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Anaïs Bokobza (Traducteur)
EAN : 9782709671385
460 pages
J.-C. Lattès (23/08/2023)
4.42/5   56 notes
Résumé :
Hiver 1943 : Dans le petit village de Ragam, au nord de l’Albanie, Kajan, sept ans, observe le monde changer à la hauteur de ses yeux d’enfant. Ses parents, partisans communistes, sont partis dans les montagnes combattre les nazis.

Kajan vit dans une ferme avec son grand-père Betim, à l'abri des atrocités de la guerre, jusqu'au jour où un déserteur allemand nommé Cornelius frappe à leur porte, cherchant refuge. Le soldat est un pianiste émérite et, fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Pendant l'hiver 1943 à Ragam, un village du nord de l'Albanie, Kajan, sept ans, vit avec son grand-père pendant que ses parents Selie et Ago, communistes convaincus, combattent l'envahisseur nazi. Un déserteur allemand, Cornelius, arrive soudain dans leur vie et va enseigner le piano au petit Kajan, cadeau qu'il gardera toute sa vie. Mais c'est bientôt 1945 et l'Albanie, débarrassée des nazis, s'engage fermement dans une des pires dictatures communistes. Kajan, pianiste reconnu dans son pays, est invité à Berlin Est avec d'autres jeunes musiciens, et c'est là que sa vie va prendre un tournant inattendu… ● Je me suis régalé avec cette fresque romanesque magnifique et haletante. ● La dictature sanguinaire d'Enver Hoxha est particulièrement bien reconstituée, enchaînant les Albanais dans une « captivité totale » au sein d'un pays statique et désespérant. Par exemple, un bain de mer peut entraîner dix ans de camp, c'est-à-dire potentiellement la mort dans des conditions atroces, parce que les autorités le considèrent comme une tentative de fuite à la nage à l'étranger… ● Les personnages nous émeuvent et nous suivons leur destin avec passion, surtout celui de Kajan. La lecture est addictive. ● Bien sûr, comme le remarque un lecteur Babelio, le texte n'a pas la densité littéraire des oeuvres d'Ismaïl Kadaré, on est ici dans de la littérature populaire, mais elle est d'excellente facture et il ne faut pas bouder son plaisir de lecture. ● J'ai regretté au début les deux sommaires assez désarçonnants sur l'avenir du pays en 1945, mais c'est un détail dans cette lecture qui m'a entraîné dans le fleuve de cette histoire passionnante allant de 1943 à la libéralisation du pays au début des années 1990. ● Merci à @sylvaine de m'avoir suggéré ce livre grâce à sa belle critique. A mon tour je le conseille vivement.
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En Albanie, en 1944, la menace rode autour de la maison où vit Kajan. Papi explique, la guerre, le bien et le mal, l'absence de ses parents, partis combattre pour défendre leur pays. Cette vie quotidienne aux aguets, est soudain bouleversée par l'arrivée d'un fugitif, un soldat allemand qui n'a jamais voulu venir risquer sa vie pour une cause qu'il ne reconnait pas. le refuge qu'il trouve alors se transforme en une merveilleuse histoire d'amitié, au moins pour un temps, autour d'un partage émouvant.
La fin de la guerre signifie la séparation, et pour l'Albanie le début d'une période tendue, alors que les nouveaux dirigeants communistes instaurent une dictature aveugle, au sein de laquelle personne n'est à l'abri d'un coup du destin, d'autant que les dénonciations et les règlements de compte sont les armes brandies sans concession.

Mais l'histoire est loin d'être écrite pour Kajan, et le roman suit le destin du jeune homme bien au delà des frontières de son pays natal.

C'est une fresque superbe, qui à travers la destinée incroyable du jeune héros, restitue l'histoire de ce petit pays peu connu, et pourtant victime de la folie des hommes.

Roman somptueux et enthousiasmant par le charisme du personnage, et son courage dans les moments les plus difficiles. Emportée par le souffle romanesque de l'écriture, j'ai été totalement séduite.

