AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Mona de Pracontal (Traducteur)
EAN : 9782290381298
512 pages
J'ai lu (03/01/2024)
4.11/5   330 notes
Résumé :
"Et la vérité ? c'est que, même si je suis connu comme un chasseur arctique solitaire et sans égal, je ne suis rien de tel et j'ai rarement été seul."
Lassé de sa vie à Stockholm et d'un travail qui lui broie l'âme, le jeune Sven décide d'assouvir ses envies d'exploration polaire et de rejoindre le Spitzberg. Là-bas, la nuit arctique règne en maîtresse, on doit résister aux assauts des éléments comme un coquillage qui s'agrippe à son rocher, on peut assister ... >Voir plus
Que lire après L'Odyssée de SvenVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
4,11

sur 330 notes
5
33 avis
4
29 avis
3
4 avis
2
2 avis
1
0 avis
La réussite de l'auteur de ce beau roman de vie, de voyages, de nature et de relations humaines m'a semblé consister dans le fait que Nathaniel Ian Miller soit parvenu à immobiliser le temps tout en faisant raconter par son héros lui-même une large tranche de sa vie sur environ une trentaine d'années.

Le héros, c'est Sven dont l'odyssée commence en 1916, alors qu'il est encore un jeune homme, il va quitter la Suède où il est né pour le Spitzberg, espérant y vivre l'aventure et découvrir en profondeur l'Arctique qui le fascine. Il va d'abord travailler dans une mine de charbon où un effondrement le blesse sérieusement au visage mais ses espérances d'aventure vont rebondir et il va pouvoir vivre ses désirs au coeur de la nature sauvage où la survie, particulièrement dans la longue nuit hivernale, est rude et emplie d'aléas.

Il est le narrateur de son quotidien et, ce faisant, son histoire s'articule autour de différentes rencontres, de deux amitiés qu'il noue avec des hommes intègres et fidèles, l'un d'eux lui apprenant à devenir un vrai trappeur, l'autre lui dispensant ses conseils de vie, chacun des deux respectant sa liberté.

C'est aussi un roman de famille car Sven reste en contact avec la sienne par l'échange de lettres, lesquelles peuvent mettre des mois pour atteindre leurs destinataires. C'est un roman de séparations, d'adieux, de retrouvailles, d'attentes, de doutes, de traumatismes, d'humanité, d'amitié et d'amour familial et indirectement filial.

La relation de Sven avec l'une de ses soeurs, avec sa nièce, puis sa petite-nièce est aussi l'une des trames de l'histoire de sa vie, même si c'est la nature et la survie qui l'emplissent réellement. Sven est devenu un solitaire qui garde en lui le besoin de contacts et son approche de la solitude, de la nostalgie, de la mélancolie génère une alternance de sentiments et d' évolutions de sa personnalité au fil de son existence. Celle-ci est forcément atteinte, même aussi loin de presque tout, par les soubresauts de l'Histoire, le dernier étant la deuxième guerre mondiale.

L'odyssée de Sven ne manque pas d'humour, elle est pleine de sagesse et de risque, d'inconscience et de raison, de rêves vécus ou fracassés. Tout cet ensemble donne une oeuvre riche, séduisante pour tous les amateurs de nature, de solitude, mais aussi d'amitié et d'amour.


Commenter  J’apprécie          831
Stockholm, 1916. le jeune Sven se morfond dans sa vie étriquée et son travail sans intérêt. Même sa famille ne trouve aucune grâce à ses yeux, à l'exception d'une de ses soeurs. Laquelle, consciente que l'avenir ne sourira pas à son frère dans cette ville, lui glisse sous les yeux une offre d'emploi « exotique » : une entreprise minière recrute des hommes pour son site d'exploitation au Spitzberg (ou Svalbard), un archipel de l'océan Arctique où il fait nuit quatre mois par an. Qu'à cela ne tienne, Sven se lance dans l'aventure polaire et devient mineur. Sa nouvelle carrière prendra fin quelques mois plus tard, lorsqu'il sera gravement blessé dans l'effondrement d'une galerie. Méchamment défiguré, il n'imagine pas de rentrer à Stockholm, ni de rester sur place, à supporter les regards de dégoût ou de pitié des gens. Il décide alors de partir encore plus loin, vers le Grand Nord, dans un fjord isolé, où il deviendra trappeur, tant bien que mal. le choix d'une vie difficile, dans la solitude et le dénuement, dans une Nature aussi grandiose qu'hostile, où le moindre incident, la plus minime distraction peut se transformer en tragédie, où vous risquez une attaque d'ours polaire alors que vous admirez béatement une aurore boréale. Une vie de bout du monde, coupée de la civilisation plusieurs mois par an, où le scorbut et la dépression guettent.
Mais la vie de Sven ne sera pas aussi solitaire qu'on pourrait le croire : il y aura Tapio, le chasseur finlandais, McIntyre, le géologue écossais, et Eberhard, chien de traîneau peu sociable abandonné par son ancien maître. Il y aura aussi quelques visites inespérées, qui pourraient bien changer la donne.

