du Maroc en protectorats français et espagnol, le nationalisme (moderne) grandissant, la guerre entre chrétiens qui fait rage hors du pays,l'arrivée de soldats américains.
Il y a des pages très belles, sur la vision du ciel depuis la cour carrée, sur les rites de leur vie, la cuisine, la broderie, le hammam, sur la vie dans la médina de Fès, sur la ville de Marrakech, sur les montagnes de l'Atlas.
Mais c'est surtout un livre qui décrit une société luttant contre les droits de la personne, c'est un instrument de combat contre le pouvoir caché derrière la tradition. D'ailleurs on remarque bien que le côté sociologue et féministe engagée de Fateme mernissi prend souvent le dessus pour expliquer et épuiser ses sujets.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
JMLire17
  04 juillet 2017
Une phrase de ce récit le résume bien :" Je cisèlerais les mots, pour partager le rêve avec les autres et rendre les frontières inutiles ". Fatima Mernissi a ciselé les mots pour décrire la vie dans le harem Marocain d'une famille de Fès, dans les années 1940/1950. Elle montre magnifiquement les conditions de vie des femmes, les couleurs, les parfums, les rites, le poids des traditions, et surtout les rêves des femmes qui tentent, par le rêve, d'abattre les murs que les hommes ont élevés pour les enfermer. Ce n'est pas le harem d'un sultan avec un grand nombre de femmes lascives, attendant le bon vouloir du maître, image d'Epinal du harem dans l'esprit des occidentaux, mais plutôt la vie dans la maison d'une grande famille, ou les hommes, père, oncle de l'enfant narratrice, sont entourés de plusieurs épouses, mères, tantes, grand-mères. Les femmes y sont enfermées et sur la terrasse elles tiennent des conversations, elles commentent leurs conditions, s'affrontent entre générations construisent autour des conteuses des pièces de théâtres, lisent et relisent les contes des Mille et une nuits, font l'éducation des enfants, et rêvent de cinéma, de chansons, de danse, de vie à l'occidentale, de liberté, d'éducation. Il y a des pages très fortes sur l'origine du harem, sur le poids des traditions qui forme autour de ces femmes un harem invisible, sur la vision musulmane des communautés juives et chrétiennes, sur la présence des français colonisateurs. Il y a des pages très belles, sur la vision du ciel depuis la cour carrée, sur les rites de leur vie , la cuisine, la broderie, le hammam, sur la vie dans la médina de Fès, sur la ville de Marrakech, sur les montagnes de l'Atlas. Fatima Mernissi a publié ce livre dans les années 90, depuis elle a continué à écrire sur la condition des femmes dans le monde musulman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
briqueloup
  15 avril 2021
Fatima Mernissi a la nostalgie de son enfance à Fès où elle est née en 1940. La belle maison qu'elle habite avec sa grande famille comporte des espaces traditionnellement clivés. le harem est celui des femmes, il est organisé selon des frontières qui régissent ce qui est autorisé. « Mon enfance était heureuse parce que les frontières étaient claires. » dit-elle. Cependant, les femmes ne pouvaient pas franchir le portail sans permission. C'est une petite fille curieuse qui regarde cette société chaleureuse, protectrice mais privant les femmes de liberté qu'elle a su trouver en étudiant et en devenant sociologue.
Commenter  J’apprécie          20
itculture
  16 octobre 2021
Née à Fès dans un harem au sein d'une famille de la haute bourgeoisie marocaine, universitaire, sociologue et féministe, l'auteure nous livre dans un récit-roman, la vie d'un groupe familial au sein d'une maison fermée sur l'extérieur pour la gente féminine. Dans les années 40-50, l'époque qu'elle décrit, c'était un univers à la fois féministe, car les femmes ressentaient comme une offensive bienfaitrice l'ouverture de l'école pour les filles grâce au nationalisme naissant ; et en même temps encore très traditionaliste car les belles mères usaient de leur pouvoir et influençaient souvent leurs fils contre les idées progressistes de leurs épouses. La religion est très présente, la soumission à Allah, les « hadiths », les fêtes religieuses, sont l'univers culturel quotidien. Mais, heureusement, il y a les terrasses ouvertes sur le ciel. Seul terrain de jeu pour les enfants et lieu de détente pour le gynécée ! Il y a aussi le hamam, où les femmes se retrouvent une fois par semaine. Lieu de liberté et de complicité où déborde sans obstacle sensualité et féminité.
Pour obtenir le droit d'aller à l'école qui ne soit pas celle coranique, un conseil de famille devait se réunir, et aux hommes revenaient la décision de la question posée par une mère. le père de Fatima était monogame, il aimait sa femme (progressiste), et il a accepté l'école publique pour sa fille.
Elle a écrit ce livre en 1994, à 54 ans et on remarque bien le discours de la sociologue et féministe engagée. Elle avait alors le recul, la maturité, l'expérience de vie et les mots pour analyser avec clairvoyance et finesse le bouleversement social et culturel qui a eu lieu au Maroc.
“Je me ferai magicienne. Je cisèlerai les mots, pour partager les rêves avec les autres et rendre les frontières inutiles”.
Elle a bien réussi.