460 pages 23 août 2023 Lattès
Traduction (italien) : Anaïs Bouteille-Bokobza

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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1943, dans un petit village du nord de l'Albanie. le petit Kajan, 7 ans, vit avec son grand-père, loin du bruit de la guerre. Ses parents, communistes convaincus, se sont engagés dans la résistance et luttent dans les montagnes contre l'envahisseur nazi.
Un jour, Cornelius, un soldat allemand déserteur, frappe à la porte de la ferme du grand-père, qui décide de l'accueillir. Une relation d'amitié profonde se noue entre Cornelius et Kajan, qui sera renforcée par leur passion commune pour la musique lorsque le soldat commencera à apprendre le piano au petit garçon.
Des années plus tard, dans une Albanie désormais soumise à la dictature communiste, Kajan, devenu pianiste prodige et professeur, est invité à Berlin-Est pour y donner un concert. Un voyage sous haute surveillance, dans un contexte de guerre froide, qui sera pour Kajan le point de départ d'une vie adulte marquée de nombreux drames.
J'ai choisi ce roman parce que, d'après son résumé, il abordait l'histoire récente de l'Albanie, de la deuxième guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin en passant par l'effroyable dictature communiste, histoire à propos de laquelle je n'avais jamais rien lu et dont je ne savais pas grand-chose. Sur ce point, le roman tient sa promesse, et j'ai trouvé plutôt réussie la description du climat de terreur et de paranoïa qui a été le quotidien de la plupart des Albanais pendant cette période noire, y compris pour ceux qui s'étaient exilés et craignaient pour leurs proches restés au pays.
Pour le reste, je dois avouer que j'ai trouvé ce livre plutôt mal écrit. le style est plat, naïf ou exalté, voire mièvre, et les dialogues sonnent mal. Les différentes parties de la vie de Kajan et du livre manquent de liant, l'analyse psychologique manque de profondeur, et les mésaventures pourtant tragiques de Kajan ont un côté rocambolesque et improbable qui déforce leur crédibilité (en particulier, je n'ai pas compris les raisons qui ont poussé Kajan à entreprendre son dernier voyage, qui m'a paru d'une naïveté sans nom). Je reste sur l'impression que l'auteur a voulu en raconter beaucoup sur l'Albanie mais qu'il est allé trop vite, en survolant son sujet.

En partenariat avec les Editions J.-C. Lattès via Netgalley.

#Demainetpourtoujours #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Encore, un gros coup de coeur pour cette année 2023. Demain et pour toujours de Ermal Meta, son premier roman, magnifique, poignant, cette histoire m'a beaucoup touché. Une très belle fresque historique et familiale entre les années 1943 à 1991.

Ragam, Albanie, hiver 1943, Kajan, 7 ans, pose des questions à son papi sur la guerre, pourquoi on ne la voit pas ? Si elle intéresse ses parents ? Et si c'est pour ça que sa Mami et son Babi sont partis se battre contre les Allemands ?

- « Non, mon garçon, on ne peut pas dire que la guerre les intéresse, mais ils n'ont pas le choix.
- Pourquoi ?
- La guerre naît dans la tête de quelques personnes, et progressivement elle concerne de plus en plus de monde. Elle touche les esprits, puis les corps : les mains, les jambes et les yeux. Ensuite, même quand elle est terminée, elle reste dans les yeux. Ne t'approche jamais de la guerre, Kajan. C'est trop moche, la guerre. Je le sais moi. »

Un jour, en nettoyant l'étable, il croit voir un fantôme, mais ce n'est que Cornelius, un pauvre déserteur allemand, dans un drôle d'état. Avec son grand-père, Betim, ils vont le soigner et l'accueillir jusqu'à la fin de la guerre. Kajan, profitera pour apprendre l'allemand et le piano, en Cornelius, il trouvera un très bon professeur.

Ses parents, de fervents communistes, surtout sa mère, se fera une place importante au sein du parti, à partir de ce jour, plus rien, ni personne ne comptera à part, servir cette cause, qui n'accepte aucune faute, ni même une pensée, autre que la leur. Une dictature effrayante, qui vous glace.

Libéré du joug des allemands, la liberté avait un goût exquis mais… « Il y eut un nouvel ennemi à combattre, un ennemi qui n'avait pas de visage, qui parlait albanais. L'ennemi devint le peuple lui-même. Ceux qui ne savaient plus, ceux qui imaginaient plus que les autres, qui osaient demander plus au nom du sacrifice de leurs pères pour libérer le pays, devinrent des personnes dangereuses. Savoir était dangereux, la libre-pensée était subversive, se plaindre en public du manque de nourriture était un affront direct envers le parti. L'époque qui commençait allait être encore plus difficile. Au moins pendant la guerre, on pouvait affronter l'ennemi sur le champ de bataille. Désormais, l'ennemi pouvait être notre meilleur ami. Chaque chose était mesurée avec soin, de la musique à la littérature, aux mots, à la pensée. »

Une deuxième guerre commença.

Grâce à l'aide de son père, Kajan, fera une école de musique et deviendra professeur, un génie dans son art, reconnu, fêter. L'Albanie ayant rejoint l'URSS, il sera invité à Berlin-Est, pour un immense concert réunissant les pays communistes. Heureux de découvrir ce qui se passe dans le monde, il voyagera sous bonne escorte.