Remarquable premier roman, « L'odyssée de Sven » est basée sur l'existence d'un ermite légendaire de l'Arctique du début du 20ème siècle, dont on sait très peu de choses. L'auteur lui a inventé une vie, dressant un portrait magnifique d'un homme qui, au prix d'un terrible drame, a finalement trouvé sa voie.
Ce très beau roman, bourré d'ironie, m'a emballée, touchée, parce qu'il parle de solitude, d'acceptation de soi, de poursuite d'idéal ou de rêve, même d'amour, mais surtout de liens d'amitié, la vraie, la profonde, l'authentique, celle qui résiste au temps et à la distance et vous raccroche à la vie. Et tout cela raconté d'une très belle plume, fluide et addictive, qui décrit à merveille les paysages grandioses et qui rend les personnages terriblement attachants. La présentation de l'édition en VO résume très bien ce roman débordant d'humanité : « ... un témoignage de la force de nos liens humains, nous rappelant que même dans les conditions les plus inhospitalières de la planète, nous ne sommes pas hors de portée de l'amour ».

En partenariat avec les Editions Buchet-Chastel via Netgalley.
#LodysséedeSven #NetGalleyFrance
Lien : https://voyagesaufildespages..
Commenter  J’apprécie          756
Voici un premier roman de voyage, de nature et d'aventure, d'amitié et d'amour que propose Nathaniel Ian Miller, un récit à la fois sombre et douloureux qui nous emmène dans l'incroyable épopée d'un finlandais parti vivre dans l'archipel du Svalbard, à mi-chemin entre la Norvège et le pôle Nord.
Repéré grâce au beau billet d'Anne-Sophie (@dannso), je n'ai pas hésité à le sélectionner lors de la dernière masse critique. Je remercie Babelio et les éditions J'ai lu pour leur envoi.

*
Le personnage de Sven Ormson est librement inspiré de la vie d'un homme qui a réellement existé et dont on ne sait que peu de choses. Biographie fictive, roman initiatique, récit de survie, l'histoire est bien souvent dure, plombante, mais également parfois traversée par des instants de grâce, à la fois touchants et lénifiants.

Enfant passionné par les récits de marins et d'expéditions polaires, Sven rêvait de voyager dans le cercle arctique, d'être un aventurier, de vivre dans le froid arctique et de parcourir ces immenses étendues sauvages.
En grandissant, ce rêve ne le quitte pas. En effet, la vie qu'il mène à Stockholm ne le satisfait pas, il n'est pas heureux, ni dans sa vie personnelle, ni dans sa vie professionnelle. Oppressé par un quotidien insipide et étouffant, il se laisse convaincre par une offre d'emploi dans les mines de charbon que sa jeune soeur Olga déniche pour lui. Il part en 1916, à l'âge de 32 ans, pour le camp minier sur l'île du Spitzberg, un endroit reculé où les paysages sont aussi spectaculaires que la nuit polaire est longue. Là, règne en maître l'ours polaire et les attaques de ce grands prédateurs sont loin d'être rares.
Après quelques mois de travail pénible et peu gratifiant, une explosion dévaste les galeries de la mine. Sauvé de justesse, son visage est néanmoins abîmé à jamais. Ne supportant pas le regard insistant, apitoyé ou révulsé des gens, ne se sentant pas à sa place dans le monde des hommes, il décide de s'éloigner encore davantage de la civilisation et de gagner sa vie en apprenant le métier de trappeur dans un fjord inhabité.

Est-ce le destin, la malchance, de mauvais choix ou des rêves d'enfance qui vont le pousser toujours plus loin dans l'isolement et y trouver peut-être ce qu'il recherche le plus, un sens à sa vie ?

*
« L'odyssée de Sven » est bien entendu un roman d'exploration, de survie, de partage, de transmission et de dépassement de soi, mais cela serait très restrictif de le cantonner à uniquement cela : c'est aussi un roman introspectif et profond, celui d'un homme discret devenu solitaire par la force des choses, un homme sensible et touchant qui a le sentiment d'être différent, d'un homme profondément humain, capable d'une grande résilience.