Lien : https://www.babelio.com/conf..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   03 août 2010
Laissons terminer Fatima Mernissi décrire son combat qui est aussi le nôtre :
“Le concept de harem est intrinsèquement spatial, c’est une architecture où l’espace public, dans le sens occidental du terme, est inconcevable, car il n’y a qu’un espace intérieur où les femmes ont le droit d’exister et un espace masculin extérieur d’où les femmes sont exclues. C’est pour cela que la bataille actuelle de la démocratisation du monde musulman se focalise et tourne jusqu’à l’obsession autour du voile et l’enfermement symbolique des femmes (le monde arabe a l’un des prolétariats féminins les plus misérables du monde), et que dans les sociétés où la crise de l’Etat et sa remise en question sont radicales comme en Algérie, on n’hésite pas à tirer sur celle qui se dévoilent. Car l’accès des femmes dévoilées à la rue, l’école, le bureau et le Parlement est un acte hautement politique et révolutionnaire, comme une revendication immédiate, non-voilée d’un espace public. Une femme voilée accepte la règle, le voile signifie :“ je traverse rapidement et secrètement cet espace que je reconnais être masculin”. Celle qui se dévoile se revendique comme citoyenne, et bouleverse du coup toute l’architecture non seulement sexuelle mais aussi politique, recréant donc par ce petit geste symbolique un Etat musulman qui reconnait l’existence d’un espace public. […]

On peut résumer la bataille qui se déroule de nos jours dans le monde musulman autour de la démocratie et des droits de la personne, comme une bataille pour la création d’une espace public, chose totalement étrangère à la culture politique musulmane. Dans e modèle, l’homme est aussi politiquement voilé, car l’espace public est rejeté comme étranger à la nature du système.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
zaarmazaarma   29 août 2013
La dignité c'est d'avoir un rêve, un rêve fort qui vous donne une vision, un monde où vous avez une place, où votre participation, si minime soit-elle, va changer quelque chose.
Vous êtes dans un harem quand le monde n'a pas besoin de vous.
Vous êtes dans un harem quand votre participation est tenue pour si négligeable que personne ne vous la demande.
Vous êtes dans un harem quand ce que vous faites est inutile.
Vous êtes dans un harem quand la planète tourne et que vous êtes enfouie jusqu'au cou dans le mépris et l'indifférence
Une seule personne a le pouvoir de changer cette situation et de faire tourner la planète en sens inverse, et c'est personne c'est vous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          710
PchabannesPchabannes   03 août 2010
Debout et libre

“Il faut que tu lui tiennes tête les cheveux découverts. Il ne sert à rien de se couvrir la tête et de se cacher. Ce n’est pas en se cachant qu’une femme peut résoudre ses problèmes. Elle devient au contraire une victime toute désignée. Ta Grand-mère et moi avons assez souffert avec cette histoire de masque et de voiles. Nous savons que cela ne marche pas. Je veux que mes filles aillent la tête haute sur la planète d’Allah en regardant les étoiles.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
PchabannesPchabannes   03 août 2010
”Tant elle (sa mère) était soucieuse de me voir échapper à la tradition : Les projets d’une femme se voient à sa façon de s’habiller. Si tu veux être moderne, exprime-le dans les vêtements que tu portes, sinon tu te retrouveras enfermée derrière des murs. Certes les caftans sont d’une beauté inégalable, mais les robes occidentales sont le symbole du travail rémunéré des femmes”.
Commenter  J’apprécie          320
JPBouzacJPBouzac   02 novembre 2015
Tante Habiba était persuadée que si les hommes portaient des masques de beauté au lieu de masques de guerre, le monde serait bien meilleur.
Commenter  J’apprécie          480

Video de Fatima Mernissi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fatima Mernissi
Vidéo de Fatima Mernissi
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura






.. ..