Un destin captivant, l'attend. A partir de ce jour, sa vie ne sera plus la même, je vous conseille de le lire. Les évènements vont s'entrechoquer, des moments de tension intense, l'émotion à chaque page. Un récit magnifique. Ce n'est que mon simple avis.
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Le roman débute en 1943, dans un petit village du nord de l'Albanie. Kajan vit seul avec son grand-père, tandis que ses parents sont partis combattre les nazis. Alors qu'il se questionne sur cette guerre lointaine et abstraite, il fait la rencontre de Cornélius, un déserteur allemand. Celui qui devrait incarner le terrible ennemi est en réalité un homme doux, pacifiste et un talentueux musicien. Leçon après leçon, il va transmettre son savoir à Kajan, qui se révèle être un élève particulièrement doué.
Mais, lorsque la guerre prend fin, chacun doit retourner parmi les siens et les deux amis sont séparés. Kajan va continuer à cultiver cette amitié à travers la musique, devenant le plus jeune professeur du conservatoire. Mais la guerre contre le fascisme a laissé la place à la dictature communiste et Kajan, véritable fierté nationale ignore encore tout de ce que lui réserve la vie… de l'Albanie à l'Allemagne, en passant par les Etats-Unis, Kajan, le pianiste prodige, va vivre mille et une vies, mille et une peines, entrecoupées de quelques éclaircies. de trop rares moments de bonheur, volés à un monde dans lequel règne le plus terrible chaos…

Et bien, quelle épopée! A travers l'histoire de Kajan, c'est tout un pan de l'histoire de l'Albanie, ce petit pays coincé entre le Monténégro, le Kosovo, la Grèce et la mer Adriatique, que j'ai découvert! Des années 40 aux années 90, on balaie cinquante ans d'Histoire à travers une véritable aventure humaine, riche en rencontres, en drames et en rebondissements.

Je dois dire que j'ai été littéralement transportée aux côtés de ces nombreux personnages terriblement attachants, mais malmenés par les coups du sort autant que par leur patrie. On imagine mal ce que c'est de vivre dans un pays refermé sur lui-même, refusant le progrès et le changement. Un pays où votre voisin peut, par jalousie ou par convoitise et sur une simple dénonciation, vous faire envoyer dans un camp de travail dont vous ne reviendrez jamais… Ermal Meta rend à merveille ce règne de la terreur et de la suspicion dans un climat de Guerre Froide particulièrement tendu.

Le roman est sombre, haletant et particulièrement bien rythmé. Difficile à lâcher une fois commencé. La musique participe à ce rythme et joue un rôle essentiel s'élevant comme une seule voix, défiant les frontières, les barrières du langage, pour s'élever contre l'oppression et dire la beauté et la liberté qui subsistent quand tout semble perdu. C'est beau, c'est fort et c'est musical jusque dans l'écriture. Bon, si je voulais être tout à fait objective, je devrais peut-être reconnaître que les ficelles narratives sont parfois un peu faciles et les rebondissements un peu gros, mais à aucun moment ça n'a gâché mon plaisir de lecture, au contraire! Un premier roman porté par un souffle romanesque qui m'a proprement emballée et que je recommande sans hésiter!

Un grand merci à Babelio et aux éditions JC Lattès pour ce partenariat réussi!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Dragot, été 44

- Et Ago, comment va-t-il ?
- Comme toujours. C'est un homme de cœur, du genre à demander pardon après avoir tiré. Avant, c'était un communiste convaincu mais aujourd'hui, je le trouve surtout humaniste. Il se bat, lui aussi, mais un œil vise et l'autre pleure. Heureusement qu'il est habile, sinon il serait mort depuis longtemps!
- Je n'ai jamais pensé qu'il était lâche, répondit le capitaine.
- Je n'ai jamais dit qu'il était lâche. Simplement, il n'est pas fait pour la guerre. Il devrait retourner à ses études de littérature.
- Et toi, tu es faite pour la guerre ?
- Non, moi je suis plutôt faite pour débusquer ceux qui nous trahissent. C'est une autre forme de guerre.
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Voir, essayer de comprendre, même si certaines choses sont difficiles à saisir dans leur essence, dans leur simplicité brutale. Par exemple: à quoi sert le Mur ? A diviser une ville, un pays? A tout unir sous un idéal unique ou à donner à tous la même chose à haïr? Crois-moi, Kajan, haïr ensemble unit plus qu'aimer ensemble. Le Mur nous protège, nous dit-on, mais moi je n'ai jamais compris s'il nous protégeait d'eux ou de nous-mêmes. Dans tous les cas, il ne nous épargne pas le pire mal de tous.
- C'est-à-dire?
- L'espoir.
p113/114
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La guerre prit fin, mais tous ceux qui l'avaient menée ne furent pas traités en héros. La victoire des partisans et la capitulation de l'Allemagne, le 8 mai 1945, marquèrent le début de la dictature communiste qui, aux pays des aigles, allait durer jusqu'à la fin de l'année 1990, avant de s'effondrer en 1991.
Il y eut un nouvel ennemi à combattre, un ennemi qui n'avait pas de visage, qui parlait albanais. L'ennemi devient le peuple lui-même.
p45/46
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La douleur que l'on porte seule éloigne les personnes, mais celle que l'on partage rapproche.
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La douleur que l’on porte seul éloigne les personnes, mais celle que l’on partage rapproche.
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À l'occasion de la parution de son livre Demain et pour toujours, Ermal Meta se prêté au jeu de la boîte à questions !
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