C'est un beau roman sur la souffrance, la solitude, le désespoir, mais également sur l'amitié et l'amour, l'acceptation de soi et des autres.

« On n'imagine pas les tours que l'esprit peut jouer, quand il est privé d'une écoute humaine.
Mais il n'y avait rien à faire. J'étais esclave de la solitude. Elle flottait au-dessus de moi comme une lune malveillante, croissant et décroissant, mais toujours exerçant son attraction, maîtresse au coeur dur de toutes les marées. »

La vie, parfois, prend des chemins bien détournés pour nous apporter ce qui nous manque cruellement. D'autres fois, elle est versatile et reprend tout. Mais c'est dans cette vie solitaire et précaire à laquelle il se condamne qu'il va faire les plus belles rencontres : Tapio, un trappeur socialiste finlandais qui lui apprend le trappage et l'éthique de la chasse ; l'excentrique Charles MacIntyre, un géologue écossais, amoureux de musique et des livres. Il y a aussi Eberhard, son merveilleux compagnon à quatre pattes. Et puis, encore d'autres personnages que je vous laisse découvrir.

*
Ces paysages désolés et monochromes sont à l'image des hommes, à la fois rudes, austères et d'une beauté à couper le souffle.
J'ai aimé me promener dans cet archipel où se concentre une très grande population d'ours polaires, parcourir des yeux les fjords cristallins, explorer les immenses glaciers, écouter le bruit de la glace qui craque, être le témoin de la magie des aurores boréales, contempler les premiers rayons du soleil mettant fin à la longue nuit polaire.

*
C'est un roman assez long d'environ 500 pages qui étend sa trame historique dans la première moitié du XXe, de 1916 à 1947 : il englobe les deux guerres mondiales ainsi que la révolution russe.
Je ne savais pas comment les grands conflits européens avaient pu toucher cette partie du monde et j'ai trouvé très intéressant de lire, à travers la vie de Sven et ses amis, comment ont été vécues toutes ces années de conflits.

« J'en ai vu assez pour savoir que rien n'est probable, mais tout est possible. »

*
La plume de Nathaniel Ian Miller est instructive, touchante, allant chercher les émotions.
Mais je ne sais pourquoi, j'ai eu du mal à entrer dans le livre, à vouloir y rester. Mon ennui est peut-être venu de la lenteur de la première partie, du ton maussade et dépressif du narrateur ? Ou peut-être n'était-ce tout simplement pas la lecture idéale lorsque l'on est malade ?
Mon intérêt s'est réveillé sur le tard, avec l'arrivée de personnages singuliers amenant plus de rythme, de rebondissements, de chaleur et d'émotions ; mon attention s'est d'autant plus renforcée lorsque l'histoire mondiale est entrée en résonnance avec leur vie.
Le ton, lourd et déprimant, évolue aussi au fil du récit, pour devenir doucement ironique et gentiment moqueur, laissant voir un homme bon et attachant, marqué par les aléas de sa vie.

*
Après avoir tourné la dernière page, « L'odyssée de Sven » est en définitive un bon roman : pour son cadre dépaysant fascinant de beauté et de magie, pour certains de ses personnages subtilement dessinés, pour l'écriture de Nathaniel Ian Miller qui allie une grande sensibilité et des émotions retenues. Les hommes ne sont pas caricaturaux, au contraire, face aux drames de la vie, ils sont pleins de nuances et de fêlures.
A découvrir.
Commenter  J’apprécie          5633
J'ai commencé ce roman il y a quelques jours, à la recherche de fraicheur. A ce moment-là, on fermait les fenêtres pour se préserver de la chaleur. Je le finis, fenêtres fermées ... pour se protéger du froid :-( Notez bien, je suis ainsi plus plongée dans l'ambiance de ce livre, découvert grâce au billet de spleen, que je remercie. Cher et tendre l'a lu avant moi, et me l'a tendu en disant : c'est plein d'humour. Alors comment résister ?

L'odyssée de Sven, plus justement en Anglais The Memoirs of Stockholm Sven est la biographie romancée d'un suédois ayant vécu au Spitzberg, une bonne partie de sa vie. Ne sachant pas quoi faire de sa vie en Suède, après avoir joué pendant quelques années le rôle de Nounou pour les enfants de sa soeur, sur une idée de celle-ci, il signe un contrat pour un poste de mineur au Spitzberg. Défiguré par un accident dans la mine, il choisit alors de vivre en ermite une bonne partie de sa vie, pour ne pas être en butte à l'horreur ou la pitié à la vue de son visage. Mais sa vie ne sera finalement pas si solitaire, parsemée de nombreuses rencontres, qui donnent tout son charme à ce roman.
« « Et la vérité c'est que, même si je suis connu comme un chasseur arctique solitaire et sans égal, je ne suis rien de tel et j'ai rarement été seul. »

J'ai trouvé le début un peu longuet, et le narrateur un peu sujet à l'apitoiement sur lui-même, ainsi qu'aurait pu lui dire un de ses mentors : « Seul un homme comme toi, pourrait-il dire, qui marine dans sa sottise, peut passer autant de temps sur lui-même et ses malheurs, sans être fichu pour autant d'accorder la moindre pensée bénéfique à la survie de sa précieuse personne. »
Mon intérêt s'est accru après l'incident de la mine et donc le désir de Sven de vivre isolé. L'isolement ne sera pas absolu, et les quelques personnes rencontrées au fil des années peupleront ce livre d'humanité. Même si ce livre se passe dans le grand nord et que la nature y est omniprésente, ce sont les hommes et les femmes rencontrées qui en font la richesse.
Deux hommes en particulier, qui lui ouvriront un chemin vers de nouvelles connaissances :
Livresques pour le premier, mais aussi conseils sur la vie et les rapports avec les autres, un écossais prospecteur.
Pratiques, chasse et survie dans le grand nord, pour le deuxième, untrappeur finlandais.
Leur portrait est dressé par petites touches tout au long du livre et emplit celui-ci d'humanité. Ils seront toujours là, aux moments où le désespoir aurait pu avoir raison de lui, et viendront à son aide quand cela sera nécessaire, l'air de rien. Il y a beaucoup de pudeur dans leurs rapports. Quelques femmes aussi joueront un rôle, là je ne vous en dirai pas plus, ce serait déflorer les dernières parties du roman.

Et l'humour alors ? il est bien présent. Je n'ai pas ri aux éclats, mais souri souvent. Ce penchant à l'auto apitoiement que je regrettais s'est mué en auto-dérision, et j'ai beaucoup apprécié ce ton un peu décalé qu'emploie le narrateur.
Un livre au milieu de la nature qui célèbre l'amitié et l'amour, la famille celle du sang mais aussi et surtout celles du coeur, celles que l'on se construit.
Commenter  J’apprécie          6132
Ulysse rentrait chez lui, Sven part de chez lui.
Ulysse avait Télémaque et Pénélope, Sven est célibataire et sans enfant.
Ulysse avait la Méditerranée, Sven doit se contenter des mers de Barents et du Groenland…
Le titre trouvé par Nathaniel Ian Miller prouve donc que l'auteur aurait pu être un excellent vendeur de bagnoles. Mais la tromperie de l'antonomase (je fais le kéké mais j'avais oublié ce terme avant de faire une petite recherche sur Homère) s'arrête là, parce que, en matière d'aventures et de rencontres insolites, le lecteur est comblé. Notre héros va croiser des hommes et des femmes qui ont tous en commun d'être des exilés (Ecossais, Ukrainiens, Finlandais, Russes, Norvégiens) car c'est ainsi : quiconque s'installe au Spitzberg, surtout au début du siècle dernier, est forcément un déraciné. Aventures ? le terme épreuves serait plus judicieux pour désigner la vie rude dans ces contrées septentrionales. Non seulement, l'écrivain relate le quotidien d'un homme qui doit affronter la dureté et la beauté d'une nature majuscule mais il décrit aussi son cheminement psychologique. L'Odyssée de Sven est un roman d'apprentissages mais le récit met en exergue des apprentissages pas uniquement techniques et liés à la survie dans cette île où les dangers sont aussi nombreux que les ressources sont rares ou difficiles à exploiter. Sven va parfaire son bagage culturel et surtout accéder à une forme de sagesse. Que ce soient par ses relations épistolaires avec sa jeune soeur, son rôle d'oncle puis grand-oncle tuteur ou par ses relations amicales ou amoureuses, Sven, gueule cassée du Grand Nord, devient sous la plume de Miller, un bouleversant héros que l'on quitte à regret au bout de 500 pages où, jamais on ne s'ennuie. C'est également une traversée de 30 années d'histoire et de bouleversements politiques qui est proposée par l'auteur et qui confère à cet ouvrage un intérêt supplémentaire. Eleveur de bétail dans le Vermont, Nathaniel Ian Miller, sait également diriger sa plume avec talent. J'espère qu'avec son nouveau métier, ses vaches restent malgré tout bien gardées.
Commenter  J’apprécie          426


critiques presse (3)
Liberation
04 janvier 2023
Deux guerres passent, la seconde ayant une influence considérable sur Sven, à qui l’auteur de ce gros premier roman, par moments plein de finesse, a dû donner beaucoup de lui-même.
Lire la critique sur le site : Liberation
Marianne_
02 janvier 2023
Nathaniel Ian Miller livre une épopée de chasseur des glaces inspirée d'une histoire vraie.
Lire la critique sur le site : Marianne_
LaLibreBelgique
02 janvier 2023
Nathaniel Ian Miller signe les mémoires imaginaires d'un trappeur du Grand nord.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
J’avais appris depuis longtemps que, si l’on compte survivre dans l’Arctique, il faut choisir l’une de ces deux voies : imiter l’ours, qui, à l’instar du titan Cronos, n’a pas l’esprit de famille, et s’accrocher fermement à soi-même comme au dernier morceau de glace fiable dans une banquise qui se brise sous la houle. Ou, au contraire, imiter le renard qui évite les présuppositions, mais apprend vite, creuser un trou et se cramponner solidement à ceux qui vous supportent.
Commenter  J’apprécie          250
En plus, qui ne voudrait pas être une norne ? Il n'y a quasiment pas une femme, j'en suis convaincue, qui n'espère pas qu'un jour elle sera très vieille, puissante et intouchable. Crainte et révérée. Maîtresse non seulement de son propre destin, mais de celui de tout le monde.

NB. Les Nornes (terme du vieux norrois, pluriel nornir) de la mythologie nordique sont comparables aux Dises qui règlent le destin de l'ensemble des habitants des neuf mondes de la cosmogonie nordique.
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas ce terme.
Commenter  J’apprécie          215
L'Arctique avait sa façon propre de vous rappeler que votre vie était quantité négligeable, sans importance et facilement soufflée. Même les Britanniques qui partaient dans les régions polaires en quête du sublime mouraient invariablement, ou alors ils s'empressaient de rentrer en Angleterre, trouvant qu'ils avaient été sublimés par une force bien plus terrifiante que Dieu. Si effectivement Dieu avait créé l'Arctique, il aurait contemplé ses œuvres avec effroi et stupeur, puis baissant la garde, serait tombé dans une crevasse.
Commenter  J’apprécie          210
Mais si j'en crois mon expérience, les adieux sont rarement mémorables, sauf dans le cas d'une mort. Ce sont toujours des moments bousculés, gauches. On n'a jamais le temps de dire ce qu'on aurait aimé dire. On est réduit à gager que l'autre connaît ses sentiments et qu'on restera dans sa mémoire tel qu'on était.
Commenter  J’apprécie          330
Et j'aimerais tant montrer ces mots à Helga. C'est elle, après tout, qui m'a pressé d'écrire, il y a tant d'années. J'y rechignais alors, arguant que la dernière chose qu'on a envie de faire, quand on se débat désespérément contre les confins de sa solitude, c'est de passer plus de temps seul, pour regarder à l'intérieur de soi. "C'est retourner le couteau dans la plaie, disais-je à l'époque. Revivre ma vie sur papier ressemble à une cruauté infligée à moi-même et aux malchanceux qui se retrouveraient à lire l'histoire. Et qui en aurait envie?
- Si tu ne consignes rien, répondait-elle, les gens que tu aimes ne se souviendront que du squelette de ce que tu as vécu. Ton esprit mourra avec toi.
Commenter  J’apprécie          120

Videos de Nathaniel Ian Miller (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathaniel Ian Miller
À l'occasion de la 33ème édition du festival "Étonnants Voyageurs" à Saint-Malo, Nathaniel Ian Miller vous présente son ouvrage "L'odyssée de Sven" aux éditions Buchet Chastel.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2642437/nathaniel-ian-miller-l-odyssee-de-sven
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : arctiqueVoir plus
Les plus populaires : Littérature étrangère Voir plus

Lecteurs (979) Voir plus



Quiz Voir plus

Nature writing

Quel philosophe est considéré comme le fondateur du Nature writing?

Ralph Waldo Emerson
Henry David Thoreau
Benjamin Franklin

10 questions
100 lecteurs ont répondu
Thèmes : nature writing , écologie , littératureCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..